Déclic grève

Je suis prof mais je me soigne

La grève ne sert sans doute plus à grand chose, du moins dans l’Education Nationale. On cesse le turbin un jour, les mômes sautent de joie en se croyant en vacances, puis on reprend le lendemain, sans avoir ému les foules et encore moins les politiques qui nous foutent dans la merde dirigent. Et pourtant, la grève, demain je la ferai. Parce-qu’elle est portée par une intersyndicale, et que ce n’est pas si courant ? Oui, mais pas que. Surtout parce-que les revendications ont du sens : il ne s’agit pas seulement des salaires, dont la revalorisation ne touche qu’environ un tiers des personnels (et on ne rattrape même pas ce qu’on a perdu !), mais il s’agit surtout des conditions de travail. Les dotations horaires des établissements viennent d’arriver, et elles augmentent la pression et les tensions à un moment où, crise sanitaire oblige, il faudrait que l’on puisse pleinement se consacrer aux enfants qui nous sont confiés. Or, si le nombre d’élèves augmente dans le secondaire, le nombre de postes de profs diminue. En clair, nous allons tous avoir pléthore d’heures supplémentaires et des classes surchargées, ce qui ne permet pas de bien se consacrer à chaque élève, à un moment particulièrement crucial. Ça c’est pour le fond, qui suffit à me mettre en colère, en grève et en manif (quoique, vue la fatigue cumulée, ce dernier point ne soit pas encore tranché).
Mais la goutte d’eau, car goutte d’eau il y eut pour faire déborder les chutes du Niagara, fut transmise ce matin même par le Café Pédagogique : monsieur Blanquer, ministre de l’Education, n’a pas utilisé la totalité du budget dont disposait son ministère. Il pouvait, alléger les classes, respecter nos services en créant des postes, voire nous augmenter un chouia, et rien. 200 millions de brouzouf qui nous passent sous le nez parce-que notre patron veut faire le beau devant le sien, de patron. Qui, d’ailleurs, ne lui en a peut-être même pas tant demandé. Parce-qu’on n’a, à ma connaissance, jamais vu un ministre chercher autant à nuire à ses fonctionnaires. Même Allègre n’avait pas réussi à faire pire.

200 millions de brouzouf qui nous passent sous le nez

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