Une zone sans Amazon

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Suède

Il existe des endroits sur terre où un morceau des GAFAM n’a pas lieu d’être. Ce morceau, c’est Amazon, destructeur de tout et créateur de rien, pieuvre gloutonne avide de capter tous les marchés du monde, surtout dans les pays à haut niveau de vie, et qui, dans l’exemple qui nous occupe, se cogne au mur têtu de la Suède, pays qui lui a dit « non ».
Temple d’Ikea (autre glouton) et de Volvo (où de ce qu’il en reste depuis que le made in China est passé par là), la Suède rechigne à admettre en son sein le plus gigantesque dealer de cames variés de toute la planète, renvoyant Jeff Bezos dans ses filets. Et pourtant, Bezos et sa firme ont sorti le grand jeu, baptisant même leur opération de séduction du grand nord « Dancing Queen », comme si citer Abba suffisait pour abattre le Suédois. Petit joueur, va !
Plus drôle encore : ignorant tout de la Scandinavie en général et de la Suède en particulier, les ogres amazoniques ont confondu le drapeau suédois avec celui de l’Argentine. Quand on sait à quel point les Suédois aiment leur drapeau et manifestent à tout bout de jardin leur patriotisme, on peut comprendre que la bévue d’Amazon n’est pas passée inaperçue. Il parait, en outre, que la version suédoise du site web d’Amazon, issue approximativement de l’anglais, poserait quelques problèmes titillant les susceptibilités, certains termes, traduits de traviole par un ordinateur (preuve que l’intelligence artificielle est d’abord artificielle, avant d’être intelligente), correspondant à des grossièretés en suédois, ce qui n’est pas le meilleur moyen de gagner des parts de marché. Dans le même ordre d’idée, et montrant en cela qu’Amazon s’est attaqué à un territoire sans même essayer de le connaître, les prix annoncés au catalogue sont au centime près, chose qui fait bien rire les Suédois, puisque, dans ce pays où payer en liquide est déjà, en soi, un anachronisme, il y a belle lurette que la bigaille des centimes a disparu. Avec cet exemple-là, Amazon fait preuve d’un amateurisme phénoménal, et son échec me ravit.

Souvenir de Stockholm, été 2017

Sources : korii et The Guardian

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