C’était dans le journal … le 10 août 1917

La guerre fait faire des bonds gigantesques à l’industrie aéronautique. De nouveaux usages apparaissent (l’avion n’est donc plus seulement un largueur de bombes), qui trouveront rapidement un usage civil. Et donc, rapporte Excelsior, des Californiens sont, en cet été 1917, en train de tester l’ancêtre assez lointain du Canadair, c’est-à-dire l’avion-pompier. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un bombardier d’eau mais d’un avion transportant les pompiers et leur matériel. Cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte :

 

C’était dans le journal … le 13 juillet 1917

Dimanche dernier, des pluies diluviennes ont transformé les couloirs du métro parisien en piscine, faisant dire à certains twittos que Paris-Plage s’était surpassé cette année. Mais ce que craignent le plus les Parisiens, et à juste titre, c’est le débordement de la Seine.
Ce 13 juillet 1917, soit sept ans et demi après la gigantesque crue de 1910, le Sénat adopte enfin un plan de travaux visant à protéger la ville et ses habitants : il s’agit, grosso modo, de donner plus de place au fleuve, par « l’élargissement du bras de la Monnaie et l’approfondissement de la Seine entre Suresnes et Bougival », le tout devant coûter 67 millions de francs. L’article de L’Humanité rapportant ce projet évoque aussi d’autres travaux en aval ainsi que des « dérivations de la Marne », mais, au final, rien qui ne soit suffisamment efficace. D’ailleurs, la protection de Paris face aux crues de la Seine est toujours d’actualité un siècle après.

C’était dans le journal … le 22 juin 1917

La poudrerie de St-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux, est une des plus vieilles entreprises françaises. Créée au XVIIe siècle sur les bords de la jalle de Blanquefort, rivière dont elle tirait son énergie, elle employait 1900 personnes à la veille de la Première guerre mondiale. Pendant cette guerre, son volume de production est multiplié par douze. Ce sont essentiellement des femmes qui y travaillent, et leur rôle est évidemment fondamental en temps de guerre : cette poudre dite « poudre B » (à base de nitrocellulose) est précieuse pour l’armée (source). Les ouvrières ont donc là un réel levier leur permettant de faire aboutir leurs revendications salariales, revendications pour lesquelles elles se mettent en grève en juin 1917. L’info ne fait pas la une des journaux nationaux, mais L’Humanité y consacre quand même un entrefilet en dernière page (cliquez sur l’image pour accéder au document entier et pour le lire plus facilement) :

 

C’était dans le journal … le 25 avril 1917

À force de voir leurs bateaux coulés par les sous-marins allemands, les Américains ont fini par craquer. Le vieil isolationnisme (la doctrine Monroë date de 1823) semble avoir vécu, et le président Wilson déclare la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Déclarer la guerre est une chose, la faire en est une autre. La préparation prend un peu de temps : les premiers soldats débarqueront en Europe en juillet, sans pour autant partir aussitôt au combat. C’est qu’une guerre, ça se prépare. Il faut trouver des hommes, en faire des soldats, et pour cela les entraîner au maniement des armes. C’est justement ce que présente L’Excelsior en ce mercredi 25 avril 1917 (cliquez sur l’image pour la voir en grand et dans son contexte, et donc comprendre avec quoi les futurs soldats s’initient à l’art de la guerre) :

 

C’était dans le journal … le 18 avril 1917

La classe 18 (c’est-à-dire les jeunes gens qui auront vingt ans en 1918) vient d’être appelée : des ados de 19 ans vont partir en guerre. L’objectif, comme le rappelle une caricature parue dans L’Echo de Paris, est toujours le même (cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte original, et surtout en plus grand) :

Et puis, mais on n’ose pas le dire dans les journaux, il y a un autre objectif : revenir vivant. Et entier.

C’était dans le journal … le 15 mars 1917

La guerre a pour effet bien connu le ralentissement du commerce. Les importations de canne à sucre étant fortement ralenties, des raffineries doivent fermer. Il faut donc se serrer la ceinture sur le sucre : une carte de rationnement spécialement dédiée à ce produit est mise en place à la fin du mois de février 1917 (modèle ici).
Rebondissant sur cette instauration de la « carte de sucre », Le Siècle rapporte une anecdote dont les fondements me semblent fantaisistes : il s’agit du sucre « à la mode de Bretagne ». Il est ainsi mentionné une coutume peu ragoutante (et probablement fausse, mais les journaux parisiens aiment se gausser des mœurs des terres exotiques) : lorsque le sucre manque dans les maisons bretonnes, on en pend un morceau au bout d’un fil, au-dessus de la table. Lorsque l’on veut sucrer un met quelconque, on lèche le sucre puis on le passe à son voisin. Bon appétit !

 

C’était dans le journal … le 10 janvier 1917

Bien que la presse soit libre en France depuis 1881, les temps de guerre ont vu cette liberté se restreindre fortement, et les ciseaux d’Anastasie reprendre du service. Dans les journaux, pendant la Première Guerre Mondiale, il était donc fréquent de voir un rectangle blanc là où un article déplaisant aurait du prendre place. Plus rares sont les articles censurés seulement en partie, dont on ne peut donc lire que des bribes aseptisées. C’était néanmoins le cas en dernière page de L’Humanité le mercredi 10 janvier 1917 :