Photo de la semaine du 24 au 30 mars 2019

Le retour attendu de l’hirondelle

Souvenons-nous de l’année passée : quelques hirondelles seulement, la migration avait été difficile. Chaque année il y a de moins en moins de ces jolis oiseaux, car la raréfaction accélérée et dramatique des insectes empêche les couples d’élever deux nichées annuelles. Il y a donc moins d’hirondelles qui repartent vers le grand sud qu’autrefois, et moins encore qui reviennent dans nos contrées lorsque le printemps s’officialise.
Car l’hirondelle, c’est rituel, se pointe grosso modo au moment de l’équinoxe de printemps. C’est à nouveau ce que j’ai pu constater sur l’île d’Oléron, mais je n’ai pas vu un seul spécimen sur Bordeaux. Espérons seulement que la migration se passe mieux que l’an dernier, que le stock réduit d’insectes suffira néanmoins à faire pitance, que les nids abriteront suffisamment de petits bien costauds, pour que l’hirondelle rustique ne disparaisse pas purement et simplement de nos paysages.

Une hirondelle rustique sur l’île d’Oléron le 24 mars 2019

Collection 488

Photo de la semaine du 17 au 23 mars 2019

L’optimisme des abeilles

Si les abeilles avaient conscience d’elles-mêmes, elles broieraient du noir. Leur disparition accélérée, qui met en danger la production alimentaire mondiale, est un fait avéré. On en connait les causes, mais ce n’est pas le sujet du jour. Car aujourd’hui, 20 mars, est non seulement le premier jour du printemps, mais aussi la journée internationale du bonheur, comme le rappelle l’article de Sciences & Avenir d’où est tirée l’info qui suit : les abeilles sont heureuses. Ou du moins optimistes, car le bonheur n’est pas facile à mesurer chez l’insecte.
Suite à une expérience, relatée par l’article, il s’avère que l’abeille, tout comme d’autres animaux (dont l’humain), secrète de la dopamine dès qu’elle est shootée au sucre. La dopamine est un neurotransmetteur qui provoque la sensation de plaisir, et donc rend joyeux et plein d’entrain. Les abeilles ainsi dopées au sucre sont alors plus habiles que les autres pour trouver leur nourriture ou pour lutter contre un ennemi. Sauf quand celui-ci se nomme néonicotinoïde, mais ça, l’article n’en parle pas.

Des abeilles dans le parc Rivière, à Bordeaux, en mars 2019

Collection 487

Un métier vidé de sens

Lorsque j’ai commencé le job de prof, au début des années 1990, je croyais sottement participer au grand œuvre visant à transformer les enfants en citoyens responsables, ouverts au monde mais pas aux fake news (à l’époque, on disait « désinformation »). Puis, de collège en lycée, et de réformes en réformes, cette ambition a été pour le moins écornée. Des programmes de plus en plus lourds à faire passer dans des classes de plus en plus chargées, dans un temps, lui, qui s’est réduit. Gavage des oies obligatoire, pour que le programme soit bouclé le jour J du bac. Pas de temps disponible pour amener les jeunes à penser par eux-mêmes, à se forger une culture, à prendre le temps de réfléchir. Il faut juste qu’ils emmagasinent du pré-mâché qu’ils oublieront dès l’épreuve passée. Cela me fait penser à un dessin de Fabrice Erre, que vous pouvez voir en cliquant ici

Depuis des années, donc, les conditions d’enseignement se dégradent, et les gamins pataugent dans ce bourbier, avec une docilité qui me surprend. La fabrique de l’imbécile docile est en train de réussir sa mission. Et même si, en histoire-géographie du moins, les programmes ont une certaine ambition intellectuelle, je sais bien que, passé le moment plutôt intéressant en classe, les élèves ne retiennent finalement pas grand chose, mélangent tout car rien n’a été mis en place pour qu’ils puissent prendre du recul. On manque de temps, et c’est cruel.

Arrive Monsieur Blanquer et son école dite « de la confiance ». Faites-moi penser à chercher la définition du mot « confiance » dans un dico, j’ai comme un doute sur le sens réel de ce terme. Cette réforme touche notamment le lycée, avec son nouveau bac et ses 21 épreuves étalées sur deux ans. Pour amener nos enfants à faire autre chose que bachoter, c’est loupé ! Quant aux programmes … là encore, je reste sur ce que je connais : l’histoire-géo. Encore plus lourds avec encore moins de temps : air connu. Mais surtout des programmes sans ambition intellectuelle, qui ne permettront en aucun cas aux adolescents de devenir des adultes responsables dans une société qui se veut démocratique. Par contre nous aurons de bons petits exécutants, avec un petit vernis culturel qui fera sa petite illusion. Contre ce projet de société, les enseignants luttent avec les moyens du bord : 20/20 de moyenne à tous les élèves, démission des profs principaux, à l’occasion la manif, à l’ancienne, pour se faire entendre encore un peu.

Photos réalisées à Bordeaux le 19 mars 2019, lors de la manifestation interprofessionnelle lancée par la CGT et FO, et rejointe par des syndicats d’enseignants.

Photo de la semaine du 10 au 16 mars 2019

Quand les enfants expliquent aux adultes

La jeunesse me remplit d’espoir. On la disait indifférente, certains la voit sotte, et elle est là, concernée et mobilisée, ayant mille fois mieux compris que nous les vieux ce que l’avenir nous réserve. Hier donc, grève scolaire mondiale pour le climat. À Bordeaux, les petits ont bravé la pluie. J’ai pu les retrouver en fin de manif, sur la place de la Bourse, et mes poussins perso, élèves de mon bahut, m’ont interpelée, et ça m’a fait plaisir. On a papoté. Je n’ai pas osé leur dire que, en plus du soutien à la cause climatique, j’étais aussi là pour voir si tout allait bien, s’ils étaient en sécurité. Mes poussins, vous dis-je.

Aujourd’hui, même lieu mais sous le soleil, c’était la même manif finalement. La Marche du siècle pour le climat. J’y ai croisé des amapiens, et puis plein de familles, des gamins avec pancarte, le militantisme, faut que ça commence jeune. Bon enfant. Nous les écolos sommes des pacifistes. Il y avait du monde, oui, pour dire que 3 degrés de plus ce serait la fin du monde, enfin de notre monde. Parce-que la terre, en tant que gros caillou, elle, elle s’en sortira. Mais nous, pauvres petits humains, nous allions y laisser notre peau. Ralentir le réchauffement, c’est une question de survie.

Photos réalisées à Bordeaux les 15 et 16 mars 2019

Collection 486

Grive du matin

Depuis quelques jours, ce n’est pas la radio qui me réveille, mais l’oiseau. L’oiseau chante bien avant que la radio ne parle, et l’oiseau chante bien. C’est normal, c’est son job, et ce n’est pas pour rien que cet oiseau-là se nomme « grive musicienne ». La grive chante longtemps, et continue même après le lever du soleil. D’où ce petit bout filmé : le son est médiocre, l’image est pire, soyez indulgents.

Photo de la semaine du 3 au 9 mars 2019

Une petite phrase en passant [7]

« L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir.

Albert JACQUARD, « Moi, Albert Jacquard, ministre de l’Éducation, je décrète », L’Humanité, 22 mars 1999

Collection 485

Photo de la semaine du 24 février au 2 mars 2019