C’était dans le journal le 12 novembre 1918

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C’était dans le journal le 6 novembre 1918

Cette guerre touche à sa fin, mais on meurt encore sur les champs de bataille : les Alliés, bénéficiant grandement du renfort américain, repoussent l’armée allemande et récupèrent des armes dans la foulée (51 canons sur la rive ouest de la Meuse, comme le signale Excelsior en page 3). Les empires ottoman et austro-hongrois ont capitulé, isolant une Allemagne où gronde la Révolution. C’est le refus de combattre des marins de Kiel qui lance le grand chambardement. Celui-ci est imminent, et précipitera la fin du conflit.
Cette fin prochaine des combats est illustrée, toujours dans Excelsior (page 4) par un dessin de Lucien Métivet :

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C’était dans le journal … le 4 avril 1918

Hier soir, au dîner, on a fait risotto. C’est bon le risotto, et ce n’est pas nouveau : déjà, pendant la Première Guerre mondiale, et même hors d’Italie, on appréciait cette manière de consommer le riz. J’en ai d’ailleurs trouvé une recette à la dernière page de L’Intransigeant, un rizotto (avec un « z ») à la mode de Parme :

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Certes, le riz est ordinaire, mais le principe est grosso modo celui que j’emploie encore aujourd’hui, du moins au départ, préférant toutefois le bouillon à la simple eau chaude. Mais, en temps de guerre, on faisait avec ce que l’on avait.
C’est le mode de cuisson qui m’a étonnée : il est question d’une caisse norvégienne, dont j’apprends en trainant sur Wikipédia qu’elle s’appelle aussi « marmite » norvégienne, quoique n’ayant pas forcément la forme d’une marmite, et n’étant peut-être même pas d’origine norvégienne. Mais qu’importe. C’est le principe, très ancien, qui est intéressant, car il est fort bien adapté à la pénurie de charbon, banale pendant la guerre, qui incite la ménagère à faire quelques économies d’énergie.
La fameuse caisse, ou marmite, est un récipient isotherme dans lequel on place la casserole bien chaude. Une fois hermétiquement fermée, la caisse permet de poursuivre la cuisson sans dépenser davantage d’énergie. C’est un très vieux système, qui a néanmoins été remis au gout du jour assez récemment, notamment par des ONG soucieuses de limiter la consommation d’énergie. On peut, en outre, la fabriquer soi-même : méthode et mode d’emploi en cliquant ici.

C’était dans le journal … le 25 janvier 1918

Les difficultés d’approvisionnement obligent le gouvernement a organisé le rationnement du pain. À partir du 1er mars, une carte unique, valable pour le pain et pour tout autre produit qui serait rationné, va être distribuée dans toute la France.  C’est ce qu’explique Le Matin. Chaque carte est personnelle : y figurent les coordonnées de son titulaire et la catégorie à laquelle il appartient (la catégorie B correspond ainsi aux enfants de 3 à 7 ans). Le quotidien livre aussi le mode d’emploi de la carte et des coupons détachables qu’elle comporte, et reproduit surtout la photo d’une de ces cartes :

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C’était dans le journal … le 9 novembre 1917

C’était dans le journal … le 19 octobre 1917

On les a appelés les « profiteurs de guerre ». Quatre ans après la fin de celle-ci, en 1922, Anatole France, dans une lettre publiée dans L’Humanité, lançait « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ». Il est vrai que certaines entreprises ont su fort bien croître et s’enrichir grâce au conflit : en France, Michelin a négocié la hausse du prix de ses pneumatiques en sachant très bien que l’armée française ne pouvait pas s’en passer. Renault a multiplié son chiffre d’affaires par quatre entre 1914 et 1918. Ça marche aussi en Allemagne : les seize plus grandes entreprises houillères et sidérurgiques ont multiplié leur chiffre d’affaires par huit pendant cette période.
Ça, ce sont les gros poissons. Mais il y a les plus modestes, les petits joueurs, ceux dont le nom ne deviendra jamais celui d’un grand groupe industriel européen. Les noms de Galandrin et Painsmay ne figurent pas au CAC 40. Et pourtant … Ces deux-là faisaient dans le charbon à Paris. Mme Galandrin était marchande, M. Painsmay était négociant. C’est La Croix qui cite leur nom, indiquant qu’ils « comparaitront prochainement devant le tribunal correctionnel » pour avoir « vendu du charbon à un prix manifestement supérieur aux cours ». Cliquez sur l’image pour voir l’article dans son contexte :

 

C’était dans le journal … le 30 septembre 1917

Il y a cent ans, les femmes étaient déjà (et le sont plus malheureusement encore aujourd’hui) victimes des stéréotypes masculins concernant leur corps. Une femme, une vraie, ne peut décemment « avoir une poitrine plate » sans se sentir profondément humiliée. Une femme, une vraie, ne doit pas  » avoir un visage de femme sur un corps d’homme ». Bref, une femme, une vraie, doit avoir de bons gros lolos, une poitrine qui jaillit du buste façon obus (et pas seulement parce-que c’est la guerre), elle doit posséder « une gorge ronde et belle ». Mais, comme le rappelle cette publicité publiée en quatrième page du Petit Journal, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut donc ruser, et payer : en échange d’ « un timbre à 15 centimes », les femmes intéressées par un gonflement mammaire recevront « tous les renseignements par retour du courrier ». La messe doit être dite « en trente jours » et la méthode est discrète : « elle peut facilement employer cette méthode dans l’intimité de son intérieur sans que ses amies les plus intimes s’en doutent ». Il ne s’agit pas, en effet, que quelques chipies aillent cafter la tricherie. Quant au contenu de la recette miracle, cela reste un mystère : c’est « la Providence », et elle seule, qui permit à l’auteur de la pub (de l’arnaque ?) de « développer [son] buste de 15 cm en 30 jours ».