Molecule Man

De loin, on voit une sorte de personnage qui marche sur l’eau. Un personnage avec des trous dedans, façon gruyère mais en alu. Et puis grand, très grand, très très grand puisqu’on le voit de très très loin.
De près, on constate que l’homme en alu troué n’est point seul. Ils sont trois, posés sur l’eau de la Spree, à Berlin. Molecule Man est l’œuvre de Jonathan BOROFSKY, un Américain doué dont les œuvres se vendent cher (un « Molecule Man volant » a été mis aux enchères à plus de 20 000 $ en 2011). Depuis 1999, le triptyque nage sur l’onde berlinoise, mais les premiers Molecule Men sont sortis de l’imagination de leur concepteur à la fin des années 1970.

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—> A cliquer : des photos montrant comment Molecule Man a été installé.

Collection # 144

Tramway jaune
Berlin, décembre 2008 et avril 2012

Berlin-Est ou Berlin-Ouest ?

La question n’a plus réellement de sens aujourd’hui que le rideau de fer n’existe plus. Comme toutes les villes, Berlin a ses quartiers riches et ses quartiers pauvres. La limite ouest/est n’y est qu’en partie pertinente : il y a globalement moins de richesses dans ce qui fut l’Est, mais ce sont surtout les zones qui étaient très proches du mur qui furent délaissées par les populations aisées, donc côté Ouest aussi : n’oublions pas que ce mur, bien que totalement bâti sur le territoire de RDA (pas question de construire quoique ce soit dans le jardin du voisin, surtout en pleine guerre froide), entourait Berlin-Ouest (voir dessin) et non Berlin-Est. Mais il reste des éléments tangibles de cet héritage, de ce mur pourtant tombé il y a plus de vingt ans. C’est ainsi le cas des transports en commun : tout utilisateur sait qu’il lui faut deux plans, l’un pour le S-Bahn (un mix entre un métro aérien et le RER) et le U-Bahn (le métro), l’autre pour le tramway. En effet, ce dernier était une spécificité de Berlin-Est, et, même si le matériel se modernise, le réseau reste cantonné dans ce qui fut Berlin-Est (quelques extensions du réseau sont peut-être en cours, je n’ai pas vérifié). Ça saute aux yeux :

On voit aussi des traces de l’ancien no man’s land, actuellement en cours de reconstruction, mais il reste encore d’immenses terrains vagues à certains endroits. Les zones reconstruites, et je pense en particulier à l’ensemble Potsdamerplatz / Leipzigerplatz, dont j’ai parlé ici-même il y a peu (cliquez ici), laissent une place à la mémoire du mur, à des fins informatives et touristiques. Tout un chacun peut faire tamponner son passeport, histoire de bien dire aux copains « moi j’y étais », mais surtout les panneaux explicatifs donnent à voir des images de la vie quotidienne avant 1989 :

Des morceaux du Mur, donc, des vrais, placés sur une ligne qui en reprend le tracé :

Et puis, si on s’approche, on note que le mur n’a pas seulement été tagué, et que, parfois, des matériaux plus inédits que la peinture en bombe furent (sont ?) utilisés :

Comment dit-on « baignassout » en allemand ?

Depuis 2010, Berlin est la troisième capitale la plus visitée d’Europe, derrière Paris et Londres, devant Rome. La capitale allemande surfe sur sa réputation de ville « pauvre mais sexy ». D’où modernisation des infrastructures, dynamisation du secteur touristique (environ 250 000 personnes en vivent aujourd’hui), et parfois quelques bugs : le nouvel aéroport de Brandeburg, qui devait entrer en service dans deux semaines, n’ouvrira que dans neuf mois. Les Berlinois eux-mêmes commencent à trouver que l’afflux touristique constitue une gêne car il favorise les hausses des prix du logement et de l’alimentation.

Que font les touristes une fois dans la ville, sachant que les deux-tiers d’entre eux s’y plaisent tellement qu’ils y reviennent ? ils font comme partout s’ils sont en groupe : du baignassoutage. Ce mot, néologisme ça va de soi, est formé sur l’oléronais « baignassout » (le « t » final se prononce), qui désigne l’estivant sur l’île d’Oléron. Un cliché, une caricature, un peu comme ce dessin représentant un touriste bien frenchy, ci-contre à droite.

Les touristes déboulent des cars et se lancent, suivant leurs guides à petits drapeaux ou à grandes casquettes. Si l’essentiel des nuitées touristiques est assuré par des touristes européens (allemands bien sûr, mais aussi largement italiens, anglais, néerlandais et français), les visiteurs venus d’autres continents sont de plus en plus nombreux, et ils recherchent, pour certains du moins, une certaine forme d’exotisme dans un trip « RDA revival », qui bat son plein devant la porte de Brandebourg.

Parfois cependant, les amuseurs s’ennuient. Le bonhomme déguisé en ours sue sous son pelage synthétique, et, du coup, la distraction offerte au touriste n’a plus rien de Berlinois.

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Tomates et salades sur le tarmac

Suite de la balade à Tempelhof. Outre une aire de jeux extraordinaire, cet ancien aéroport comporte aussi des jardins collectifs, où chacun bricole son petit pré carré avec des matériaux de récup’, suivant en-cela le mouvement des décroissants, très influent à Berlin. Les bases sont mises en commun : récupérateur d’eau de pluie, semences, compost. Mais chacun peut aménager son bout de jardin comme bon lui semble, y mettre des chaises ou des rideaux, transformer une fenêtre en serre ou faire garder ses carottes par un faux chien.

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Un aéroport sans avion

Berlin a eu trois aéroports, puis deux, puis plus qu’un seul a partir du mois prochain : Tegel, où atterrissent notamment les avions en provenance de Roissy, ferme théoriquement début juin, Tempelhof a cessé toute activité fin octobre 2008. Que faire d’un si gigantesque espace situé si près d’un centre-ville ? des immeubles ? des bureaux ? des parkings ? un musée de l’aviation (le projet a été évoqué en 2008) ? c’est mal connaître l’esprit berlinois … De Tempelhof, la municipalité a fait un parc :

Un espace immense et intact. On peut se balader sur les pistes, sans entendre d’autre bruit que le chant des oiseaux et les chuintements des pneus de vélos sur l’asphalte. On peut se souvenir aussi que c’est là, au tout début de la guerre froide, qu’atterrissaient jusqu’à trente fois par heure les avions américains chargés de ravitailler la ville, alors soumise au blocus terrestre voulu par Staline. Tout y fut ainsi apporté aux Berlinois, même le charbon et les matériaux de construction. En 1949, Staline leva le blocus et ne conserva que la moitié de ville qui lui avait été attribuée.
Les bâtiments, classés « monuments historiques », ne sont pas ouverts au public. Construits dans les années 1920, ils permirent à cet aéroport de devenir le plus grand de son époque. On en distingue encore la tour de contrôle, ridiculement petite par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Néanmoins, même si plus aucune ligne régulière ne fréquente Tempelhof, on y vole encore beaucoup, ou du moins on essaie (un parapente sans pente ???) :

Les pelouses centrales étaient, en ce mois d’avril, interdites au public pour cause de bécotage-nichage-pondage des alouettes :

Et puis enfin, parce-qu’un aéroport reste définitivement un aéroport, on y voit encore des avions qui décollent et qui atterrissent, le tarmac devenant un paradis pour les fans d’aéromodélisme :

—> A cliquer :

En regardant vers l’ouest

Du haut de la tour de la télévision de Berlin, on découvre la ville dans son ensemble, on en mesure l’étendue absolument gigantesque, on en perçoit aussi l’organisation. La photo ci-dessous, prise en regardant plein ouest, montre ainsi deux bâtiments emblématiques de la ville (le Reichstag et sa coupole de verre, et bien sûr la porte de Brandebourg, au débouché d’Unter den Linden, une des plus célèbres avenues berlinoises). Très proche de cet ensemble, on mesure l’espace occupée par une des forêts berlinoises (et oui, il y en a d’autres), là où nous avons vu plusieurs terriers de renards : Tiergarten.

Collection # 142

Icônes et valeurs sur East Side Gallery

East Side Gallery, cette immense galerie d’art à ciel ouvert sur un vestige du Mur, présente notamment l’œuvre très colorée d’un artiste français, qui a mêlé les mots-clé de la démocratie, des noms d’artistes, des portraits, et même une 2CV.

Et la foule, éprise de liberté …

9 novembre 1989, le Mur s’ouvre. Les Allemands de l’Est, curieux de ce qui se passe de l’autre côté, en lutte depuis 40 ans, et en manifestations hebdomadaires puis quotidiennes depuis le mois de juin, peuvent enfin franchir l’infranchissable. Légalement. C’est ce thème que montre cette partie de la fresque d’East Side Gallery, celle d’un Mur qui laisse le passage à cette foule immense, heureuse et inquiète à la fois. En s’approchant, on distingue des visages. Pas si enthousiastes que ça, finalement. Les années de dictature qui pèsent encore, ou la peur d’un avenir incertain ? la réunification de l’Allemagne, qui eut lieu onze mois après ce magnifique 9 novembre, est contemporaine (à peu de choses près) de la réalisation de l’East Side Gallery. Cette réunification fut l’absorption pure et simple de la ringarde RDA par la moderne RFA, le passage souhaité de la dictature à la démocratie, mais aussi la brutalité de l’entrée dans l’économie de marché et ses incertitudes. Tout ce qui, finalement, a nourrit très vite l’ostalgie.

Peinture fraîche

Novembre 1989 : ouverture du Mur de Berlin. Une seule envie de part et d’autre du Mur : le détruire, faire table rase du passé. Néanmoins, certains morceaux sont encore debout sur les bords de la Spree, en aval de Oberbaumbrücke, un des plus chouettes ponts de Berlin. Il s’agit d’East Side Gallery, matérialisée par une ligne rouge sur la carte :

1,3 km de Mur presque entièrement recouvert d’œuvres réalisées en 1990 :

Certaines œuvres ont été rénovées dans les dix ans qui ont suivi, mais, en gros, quand j’ai vu cette immense fresque en 2008, la pluie et les mauvais tagueurs avaient largement contribué à la dégradation de l’ensemble. En 2009, à l’occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur, les artistes ont été invités à venir restaurer leurs œuvres. Et cela se voit. Ci-dessous à gauche : 2008 ; à droite : 2012.

On voit enfin nettement l’essentiel de cette peinture, à savoir les petites roses autour de chaque date, qui symbolisent à chaque fois une victime du Mur, un homme, une femme ou un gamin ayant tenté en vain de s’enfuir.

Se mettre au vert

Parce-que le piétinage dans les aéroports, les files d’attente, le bus, la foule à la gare nous avaient donné une grande envie de calme, notre première balade berlinoise eut lieu dans un parc immense  : Tiergarten (entouré en jaune sur la carte ci-dessous).

A moins 50 mètres de la porte de Brandebourg et des cars qui y déversent des touristes par dizaines, on a là une vraie forêt traversée par une rivière :

Et puis des lapins, des mésanges, des pics-épeiche (oiseau qui ressemble au pivert, mais avec une jupe à pois), des orchidées … De quoi récupérer toute l’énergie nécessaire pour arpenter la ville les jours suivants.


Les travaux avancent

Cette note aurait pu s’intituler « le jeu des 7 erreurs », consistant à repérer des différences minimes d’une image à une autre. Mais nous n’aurions pas atteint le chiffre 7, vous auriez passé des heures à chercher les réponses, et du coup vous n’auriez pas eu le temps d’aller voter demain, et ça, c’est pas bien. Un peu de civisme, que diable !
Il s’agit donc de comparer une place berlinoise découverte en décembre 2008 avec cette même place en avril dernier. Il s’agit de Leipzigerplatz, que l’on peut voir d’en haut puisqu’elle jouxte la Potsdamerplatz, seule place de Berlin où la construction de gratte-ciel (ce n’est pas New-York non plus !) est autorisée. Comme sa voisine, la Leipzigerplatz est située sur ce qui fut un no man’s land au temps du Mur :

La reconstruction avance, mais moins vite que je le pensais. Voici quel était l’aspect de cette place fin 2008 :

On remarque, si on est un peu attentif, que certains immeubles n’existent pas. Les façades sont fausses, ce sont des toiles tendues sur des échafaudages. C’est très net au fond de la place à gauche. Et avril 2012 ? on y va :

L’échafaudage qui supportait la toile a disparu, le chantier d’un nouvel immeuble a démarré, les fondations sont en cours. Au final, le plan « échafaudage + toile » ne concerne plus qu’un espace sur la place, difficile à voir car caché par un élément du building d’où j’ai pris la photo. Ce dont je n’avais par contre pas le souvenir, c’était qu’il manquait les tuyaux roses du chauffage urbain sur cette place en 2008, ils y sont désormais. Moi qui croyais que cet assemblage de pipe-lines (rose à certains endroits, bleu à d’autres) était un vestige du temps passé, je constate qu’au contraire ce système fonctionne encore.

Des photos « vintage » sans logiciel

Deux moyens d’obtenir des photos vieillies sans recours à l’informatique : avoir effectivement chez soi de vieux clichés argentiques bien jaunis par les années, ou aller à Berlin. Je ne dirais jamais assez à quel point cette ville est indispensable.
Si on choisit l’option Berlin, il faut mettre au programme de ses visites la Fernsehturm (localisation à la fin de cette note), c’est-à-dire la tour de télévision, celle-là même que vous avez pu, fidèles lecteurs, admirer en neuf exemplaires mercredi. Deux étages sont destinés au public : le premier offre la vue panoramique, le second est un resto qui tourne très lentement sur lui-même. Pas essayé cet anneau-là, mais en bonne touriste, j’ai fait la queue et pris l’ascenseur (pas une fusée, mais bon …) jusqu’à l’espace permettant de regarder à travers des vitres obliques, recouvertes d’un film de couleur orangé. Et là, j’ai eu beau tournicoté les boutons de l’appareil photo dans tous les sens, tenté même des incantations magiques, rien à faire. La photo ressort avec des belles couleurs bien pisseuses. A part ça, si,  finalement, on veut quand même fabriquer du ringard chez soi (« vintage », ça fait plus classe), je recommande un très chouette logiciel en ligne : pixlr-o-matic. Sans logiciel donc, à main nue et dans la vraie vie, voici du pur vintage pour de vrai, en l’occurrence la mairie de Berlin vue d’en haut :

Les couleurs du Mont Fuji

La Potsdamerplatz, au temps du Mur de Berlin, était un no man’s land. Terrain vague après la chute du Mur, cette place devint un magnifique terrain de jeux pour les architectes et les investisseurs. L’entreprise Sony, alors très à la mode, un peu comme Apple aujourd’hui, y installa son siège social pour l’Europe. L’ensemble de bâtiments qui constituent le Sony Center s’ouvre sur une cour protégée par une sorte d’immense toile qui représente le Mont Fuji. La nuit, ce Mont Fuji s’illumine :

Collection # 141

Fernsehturm
Berlin, avril 2012

La tour de télévision, bâtie près d’Alexanderplatz au temps de la RDA, est visible de partout à Berlin et en est devenue un des symboles. Quand on ne la voit plus, c’est qu’on est à ses pieds ou … dedans !

La Trabant roule encore

La Trabant, c’était la voiture typique de la RDA, une sorte de caisse à savon approximative qui roulait encore en 1989 lorsque le Mur est tombé. Dans Berlin, elle roule encore pour les touristes, qui peuvent avoir leur dose d’ostalgie lors de Trabi-Safari (chose vue en 2008, mais pas la semaine dernière, je n’ai pas forcément refait les mêmes balades). Surtout, en tant que symbole, les artistes l’ont peinte sur East Side Gallery, ce vestige du Mur dont je reparlerai ici-même sous peu. On peut ainsi la voir façon cartoon, perdant son toit lors d’un passage forcé à Checkpoint Charlie :

Hommage à ce magnifique soir du 9 novembre 1989, celle de Birgit Kinder traverse le mur en faisant voler les éclats de béton :

Et dans la vraie vie, en 2012 ? j’en ai vu plusieurs sur un parking, pas bien loin d’Alexanderplatz (promis, je localise tout ça bientôt), et ai pu en photographier deux dimanche matin avant de reprendre l’avion :

Dans une rue enfin, la Trabant blanche était bien garée :

On sent qu’elle est encore utilisée par des gens comme vous et moi, peut-être un peu comme certains aujourd’hui roulent encore en 2CV ou en 4L ?

—> A cliquer : la vidéo d’une publicité pour la Trabant 601, diffusée en Tchécoslovaquie en 1970.

Des vacances au soleil

Notre bronzage ne vient pas d’une quelconque semaine de farniente sur une île de l’Océan Indien, mais bien de sept jours de marche à pied dans une ville du nord de l’Europe, là où les hivers peuvent être si froids. Tandis que mes contemporains désespéraient sous le déluge qui s’est déversé sur l’Aquitaine, monkeum et moi-même ôtions pulls et même parfois chaussettes, histoire de bien profiter du soleil germanique et des 26°C à l’ombre. Les Berlinois, heureux de ce ciel aussi bleu qu’une propagande pour l’UMP, envahissent les berges de la Spree, s’alanguissent dans des chaises longues ou directement sur l’herbe des parcs, éventuellement en tenue très légère, voire sans réelle tenue du tout. Dolce vita.

Après l’hiver vient le printemps

Je me rappelle décembre 2008, les quelques jours entre les deux fêtes de fin d’année, il neigeait lorsque le bus nous amenait de l’aéroport jusqu’à Alexanderplatz. Puis il y eut le verglas sur le petit chemin près de l’hôtel, la nuit qui tombe au milieu de l’après-midi, c’est fou ce que c’est mal éclairé, Berlin. J’avais adoré, promis de revenir. Ce qui est fait désormais, avec températures estivales et longues journées, avec balades en tee-shirt le long de la Spree, dîners en terrasse, et balades en forêt. Juste une image pour ce soir, celle d’une ville la nuit, attrapée depuis un balcon de l’hôtel :

Quand l’Allemagne doit de l’argent à la Grèce

Il pourrait s’agir de la rondelette somme de 81 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien pour un pays exsangue comme la Grèce, où la population n’a plus que le choix de l’insurrection pour cesser de se faire pomper le sang par les vampires de la finance. Cette somme correspond à un emprunt contracté par l’Allemagne nazie lors de la IIe Guerre mondiale, auquel s’ajoute les intérêts jusqu’à aujourd’hui. Cet emprunt avait tout d’un vol et les nazis n’étaient pas suffisamment délicats pour daigner rembourser quoique soit, le peuple grec devant en mourir. On parle de 300 000 Grecs morts de faim pendant la guerre (La Gazette de Berlin annonce le double). Sans parler des déportations, des destructions, …
Bien sûr, l’Allemagne nazie n’est pas l’Allemagne d’aujourd’hui. Malgré toute l’antipathie que m’inspire madame Merkel, je trouverais abject de la comparer, même de loin en rigolant, à Hitler. Cette histoire était là avant elle, mais elle aurait tout à gagner à mettre les cartes sur la table … et les euros dans les caisses grecques.
Pourquoi cette dette n’a-t-elle jamais été remboursée ? tout simplement parce-que ce n’était pas prévu par les accords de paix de 1945. Il s’agissait alors de ne pas refaire les erreurs du Traité de Versailles, qui, en rendant le peuple allemand seul responsable du conflit et en lui faisant payer le prix fort, avait mené directement au nazisme et au deuxième conflit mondial. Donc pas question d’envoyer illico la facture à l’Allemagne, d’autant plus que, dans le contexte de la guerre froide naissante, une Allemagne économiquement forte devenait un excellent rempart contre le communisme. Un accord de 1953 prévoit néanmoins un paiement possible de la dette de l’Allemagne nazie si l’Allemagne est réunifiée, chose à laquelle on croyait assez peu. Arrive 1990 et la réunification : par un tour de passe-passe, l’Allemagne toute neuve échappe au paiement de la facture. Mais les archives, les historiens et les journalistes n’ont pas forcément la mémoire courte, et l’affaire ressort pile au moment où les Grecs, trahis et désespérés, mettent le feu à leur pays quand ils n’essaient pas purement et simplement de le quitter.

—> A cliquer :

Diaporam’art # 48

Berlin

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Collection # 78

By night



—> De gauche à droite et de bas en haut :

  • 1 et 2 : Berlin  –  3 : Bordeaux (usine Lesieur)
  • 4 : Rome (Le Colisée) – 5 et 6 : Bordeaux (les colonnes rostrales de la Place des Quinconces et la Place de la Bourse)
  • 7 : Nantes (la Place Royale) – 8 : New York – 9 : Athènes (l’Acropole)

What’s new ? [mardi 21 décembre 2010, 20 h 00]

—> Illustration : Berlin, Potsdammer Platz, décembre 2008.

What’s new ? [jeudi 1er juillet 2010, 7 h 40]

—> Illustration : un tuyau du chauffage central urbain, banal à Berlin, soit en bleu comme ici, soit en rose pour les filles, photographié sur Unter den Linden en décembre 2008.

What’s new ? [mardi 16 février 2010, 21 h 30]

What’s new ? [mercredi 21 octobre 2009, 14 h 00]

  • Redim-P1030589Des industries qui recrachent des particules de plomb à haute dose, cela n’a rien de nouveau. Que ce plomb soit très nocif, en particulier pour les enfants, qui l’éliminent beaucoup moins vite que les adultes, n’est pas non plus du domaine du scoop. Ce qui est plus original, et néanmoins dramatique à ce sujet, est la réaction que peuvent avoir les pouvoirs publics face à une telle pollution industrielle : la Chine réinvente la double peine (Effets de terre), en déplaçant les populations victimes du problème plutôt qu’en fermant les usines.
  • Berlin est une ville décidément festive . Jusqu’au 25 octobre, 55 monuments sont illuminés dans le cadre du Festival of Lights : Berlin, ville lumière (La Gazette de Berlin).
  • La grande question relative à la grippe A, alors que la campagne de vaccination vient d’être lancée, est bien « faut-il se faire vacciner ? « . Pas simple de trancher, du moins tant qu’on ignore ce qu’il y a vraiment dans ce vaccin (L’Actu en patates).

—> Illustration : photo décollée d’un mur de Saint-Etienne (Loire) en avril 2009

Mühlenstraße

Berlin, décembre 2008. Petit matin bien frisquet. Malgré le gant, la main vire au bleu à force de cliquer sur le petit bouton de la boîte à images. J’y repense en ces temps de commémoration de la chute du Mur et de la réunification de l’Allemagne. Je me souviens de ces jours de novembre 1989, ces instants bizarres où l’on sait qu’on vit un moment d’histoire, un de ces temps où change le monde, on est dedans ou juste à côté, et l’émotion bouffe tout, ça peut même rendre heureux.

0

Retour à ce mur : un peu plus d’un kilomètre préservé de la hargne destructrice bien compréhensible qui a suivi l’ouverture de la frontière bétonnée. East Side Gallery. Pourquoi ce nom anglais ? I don’t know. L’adresse, c’est Mühlenstraße (à peu de chose près : le trait bleu sur la carte en bas de cette note), entre une gare d’où nous partions chaque matin lors de ces vacances berlinoises (Ostbanhof) et un pont qui servit de point de passage lorsque la ville était coupée en deux (Oberbaumbrücke). Ce mur, côté est, sur les bords de la Sprée qui font plage en été, était lisse et froid, pas question de l’approcher.

1

Le Mur à peine ouvert, il fut tagué, graffité, peint, décoré, empli d’humour et de colères. Puis il fut sali, tagué de virgules parfois très moches. L’été dernier, les artistes de 1989 furent invités à restaurer l’œuvre. Je n’ai pas vu ce mur remis à neuf, j’ai encore en mémoire des superpositions hasardeuses, celles-là même que je vous propose de regarder ici :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

more about « Berlin – East Side Gallery – déc. 08« , posted with vodpod

What’s new ? [jeudi 1er octobre 2009, 18 h 20]

What’s new ? [lundi 28 septembre 2009, 20 h 30]

  • Redim-0L’Allemagne va se thatchériser vitesse grand V, la chancelière Angela Merkel ayant obtenu non seulement la majorité mais le soutien des libéraux qui, déjà, annoncent vouloir faciliter les licenciements et supprimer l’agence pour l’emploi, tandis que Mme Merkel envisage le plus sérieusement du monde de laisser tomber la dénucléarisation du pays (infos d’Arte aujourd’hui). Derrière la victoire, la poussée des libéraux (Rue89) est bien ce qui m’inquiète (mais le bon score de Die Linke et des Verts me réjouit, c’est toujours ça de pris).
  • Odieux, tout simplement odieux ! On connaissait déjà les sièges individuels tape-cul bien séparés les uns des autres, qui ont remplacé les bancs dans les couloirs du métro pour que les SDF ne fassent jamais dodo. J’avais vu des bittes métalliques ou bétonnés devant des vitrine de magasin, pour être sûr qu’à aucun moment un SDF puisse se sentir bien, assis simplement. Il ne reste que les dessous des ponts, leurs courants d’air et leur persistante odeur de pisse ? Même plus, fini le dessous des ponts : contre les SDF, l’agglomération d’Orléans creuse des tranchées (Libé Orléans). Le premier qui me parle de solidarité en France, je le tarte !
  • Une fois n’est pas coutume, je termine cette note par une rubrique people, parce-que parfois ça fait du bien de se détendre l’esprit avec des conneries. Vous allez voir comme c’est romantique : le duc et la duchesse de France se sont mariés au Pays Basque, à deux pas de la tombe de Luis Mariano (Sud Ouest). Roucoulez je le veux !

—> Illustration :

  • la chancellerie à Berlin (photo prise en décembre 2008)

Rouler en DS ou en Trabant ?

Le Salon de Francfort ouvre ses portes demain, et au beau milieu des automobiles rutilantes et vrombissantes pour pétés de thunes en tout genre, on peut se faire un coup de nostalgie. Malgré le titre de cette note, je ne parle pas de la Citroën DS 3, qui n’a de DS que le nom et qui ne ressemble à rien. Pour trouver de la nostalgie dans cette resucée d’Austin Mini, il faut de l’imagination.
0Je parle plutôt d’une drôle de petite chose, tape-cul au possible, qui fut fabriquée en RDA, ça commence à dater. Qu’il existe une nostalgie pour la RDA n’est pas si nouveau que cela : j’en avais vaguement parlé dans mon précédent blog, après une petite semaine passée à Berlin. La Trabant, caisse à savon montée sur roues avec un moteur qui fait « pott pott pott » bien fort, fait partie de ce climat un peu bizarre. D’où coup de commerce, parce-qu’on ne va pas laisser passer une si belle occase d’attirer le chaland. Le projet d’une New Trabi ? pourquoi pas. Le prototype présenté à Francfort (et hier soir aux infos d’Arte) a gardé le look franchement ringard du modèle d’origine, c’est-à-dire assez cubique (mais le moderne monospace Picasso aussi, et pourtant ce n’est un remake de rien, si ce n’est probablement des boites de Lego et de Playmobyl de ses designers). Les phares ronds comme les yeux sur les dessins d’enfant ont été à peine retouchés. Pour le reste, le changement est radical : moteur silencieux puisque électrique, celui-ci étant alimenté par un panneau solaire couvrant tout le toit, équipements de sécurité de rigueur, vrais amortisseurs pour que les fessiers des passagers n’aient pas la sensation d’être directement posés sur le bitume.

—> Illustration :

  • des Trabant d’époque remises en circulation à des fins touristiques (photo shootée à Berlin en décembre 2008).

—> A cliquer :

What’s new ? [jeudi 27 août 2009, 19 h 30]

  • Jurassic-Park pour de vrai ? Un chercheur veut transformer des poussins en dinosaures (La Dépêche). Steven Spielberg est-il au courant ?
  • Nos amis allemands, si écolos pourtant, reviendraient au poulet en batterie et aux légumes cultivés sur et sous du plastique ? la nouvelle n’est point fraîche (16 août, pour ce genre de rubrique de blog, ça frôle l’éternité voire la péremption), mais j’avais négligé La Gazette de Berlin ces derniers temps. Gazette qui, donc, s’interroge : Mais où sont passés les produits bio ? Dans la crise, mes enfants, dans la crise … Un petit conseil : pour continuer à manger bio, bon et local : adhérez à une AMAP.
  • Si vous donnez rendez-vous à quelqu’un à Marseille, sur la corniche Kennedy, évitez de lui dire que vous allez vous retrouver sur le banc : il fait 2 km de long ! Sur la corniche marseillaise, le plus long banc du monde, et puis aussi d’autres curiosités de cette ville, listées par La Provence.