C’était dans le journal … le 25 avril 1917

À force de voir leurs bateaux coulés par les sous-marins allemands, les Américains ont fini par craquer. Le vieil isolationnisme (la doctrine Monroë date de 1823) semble avoir vécu, et le président Wilson déclare la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Déclarer la guerre est une chose, la faire en est une autre. La préparation prend un peu de temps : les premiers soldats débarqueront en Europe en juillet, sans pour autant partir aussitôt au combat. C’est qu’une guerre, ça se prépare. Il faut trouver des hommes, en faire des soldats, et pour cela les entraîner au maniement des armes. C’est justement ce que présente L’Excelsior en ce mercredi 25 avril 1917 (cliquez sur l’image pour la voir en grand et dans son contexte, et donc comprendre avec quoi les futurs soldats s’initient à l’art de la guerre) :

 

C’était dans le journal … le 18 avril 1917

La classe 18 (c’est-à-dire les jeunes gens qui auront vingt ans en 1918) vient d’être appelée : des ados de 19 ans vont partir en guerre. L’objectif, comme le rappelle une caricature parue dans L’Echo de Paris, est toujours le même (cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte original, et surtout en plus grand) :

Et puis, mais on n’ose pas le dire dans les journaux, il y a un autre objectif : revenir vivant. Et entier.

C’était dans le journal … le 15 mars 1917

La guerre a pour effet bien connu le ralentissement du commerce. Les importations de canne à sucre étant fortement ralenties, des raffineries doivent fermer. Il faut donc se serrer la ceinture sur le sucre : une carte de rationnement spécialement dédiée à ce produit est mise en place à la fin du mois de février 1917 (modèle ici).
Rebondissant sur cette instauration de la « carte de sucre », Le Siècle rapporte une anecdote dont les fondements me semblent fantaisistes : il s’agit du sucre « à la mode de Bretagne ». Il est ainsi mentionné une coutume peu ragoutante (et probablement fausse, mais les journaux parisiens aiment se gausser des mœurs des terres exotiques) : lorsque le sucre manque dans les maisons bretonnes, on en pend un morceau au bout d’un fil, au-dessus de la table. Lorsque l’on veut sucrer un met quelconque, on lèche le sucre puis on le passe à son voisin. Bon appétit !

 

C’était dans le journal … le 10 janvier 1917

Bien que la presse soit libre en France depuis 1881, les temps de guerre ont vu cette liberté se restreindre fortement, et les ciseaux d’Anastasie reprendre du service. Dans les journaux, pendant la Première Guerre Mondiale, il était donc fréquent de voir un rectangle blanc là où un article déplaisant aurait du prendre place. Plus rares sont les articles censurés seulement en partie, dont on ne peut donc lire que des bribes aseptisées. C’était néanmoins le cas en dernière page de L’Humanité le mercredi 10 janvier 1917 :

 

C’était dans le journal … le 13 décembre 1916

Si les forces de l’Entente ont pu gagner la Première Guerre mondiale, c’est, notamment (mais pas exclusivement, ça va de soi) parce-que Anglais et Français disposaient de renforts humains conséquents auprès de leurs colonies. Les Français firent ainsi venir quelques 300 000 soldats du Maghreb et 180 000 d’Afrique subsaharienne, comme le rapportait le site France 24 en septembre 2015. Ces soldats étaient majoritairement musulmans. Comment alors concilier liberté religieuse et présence au front ?
La question s’est posée dès le début de la guerre : les soldats concernés ont pu bénéficier d’un peu de répit pendant les fêtes religieuses. Lors du ramadan 1915, qui eut lieu en été, les soldats purent adapter leur prise de repas aux conventions religieuses, mais sans toutefois être autorisés rompre le jeûne par un appel à la prière. Dans un même ordre d’idée, les soldats musulmans (en l’occurrence, ici, marocains) pouvaient aménager des lieux de convivialité, comme le montre L’Excelsior du 13/12/2016 :

 

C’était dans le journal … le 8 novembre 1916

Il y a un siècle, la situation politique étatsunienne était identique à celle d’aujourd’hui : les citoyens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, par un mode complexe que rappelle Le Petit Journal.
En 1916, les élections ont donc eu lieu le mardi 7 novembre. La partie s’avère serrée entre le républicain Hughes, que L’Echo de Paris donne gagnant (tout en employant le conditionnel) et le démocrate Wilson, qui, au final, sortira vainqueur, mais d’assez peu. Le Petit Parisien, lui, se contente juste de rappeler que les Américains ont voté :

 

Ce que les Américains font aussi là, maintenant, aujourd’hui, 8 novembre 2016. Et ce serait de bon ton qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. Car si Madame Clinton n’est peut-être pas ce qui peut arriver de mieux à ce pays, il est certain que Monsieur Trump est ce qui lui arriverait de pire.

C’était dans le journal … le 18 août 1916

Ne serait-ce point une sorte de dopage ? Cette idée d’ingurgiter une potion réalisée à partir de « sang vivant, provenant de jeunes chevaux sains et reposés » a un petit quelque chose qui, s’il y avait eu Jeux Olympiques cette année-là (mais il y avait guerre, c’était un autre sport !), on eut pu suspecter du louche voire de la triche. Comme ce ne fut pas le cas, les hommes de 1916 qui n’étaient pas en train de se faire zigouiller ou mutiler sur le champ de bataille, pouvaient céder aux sirènes publicitaires du Petit Parisien, et craquer pour une bonne cure de Globéol, qui « décuple la résistance de l’organisme et prolonge la vie ».