Photo de la semaine (du 22 au 28/10/2017)

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Même le guetteur doit partir

Les clones métalliques d’Antony Gormley, statues  d’hommes nus placées de-ci de-là dans Bordeaux, constituaient une animation estivale. Elles étaient visibles à divers endroits de la ville, aussi bien sur le toit du Grand Théâtre que dans la rue Sainte-Catherine ou sur la place du Marché des Chartrons. Mais l’été est fini : l’heure d’hiver démarre demain et cela fait déjà bien deux semaines que nous trouvons des chanterelles dans les bois, ce sont des signes qui ne trompent pas. Et donc, les festivités d’été doivent laisser la place, et les statues de Gormley doivent partir. Toutes. Même celle qui veille sur la Garonne, bien plantée sur le pont Chaban-Delmas :

Photos réalisées à Bordeaux mi-octobre 2017

Collection # 421

Toutes les cigognes ne sont pas parties …

… il en reste au moins une sur le Bassin d’Arcachon : le zoom de l’appareil photo gonflé à bloc l’a vue dimanche dernier (de loin, l’œil humain sous ciel nuageux ne voyait que de l’oiseau blanc un peu gros). Si la plupart des cigognes filent vers l’Afrique quand l’automne arrive, de plus en plus de spécimens dédaignent le voyage. Auraient-elles perdu le goût de l’aventure ? Il y a quelques années, un ornithologue du parc du Teich m’avait dit que les cigognes restaient de plus en plus sur place car les conditions de vie étaient bonnes, en particulier la nourriture, très abondante. Les cigognes, comme beaucoup d’autres oiseaux et pas mal d’humains, ne crachent pas sur la malbouffe, voire s’en empiffrent comme un ado mal élevé dans les boites à burgers industrielles. Il suffit qu’une bonne vieille décharge bien odorante soit à moins de 100 km pour que les cigognes restent sur place et donc se sédentarisent. Un article publié par Atlantico en mars 2016 a d’ailleurs fait ce constat pour la péninsule ibérique.

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Photo : Andernos-les-Bains, octobre 2017

Photo de la semaine (du 15 au 21/10/2017)

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C’était dans le journal … le 19 octobre 1917

On les a appelés les « profiteurs de guerre ». Quatre ans après la fin de celle-ci, en 1922, Anatole France, dans une lettre publiée dans L’Humanité, lançait « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ». Il est vrai que certaines entreprises ont su fort bien croître et s’enrichir grâce au conflit : en France, Michelin a négocié la hausse du prix de ses pneumatiques en sachant très bien que l’armée française ne pouvait pas s’en passer. Renault a multiplié son chiffre d’affaires par quatre entre 1914 et 1918. Ça marche aussi en Allemagne : les seize plus grandes entreprises houillères et sidérurgiques ont multiplié leur chiffre d’affaires par huit pendant cette période.
Ça, ce sont les gros poissons. Mais il y a les plus modestes, les petits joueurs, ceux dont le nom ne deviendra jamais celui d’un grand groupe industriel européen. Les noms de Galandrin et Painsmay ne figurent pas au CAC 40. Et pourtant … Ces deux-là faisaient dans le charbon à Paris. Mme Galandrin était marchande, M. Painsmay était négociant. C’est La Croix qui cite leur nom, indiquant qu’ils « comparaitront prochainement devant le tribunal correctionnel » pour avoir « vendu du charbon à un prix manifestement supérieur aux cours ». Cliquez sur l’image pour voir l’article dans son contexte :

 

Collection # 420