C’était dans le journal … le 10 août 1917

La guerre fait faire des bonds gigantesques à l’industrie aéronautique. De nouveaux usages apparaissent (l’avion n’est donc plus seulement un largueur de bombes), qui trouveront rapidement un usage civil. Et donc, rapporte Excelsior, des Californiens sont, en cet été 1917, en train de tester l’ancêtre assez lointain du Canadair, c’est-à-dire l’avion-pompier. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un bombardier d’eau mais d’un avion transportant les pompiers et leur matériel. Cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte :

 

C’était dans le journal … le 13 juillet 1917

Dimanche dernier, des pluies diluviennes ont transformé les couloirs du métro parisien en piscine, faisant dire à certains twittos que Paris-Plage s’était surpassé cette année. Mais ce que craignent le plus les Parisiens, et à juste titre, c’est le débordement de la Seine.
Ce 13 juillet 1917, soit sept ans et demi après la gigantesque crue de 1910, le Sénat adopte enfin un plan de travaux visant à protéger la ville et ses habitants : il s’agit, grosso modo, de donner plus de place au fleuve, par « l’élargissement du bras de la Monnaie et l’approfondissement de la Seine entre Suresnes et Bougival », le tout devant coûter 67 millions de francs. L’article de L’Humanité rapportant ce projet évoque aussi d’autres travaux en aval ainsi que des « dérivations de la Marne », mais, au final, rien qui ne soit suffisamment efficace. D’ailleurs, la protection de Paris face aux crues de la Seine est toujours d’actualité un siècle après.

C’était dans le journal … le 22 juin 1917

La poudrerie de St-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux, est une des plus vieilles entreprises françaises. Créée au XVIIe siècle sur les bords de la jalle de Blanquefort, rivière dont elle tirait son énergie, elle employait 1900 personnes à la veille de la Première guerre mondiale. Pendant cette guerre, son volume de production est multiplié par douze. Ce sont essentiellement des femmes qui y travaillent, et leur rôle est évidemment fondamental en temps de guerre : cette poudre dite « poudre B » (à base de nitrocellulose) est précieuse pour l’armée (source). Les ouvrières ont donc là un réel levier leur permettant de faire aboutir leurs revendications salariales, revendications pour lesquelles elles se mettent en grève en juin 1917. L’info ne fait pas la une des journaux nationaux, mais L’Humanité y consacre quand même un entrefilet en dernière page (cliquez sur l’image pour accéder au document entier et pour le lire plus facilement) :

 

La chansonnette [4]

MURIELLE BERGER
Les fesses blanches
1972

Qu’est-ce qu’il fait chaud mes enfants ! le cagnassou nous est tombé dessus d’un coup, ça donne des envies de plage, forcément. Mais il faut savoir raison garder, un minimum de pudeur s’impose, et donc pas question d’oser le bronzage intégral : en 1966, Lucette Raillat explique dans une chansonnette sans prétention sa technique de bronzage, qui lui permet de garder les fesses blanches. Six ans plus tard, une version canadienne de la même bluette est interprétée par Murielle Berger :

La chansonnette [3]

MADELEINE PEYROUX
J’ai deux amours
2004

En 1930, Joséphine Baker, qui amène à Paris tout l’exotisme dont l’Européen moyen semble avoir besoin (et qu’il assouvira un an plus tard en déambulant dans les allées de l’exposition coloniale de la Porte Dorée et du Lac Daumesnil), Mme Baker, disais-je, avoue son amour pour son pays (les Etats-Unis) et Paris, sur une musique de Vincent Scotto, très porté lui aussi sur la mystique coloniale (on lui doit notamment La Petite Tonkinoise, qui fait aussi partie du répertoire de Joséphine Baker).
En 2004, la sublime chanteuse de jazz Madeleine Peyroux s’offre cette sucrerie patriotique. Sa version, que je préfère à celle d’origine, est passée hier matin sur FIP. J’ai eu envie de la vous faire partager :

C’était dans le journal … le 25 avril 1917

À force de voir leurs bateaux coulés par les sous-marins allemands, les Américains ont fini par craquer. Le vieil isolationnisme (la doctrine Monroë date de 1823) semble avoir vécu, et le président Wilson déclare la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Déclarer la guerre est une chose, la faire en est une autre. La préparation prend un peu de temps : les premiers soldats débarqueront en Europe en juillet, sans pour autant partir aussitôt au combat. C’est qu’une guerre, ça se prépare. Il faut trouver des hommes, en faire des soldats, et pour cela les entraîner au maniement des armes. C’est justement ce que présente L’Excelsior en ce mercredi 25 avril 1917 (cliquez sur l’image pour la voir en grand et dans son contexte, et donc comprendre avec quoi les futurs soldats s’initient à l’art de la guerre) :

 

La chansonnette [1]

JEAN-LOUIS FOULQUIER
Et dans l’air flottait ton parfum
1977

Les visites dans la mine d’or qu’est le site de l’INA apportent toujours leur lot de surprises, lot qui fait qu’on y retourne le lendemain, c’est addictif. Et donc, pas plus tard qu’il y a cinq minutes, je suis tombée sur une émission de 1977, diffusée en plein après-midi pour les femmes au foyer, c’était encore un peu la mode à l’époque. L’émission s’appelait « Aujourd’hui madame ». Sur le plateau : que des nénettes, à deux hommes près. Ces dames ont le look réel ou supposé de leurs téléspectatrices : c’est normal, certaines sont des téléspectarices. La première qui s’exprime porte queue de cheval et cardigan violet, elle déboule en direct du XVe arrondissement de Paris. Cette dame, sous des abords gentillets, tacle l’artiste invité au niveau du genou. Il est vrai que sa chansonnette ne casse pas trois pattes à un canard, mais après tout, son auteur et interprète est avant tout homme de radio. Le quidam ainsi visé est Jean-Louis Foulquier, pas si à l’aise au milieu de cette rangée de femmes bien alignées sur leurs chaises. Et, en direct, il chante sa bluette.  Le player du site de l’INA faisant des siennes (c’est habituel), vous pouvez retrouvez la chanson en question sur YouTube et retrouver l’extrait de l’émission en cliquant ici :

C’était dans le journal … le 18 avril 1917

La classe 18 (c’est-à-dire les jeunes gens qui auront vingt ans en 1918) vient d’être appelée : des ados de 19 ans vont partir en guerre. L’objectif, comme le rappelle une caricature parue dans L’Echo de Paris, est toujours le même (cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte original, et surtout en plus grand) :

Et puis, mais on n’ose pas le dire dans les journaux, il y a un autre objectif : revenir vivant. Et entier.

Roubaix, cité tauromachique

C’est une affiche dénichée par hasard qui a récemment attiré mon attention : cliquez ici pour voir de quoi il retourne.
Nous sommes à Roubaix à la toute fin du XIXe siècle, donc dans une région fort éloignée des traditions tauromachiques, celles-ci étant davantage l’apanage du sud du pays, en particulier d’une partie du sud-ouest. Mais à la fin du XIXe siècle, la mode est aux espagnolades, celle-ci dépassant le cadre folklorique un peu cucul de la paella dominicale et des castagnettes. Les Roubaisiens se prennent de passion pour le pack « Espagne » complet, donc avec corrida. C’est ainsi que des taureaux et des toréros guerroient dans un torodrome à partir de 1899, ledit torodrome ayant été construit tout exprès pour ce nouveau loisir, six ans après le début des premiers combats. Des toreros et matadors, et parmi les meilleurs, font le déplacement depuis l’Espagne pour assurer le spectacle devant une foule particulièrement nombreuse : le torodrome pouvait accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs.
Néanmoins, ce passe-temps sanglant attira de vives critiques de la part d’une frange non négligeable de la population : en 1904, le torodrome est détruit, mais les combats continuent jusqu’à la veille de la Grande Guerre, la dernière lutte ayant lieu le lundi 15 juin 1914 dans le vélodrome de la ville.

Sources : Archives Départementales du Nord et Bibliothèque Numérique de Roubaix

C’était dans le journal … le 15 mars 1917

La guerre a pour effet bien connu le ralentissement du commerce. Les importations de canne à sucre étant fortement ralenties, des raffineries doivent fermer. Il faut donc se serrer la ceinture sur le sucre : une carte de rationnement spécialement dédiée à ce produit est mise en place à la fin du mois de février 1917 (modèle ici).
Rebondissant sur cette instauration de la « carte de sucre », Le Siècle rapporte une anecdote dont les fondements me semblent fantaisistes : il s’agit du sucre « à la mode de Bretagne ». Il est ainsi mentionné une coutume peu ragoutante (et probablement fausse, mais les journaux parisiens aiment se gausser des mœurs des terres exotiques) : lorsque le sucre manque dans les maisons bretonnes, on en pend un morceau au bout d’un fil, au-dessus de la table. Lorsque l’on veut sucrer un met quelconque, on lèche le sucre puis on le passe à son voisin. Bon appétit !

 

Et elle fut nommée « Côte d’Argent » …

p1090500Nous sommes en 1905. Le journaliste bordelais Maurice MARTIN propose que le littoral qui s’étend de Royan jusqu’au Pays Basque porte le nom de « Côte d’Argent ». C’est d’ailleurs pour cela que l’homme est connu, alors que ses étude de commerce et ses débuts dans le négoce du vin le destinaient à une toute autre forme de célébrité, du moins a priori.
Le fait de donner une couleur aux côtes françaises est alors dans l’air du temps : c’est la Côte d’Azur qui a ouvert le feu en 1887, suivie de la sublimissime Côté d’Emeraude en 1894.
Cette appellation couvre aujourd’hui une zone plus petite qu’en 1905 : la région de Royan se nomme Côte de Beauté depuis 1931, quant à la Côte Basque, elle se nomme … Côte Basque !
En déambulant du côté du Bassin d’Arcachon aujourd’hui, alors que la marée avait apporté le presque beau temps pour le reprendre à peine six heures plus tard, j’ai bien compris que cette expression de Côte d’Argent était pertinente. La luminosité était telle que même le nom de Côte de Mercure aurait pu être adéquat, mais c’est sans doute moins glamour.

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Source : Wikipédia
Photos : Bassin d’Arcachon, 28/01/17

C’était dans le journal … le 10 janvier 1917

Bien que la presse soit libre en France depuis 1881, les temps de guerre ont vu cette liberté se restreindre fortement, et les ciseaux d’Anastasie reprendre du service. Dans les journaux, pendant la Première Guerre Mondiale, il était donc fréquent de voir un rectangle blanc là où un article déplaisant aurait du prendre place. Plus rares sont les articles censurés seulement en partie, dont on ne peut donc lire que des bribes aseptisées. C’était néanmoins le cas en dernière page de L’Humanité le mercredi 10 janvier 1917 :

 

C’était dans le journal … le 13 décembre 1916

Si les forces de l’Entente ont pu gagner la Première Guerre mondiale, c’est, notamment (mais pas exclusivement, ça va de soi) parce-que Anglais et Français disposaient de renforts humains conséquents auprès de leurs colonies. Les Français firent ainsi venir quelques 300 000 soldats du Maghreb et 180 000 d’Afrique subsaharienne, comme le rapportait le site France 24 en septembre 2015. Ces soldats étaient majoritairement musulmans. Comment alors concilier liberté religieuse et présence au front ?
La question s’est posée dès le début de la guerre : les soldats concernés ont pu bénéficier d’un peu de répit pendant les fêtes religieuses. Lors du ramadan 1915, qui eut lieu en été, les soldats purent adapter leur prise de repas aux conventions religieuses, mais sans toutefois être autorisés rompre le jeûne par un appel à la prière. Dans un même ordre d’idée, les soldats musulmans (en l’occurrence, ici, marocains) pouvaient aménager des lieux de convivialité, comme le montre L’Excelsior du 13/12/2016 :

 

C’était dans le journal … le 8 novembre 1916

Il y a un siècle, la situation politique étatsunienne était identique à celle d’aujourd’hui : les citoyens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, par un mode complexe que rappelle Le Petit Journal.
En 1916, les élections ont donc eu lieu le mardi 7 novembre. La partie s’avère serrée entre le républicain Hughes, que L’Echo de Paris donne gagnant (tout en employant le conditionnel) et le démocrate Wilson, qui, au final, sortira vainqueur, mais d’assez peu. Le Petit Parisien, lui, se contente juste de rappeler que les Américains ont voté :

 

Ce que les Américains font aussi là, maintenant, aujourd’hui, 8 novembre 2016. Et ce serait de bon ton qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. Car si Madame Clinton n’est peut-être pas ce qui peut arriver de mieux à ce pays, il est certain que Monsieur Trump est ce qui lui arriverait de pire.

J’ai (presque) mangé une tranche de lion

Une amie bonne cuisinière a récemment retrouvé un grimoire de la 2e moitié du XXe siècle (ou de la 1ère, il faudrait vérifier) présentant, entre autres recettes classiques des déjeuners dominicaux, quelques recettes exotiques. Je la remercie d’avoir photographié et de m’avoir envoyé une partie de la page « Afrique Noire » (on disait ainsi en ce temps-là) sur laquelle figure la recette que j’ai illico essayé au week-end dernier : le Civet de Lion de Nairobi. Puis-je vous faire partager la lecture et l’élaboration de la recette ?
« Prenez un jeune lionceau d’environ six mois ». Premier écueil, première difficulté : le lion ne figure pas dans mes contrats AMAP. Il y a bien porc, veau, bœuf, poulet, mais pas lion. Ledit lion doit en outre être jeune. Quel quadrupède sorti de l’AMAP s’en rapproche le plus ? Mais l’agneau bien sûr. Poursuivons.
« Dépouillez-le et nettoyez-le en conservant un demi-litre de sang ». Ça se corse. Un lion entier, pour quatre personnes, c’est démesuré, même si on le remplace par un agneau. L’aspect « dépouillage-nettoyage » a été assuré par l’abattoir. Quant à récupérer du sang de la bête … Même pas la peine d’y songer, donc inutile de vouloir, comme le préconise la recette, y ajouter « la même contenance de vinaigre » pour y faire tremper la viande coupée en morceaux. Il suffit donc de s’adapter et de coucher ce qui sert de lion sur un lit de romarin, d’y ajouter ail et oignon, un peu de poivre , et donc pas de vin rouge, même si la recette permettait d’y ajouter « les épices que vous préférez » :

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Et là on passe à la cuisson. Si l’on considère que l’option cuisson dans le bouillon « jusqu’à ce que la graisse remonte » a été abandonnée, le jeune faux lion passera une bonne heure au four, à 180°C, avec retournement et humidification à mi-cuisson :

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C’est marrant, on dirait presque la recette de l’épaule d’agneau ! Au final, le félin où ce qu’il en reste est découpé en tranches et servi avec des flageolets. Le lion, devenu doux comme un agneau, fut fort apprécié. Et en prime, on a respecté la biodiversité africaine, je n’en suis pas peu fière.

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Collection # 369

Détails du « Shtandart »
Bordeaux, octobre 2016

bateau

Shtandart

Au tout début du XVIIIe siècle, le tsar Pierre Ier, dit « Le Grand », décide de faire construire dix navires afin de protéger le port de St-Petersbourg. Il s’attelle lui-même aux plans. Le premier et le plus grand de ces navires, armé de 28 canons, est le Shtandart. Depuis, il a disparu, mais en 1999, sa réplique a pris la mer à son tour. Une réplique à l’identique pour l’extérieur du navire, mais différente à l’intérieur : les moteurs diésel, dans la cale, ont remplacé les boulets de canon.
Cette très belle frégate est accostée au Ponton d’Honneur, à Bordeaux, jusque dans la nuit de lundi à mardi.

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Photo prise aujourd’hui même, quelques heures après l’arrivée du bateau

L’autre phare du bout du monde

En 1884, un phare est érigé au large du Cap Horn, un vrai phare du bout du monde, qui sera, en 1905, au cœur d’un roman de Jules VERNE. Ce phare est une sorte de cabane en bois à 16 côtés, dont deux donnent face à la mer, construite sur un promontoire de 70 mètres de haut. Ses lampes fonctionnent à l’huile de colza et portent à près de 26 km. Mais le phare est en plein vent, et face au Cap Horn, ce n’est pas une simple brise. Les conditions sont tellement peu hospitalières pour les gardiens du phare que celui-ci est abandonné en 1902.
Il revient néanmoins sur le devant de la scène à la fin du XXe siècle : un Champenois, tellement amoureux de la mer qu’il a décidé de vivre à La Rochelle, décide de partir sur les trace du roman de Jules VERNE, à la recherche du fameux phare ou de ce qu’il en reste. Cet homme, c’est André BRONNER, dit « Yul » (très bon article dans L’Huma, daté de juin 1999). Avec une équipe de dix personnes (charpentiers, menuisiers, mais aussi des artistes), il reconstruit le phare à partir de 1994. Celui-ci éclaire de nouveau en février 1998.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’aventurier projette de construire une réplique du phare à La Rochelle : c’est chose faite depuis plus de 16 ans. La réplique du phare du bout du monde a été inaugurée le 1er janvier 2000 devant la plage des Minimes.

Photos prises à La Rochelle en octobre 2016

Joshua

joshua-p1060227-jpgEn 1898, le navigateur canadien Joshua SLOCUM clôt un tour du monde à la voile en solitaire, un peu plus de trois ans après quitté le port de Boston. C’est une première : personne, avant lui, n’avait osé une telle aventure, mais d’autres oseront après lui et son voyage va inspirer plus d’un marin.
En 1961, le navigateur français Bernard MOITESSIER fait construire un ketch (voilier à deux mâts dont le grand mât est à l’avant du bateau) en métal par un chantier de Saône-et-Loire et lui donne le nom de « Joshua » en souvenir de Joshua SLOCUM. Comme lui, il rêve de tour du monde à la voile : ça tombe bien, la première circumnavigation en solitaire à la voile part en 1968 (Golden Globe Challenge). Et c’est pendant cette course que Bernard MOITESSIER acquiert sa célébrité, en abandonnant aux deux tiers du trajet alors qu’il est donné vainqueur, et en poursuivant sa route au fil de l’eau pendant dix mois. Il s’installe alors en Polynésie avec femme et enfant. En 1980, on retrouve le marin et son voilier en Californie, mais le « Joshua » est touché par un cyclone en 1982 : il n’est retrouvé qu’en 1989 et en piteux état à Seattle. Il est alors racheté et restauré par le musée maritime de La Rochelle, qui lui offre des ronds des l’eau régulièrement. Bernard MOITESSIER, lui, est décédé en 1994 : il repose dans un petit village du Morbihan.

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Photos du « Joshua » prises lors du Grand Pavois 2016 (La Rochelle)

Echos locaux (jeudi 1er septembre 2016)

  • Au tout début de la Deuxième guerre mondiale, face aux ambitions hitlériennes d’annexer l’Alsace, des Alsaciens ont été envoyés dans des régions françaises suffisamment éloignées de leur biotope pour qu’ils puissent y mener une vie tranquille. Parmi eux, ceux du village d’Elsenheim ont atterri en Dordogne, et certains ont même participé à la découverte de la grotte de Lascaux en 1940 : à lire dans L’Alsace.
  • En 2009, des forages ont montré la présence de gaz de schiste à une profondeur de 3000 mètre sous le lac Léman. Les riverains grognent contre une possible exploitation dudit gaz, et je les comprends : une manif a lieu samedi (Le Dauphiné Libéré).
  • La petite ville de Castres, dans le Tarn, a, pendant un temps, fait preuve d’étourderie : il manque 246 noms sur le monument aux morts de la Grande Guerre. Un historien local vient de publier la liste de ces hommes morts au combat (Le Journal d’Ici).
  • Finissons cette petite note avec de belles images : l’Ille-et-Vilaine vue du ciel (Ouest-France).

C’était dans le journal … le 18 août 1916

Ne serait-ce point une sorte de dopage ? Cette idée d’ingurgiter une potion réalisée à partir de « sang vivant, provenant de jeunes chevaux sains et reposés » a un petit quelque chose qui, s’il y avait eu Jeux Olympiques cette année-là (mais il y avait guerre, c’était un autre sport !), on eut pu suspecter du louche voire de la triche. Comme ce ne fut pas le cas, les hommes de 1916 qui n’étaient pas en train de se faire zigouiller ou mutiler sur le champ de bataille, pouvaient céder aux sirènes publicitaires du Petit Parisien, et craquer pour une bonne cure de Globéol, qui « décuple la résistance de l’organisme et prolonge la vie ».

Un bateau de bande-dessinée

P1040277Le site Bordeaux-tourisme.com le définit comme « un navire de tradition tout droit sorti des Aventures de Tintin et Milou ». Il est vrai qu’avec sa belle coque rouge et sa cheminée jaune, le Marco Polo (site web) a un petit côté « cartoon » qui met de bonne humeur.
Ce bateau, d’un peu plus de 33 m de long, est sorti d’un chantier naval suédois en 1960. Il a effectué du nombreuses croisières dans la mer Baltique pour une compagnie est-allemande puis pour une compagnie allemande tout court après la réunification. Racheté par la compagnie bordelaise « Navires et Châteaux » en 2013, il a eu droit à un très gros lifting dans les chantiers polonais de Gdansk avant d’effectuer son voyage jusqu’à la Garonne.
Désormais, c’est un bateau consacré à la balade fluviale. Il peut accueillir jusqu’à 150 personnes, soit en accès individuel (dîner-croisière en été, croisière-jazz, soirée dégustation, …) soit par groupes (comités d’entreprises par exemple). Dans tous les cas, il démarre du ponton Montesquieu, en rive droite.

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Photos : juin 2016

Collection # 356

L’Arawak dans le port de Bordeaux, 24/06/2016

L’Arawak est un thonier en bois sorti des chantiers des Sables d’Olonne en 1954 et alors immatriculé à Lorient. Restauré dans les années 1980 dans un chantier bordelais, puis remis en état dans ce même chantier  après un incendie dans les années 2000, l’Arawak appartient aujourd’hui à une association culturelle qui lui est dédiée (site web) et qui est basée à Lormont.

arawak

Un monument historique de plus à New York

Nous connaissons tous le Flat Iron building, l’Empire State building, la statue de la Liberté, etc. Depuis mercredi 13 avril, la liste des monuments historiques newyorkais vient de s’enrichir de ceci (à lire dans Geopolis) :

NY / Balade en bateau

Il s’agit de l’enseigne de Pepsi dans le Queens, située sur une usine d’embouteillage de la boisson qui a fermé en 1999. Cette enseigne de 18 mètres de haut avait été érigée en 1936, à un moment où Pepsi cherchait à se démarquer de Coca Cola afin d’engranger à son tour un flot ininterrompu de pépètes. C’est d’ailleurs dans ce but, qu’en 1940, la marque lança une campagne à destination de la population afro-américaine, alors victime de discrimination.

Photo : New York, juillet 2010

C’était dans le journal … le 30 mars 1916

Première guerre mondiale, suite. À proximité immédiate des zones de front, les civils sont particulièrement touchés. L’Humanité titre ainsi « Une affreuse misère règne en Belgique ».
Cet article nous apprend notamment que « la faim y sévit à l’état endémique », même « chez les gens fortunés », qui ne disposent plus que du quart de la ration à laquelle ils étaient habitués avant la guerre. Les classes moyenne et populaire, elles, souffrent « des angoisses de la famine ». Du coup, les ouvriers sous-alimentés ne peuvent plus fournir les mêmes efforts au travail, la productivité s’en ressent.
Pourquoi une telle pénurie ? Déjà, avant la guerre, la Belgique n’était pas autosuffisante sur le plan alimentaire. Le site de la RTBF signale qu’un tiers des denrées alimentaires devaient être importées avant 1914. La guerre n’arrange évidemment pas les choses, et le pays reçoit, rien que pour l’année 1916, 50 000 tonnes de froment en provenance des Etats-Unis et du Canada. Mais c’est bien la guerre elle-même qui crée la famine. L’Humanité n’y va pas par quatre chemins pour désigner le coupable : « La Germanie exerce sur cette pauvre Belgique, qu’elle a pillée, saccagée et inondée de sang, une succion formidable et continue. C’est l’araignée se jetant sur la mouche prise dans sa toile pour la vider. » Les soldats allemands sont comparés à des « cambrioleurs » qui empêchent les paysans de faire leur travail : « La semaine passée, trois cents chevaux de trait quittaient Namur pour l’Allemagne ». Des arbres, fruitiers ou non, sont arrachés.
Alors comment tenir malgré tout ? en se « rabattant sur la viande de chien et de chat », qui se vend désormais comme n’importe quelle autre viande, mais à un prix beaucoup plus bas. Il parait même que la viande de chien aurait un peu le goût de celle du mouton. Rien n’est perdu sur ces bêtes : le gras du chien est transformé en saindoux et remplace le beurre.

C’était dans le journal … le 30 janvier 1916

En 1915, des dirigeables (les « zeppelin ») allemands ont en vain tenté de bombarder Paris. Le 29 janvier 1916, l’un d’eux réussit son coup, bombardant le XXe arrondissement. Dès le lendemain, la presse rend compte de l’affaire. L’Humanité rapporte ainsi que « deux arbres furent déracinés » face au numéro 84 du boulevard de Belleville, qu’une autre bombe, tombée au 88 de la rue Ménilmontant aurait fait « plusieurs blessés », et que « la plus violente explosion se produisit rue Haxo » : l’immeuble a été détruit (photo).
L’Intransigeant dresse un bilan plus précis : 19 bombes ont été larguées, faisant 23 morts et 29 blessés, le tout dans un temps relativement bref (40 mn entre le début de l’alerte et la dernière bombe). Ce journal insiste sur le lourd bilan humain, rappelant que les bombes sont tombées sur « un quartier assez populeux », dont les maisons n’ont pas la robustesse des immeubles en pierres de taille des beaux quartiers. L’Intransigeant publie, en fin d’article, la liste nominative des morts : la plus jeune avait 18 mois, c’était une fillette prénommée Andrée. Six victimes n’étaient toujours pas identifiées au moment du bouclage du journal.

C’était dans le journal … le 21 décembre 1915

La première utilisation de gaz de combat remonte à avril 1915 : l’armée allemande envoie du gaz moutarde, aussi appelé ypérite, sur le champ de bataille proche d’Ypres en Belgique. Ce gaz attaque les voies respiratoires et, s’il ne tue pas à tous les coups, il provoque une énorme panique chez les soldats.
Très vite, l’armée française se lance à son tour dans l’utilisation de ce type d’arme, mais élabore aussi des moyens de protection à l’efficacité discutable : ce sont les premiers masques à gaz. Pour le grand public, il faut néanmoins en affirmer l’efficacité totale, ce que fait L’Homme libre le 21 décembre 1915, en relatant une attaque chimique ayant à nouveau eu lieu à Ypres deux jours plus tôt : « Nos moyens de préservation contre les gaz asphyxiants ont prouvé leur efficacité ». Ces moyens sont pourtant encore bien modestes, ce sont de simples cagoules en tissu. Mais des progrès ont lieu, et dès le mois de février 1916, des masques à gaz plus efficaces, garnis d’une sorte de toile cirée, permettent de réellement bloquer une grande partie des gaz qui arrivent dans le nez des poilus.

Astérix et le diamant

En 1965, paraissent deux albums du petit guerrier gaulois : Le tour de Gaule et Astérix et Cléopâtre. Rien à voir avec un quelconque diamant. Ni même d’ailleurs avec un quelconque guerrier : l’Asterix dont il est aujourd’hui question est un satellite de 42 kg, en forme de tonneau, catapulté dans l’espace il y a pile cinquante ans aujourd’hui par une fusée Diamant.
Cette aventure est le résultat de la volonté de Charles de Gaulle de faire de la France une puissance comparable aux deux Grands de l’époque, lui permettant du même coup de s’affranchir de la tutelle étatsunienne (la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN l’année suivante). Les ingénieurs du CNES, créé en 1962, parviennent donc à mettre au point le lanceur (Diamant) et le lancé (Astérix). La France devient, en ce 26 novembre 1965, la troisième puissance spatiale après l’URSS et les Etats-Unis.
Ne rêvons pas : la motivation du grand Charles n’était pas scientifique. Pas question d’aller voir s’il y avait de l’eau sur Mars ou de la luzerne sur Pluton. Par contre, être capable d’envoyer un engin nucléaire (la bombe made in France est mise au point en 1960) bien bien loin, éventuellement sur la tête des Soviétiques s’ils devenaient trop entreprenants, ça, c’était un objectif sérieux.
timbresLa fusée est donc lancée depuis la base d’Hammaguir en Algérie. C’est un engin de 19 mètres de haut pesant 19 tonnes : un bébé comparé à Ariane V et ses 55 mètres pour 750 tonnes. L’opération est une réussite, même si les antennes d’Astérix ont été arrachées lors de sa mise en orbite, l’empêchant d’émettre le bip-bip tant attendu. Onze autres fusées Diamant seront lancées, dont huit depuis la base de Kourou qui lance aujourd’hui Ariane.

Source : Sciences&Avenir

Illustration : timbres émis en décembre 1965

C’était dans le journal … le 10 novembre 1915

imageLe radium, c’est moderne, ça efface les rides et ça brille dans la nuit. Découvert en 1898, ce minerai est paré de toutes les vertus jusqu’à ce qu’on en perçoive les dangers après la guerre. Mais avant cela, tous les espoirs sont permis : ni les cancers ni les rides ne semblent résister à ce minerai magique. J’exagère à peine. Et surtout, le radium rend lumineuses les aiguilles de la montre, et c’est bien pratique pour lire l’heure de son insomnie.
Le Petit Parisien fait ainsi la publicité de ces fameuses montres, qui, en outre, ont un verre incassable et sont vendues à un prix spécial, guerre oblige.

à cliquer :

Collection # 320

La Nao Victoria
Bordeaux, 16/10/2015

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