Chats dans la crise

Grèce / AthènesDans un premier temps, je n’ai pas trouvé les chats plus malheureux que ça, à Athènes. C’est une ville féline, il y a toujours eu des chats, certains avec maisons et papouilles quotidiennes, pour d’autres c’est plus aléatoire, mais dans beaucoup de rues des gamelles sont discrètement déposées à destination des chats. Et ce n’est pas nouveau. Les animaux sont inégalement craintifs, mais dans l’ensemble ils ont l’air en bonne santé.
Ça, c’est dans un premier temps. Mais si on creuse un peu, du côté du Pirée notamment, on constate que l’animal errant n’a pas d’autre choix que de raviver les instincts sauvages qui sommeillent en lui. Les minettes pondent du minet à tour de bras : le chaton, à peine sevré, se débrouille seul, miaule en tentant d’escalader un rail d’une voie ferrée abandonnée. Espérance de vie probablement très brève.
Tout cela fait écho à un tout nouvel article de Sciences & Avenir, qui pointe le nombre croissant d’abandons d’animaux, en particulier des chats. L’heureux animal devenu trop onéreux doit se débattre comme un beau diable dans la jungle urbaine. Des bénévoles nourrissent et font stériliser les animaux, mais il ne peuvent que constater leur prolifération.

Grèce / Le PiréePhotos prises à Athènes et au Pirée au avril 2015

Carte postale [1]

1er épisode d’une petite série d’été, des paysages et monuments d’ici et d’ailleurs, de cette année et des précédentes. A tout seigneur tout honneur : commençons la série par Athènes et son temple de Zeus, que je voyais de ma fenêtre en me levant le matin (et en me penchant un peu) en avril de cette année. Parce-que la Grèce est importante, qu’il ne faut pas la laisser tomber. D’ailleurs, si vous hésitez pour vos vacances, tentez Athènes, les îles, le Péloponnèse ou Thessalonique. Faites-vous plaisir et apportez vos pépettes à ceux qui en ont besoin. Accessoirement, la tambouille est excellente et l’accueil amical.

temple

Arrêtons l’humiliation

Grèce / AthènesCe que les chefaillons de la zone euro font subir à la Grèce est d’abord et avant tout une énorme humiliation. Demander à des gens de faire des efforts alors que ce sont eux, les Grecs, qui font le plus d’heures de travail hebdomadaire en Europe, c’est honteux. Combien sont-ils à cumuler deux ou trois emplois pour juste payer le loyer et la nourriture ? Combien de pauvres ? Les jeunes peuvent espérer tenter leur chance ailleurs, mais les retraités, punis à l’infini puisque leurs pensions fondent comme les glaçons sous la canicule ?
On peut toujours faire la morale. De loin, c’est facile. On peut critiquer, dire que les Grecs sont rétifs à l’impôt, ne se soumettent pas aux règles, que leur pays a triché pour entrer dans la zone euro. Ce n’est certes pas faux. Mais quand quelqu’un se noie, on va d’abord le secourir et ensuite on lui explique qu’il n’aurait pas du plonger alors que le drapeau était rouge. Ensuite seulement, quand ça va mieux, qu’il est remis. Mais là ?
Ce que j’ai vu à Athènes en avril n’avait rien à voir avec un pays de profiteurs, loin de là. Combien de petits vieux prélèvent des pissenlits dans les jardins et les rues pour manger. Simplement manger. C’est de la survie. Combien aussi, parce-que la retraite n’est qu’une aumône ridicule, arpentent les rues pour tenter de vendre des billets de loterie ? Combien se cachent, tout simplement ?
Alors stop à la méchanceté, à la bêtise, à l’imbécile logique du pognon. Laissons les Grecs décider de leur sort dimanche prochain. Annulons la dette : ils s’en porteront mieux et nous, Européens du bon côté de l’histoire, nous n’irons pas plus mal. Nous aurons peut-être juste la conscience un peu plus tranquille.

Photo : Athènes, quartier proche de la mairie, avril 2015

Collection # 301

Cimetière antique du Céramique
Athènes, avril 2015

ceramique

Le printemps est la saison du tourisme scolaire

Grèce / AthènesEn France, en Grèce, partout : dès que les beaux jours arrivent, les mômes, poussés par leurs profs et par un curieux instinct, jaillissent hors des classes et, telle une envolée de moineaux (ou pire : d’étourneaux) déferlent sur les hauts lieux de notre belle culture.
Contrairement à ce que montre la photo ci-contre, les élèves grecs ne sont que très rarement déguisés en « manif pour tous » : les filles en rose Barbie et les garçons en schtroumpff, c’est même rarissime. Les plus jeunes écoutent le maître ou le guide (ah … ces petits de 4-5 ans ébahis face aux œuvres du musée de l’Acropole …), les pré-ados ont des téléphones portables et s’en servent, les plus grands … comment dire en restant polie …
Les plus grands jaillissent des bus façon volcan éruptif : ça fait du bruit, ça en met partout, ça bouscule, c’est usant. Des hurlements à n’en plus finir, des gosses qui se coursent dans des sites périlleux (on a droit à combien de pertes, dans les écoles grecques ?), que les profs ne parviennent pas à canaliser même en usant et abusant du sifflet. Oui camarade, et peut-être collègue, tu as bien entendu : les profs rameutent leurs troupes au sifflet. En vain mais au sifflet. Mes tympans en vibrent encore.

Les contrastes du Pirée

Le port d’Athènes, facile d’accès en métro, est surtout connu pour ses yachts … :

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… et ses marinas aux airs de stations balnéaires languedociennes (ce n’est pas forcément un compliment) :

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Mais Le Pirée est avant tout un immense port de commerce (très difficile à approcher pour des touristes ordinaires) et un terminal de ferries desservant les îles :

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Et c’est d’abord là que les contrastes sautent aux yeux, entre les touristes qui cherchent leur bateau, leurs valises à roulettes à bout de bras, et les femmes, souvent âgées ou vieillies avant l’heure, qui tentent de gagner leur vie en vendant des paquets de mouchoirs à l’unité. Et pourtant la ville ne semble pas, à première vue, plus pauvre qu’une autre :

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Sauf que, jouxtant les immeubles modernes, c’est la misère qui saute aux yeux, des endroits a priori délaissés mais souvent encore habités :

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Au final, c’est peut-être cette photo qui illustre le mieux Le Pirée :

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Ce contraste entre l’opulence, le bling-bling, et la misère. Et puis aussi la crasse inévitable en bord de mer, faite d’objets venus du large mais aussi de déchets bien terrestres :

Le PiréeP1500554.jpgPhotos : 26 avril 2015