Des oiseaux dans la ville : juin 2017

Ce mois de juin fut, ornithologiquement parlant, fort mince. Entre la canicule et les averses orageuses à répétition, le temps ne fut clairement pas propice à des déambulations urbaines. Et puis il y eut le bac, avec le temps passé à surveiller, à corriger et à préparer les oraux, là encore rien de favorable aux balades en ville, quelle que soit la ville. En effet, ce mois-ci, il y eut deux villes : Bordeaux bien sûr, puis Pamiers, en Ariège, où j’ai passé quelques heures sous un cagnard d’enfer.
Bordeaux fut placée sous le signe de la grive, vue en grand nombre et à plusieurs reprises :

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Dans une flaque d’eau d’un parc, un oiseau faisait trempette et se désaltérait. Vu sa couleur et sa taille, je penche pour le serin cini :

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À Pamiers, j’ai surtout vu des rougequeues … :

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… et des bergeronnettes :

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Un inconnu en voie de disparition

Galemys_pyrenaicus_01_by-dpcEn parcourant négligemment le site de Sud-Ouest, j’apprends pêle-même qu’il existe un drôle d’animal dans les montagnes près de chez moi, qu’il ressemble un peu à un rat de taille moyenne (25 cm environ, dont 50% de queue) mais aussi à un fourmilier en raison de la présence d’une trompe, qu’il est très difficile de le voir car il s’agite la nuit dans des cours d’eau d’altitude, et, enfin, qu’il s’agit d’une espèce menacée. La probabilité pour que je croise un spécimen du desman des Pyrénées, car tel est son nom, tend donc vers zéro. Et pourtant, l’animal est étudié, il a même un site web dédié et une page rien que pour lui sur le site du département de l’Ariège.
Le desman est tellement rare et discret qu’il n’a été découvert qu’au début du XIXe siècle. Il est présent dans les Pyrénées (surtout dans la partie Est du massif) et dans les Monts Cantabriques. Il passe l’essentiel de sa vie dans l’eau, dans ces torrents d’altitude que j’évoquais précédemment (jusqu’à 2500 m d’altitude), et n’en sort que pour dormir (une sieste moyenne dure environ trois heures), procéder à sa toilette et, parfois, manger. Mais, en ce qui concerne cette dernière activité, elle a le plus souvent lieu dans le ruisseau, là ou le desman pêche en très grandes quantités les petits crustacés et les larves qui font son quotidien.
Cet animal est désormais considéré comme espèce menacée : son aire de répartition a très fortement diminué ces dernières années. Il se pourrait que celui que l’on nomme aussi rat-trompette soit victime des installations hydro-électriques, qui réduisent et modifient ses espaces habituels. Un programme de protection de cet animal, financé pour moitié par la Commission européenne, vient d’être mis en place. Il a pour but de protéger les populations existantes et leurs habitats.

Photo : Wikipedia