En déambulant sur la toile

En déambulant sur la toile au cœur de l’automne, j’apprends que les bières belges ont un secret (Sciences&Avenir) et que les élèves japonais sont soumis à des règles aussi strictes qu’ancestrales, de plus en plus remises en cause aujourd’hui : La Voix du Nord titre ainsi « Des élèves gagnent le droit de pouvoir choisir la couleur de leurs culottes », mais l’article cite d’autres exemples que celui concernant la couleur des sous-vêtements. On peut ainsi apprendre que trois éternuements consécutifs peuvent, dans certaines préfectures (l’équivalent des départements en France), valoir une expédition immédiate à l’infirmerie, ou qu’il est interdit d’avoir les cheveux bouclés.
Je lis aussi un article de Korii sur les méfaits de l’usage intensif du smartphone, article qui m’intéresse d’autant plus qu’il fait allusion à quelque chose que j’ai vécu pas plus tard que vendredi dernier, lors du concert de NTM à Bordeaux : de très nombreux fans ont vu la quasi-totalité du spectacle à travers le filtre de leurs écrans de smartphones, ne profitant pas du moment présent mais pouvant dire sur tous les réseaux sociaux possibles « j’y étais ».
Pour finir, le doux rythme du temps qui passe et qui se répète : Courrier International a mis en ligne une infographie permettant de visualiser le nombre de personnes dans Manhattan selon les heures de la journée. La pulsation urbaine au sens propre du terme, et c’est très beau. Pensez à bien lire tout l’article pour croiser en chemin l’infographie animée.

Le sud de l’île de Manhattan vue par la version « 3D » de l’application Plans d’Apple

Collection 511

Invariablement la grue en automne descend

On dit « monter » vers le nord et « descendre » vers le sud. Ce sont des conventions, des habitudes. Comme la perception linéaire du temps : demain vient après aujourd’hui. Dans certaines civilisations, notamment la civilisation indienne, le temps est cyclique, c’est une roue qui tourne. Et c’est à cette perception du temps que je pense à chaque automne quand je vois les grues cendrées filer vers le sud.

Photo réalisée en Gironde le 26 octobre 2019

Photo de la semaine du 21 au 27 octobre 2019

Une minute trente de marée montante

Les bernaches sont arrivées sur le Bassin d’Arcachon, c’est le son qui domine aujourd’hui, berçant doucement tous ceux qui profitent d’un dernier zeste d’été pour somnoler sur la plage. Et pendant ce temps, la mer monte …

Fruit de saison

Il se pourrait donc bien que ce soit l’automne pour de vrai. Il pleut. Beaucoup. Il a aussi fallu ressortir le pull et les chaussettes, voire allumer le premier feu de cheminée de la saison (mais pas le deuxième, ce n’est pas encore l’hiver). Les champignons s’agitent dans les sous-bois, et, à Agen, des témoins attentifs ont vu passer les grues dans le sens nord-sud. Sans parler du changement d’heure qui va nous tomber sur le poil dans la nuit de samedi à dimanche. Automne, donc. Saison des fruits pour les plantes qui ne s’en préoccupent pas en été, notamment certaines plantes aquatiques. Le fruit ci-dessous est probablement celui d’un nénuphar ou de quelque chose qui lui ressemble :

Le fruit d’un nénuphar ou d’une plante aquatique qui lui ressemble – Département de la Gironde – Octobre 2019

De moins en moins de dune

L’île d’Oléron est mangée vitesse grand V par l’érosion, surtout dans sa partie sud. Cinq à trente mètres de littoral finissent chaque année dans l’océan.
Depuis les années 1960, un petit train touristique sillonne la forêt de Saint-Trojan jusqu’à la pointe de Maumusson. Les rails sur lequel circule ce petit train sont un bon indicateur de l’avancée de l’érosion, puisque chaque année les installations doivent être raccourcies : en 2014, les rails se sont même retrouvés au-dessus du vide.
Cet automne (photo ci-contre), on voit des vestiges de rails émerger de la dune, attestant une fois encore du rétrécissement de l’île.

Source : France Info, 21 juillet 2018

Collection 510

Photo de la semaine du 14 au 20 octobre 2019

Enfin une pub qui me parle

J’avoue ne pas bien comprendre la logique d’Orange, opérateur de téléphonie mobile, lorsqu’il suggère au quidam passant devant l’affiche de ranger son téléphone. Néanmoins j’apprécie l’idée, épuisée de voir tous mes contemporains (ou presque) le nez scotché en permanence sur ce fichu rectangle à écran tactile.

Collection 509

Photo de la semaine du 7 au 13 octobre 2019

Les couleurs de la salicorne

La salicorne est une plante comestible qui pousse dans la vase salée. On la voit sans mal à marée basse sur le littoral atlantique. Lentement, quand l’automne arrive, elle passe du vert au jaune puis au rouge, donnant à l’estran les couleurs de l’été indien.

Collection 508

L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

Photo de la semaine du 30 septembre au 6 octobre 2019

La chansonnette [28]

JULIETTE
C’est ça, l’rugby !
Concert à Toulouse, février 2018

Ce week-end, mon ovalie va mal : Bordeaux a perdu, La Rochelle s’est planté, Pau a morflé. Mais, par les hasards de FIP et de sa programmation définitivement adéquat, je tombe sur Juliette, qui chante le rugby entre Montauban et Perpignan. C’était en concert à Toulouse. La dame jouait à domicile, je te dis pas l’ambiance …

Un bel oiseau au ponton d’honneur

Ce midi, je prends enfin le temps de descendre sur les quais et j’aperçois les mâts d’un voilier. M’approchant fissa (et non à pas de loup parce-que le temps m’eût manqué), je vis que ce voilier venait d’Angleterre, il est même immatriculé à Londres, c’est écrit dessus : Pelican of London. Honnête jusqu’au bout : non seulement il est immatriculé à Londres, mais, en plus, sa figure de proue est un pélican.
Ce joli bateau est sorti d’un chantier naval du Havre en 1948. C’était alors un bateau de pêche destiné à la navigation en Arctique pour une société norvégienne. Après moultes aventures, il est racheté et transformé en voilier par un Anglais en 2007. Depuis 2012, il participe à des courses au large pour le compte de l’association Adventure Under Sail.

Collection 507

Photo de la semaine du 23 au 29 septembre 2019

Histoire d’A chez les libellules rouges

Déambulation banale près d’une des rares mares pas encore à sec. C’est qu’il pleut peu depuis fort longtemps, et les piscines à insectes se font rares.
Néanmoins, les libellules rouges passent en mode peace and love, monsieur tractant madame par la nuque. Ni glamour ni confortable, mais l’humain est-il compétent pour juger du bonheur chez les odonates (car c’est ainsi, cher blogonaute, que se nomme la famille des libellules) ?

Des libellules rouges en mode peace and love dans l’agglomération bordelaise. Photo réalisée en septembre 2019

La chansonnette [27]

Les Ogres de Barback et La Tribu de Pierre Perret
Au café du canal
2017

Toute la chanson que j’aime en trois minutes vingt neuf. Les keums de Zebda, Alexis HK, Olivia Ruiz, Rosemary (la chanteuse de Moriarty), François Morel , bref que des gens bien, généreux, plein d’amour au-dedans d’eux. Et ces gens, réunis par les Ogres de Barback, nous offrent un hommage XXL à Pierre Perret, un autre type que j’aime bien. Je viens de tomber sur ce titre en batifolant sur Youtube en cette fin de journée un peu longuette, et ça fait un bien fou. Faites-vous plaisir, montez le son :

Cormoran, signe des temps

Signe du temps qui passe : l’automne qui succède à l’été. Signe du temps qu’il fait : la pluie qui arrive, alors que la semaine dernière encore, il y avait grand ciel bleu et 30°C à l’ombre. Le cormoran est signe de ces deux temps là.
Il y a deux semaines déjà, deux d’entre eux mettaient la pression sur les carpes du jardin public, carpes qui avaient globalement pu passer un été tranquille, puisque les cormorans chassaient ailleurs, peut-être même du côté du grand océan. Aujourd’hui, un troisième cormoran les a rejoints, et il y en aura d’autres, au fur et à mesure que les jours vont raccourcir, que la chaleur estivale va s’enfuir, et que la pluie puis le vent vont se mettre à sévir.
L’automne rend le cormoran citadin, pour ne pas dire casanier. Être une carpe au jardin public n’est pas toujours une sinécure …

Un trio de cormorans dans le jardin public de Bordeaux le 25 septembre 2019

Collection 506

La rainette et la poignée de porte

La rainette verte grimpe aisément sur la plupart des parois, grâce aux petites ventouses qu’elle a au bout des pattes : c’est ce qui la différencie de la grenouille. Et c’est pour cela que j’ai récemment trouvé une rainette sur la poignée d’une porte, alors que les grenouilles déprimaient gravement au fond des mares asséchées par un été sans pluie.
Ce qui permet aussi, bien sûr, à la rainette de s’installer sur un support aussi petit, c’est sa taille minuscule. Taille minuscule qui ne l’empêche pas d’avoir du coffre : n’avez-vous jamais entendu le chant très grave des rainettes le soir au fond des bois ?

Une rainette sur une poignée de porte et sur l’île d’Oléron en septembre 2019 – Photo réalisée sans flash

Photo de la semaine du 16 au 22 septembre 2019

En déambulant sur la toile

En déambulant sur la toile, j’apprends que le bonheur est désormais obligatoire du 5 au 11 octobre. Du moins, il faut en donner l’impression, en particulier si on habite où si on circule dans la commune des Essarts, en Vendée (à lire dans Sud-Ouest).
En déambulant avec bonne humeur et dans Science & Avenir, j’apprends pourquoi nous, les humains, ne sommes pas comme les autres primates, puisque nous n’avons plus de fourrure (cela dit, par les chaleurs actuelles, c’est plutôt plus facile à vivre).
Ma déambulation m’entraîne enfin sur le site Futura Planète, qui répond à la question « D’où vient l’odeur de la mer ? ». Et oui, pourquoi l’océan sent si bon, pourquoi ça fait du bien cette odeur-là ? Un indice : le sel et l’iode n’y sont pour rien (ils sont inodores).

Collection 505

Une petite phrase en passant

« Lorsqu’il parle du pays, le peuple français des H.L.M., des usines, des marchés, des garages, utilise ordinairement un NOUS d’une majesté toute royale. Dans ce splendide pluriel, les petites gens mettent sans façon la communauté nationale entière avec ses pauvres, ses riches, les citadins, les campagnards, les jeunes, les vieux, les vivants obscurs, les morts célèbres, puis cette foule de fantômes illustres statufiés dans le bronze et la pierre sur nos places publiques. »

Gilbert COMTE, « Notre histoire », Le Monde, 17 septembre 1983

Photo de la semaine du 9 au 15 septembre 2019