La marche est haute

Chronique du grand confinement, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ma balade confinée dans mon espace de libre parcours de 10 km de rayon m’a aujourd’hui amenée du côté du lac de Bordeaux, dans ce pseudo éco-quartier nommé Ginko. Des petits étangs rectangulaires drainent le marécage sur lequel sont construits les immeubles (et ne sont pas seulement là pour faire joli, comme le disait la pub lors de la mise en vente des appartements de ce nouveau quartier). Et sur ces petits étangs, pataugeant tranquillement, des hordes de colverts qui ont bien compris que le vieux crouton de pain était pour eux, que le quidam local avait la miette facile, que la malbouffe c’était rien qu’une légende urbaine. Empiffré, le canard fait du canard à tour de plume dès que le printemps s’annonce, et le caneton suit la meute de mare en mare. Ou pas. Ou plus tard. C’est qu’il y a des seuils, des écueils, des marches à franchir. Et le caneton ahane et insiste, souffre et reprend son souffle, se relance, retente sa chance, puis réussit, enfin, à rejoindre la fratrie.

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