Le retour de la galère

P1170795Les plages en hiver sont pleines de surprises. En déambulant sur l’île d’Oléron, je vis quelque chose qui ressemblait, selon l’imagination de chacun, à un préservatif ou à une tétine pour dauphin (cette dernière hypothèse fut émise par une amie que je tiens à remercier ici pour son sens de la poésie). Il s’agit en fait d’un genre d’animal particulièrement urticant, repéré aussi en masse en Vendée (Ouest-France). La Vendée et la Charente-Maritime, ça se touche, et les physalies, aussi nommées « galères portugaises », ça dérive. D’où leur présence pas si étrange que cela.

Photo réalisée sur l’île d’Oléron fin décembre 2017

Publicités

Un futur requin

Se balader sur la plage en hiver reste un vrai plaisir : peu de monde, juste le bruit (parfois fracassant) des vagues, le sable qui, enfin, ne brûle pas les pieds et ne sent pas la crème solaire, et surtout l’occasion d’observer des créatures difficiles à voir en été.
C’est ainsi le cas de ce petit réceptacle jaune accroché par des sortes des filaments à une algue :

P1170801

Il s’agit de l’œuf d’un petit requin très courant le long des côtes françaises métropolitaines, la roussette. Même si le mot « requin » fait encore stupidement peur, la roussette est totalement inoffensive, et on peut même la déguster avec une sauce un peu relevée : elle est commercialisée sous le nom de « saumonette », l’allusion au « saumon » (avec qui  elle n’a rien à voir) étant plus vendeuse que l’affiche « requin ». Les préjugés ont la vie dure. Dans un même ordre d’idée, le requin-taupe est ainsi vendu sous le nom de « veau de mer ».
Mais revenons à notre œuf. Si la roussette est un petit requin, son œuf est plutôt grand. La roussette pond ses œufs dans des algues, auxquels ils s’accrochent et avec lesquelles ils dérivent, parfois jusque sur le sable. L’embryon se transforme lentement (200 jours environ) en poisson. Au bout d’un peu plus de trois mois, l’œuf proprement dit se fissure et laisse entrer l’eau de mer : le futur requin développe alors ses branchies. Encore un peu plus de trois mois plus tard, le bébé requin devenu trop grand sort de son œuf. Il mesure alors 8 à 10 cm et s’apprête à mener la vie rude des animaux marins, risquant de finir dans une assiette l’âge adulte à peine atteint.

Sources : espace-sciences.org et aquarium de St-Malo

Photo prise sur l’île d’Oléron fin décembre 2017

C’est la saison de l’huîtrier

1-P1170371.jpgL’huîtrier-pie est un limicole au bec rouge capable de casser les coquilles de nombreux mollusques, et pas seulement celles des huîtres, ce qui pourtant peut déjà être considéré comme une prouesse quand on considère à quel point ces bêtes sont parfois difficiles à ouvrir, même avec le couteau ad hoc.
En ce qui concerne la petite — mais croissante — population résidant en France (à peine plus de 4% des spécimens hivernant en Europe, et au mieux 0,5% des nicheurs), l’huîtrier-pie est surtout présent sur les rivages de la Manche.

2-P1170370.jpg

Cependant, depuis quelques années, le nombre de ces oiseaux augmente sur le littoral atlantique, jusque sur le Bassin d’Arcachon (il y a des couples nicheurs sur le Banc d’Arguin). C’est pour cela que j’en vois à chaque hiver sur l’île d’Oléron, où les coquillages sont encore assez nombreux (y compris les huîtres des parcs ?). Selon l’INPN, il se pourrait que la hausse des effectifs en France soit liée à la surexploitation des coquillages sur les aires habituelles de présence de l’huîtrier-pie, nettement plus au nord, mettant notamment ainsi en évidence une des conséquences de la surexploitation de la mer des Wadden (Pays-Bas).

2-P1170377.jpg

Photos prises sur l’île d’Oléron en décembre 2017

La chansonnette [11]

Marc Ogeret
La Chanson de Craonne
1973

Dès les premiers mois, une fois qu’il est enfin évident que le conflit sera long, les soldats ne supportent plus la guerre, ou plus exactement les conditions dans lesquelles elle se déroule, les sacrifices qu’ils offrent à la patrie pour des résultats militaires inexistants. C’est le sentiment de se battre pour rien qui est à l’origine de contestations qui trouvent leur apogée dans les mutineries de 1917, mais qui s’expriment aussi dans les chansons, dont cette fameuse Chanson de Craonne, interprétée ici par Marc Ogeret en 1973 (vous pouvez en lire le texte ici et ici). Inutile de préciser que l’état-major appréciait fort peu ce genre de ritournelle. Il parait même qu’une récompense était promise à quiconque en dénoncerait l’auteur.
Il se trouve que je pense à cette chanson aujourd’hui, car d’après un titre de Sud-Ouest (je ne suis pas allée plus loin, n’étant pas abonnée), l’interprétation de cette œuvre lors des commémorations du 11 novembre, à Dolus d’Oléron (Charente-Maritime) a tourné à la polémique. Des anciens combattants (qui, de toute façon, ne sont plus ceux de la guerre de 14) n’ont apparemment pas apprécié ce moment, pourtant probablement fort, de la cérémonie. L’aspect antimilitariste, mais aussi défaitiste, voire désespéré, du texte, choquerait-il encore aujourd’hui ?

Dress code pour pêche à pied

Les prochaines grandes marées ne sont prévues que pour les alentours du 8 septembre, alors à quoi bon en parler dès aujourd’hui ?
C’est que la pêche à pied, ça se prépare, d’autant plus qu’une nouvelle règle vestimentaire vient de voir le jour. À vous de juger du côté, sinon esthétique, du moins pratique de la chose :

Constat réalisé en Charente-Maritime en août 2017

Le territoire des goélands

Grande plage de Saint-Trojan (c’est sur Oléron, Charente-Maritime, pour les nouveaux visiteurs de ce blog qui vivent à l’est du méridien de Greenwich), tous les étés, mêmes jours, mêmes heures. Les goélands sont là et pas ailleurs, ils occupent la plage et la dune sur une dizaine de mètres de large, s’en éloignent à peine quand chiens ou humains les perturbent. Et puis reviennent, sans faire trop de bruit (ce qui est rare pour cet oiseau-là). Certains sont jeunes, des petits de l’année reconnaissables à leur plumage gris, les autres sont adultes. Et ils vivent là, en bande, face au large. Le bonheur, non ? Que demander de plus ?

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Photos attrapées avec bonheur à St-Trojan-les-Bains en août 2017

Le pont de Tolbiac est définitivement fermé à la circulation

P1130716Contrairement à une rumeur propagée par les cercles parisiens mal informés, le pont de Tolbiac, le vrai, n’enjambe pas un vague fleuvaillon appelé « Seine » mais le superbe chenal de la Baudissière, sur la commune de Dolus d’Oléron. À marée basse, c’est joli, à marée haute, surtout avec un coefficient de 102, c’est très beau :

tolbiac-P1130712.JPG

Ce vieux pont relève d’une prouesse technique de l’âge du bricolage de bois (entre l’âge du fer et l’âge du bronze), dont on peut encore percevoir les subtilités architecturales :

tolbiac-P1130714.JPG

Depuis plusieurs mois (années ?), il est fermé pour des raisons de sécurité. Le temps (dans les deux sens du terme) a désormais eu totalement raison de lui :

tolbiac-P1130715.JPG

Constat établi en juin 2017