Collection 480

Un guillemot en hiver ?

C’est un dimanche venteux qui fait voler le sable et l’écume. Marcher sur l’estran sableux ressemble à une gambade dans de la crème fouettée, le marcheur moyen étant en outre fortement poussé par le vent. On parle de rafales à 70 km/h. Mais c’est en continu que ça souffle ainsi sur ce bout de littoral entre la pointe de Grave et le Bassin d’Arcachon.
Et, sur cette écume faussement moelleuse, il y a un oiseau, seul de son espèce dans cet espace-là, indifférent aux goélands locaux qui volent comme ils peuvent. Je surfe sur le net et pense qu’il s’agit probablement d’un guillemot de Troïl en tenue d’hiver (sa tenue d’été ressemble davantage à un smoking, très classe).
Le guillemot, nous disent les sites habituels (oiseaux.net, oiseaux-birds.com et même wikipedia), passe quasiment toute sa vie en mer. C’est un oiseau pélagique, qui pêche profond et, qui, au final, a grosso modo le même régime alimentaire que moi : merlan, maquereau, hareng, etc. Le voir ainsi, comme échoué, sur ce bout de plage, a quelque chose d’inquiétant. L’oiseau repartira-t-il quand le vent sera calmé ?

Photos réalisées sur la presqu’île du Cap Ferret le 27 janvier 2019

Photo de la semaine du 20 au 26 janvier 2019

Une petite phrase en passant [5]

« L’homme a créé des dieux ; l’inverse reste à prouver. » (Serge Gainsbourg)

Le jaune est la couleur de janvier

Jonquille dans un parc de Bordeaux en janvier 2019

Loin de moins toute ambition polémique : je ne parle point ici de gilet de contestation, mais de jolies fleurs, les premières, celles d’avant le printemps. Il y a bien sûr le mimosa, qui pète de joie depuis Noël dans les contrées les plus clémentes (à tout hasard : la Charente-Maritime), mais aussi, depuis peu, la jonquille. Si les narcisses de mon jardin patachonnent, n’allant pas plus loin qu’une brave tige verte sans encore de fleur, c’est parce-qu’ils sont plantés plein nord, mais ailleurs, dans la grande ville, la jonquille s’épanouit. Elle n’a pas peur du froid, mais si on la sniffe de trop près, elle peut faire mal à la tête. D’ailleurs, faut-il le rappeler, de la racine aux pétales, la jonquille est un poison intégral (source).

Collection 479

L’ancêtre du code-barre

Bassin d’Arcachon – Janvier 2019

Photo de la semaine du 13 au 19 janvier 2019

Le troglo n’a pas peur de l’eau

Le troglodyte mignon est un minuscule piaf ne pesant que rarement plus de 10 grammes. Ce qui ne l’empêche ni de brailler comme un âne, ni de chercher noise à l’occasion : selon le site oisillon.net, il est « grincheux et querelleur ». Récemment, je l’ai néanmoins vu fort paisible au bord d’un étang, manifestement en quête de quelque nourriture à se mettre dans le bec :

Mais que faisait-il si près de l’eau, lui qui, à ma connaissance, est insectivore ? En fait, selon oiseaux.net, son régime alimentaire est plus varié, et peut comprendre des alevins de poissons et des têtards. D’où sa présence au ras de la mare. Ça sait nager, un troglo ?

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en janvier 2019

Collection 478

Photo de la semaine du 6 au 12 janvier 2019

Collection 477

Titis parisiens

Souvenons-nous de Titi, ce canari plus jaune qu’un gilet en décembre, qui jouait à la star dans les dessins animés de notre enfance. Un brave piaf en somme, qui narguait ce pauvre Gros Minet un peu benêt. Un simple zozio. Et du zozio, de nos jours embués par le phytosanitaire définitivement létal dans les campagnes autrefois propices, le zozio, disais-je, trouve désormais refuge, pitance et sécurité dans les villes, où le quidam de base le nourrit et/ou le photographie. Dans les villes, donc, y compris à Paris, où je déambulais il y a peu pour cause plaisante de Noël familial et ensoleillé.

Il y avait bien sûr des mouettes sur la Seine … :

… ainsi qu’une bergeronnette des ruisseaux entre le pont de Bercy et l’embouchure du canal Saint-Martin :

Mais c’est bien sûr dans les parcs et jardins que les oiseaux sont les plus visibles, comme ce cormoran dans le parc des Buttes Chaumont … :

… et, toujours dans le même parc, des perruches bien vertes, oiseaux immigrés arrivés par hasard et bien adaptés, preuves que l’avenir réside bien dans la diversité des couleurs :

Photo de la semaine du 30 décembre 2018 au 5 janvier 2019

Signe d’hiver

Il a fallu passer la barre symbolique du 1er janvier pour que l’hiver arrive pour de vrai. Les températures, en Gironde du moins, sont légèrement négatives au petit matin, et, surtout, les étangs du côté du Bassin d’Arcachon sont pris par la glace. Pas de quoi patiner dessus (même les foulques n’osent pas !), mais quand même, la glace, en Gironde, c’est un peu rare.

Arès (Gironde), 5 janvier 2018


Que reste-t-il quand le paysage a disparu ?

C’était deux jours avant Noël dans le sud de l’île d’Oléron. Le brouillard est tombé d’un coup alors que nous arrivions sur la plage. Et puis plus rien. Ni rivage, ni estran, ni sable, ni océan. Rien. On distingue à peine les rares humains qui, séduits par la douceur de l’air d’alors tapaient le ballon sur la plage :

Néanmoins, la balade se fait. On sait que la mer, à cet endroit, porte le nom de « pertuis de Maumusson », qu’en face il y a la presqu’île d’Arvert, et peut-être même que loin vers l’ouest, il y a l’Amérique. On sait tout ça.
Finalement, nous parvenons quand même à voir des oiseaux, une horde phénoménale de bécasseaux :

Peut-être un millier, voire plus, de ces oiseaux, rassemblés au ras de l’eau :

2019, c’est parti !