C’était dans le journal … le 30 septembre 1917

Il y a cent ans, les femmes étaient déjà (et le sont plus malheureusement encore aujourd’hui) victimes des stéréotypes masculins concernant leur corps. Une femme, une vraie, ne peut décemment « avoir une poitrine plate » sans se sentir profondément humiliée. Une femme, une vraie, ne doit pas  » avoir un visage de femme sur un corps d’homme ». Bref, une femme, une vraie, doit avoir de bons gros lolos, une poitrine qui jaillit du buste façon obus (et pas seulement parce-que c’est la guerre), elle doit posséder « une gorge ronde et belle ». Mais, comme le rappelle cette publicité publiée en quatrième page du Petit Journal, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut donc ruser, et payer : en échange d’ « un timbre à 15 centimes », les femmes intéressées par un gonflement mammaire recevront « tous les renseignements par retour du courrier ». La messe doit être dite « en trente jours » et la méthode est discrète : « elle peut facilement employer cette méthode dans l’intimité de son intérieur sans que ses amies les plus intimes s’en doutent ». Il ne s’agit pas, en effet, que quelques chipies aillent cafter la tricherie. Quant au contenu de la recette miracle, cela reste un mystère : c’est « la Providence », et elle seule, qui permit à l’auteur de la pub (de l’arnaque ?) de « développer [son] buste de 15 cm en 30 jours ».

La saison est ouverte

P1160144Au week-end dernier, il y avait des giroles sur le marché. Nous avons mangé nos premiers cèpes (largement achetés, il est vrai, mais aussi un petit peu cueillis dans la forêt). Pas de grosse cueillette à ce jour, la saison ne fait que commencer, mais ce sont ces moments prometteurs de gourmandise qui sont peut-être les meilleurs, comme cet instant où je me suis trouvée face à un champ de coulemelles, de jeunes coulemelles bien tendres et bien saines. Un régal.

Photo prise en Charente-Maritime en septembre 2017

Collection # 417

Des bateaux partout
Stockholm, juillet 2017

Photo de la semaine (du 17 au 23/09/2017)

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Collection # 416

C’était dans le journal … le 19 septembre 1917

illustrationC’est à la une, mais pas toute la une : il y a un peu de tout ce mercredi-là sur la première page du Figaro, à commencer par le compte-rendu de l’installation du gouvernement Painlevé en France. Mais au milieu de la page, il y a un chiffre : 1143. C’est le 1143e jour de guerre. Et on n’en voit pas le bout. Certes, les Américains sont entrés en piste, mais le bain de sang continue. Par exemple, la bataille de Passchendaele (connue sous le nom de 3e bataille d’Ypres), en Belgique, est commencée depuis fin juillet, et en plus des balles, il pleut des cordes. Les soldats se battent dans un champ de boue bien spongieux dès le début de la bataille et pendant la quasi-totalité de sa durée (la bataille s’achève fin novembre), certains même se noient (cliquez ici pour en savoir plus).
L’article du Figaro fait le point sur ce 1143e jour de guerre en citant uniquement les faits dans lesquels l’armée française est impliquée, et ne mettant en avant que les réussites françaises (n’oublions pas que la censure existe, pas question de démoraliser l’arrière), le tout sur un ton d’une très grande banalité : la guerre est devenue, sinon normale, du moins habituelle. « Cinq avions allemands ont été abattus », il y eut des « actions d’artillerie assez vives en Champagne », « l’ennemi » a été « rejeté après avoir subi des pertes sensibles ». Au final, « rien à signaler sur le reste du front ». Demain sera le 1144e jour de guerre.

Photo de la semaine (du 10 au 16/09/2017)

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Collection # 415

BRUNNSVIKEN
Lac proche de l’université de Stockholm, juillet 2017

Et l’oiseau ouvrit sa cage …

Je reviens sur la photo de la semaine postée ici-même dimanche. Cet oiseau n’a rien à faire en Europe, et donc l’avoir vu en plein Bordeaux est pour le moins incongru. Il s’agit d’un cordonbleu à joues rouges, un oiseau à peine plus grand qu’un moineau, vivant exclusivement en Afrique subsaharienne, et qu’il ne faut pas confondre avec le cordonbleu de l’Angola, même si leurs chants se ressemblent (ce que je suis bien incapable de vérifier). Que faisait-il donc là, à part chercher quelques graines à se mettre dans le bec ? S’il ne s’est pas échappé d’une cage, le mystère reste entier.

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Pour tout savoir ou presque sur cet oiseau, rendez-vous sur oiseaux.net

Photo de la semaine (du 03 au 09/09/2017)

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Collection # 414

Rouge dans le sens des départs, orange dans le sens des retours

migrP1150644.jpgContrairement aux apparences suggérées par le titre de cette note, je ne parle pas aujourd’hui des encombrements réguliers de la rocade bordelaise, mais des migrations diverses des oiseaux : nous sommes effectivement à ce temps charnière, où ceux qui ont niché dans la région ou plus nord, partent vers le sud avec les petits suffisamment forts pour faire le voyage, tandis ceux qui hivernent du côté du Bassin d’Arcachon commencent à arriver.
Parmi les premiers à partir, il y eut les milans noirs, qui ont, en bloc (14 000 oiseaux d’un coup), franchi les Pyrénées au début du mois d’août (à lire ici). Les hirondelles sont encore là, mais nous savons bien que leur départ approche, alors qu’elles n’ont pas encore gobé tous les moustiques. Depuis quelques jours, ce sont les cigognes qui mettent cap au sud (photo en haut à droite). Elles ont été vues en grand nombre en Aveyron et dans l’Hérault il y a moins d’une semaine, et hier, sur le coup de midi, elles cherchaient les courants ascendants au-dessus de chez moi, donc à Bordeaux, et c’était beau :

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Dans le même temps, les hivernants commencent peut-être à arriver. Je me demande si les petits bouchons flottants vus hier à Arès (Bassin d’Arcachon) n’étaient pas des grèbes castagneux :

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Cela n’est, en aucun cas, signe d’arrivée précoce de l’hiver (ni signe de tempête) : nous savons tous que c’est le passage des grues qui sonne le changement de saison.

Photos réalisées le 2/09/2017 dans le département de la Gironde

Photo de la semaine (du 27/08 au 02/09/2017)

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