C’était il y a trois ans : voyage à New-York [3/8]

21 juillet 2010

ny21

C’était il y a trois ans : voyage à New-York [2/8]

20 juillet 2010

20

C’était il y a trois ans : voyage à New-York [1/8]

19 juillet 2010

19

Le défi des graffeurs

GIMME THE LOOT
Film d’Adam LEON

l'afficheSofia et Malcolm sont deux potes, deux graffeurs qui laissent leurs marques à la bombe sur les murs en hauteur de New York City, du street art comme j’aime. Partenaires, comme ils se décrivent eux-mêmes, ils se lancent un défi après avoir été écœurés de constater que leur œuvre avait été taguée par des minables tout juste bons à tracer des virgules de merde. Pour réussir ce défi, il leur faut graisser la patte à un gardien de stade, et ils n’ont que quelques heures pour trouver le blé.
Le film file vite, peut-être caméra sur l’épaule, dans les rues du Bronx, du Queens et de Manhattan, avec leurs habitants et leurs habitudes. Petite galerie de portraits au passage, qui nous montre que nos deux loustics, malgré la bonne volonté qu’ils y mettent, ne seront jamais ni des truands ni des méchants. D’où le désespoir de Malcolm, amoureux au premier regard, qui se laisse embobiner par une bourgeoise apprentie pétasse et néanmoins adepte de certains produits végétaux que la police fédérale réprouve.
Le film, tourné avec peu de dollars mais un enthousiasme contagieux, nous offre 1 h 20 de balade dans New York ainsi qu’une jolie histoire, avec de l’amitié et des chaussures de sport.

Street art [14]

Manhattan d’un coup de crayon

Un coup de crayon, un seul ? non. Un sacré boulot, au contraire, mais avant de s’intéresser au prodige, révisons le modèle :

Manhattan, donc, vu de l’Empire State Building. Photo archi banale, mais le dessin l’est moins. A voir en vidéo (si celle-ci fait un caprice, on peut la retrouver sur La Boite Verte) :

Cliché urbain [19]

Cliché urbain [14]

NEW YORK
Eté 2010

Cliché urbain [11]

NEW YORK
Eté 2010

Cliché urbain [6]

NEW YORK
Eté 2010

Cliché urbain [2]

NEW YORK
Eté 2010

Un yellow cab créé par Playmobil

C’est rare, que dis-je, rarissime, que je chope une info sur le site de TF1. Mais bon, nul n’est parfait. Qu’y ai-je lu ? oh, rien de grave. Juste un petit truc en passant, qui m’a rappelé les vacances d’été, là-bas sous le cagnard de la Grosse Pomme.
Parmi les symboles de la ville, il y a les fameux taxis jaunes, ces yellow cabs qui, s’ils ne sont pas absolument tous de la même marque ni encore moins du même modèle, ont tous un air de famille. De braves bagnoles pouvant embarquer passagers et bagages, certes parfois en serrant un peu, mais vous n’étiez pas non plus obligés de partir en vacances avec la grand-mère de votre voisin du dessus et ses quatre copines de shopping !
Autre temps autre mœurs. La voiture devient monospace (il y en a déjà qui circulent), c’est moche comme un playmobil, mais quoi, c’est tendance. Donc, dès 2013, le nouveau yellow cab réglementaire sera un truc moche, pas sexy pour deux sous, mais on dit que cela sera pratique. Si vous voulez voir à quel point la chose est d’une affligeante banalité, lisez vous-aussi les quelques mots de TF1. Vous pourrez noter au passage que l’ère des grosses américaines est bien finie : le nouveau taxi newyorkais est japonais ; ils en ont rêvé, Nissan l’a fait.

Franges, bandeau et nattes

True Grit (film de Joel et Ethan COEN)

Il y eut autrefois un True Grit avec John Wayne, même histoire mais autre manière de la raconter, je ne l’ai pas vu : je n’aime pas les westerns, enfin pas trop, enfin ça dépend. Par contre, les films des frères Coen ne m’ont pas à ce jour déçue, et une fois de plus la magie a opéré.
Les franges, ce sont celles de la tenue folklorique d’un Texas ranger interprété par Matt Damon, décidément capable de tout jouer, y compris un type un peu lourdaud et franchement chauvin, préférant son Texas natal à toute autre contrée au monde, et dont ici le personnage répond au nom de LaBoeuf, ce qui donne un délectable « Lebif » en VO. Le bandeau, c’est celui qui couvre l’œil du personnage interprété par Jeff Bridges, pochard de compétition, hargneux dès qu’il s’agit de mettre la main et le flingue sur un dangereux criminel moyennant un nombre significatif de dollars. Ces dollars sont en l’occurrence fournie par une gamine de 14 ans, désirant à tout prix venger la mort de son père : les nattes, ce sont les siennes. Une tchatche d’enfer, à tel point que quiconque négociant avec elle est sûr d’y laisser des plumes. Les deux mecs manient les flingues, elle manie la rhétorique, et parvient à accompagner les deux loustics dans la quête de l’assassin du papa, même si elle est encore en âge de recevoir une bonne fessée quand elle désobéit.
Au final, un vrai grand film d’aventure, avec les paysages de l’Arkansas, les rebondissements à la Indiana Jones (Spielberg n’est pas producteur de True Grit pour rien), les plans en plongée magnifiquement maîtrisés. Une histoire qui tient en haleine jusqu’au bout, de l’ours à cheval jusqu’au feu de bois en pleine nuit tandis que nos deux héros racontent leurs souvenirs de la guerre de Sécession, au moins ça dépayse !

La plus haute tour résidentielle de New-York

Franck Gehry, tout le monde le connaît, ou du moins connaît ses délires architecturaux. Lui seul sait à ce point donner l’impression que le béton et le verre sont souples, lui seul fait d’un vulgaire immeuble un jouet en chewing-gum. Près de nous, dans notre vieille Europe, Gehry a imaginé le musée Guggenheim de Bilbao. A New-York, une de ses dernières réalisations est actuellement en cours de livraison (ou alors en toute fin de travaux). Il s’agit de la Beekman Tower, à deux pas du Brooklyn Bridge. 76 étages dans 267 mètres de haut de béton armé et d’inox, pour abriter plus de 900 logements de très grand standing, mais aussi une école et un hôpital. Comme à Bilbao, mais en moins délirant, on retrouve les courbes chères à Gehry, courbes qui m’ont tapé dans l’œil sous le cagnard new-yorkais de juillet. C’est désormais la plus haute tour résidentielle de New-York, de quelques centimètres de plus que celle de Donald Trump.

Des paquebots à New-York

Les vacances à New-York semblent déjà loin. Il y faisait très chaud, et je vois actuellement les images de la neige dans les rues. J’imagine l’ambiance.
J’imagine aussi le spectacle qu’a du être la présence dans le port des trois « Queen » de la Cunard en même temps, dont le gigantesque Queen Mary II, immense navire né à Saint-Nazaire en 2003. Mer et Marine propose à ce sujet un bref article et quelques photos.
Bien sûr, en juillet dernier, nous avons vu quelques paquebots à New-York, dont le Carnival Miracle, un beau bébé de 292,5 m de long, lancé en 2004. Bien plus grand que ce qui accoste à Bordeaux, un tel engin ne pourrait ni entrer ni manœuvrer dans notre port de la Lune.

A Bordeaux, les voyageurs qui accostent sont accueillis, s’ils le veulent, par des cars de tourisme. On est bien loin des limousines qui réceptionnent les touristes à New York. Y’a pas à dire, c’est pas le même monde.

Mais par contre, à New York comme à Bordeaux comme partout, les temps d’escale ne sont pas des temps de répit pour l’équipage, qui, comme il se doit, entretient le bateau encore et toujours, un coup de rouleau à gauche, un coup de rouleau à droite :

Collection # 78

By night



—> De gauche à droite et de bas en haut :

  • 1 et 2 : Berlin  –  3 : Bordeaux (usine Lesieur)
  • 4 : Rome (Le Colisée) – 5 et 6 : Bordeaux (les colonnes rostrales de la Place des Quinconces et la Place de la Bourse)
  • 7 : Nantes (la Place Royale) – 8 : New York – 9 : Athènes (l’Acropole)

What’s new ? [mardi 7 décembre 2010, 19 h 40]

  • S’il existe une bactérie apparemment capable de se nourrir d’arsenic, les humains n’ont pas cette faculté. C’est embêtant, car on a trouvé des doses d’arsenic importantes dans les neiges de haute altitude de l’Everest. Le montagnard est prié d’emporter ses bouteilles d’eau minérale ; vont être contents, les sherpas ! Les alpinistes au régime sec (Effets de Terre).
  • La ville s’appelle Celebration, il n’y a qu’aux States qu’un patelin peut avoir un nom pareil. C’est une ville privée, gérée comme une entreprise qui n’aurait ni dettes ni problèmes d’embauche, dont les habitants, pétés de thunes, pratiquent l’entre-soi au-delà du raisonnable. Ou du moins pratiquait, parce-que, tiens-toi bien à ta chaise camarade, il y a eu un meurtre à Celebration. Si. Un vrai, avec du sang, pas un truc de cinoche : des couacs dans la ville de rêve de Disney (Courrier International).
  • Restons aux Etats-Unis, et plus exactement au Texas, Etat qui détient le record fédéral du nombre d’exécutions capitales (un tiers du total étatsunien), alors que, à l’échelle du pays, cette pratique est un peu en baisse, crise économique oblige (et oui, ça coûte des sous, de tuer des gens) : le Texas examine la constitutionnalité de la peine de mort (Nouvel Obs). Espoir d’une abolition à terme ou juste débats fumeux sans objectif réel ?

—> Illustration : puisqu’on parle de neige au début de cette note, et qu’il en est un peu tombé à Bordeaux la semaine dernière, je n’ai pas résisté à illustrer cette note par ce que je voyais de ma fenêtre en milieu de matinée jeudi 2 décembre.

Collection # 74

En mémoire des firemen du 11 septembre

New-York City, juillet 2010. Après avoir vu le chantier du futur World Trade Center, je passe devant ce mémorial aux pompiers morts en service le 11 septembre 2001, et dont la caserne se situait à deux pas des tours jumelles. Des images très réalistes, et surtout tous les noms alignés de tous ces hommes morts en héros.



Un banc en cadeau

Je ne suis qu’une pauvre provinciale, limite poule devant un couteau, qui fit son étonnée à Central Park en voyant que des plaques ornaient certains bancs :

Ces plaques, toutes du même modèle, portent le nom de personnes, de familles, des dates, etc. Bref,  ce sont des plaques de ce genre-là :

Je fis mon étonnée, genre « ils sont marrants quand même en Amérique », trouvant la chose, je l’avoue, un peu enfantine, surtout la plaque au petit cœur :

La niaise, c’était moi. Il ne s’agit pas de mettre son nom sur un banc pour faire joli ou faire sa pub (Fesse-Bouc s’en charge), mais de parrainer un banc. Ça coute des sous, ça on s’en doutait, mais surtout ces sous vont ensuite à des bonnes œuvres, selon l’expression désuète en vigueur avant l’invention des SDF et des chômeurs en fin de droit. La chose existe aussi en France, plus précisément au Jardin des Plantes de Paris, où il est possible de parrainer un banc simple pour 1800 euros (ah oui … quand même … et pour le banc double ? ben c’est le double !). Il reste environ un tiers des bancs disponibles, et TerraEco suggère d’y songer comme cadeau pour Noël. Les sous récoltés lors de la nouvelle campagne de parrainage serviront à créer un parcours découverte du jardin pour les malvoyants.

11 septembre – Lieu de mémoire [2/2]

La chapelle St-Paul est émouvante non par son caractère religieux, mais par les témoignages de sympathie et de solidarité qui se sont manifestés dans les heures qui ont suivi l’effondrement des deux tours, et dont elle est aujourd’hui la gardienne. Des objets de toute sorte et surtout beaucoup de dessins, de petits mots griffonnés, qui furent accrochés aux grilles de cette chapelle, toute proche du World Trade Center et aujourd’hui mémorial. Si je ne dois retenir qu’une image de ces objets déposés là il y a un peu plus de neuf ans, c’est peut-être celle de ces mains enfantines, découpées dans le papier, coloriées au feutre, distillant une très grande émotion par leur naïveté même :

Dans le même coin, il y a bien sûr la caserne des pompiers qui envoyât les premiers firemen, dont beaucoup périrent en tentant l’impossible. Elle est bien là, avec ses deux portes rouges, tandis que, sur le côté, un mémorial a aussi été érigé, bas-relief d’une grande précision artistique (comme j’ai pu le constater pour tant d’autres monuments de ce type) : j’y reviendrai ultérieurement.

Mais surtout, à côté de ce bas-relief, il y a les photos des pompiers morts en service ce jour-là, photos d’identité en noir et blanc, comme pour les papiers d’identité. Et c’est peut-être de la froideur de la répétition de ces images que, là encore, naît l’émotion.

11 septembre – Lieu de mémoire [1/2]

Bien sûr nous avons tous en mémoire cet effondrement effrayant du World Trade Center, les presque 3000 victimes, ce 11 septembre 2001 gravé dans les mémoires et c’est déjà de l’histoire. Un attentat à cibles multiples qui a donné une politique étrangère à George Bush récemment, non pas élu, mais tiré au sort. Ce drame a occulté d’un coup les approximations du bonhomme et surtout la manière peu banale qui l’avait amené au pouvoir, ce recompte répétitif des voix jusqu’à la décision finale : Bush. Dommage.
Et donc, ce souvenir bien vif fait du site du World Trade Center un lieu de mémoire, et est donc devenu un site touristique comme un autre, la grande banalité d’un chantier, certes pharaonique, mais d’abord d’un chantier, avec ses grues, son port du casque obligatoire, ses grillages, ses engins qui font des bruits. Pour le voir, le mieux est encore d’entrer dans le World Financial Center :

De là, on peut presque se coller à la vitre et voir l’étendue des travaux en cours, qui vont bien au-delà de la construction d’une seule tour :

On peut aussi prendre un peu de recul, se contenter des grues qui tendent leurs bras vers les buildings rescapés :

Un immense chantier pour un énorme projet : un ensemble d’immeubles dominé par une tour de 1776 pieds de haut, 1776 étant aussi l’année de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, tout un symbole. Un appât à avions diront certains, une chimère diront ceux qui trouvent que la chose met du temps à sortir de terre. Ça devrait ressembler à ça :

Une balade pas écolo du tout

New York – Times Square (juillet 2010)

Une débauche de lumières en plein jour, de vidéos sur écrans géants juste pour des publicités, un bruit infernal (que le filmounet ci-dessous ne rend pas du tout), une ambiance mi-fête foraine mi-foire commerciale non stop, une ode à la surconsommation, au business et à la superficialité ; et vous savez le pire ? j’ai aimé.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Collection # 68

Voiliers dans le port de New-York
Juillet 2010

La baie de New-York est un magnifique plan d’eau pour la plaisance : les voiliers, qu’ils appartiennent à des particuliers ou qu’ils servent à balader les touristes, y font des ronds dans l’eau dès que la météo le permet.



Gardarem lou Larzac

L’histoire remonte à mars 2010, mais La Dépêche n’a pu levé le lièvre qu’hier tant le mystère restait bien gardé, il faut dire que cette nouvelle ne va faire plaisir à personne : une entreprise américaine s’est mis dans la tête d’aller chercher du gaz dans les tréfonds du Causse du Larzac. Sur les terres de José Bové. Là où seules les brebis (et quelques militaires) peuvent s’ébattre en liberté. Là où seuls les cailloux poussent sans contrainte. Un paysage minéral infiniment sauvage et beau.
Jusqu’à une date récente, on ne farfouillait l’hydrocarbure que dans les bassins sédimentaires. Un plateau calcaire semblait donc à l’écart de toute prospection gazière : les brebis étaient bien gardées et José Bové pouvait se concentrer sur les maïs OGM. Mais les temps sont durs : faut de l’énergie, toujours plus d’énergie, et tous les moyens sont bons pour en trouver. C’est le ministère de l’Environnement lui-même qui a permis cette aberration permettant la prospection gazière dans ce coin-là, en octroyant un large morceau de causse à la compagnie Schuepbach Energy LLC, sans en informer les acteurs locaux, notamment le Parc Naturel des Grands Causses (et oui, la zone est protégée), or plus de 4000 kilomètres carrés sont concernés.
Du gaz dans le calcaire ? depuis que l’on sait (mal, mais on va dire que l’on sait quand même) extraire le gaz de schistes, tout est possible. Ce gaz, difficile à dégager de sa gangue minérale, notamment à l’aide d’énormes quantités d’eau sous pression, est aujourd’hui une des sources majeures d’énergie aux Etats-Unis, qui en possèdent des stocks considérables. A l’échelle mondiale, les réserves semblent énormes, c’est juste la technique d’extraction qui pose problème : mi-septembre, Denis Delbecq rapportait ainsi que ce gaz de schiste s’était infiltré dans l’eau potable d’un réseau de Pennsylvanie. A cela s’ajoute des nuisances prévisibles pour l’environnement, dès lors que l’exploitation commence, puisque celle-ci se fait avec de l’eau (dont on sait par ailleurs que c’est une ressource à protéger et à économiser) et aussi toute une batterie de produits chimiques, ce qui fait mentir la page d’accueil du site web de la Schuepbach Energy LLC, où les mots « clean energy » servent de message de bienvenue, en rouge sous un immense ciel dégagé de toute pollution. Je me permets de supposer que les conséquences sur les paysages ne sont pas nulles non plus.  Affaire à suivre …

—> A cliquer :

Manger à la cantine

Rectifions de suite le titre : il ne s’agit pas de manger à la cantine, mais de dîner à L’Ecole, avec des majuscules partout et des couverts qui changent, comme les vins, à chaque plat. L’Ecole est un restaurant d’application : les cuistos sont des apprentis, mais pas des débutants. Tous, quelque soit leur pays d’origine, ont déjà une formation solide lorsqu’ils intègrent le French Culinary Institute de New York. Ils y apprennent la cuisine française, côté raffinement limite bobo plutôt que blanquette de veau comme chez mémé (c’est bon aussi, mais c’est hors sujet).
Une salle simple, où il vaut mieux réserver, sinon on peut dîner au bar, ce qui est très agréable. Les plats se succèdent à un rythme plus doux que le tempo US habituellement constaté, le service est soigné sans être pesant. Dans les assiettes ? du fin, du subtil, très exactement dosé (en général, dans les restos étatsuniens, les parts sont vraiment XXL et on a du mal à finir son plat) : en juillet, j’ai ainsi savouré une tarte tiède au fromage de chèvre et à la tapenade, délicatement boostée par une petite salade de roquette, suivie d’une poêlée de crevettes accompagnée d’une crème de pommes de terre (une surprise délicieuse !) puis du canard confit avec des griottes et une sauce au porto, avant de finir par un soufflé au fromage frais accompagné d’un sorbet orange/carotte. Le tout était accompagné de vins américains de très bonne tenue, notamment un pétillant très agréable.
Si le service et la cuisine sont irréprochables, la salle est assez quelconque malgré sa belle situation : sur Broadway, dans le quartier de Soho. Mais le calme est globalement au rendez-vous et le temps que l’on y passe est particulièrement agréable. Par contre, malgré le nom du resto, n’espérez pas que l’on vous parle français : seule la cuisine est sous influence frenchy.

—> A cliquer :

Tout ça pour ça …

Gare Centrale de New-York City, plus grande ville de la plus grande  puissance mondiale, ville géante, avec, c’est logique, une gare de chemin de fer à la hauteur du prestige de la ville, de la grandeur du pays, du business de l’oncle Sam, and so on …

Gare magnifique, grandiose par ses volumes, ses matériaux (le marbre, y’a pas à dire, ça en jette !), sa lumière diffusée par de vastes baies. Gare mythique, qui ressemble à d’autres gares US mais en très grand, qui rappelle certains films d’Hitchcock avec son ensemble de guichets dans un kiosque central. Gare cinématographique, décor fabuleux.

Décor ? et oui … Un bâtiment extraordinaire pour bien peu de voyageurs (toutes proportions gardées) et pour des trains … folkloriques, approximatifs, vieillots, ringards, bref, sur ce point-là, les States sont mauvais. Très mauvais. Non pas parce-que les billets, à l’intérieur des voitures, sont contrôlés façon « poinçonneur des Lilas », par un brave gars à casquette qui fait des p’tits trous, toujours des p’tits trous dans le ticket ad hoc. Quoique … c’est quand même un signe …
Mauvais parce-que les Etats-Unis sont un des pays au monde où on prend le moins le train. A moins que ce ne soit l’inverse : on y prend peu le train parce-que c’est une calamité, un parcours du combattant, un test in vivo du sens de l’humour des passagers. Une seule compagnie a survécu à la débâcle du chemin de fer pour voyageurs dans le pays (alors que le fret va bien, merci pour lui) : AmTrack. Une compagnie fauchée comme les blés qui rend un service lamentable. Les voies uniques non électrifiées sont choses banales. Les trains roulent lentement, pas forcément à plus de 50 ou 60 km/h. Certains gros centres urbains, comme Louisville (Kentucky) par exemple, n’ont même plus de gare : pour une aire urbaine de plus d’1,2 million d’habitants, ça la fout mal. Les horaires sont fantaisistes : il faut parfois aller prendre son train à 2 ou 3 h du matin, loin de chez soi, et ce n’est même pas sûr qu’il soit à l’heure. Et l’avenir ? Mr Obama y songe. On parle même train à grande vitesse, notamment sur la côte est, mais aucun constructeur US n’est sur le coup. Il se pourrait que ce soit une boîte chinoise qui emporte le marché, si tant est que les Étatsuniens soient un chouia motivés pour avancer vite sur des rails.

Collection # 65

Miss Liberty

Accompagnement musical : Claude Nougaro, Lady Liberty




Patriotisme

Que nos amis Étatsuniens soient un chouia plus patriotes que la moyenne ne constitue pas un scoop. Les manifestations de cet amour inconditionnel pour le pays se sont intensifiées dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, dans une ferveur mi-patriotique mi-religieuse. God bless America, et ça se voit.
D’abord sur les bâtiments publics, les administrations et les institutions, comme dans n’importe quel pays du monde. C’est juste que là, le drapeau est vraiment très grand, la façade de la Bourse de Wall Street le prouve :

Mais ces mêmes drapeaux, de belle taille, sont aussi relativement fréquents sur des bâtiments privés, comme des hôtels ou des immeubles de bureaux :

Plus surprenant, peut-être parce-que c’est une des toutes premières images que cette ville m’a offertes, le patriotisme du citoyen lambda, accroché à l’autre symbole de l’American way of life : la bagnole.

Limousine

En France, dans nos contrées du sud-ouest à peine touchées par la civilisation bling-bling, la limousine, c’est ça :

Une brave bête élevée patiemment pour faire du bon steak. Sa couleur orange sur la photo, prise en Corrèze en décembre 2009, est uniquement liée à la lumière de la fin d’après-midi couplée à un réglage cocasse sur l’appareil-photo, mais je vous promets que cet animal n’est pas un extra-terrestre.

Quand on entre dans la civilisation bling-bling, la limousine, c’est ça (photo shootée quelque part dans Manhattan) :

C’est un abus de langage qui veut que l’on désigne par ce terme une très longue voiture de luxe, dont le seul but pour ceux qui roulent à bord est de se la péter un max en picolant tout autant (ou pas). Pour fabriquer ce genre d’engin, c’est simple : tu prends une voiture normale (pas une smart ou une twingo, faut quand même un peu de matos pour fabriquer un tel joujou), tu la coupes en deux (vas-y petit, sors la tronçonneuse !) et tu rajoutes un morceau fabriqué exprès au milieu. D’où le résultat peu esthétique, aux proportions fâcheuses, mais au moins c’est rigolo. Hors de cette méthode, deux constructeurs seulement, selon wikipédia, fabriquent ce genre d’engin : Lincoln et Cadillac.
Mais voici qu’arrive une nouvelle mode, très laide mais il parait que c’est la classe : la même chose mais version Hummer. Ça donne ça, photographié à Brooklyn :

Si vraiment une balade dans un camion à rallonge vous botte, sachez qu’il vous en coûtera environ 230 € de l’heure à Paris …
Et le Limousin de la limousine dans tout ça ? Il y a une explication dans wikipédia, j’ignore si elle est exacte. Il parait qu’autrefois, il y a longtemps, quand les druides hantaient encore nos forêts et que les elfes gambadaient joyeusement entre leurs jambes, les habitants de cette région portant le nom de Limousin, se couvraient d’une limousine lorsque la bise commençait à souffler. Il s’agissait d’une sorte  de cape  permettant de se protéger de la pluie. De là serait venu le nom des habitants de la région, et, par extension, le nom de la région elle-même et du bovidé qui illustre la première partie de cette note. Le mot serait ensuite passé dans le langage automobile, désignant par là les voitures dont les places arrières étaient protégées par une capote (le chauffeur se mouillant à l’avant). Mais tout cela, bien sûr, reste au conditionnel …

Ambiance douche écossaise en sous-sol

J’ignore si l’Ecosse pratique réellement la douche en alternant brutalement le chaud et le froid, mais c’est tout de même bien cette expression qui m’est venue à l’esprit dans le métro de New-York, en juillet dernier, alors que les températures extérieures étaient sensiblement les mêmes qu’à Bordeaux (en gros 35°C en milieu de journée).
Tout d’abord le chaud, le très chaud : les couloirs, assez moches, les quais, moches aussi et aussi étroits que très longs. Une chaleur suffocante, on cherche l’air, on rêve de pluie. Une moiteur difficilement supportable, on dégouline, on transpire, on s’éponge, on se désaltère à la bouteille d’eau que nul ne risque d’oublier d’apporter. Dès le matin relativement tôt, la chaleur se fait sentir, le soir elle est insoutenable. D’où vient-elle ?
D’abord de l’été, bien sûr. Mais aussi de la clim poussée à fond dans les trains, qui rejette donc un air très chaud par bouffées régulières. Et c’est ainsi que j’en viens au froid, celui des rames. On y enfile parfois la petite laine. La douce fraicheur que l’on ressent en entrant dans le train lui-même laisse vite place à des frissons, une légère chair de poule.

Par ailleurs, ce métro de New-York n’est pas plus compliqué qu’un autre, dès lors que l’on a à peu près compris les grandes lignes (dans tous les sens du terme), intégré le fait que tous les trains ne s’arrêtent pas à toutes les stations de leur ligne (ils roulent sur des voies centrales, c’est ainsi qu’un métro peut en doubler un autre, rendant plausibles les problèmes d’arithmétique de notre enfance), saisi que le portillon d’entrée sur le quai était aussi celui de sortie, et accessoirement saisi que certains métros, parfois, changeaient de ligne à la mi-temps sans prévenir ou restaient bloqués dans les tunnels pour des temps variables. C’est ce côté capricieux du métro newyorkais qui a inspiré à Didier LOCKWOOD son B Train Blues.
Ambiance en vingt secondes de ce métro que nous avons largement utilisé, et globalement sans problème :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

—> A cliquer : le schéma général des lignes du métro de New-York.