Des oiseaux dans la ville (janvier 2018)

Les mois d’hiver sont généralement les plus riches ornithologiquement parlant ; ce janvier-ci ne fait pas exception à la règle. Il y a bien sûr, les habitués de la ville, comme le merle, le rougegorge, les mésanges (des trois types les plus fréquents à Bordeaux : charbonnière, à longue queue, bleue), la grive ou la sittelle torchepot :

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Dans un même ordre d’idée, la mouette rieuse n’a toujours pas rejoint les rives océaniques, et le cormoran non plus :

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Le chardonneret picore les fruits de l’érable … :

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… et le faucon crécerelle a repris ses quartiers d’hiver sur son lampadaire :

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Ça se confirme, un grèbe s’est installé en banlieue nord, mais je ne sais pas de quel type de grèbe il s’agit. De la taille du grèbe huppé, il n’en a ni les couleurs ni la petite couette sur la tête :

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Une seule fois, furtivement, j’ai aperçu un roitelet :

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Plus original est l’oiseau ci-dessous, c’est l’oiseau mystère du mois, que je n’ai pas réussi à identifier :

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Collection 435

Photo de la semaine (du 21 au 27/01/2018)

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L’huître et le saucisson

Nous sommes en novembre 1940. La France est occupée, ses ressources pillées, et le rationnement devient la règle pour tous les produits alimentaires. Tous ? non. Un seul résiste encore et toujours à l’envahisseur, car celui-ci ne le trouve point à son goût, ce produit, c’est l’huître :

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Et c’est ce que relate un article du quotidien Ouest-Eclair (édition de Nantes) du 13 novembre 1940, en bas de première page (la suite est sur la page 2). L’auteur de l’article se déclare ainsi fort surpris en observant des ouvriers sur un chantier parisien, où à l’heure de récupérer leur casse-croute dans leurs musettes, les ouvriers ne sortent point les traditionnels saucisson et vin rouge mais, à la place, des huîtres et du vin blanc. C’est que le saucisson est rationné et l’huître, non. D’où abondance et profusion : la consommation d’huîtres explose, elle est même multipliée par 20 entre septembre 1939 et octobre 1940. Le principal département fournisseur est, bien sûr, la Charente-Inférieure comme on disait à l’époque, en clair, le bassin de Marennes.
Là où l’article devient amusant, c’est dans la légende de son illustration :

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On y lit, même si la reproduction est floue, que l’on se trouve à Rochefort, avec, au fond, le fort du Chapus. Tout ceci est pour le moins approximatif. Rochefort est, grosso modo, à 30 mn de voiture de Bourcefranc-le-Chapus, pile-poil où a été prise la photo. Quant au fort, il s’agit du Fort Louvois, effectivement sur la même commune, mais totalement invisible depuis Rochefort. Ces journaux de province … ils ne peuvent pas s’empêcher de raconter n’importe quoi …

 

C’était dans le journal … le 25 janvier 1918

Les difficultés d’approvisionnement obligent le gouvernement a organisé le rationnement du pain. À partir du 1er mars, une carte unique, valable pour le pain et pour tout autre produit qui serait rationné, va être distribuée dans toute la France.  C’est ce qu’explique Le Matin. Chaque carte est personnelle : y figurent les coordonnées de son titulaire et la catégorie à laquelle il appartient (la catégorie B correspond ainsi aux enfants de 3 à 7 ans). Le quotidien livre aussi le mode d’emploi de la carte et des coupons détachables qu’elle comporte, et reproduit surtout la photo d’une de ces cartes :

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Collection 434

Un jour le jour reviendra …

Les gens tirent la tronche, plissent le museau et font la tête. Tête baissée vers le trottoir détrempé, le quidam arpente vite la ville trop grise et trop mouillée. Des jours et des semaines que ça dure, que le soleil est en RTT voire en longue maladie. On voit la vie en noir et blanc, et ça finit par peser, même Sud-Ouest en a parlé. Ce qui vaut pour la ville vaut aussi pour le littoral. Prenons l’exemple de la Charente-Maritime dimanche dernier, plus précisément la commune du Château d’Oléron. Fin de matinée, la mer baisse et le changement de marée n’apportera que de la pluie (le précédent avait fait « crachin » et « presque une éclaircie mais pas vraiment »). Les ostréiculteurs partent vers leurs parcs, la plate fend la brume et, au loin, on distingue vaguement Fort Louvois, ou du moins ce qui ressemble à son ombre :

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À défaut de porter le regard au loin (Fort Louvois est sur le continent, enfin presque), intéressons-nous à des éléments plus proches, moins noyés dans ce gris mouillé qui rend les formes molles. Dans le chenal qui relie le nouveau port à la mer, il y avait un grèbe. Je n’en avais jamais vu à cet endroit, mais l’observer longtemps fut ardu : les objectifs d’appareil photo aiment peu le crachin, et, en plus, la mise au point s’avérait aléatoire. C’est que gris sur gris, c’est pas simple. Et pourtant, dans la vraie vie, donc par beau temps, ce grèbe-là a quelques couleurs :

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Puisque le grèbe est terne, visons les oies. La bernache cravant est naturellement blanche et noire, ça colle avec le paysage, au moins, on  n’est pas déçu. Et puis, derrière, bien séparés des bernaches, des huîtriers-pies se sont posés. On distingue leur pattes et leurs becs rouges. Si si, regardez bien :

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Photos prises en couleurs et sans trucage sur l’île d’Oléron le 21 janvier 2018