Girouette, pirouette, cacahuète, cul par-dessus tête

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne

Il faut, dit le ministre, prendre le temps de rendre un vrai hommage à Samuel Paty. Il faut, dit le ministre, que les professeurs préparent ledit hommage, et donc il faut, dit toujours le ministre, décaler la rentrée de lundi de deux heures. Pour une fois, j’apprécie ce que dit le ministre en l’en remercie.
Il faut, dit le ministre, respecter le protocole sanitaire et tout bâcler en 10 minutes, lecture de la lettre de Jaurès et minute de silence incluses. Je me disais bien, aussi, … qu’un hommage dans la cour, tous ensemble, c’était pas à la hauteur du ministre.
Il faut, dit le ministre, renforcer le protocole sanitaire, éviter le brassage des élèves. Le ministre écoute enfin les toubibs, c’est bien.
Ce à quoi nos chefs répondent en coupant les classes en deux. En le disant aux élèves mais pas aux profs, qui le découvrent donc par leurs élèves, gentils choupinets qui inondent les boites mail de leurs enseignants pendant les vacances, quel que soit le sujet, messages auxquels il m’arrive parfois de répondre (« Roselyne-Sophie, je vous l’ai dit en cours : vous n’avez pas besoin d’apporter votre manuel lundi », « Auguste-Patrick, les notes qui sont sur pronote sont bien pour le 1er trimestre », etc). Cela dit, sur ce coup-là, ils ont fonctionné en lanceurs d’alerte, je les en remercie.
Puis on apprend, la veille de la rentrée (donc aujourd’hui) que le nouvel emploi du temps finalement ne sera pas mis en place. Enfin pas tout de suite. Peut-être mardi. Ou mercredi. Ou pas du tout. Tout cela après avoir passé le week-end à replanifier et réécrire tous les cours, mais comme nous sommes confinés, nous n’avons que ça à faire. C’est vrai, quoi, faudrait quand même pas qu’on s’ennuie !
On apprend aussi que le temps pour Samuel Paty sera respecté, mais c’est une décision locale, prise par la hiérarchie de mon bahut (décision que j’apprécie), sachant que cette initiative peut être remise en cause par le ministre, on ne sait jamais. Demain il fera jour…
Et donc, demain, ce sera l’improvisation totale. Par chance, je n’ai cours que l’après-midi.
Petit gag pour finir : notre hiérarchie a omis de mentionner, sur les attestions permettant de circuler, la totalité des adresses des différents sites du bahut (car celui-ci est grand et éparpillé). Camarade policier, attestation et moi, nous voilà !
À part ça, tout va bien. Nous avons cueilli les dernières feuilles du basilic du jardin et les avons dégustées avec des pâtes et un filet d’huile d’olive, c’était excellent. Il ne faut pas négliger les petits bonheurs de la vie, confinement ou pas.

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