Rattrapée par le réel

Il y a quelques jours, j’ai vu ce bateau-là dans un des bassins à flot, à Bordeaux. C’est un paquebot de rivière, habituellement chargé de montrer à une clientèle made in USA les charmes de la Garonne et plus encore de la Gironde, avec ses vignobles tout mignon :

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Le rafiot est à quai. Non pas pour parachever la réparation d’une avarie récente (quoique bien réelle, mais réparée, on n’en parle plus), mais parce que la clientèle attendue s’est désistée, a fait faux bond, par crainte des attentats en France. Vu les événements récents en terre d’Amérique (Orlando, Dallas), je trouvais que c’était un peu comme le camembert disant au roquefort « tu pues ». Tu vois l’idée. Je me gaussais donc de la trouille du touriste lambda.
uneAvais-je tort ou raison ? Ai-je peur moi-même. Non. Pas encore. La folie meurtrière de ce conducteur de camion à Nice, dans un moment festif, m’a ramenée brutalement à la réalité, celle qui me fait dire souvent que « j’ai mal au monde ».
J’avais décidé de me couper de ladite réalité pendant ce temps où une partie importante de la France est en mode « pause » (ni consultation frénétique des news, ni fréquentation des réseaux sociaux), d’où cette série commencée hier (et qui continuera tous les jours, vaille que vaille) sur la France en vacances.
Mais la coupure fut brève et elle ne peut pas être totale. Etre indifférent serait la pire des choses. J’ai une pensée sincère pour les victimes et leurs proches.
Je suis dans le jardin et je viens de voir deux chardonnerets, c’est bête à dire, c’est cynique sans doute, mais la vie continue, n’en déplaise aux fous de dieu et aux fous tout court que la joie de vivre indispose.

C’était dans le journal … le 29 décembre 1914

Et maintenant, une page de publicité ! Ça va lui faire une belle jambe, au Poilu, de savoir que les hôtels de la Côte-d’Azur ont rouvert leurs portes. Remercions Le Petit Journal pour cette délicate attention.

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