C’était il y a un an

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va

C’était il y a un an et c’était un vendredi 13. C’est bien la peine de se battre contre les superstitions … C’était un vendredi 13 et, la veille au matin, mon bien aimé ministre de tutelle avait affirmé que les écoles ne fermeraient pas. Mais à l’époque les profs n’étaient pas encore des Jedis, et ce fameux jeudi 12 mars, en soirée, le patron président a décrété la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités pour le lundi suivant et jusqu’à nouvel ordre. Alors le vendredi 13 a eu une drôle d’allure. J’ai vu toutes mes classes sauf une, ce sont les hasards de l’emploi du temps. Le soir, je suis rentrée tard car les conseils de classe parfois s’éternisent, surtout face à l’incertitude.
Le confinement nous pendait au nez. Le lendemain j’ai vu la mer pour une dernière fois avant très longtemps et, ce samedi 14, j’aurais du assister à un concert d’Alain Souchon. Concert annulé, reporté, puis reporté encore pour le mois de mai de cette année.
Quelques temps plus tard, j’ai aussi loupé le spectacle de Brigitte Fontaine, reporté lui aussi. Ces deux-là, Alain et Brigitte, je les écoute souvent. Spectacles vivants, cinémas, restos, expos nous manquent terriblement.
C’était il y a un an et je pensais naïvement que le confinement ne durerait pas si longtemps, que c’était un mauvais moment à passer mais que ça passerait vite, que c’était une expérience comme une autre. Que l’été venu tout serait plié, oublié. Je pensais, je supputais, j’espérais, j’avais tout faux. C’est bête d’être foncièrement optimiste, parfois.
Aujourd’hui, un an après, nous nous apprêtons sans enthousiasme et avec crainte à accueillir à nouveau tous les élèves du lycée en même temps, la vaccination patachonne et en plus il pleut. Mais je viens de voir sur Arte un joli documentaire sur Sting, et ce retour aux années 80 a quelque chose de fort apaisant.
Et puis les premières asperges arrivent sur les marchés, les huîtres du bassin d’Arcachon sont à nouveau autorisées à la consommation (après un mois de pause pour cause d’eau pas propre), les oiseaux déambulent, c’est la grive qui me réveille le matin, et les arbres font de jolis fleurs dans les jardins. Tout va bien, nous sommes vivants.

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