T’as (beaucoup) d’beaux yeux, tu sais !

P1010673Nous savons tous que, si le paon fait la roue, c’est pour séduire les paonnes. Mais celles-ci ne sont point caonnes, et savent déceler, dans ce frémissement des 100 à 150 plumes viriles, celles qui désignent à coup sûr le reproducteur de leur rêve.
La chose peut sembler évidente au premier abord, mais des scientifiques canadiens viennent de montrer le mécanisme de séduction du paon grâce à une caméra à haute vitesse qui a permis d’analyser finement le mouvement précis des plumes.
Au final, il s’agit d’une sorte d’illusion d’optique : selon l’angle que l’on adopte pour regarder le paon, les ocelles semblent changer légèrement de couleurs : c’est l’iridescence. Pour mettre en valeur cette iridescence, le paon fait vibrer ses plumes, ainsi les ocelles ressemblent à des yeux immobiles sur un fond mouvant. Et la paonne craque. Ou pas.
En fait, la paonne craque pour le paon qui tient la distance, c’est-à-dire celui qui fait la roue le plus longtemps. Cela nécessite une force musculaire importante et une bonne endurance. Une fois encore, les gros muscles ont gagné. Et la tendresse, b*** ?

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Source : Sciences et Avenir
Photos : Tarbes (Jardin Massey), avril 2016

Collection # 347

Le repas du cormoran
Bruges (Gironde), avril 2016

cormoran

La sociabilité du grand gravelot

P1010951Le grand gravelot est un oiseau limicole (tu te souviens : limicole = qui picore dans la vase) de la taille d’un étourneau, en un peu plus dodu et un peu moins ronchon. C’est aussi un migrateur, qui navigue entre le nord de l’Europe, où il niche, jusqu’en Espagne, où il prend le soleil en hiver. Lorsqu’il est visible au niveau du 45e parallèle, c’est donc qu’il est en soirée-étape, avec vers offerts pour l’apéro.
On le dit individualiste, mais aussi sociable,  du moins en dehors des périodes crac-boum-hue. Il n’hésite pas à côtoyer d’autres limicoles, comme ici un bécasseau variable :

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Photos : bassin d’Arcachon, avril 2016

Pour en savoir vraiment beaucoup plus : oiseau-libre.net

Photo de la semaine (du 17 au 23/04/2016)

araignée et arum

Avis utile aux lycéens

Parce-que, comme tous mes collègues, je suis régulièrement confrontée à ces élèves qui pompent sans vergogne le premier lien déniché sur Google, je trouve intéressant ce message relayé par la page facebook des Cafés cartographiques, juste avant une carte du site La Géothèque, carte tout bien mais un peu compliquée quand même (en clair, si un lycéen la sort, soit il est un génie, soit il prend son prof pour un imbécile) :

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Collection # 346

Grenouille
Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées), avril 2016

grenouille

Quelques courlis corlieu

Vu de loin, cet envol d’oiseaux en troupeaux faisait penser à un décollage de bécasseaux. Mais vu de loin seulement, car l’oiseau est bien plus gros et surtout il a un drôle de bec :

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Cet oiseau est le courlis corlieu, plus gros et au bec moins arqué que le courlis cendré. Il est actuellement de passage sur le bassin d’Arcachon, étape sur la longue route qui le mène de l’hémisphère sud vers des contrées polaires ou presque. Dès le mois de mai, il s’installera en Europe du Nord, en Islande et en Sibérie pour se reproduire.

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Le voir en Gironde est donc assez rare, mais on pourra aussi, avec un peu de chance, le retrouver lors de son retour vers l’Afrique pendant l’été

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C’est un limicole : cela signifie qu’il farfouille la vase  pour y prélever sa nourriture. D’où ce bec très long et recourbé, un véritable outil, un peu comme la curette à crabe ou à araignée que l’on propose dans les restos du bassin pour dévorer le plateau de fruits de mer. Lorsqu’il est à l’intérieur des terres, il se délecte de larves, d’araignées et d’insectes.

Sources :

Photos : Bassin d’Arcachon, avril 2016

Les hirondelles sont en piste

P1010928Depuis près d’un mois maintenant, les hirondelles, en groupes nombreux et en rangs serrés, survolent les mares pour boulotter du moustique (allez-y les filles !) et d’autres insectes volants. Les hirondelles ne connaissent pas d’autres manières de se nourrir, c’est pour cela qu’elles quittent nos douces contrées dès l’automne, lorsque les insectes volants ne volent plus. Elles filent alors, du moins en ce qui concerne les hirondelles familières des paysages français, vers le Cameroun, le Gabon ou le Congo, mais, à la différences de leurs cousines russes ou anglaises, elles ne franchissent pas l’équateur.
Quand arrivent les beaux jours, les hirondelles reviennent, filent vers le nord : la LPO en a recensé plus de 12000 franchissant l’estuaire de la Gironde le 31 mars. Beaucoup s’arrêtent en route, ayant élu domicile en Aquitaine : c’est pourquoi j’en vois vraiment beaucoup en ce moment. Aujourd’hui, elles étaient relativement nombreuses sur les étangs des Quinconces, à Andernos.

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Sources : LPO et oiseaux.net
Photos : Andernos, avril 2016

Photo de la semaine (du 10 au 16/04/2016)

lézard

Un monument historique de plus à New York

Nous connaissons tous le Flat Iron building, l’Empire State building, la statue de la Liberté, etc. Depuis mercredi 13 avril, la liste des monuments historiques newyorkais vient de s’enrichir de ceci (à lire dans Geopolis) :

NY / Balade en bateau

Il s’agit de l’enseigne de Pepsi dans le Queens, située sur une usine d’embouteillage de la boisson qui a fermé en 1999. Cette enseigne de 18 mètres de haut avait été érigée en 1936, à un moment où Pepsi cherchait à se démarquer de Coca Cola afin d’engranger à son tour un flot ininterrompu de pépètes. C’est d’ailleurs dans ce but, qu’en 1940, la marque lança une campagne à destination de la population afro-américaine, alors victime de discrimination.

Photo : New York, juillet 2010

L’écureuil et la malbouffe

P1010648Décrit comme « omnivore opportuniste » par le Museum d’Histoire Naturelle, l’écureuil roux est effectivement capable de manger de tout, surtout que cette activité occupe entre la moitié et presque la totalité de son activité selon les saisons.
Nous avons vu récemment (piqûre de rappel) qu’il pouvait apprécier les pommes en plus des traditionnels fruits à coques que nous avons l’habitude de le voir (et de l’entendre !) grignoter. Parmi les fruits, il apprécie aussi les cerises et tous les fruits à pulpe en général. Il se régale aussi de fleurs et de jeunes pousses d’arbres. De manière plus exceptionnelle, il peut apprécier des insectes ou des escargots.
Dans les parcs et jardins, comme ici dans le jardin Massey à Tarbes, il ne dédaigne pas les restes oubliés par les humains. Il peut ainsi se régaler d’un fond de pot de glace, de la bonne tambouille industrielle qui semble tellement lui plaire qu’il en a même attaqué l’emballage !

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Photos : Tarbes, avril 2016

Le jardin Massey en avril

Découverte du jardin Massey (Tarbes) au printemps. Entre deux branches, au loin, on aperçoit la neige sur les Pyrénées :

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En dehors de cet aspect lointainement hivernal, c’est bien le printemps. Les jeunes paons encore adolescents tentent de draguer comme les grands :

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Les tortues de Floride prennent le soleil. Les oies et les canards divers et variés se courent après voire se volent dans les plumes, mais aussi nagent tranquillement sur la mare, comme ici ce tadorne de Belon :

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Et pourtant, il se trame quelque chose de pas bien rigolo dans ce jardin. A divers endroits, on peut voir ce genre de cage :

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D’ici à lundi prochain, toute la volaille domestique devra être embastillée pour quatre semaines, grippe aviaire oblige. Par mesure de précaution, les paons, les canards (sauf le colvert) et les oies devront être tenus à l’écart des oiseaux sauvages (pour en savoir plus sur ces mesures de confinement, cliquez ici). Ce sera alors la belle vie pour le pigeon et la poule d’eau, mais aussi pour le merle, le rouge-gorge, le moineau, la bergeronnette … :

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… et le geai :

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Et puis, s’il n’y a plus assez d’oiseaux à regarder, on pourra toujours se rabattre sur les écureuils :

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Photos : Tarbes, avril 2016

Cinq œufs = cinq poussins

Petit retour à peine deux semaines en arrière : cinq ou six œufs de poule d’eau seuls dans un nid. Je retourne sur zone au week-end dernier : le nid était vide, comme à l’abandon, aucune poule d’eau à l’horizon. Un prédateur aurait-il boulotté les œufs ?
Que nenni. Aujourd’hui, dans les hautes herbes, le couple de poules d’eau et leurs cinq poussins (dont deux visibles ici) déambulaient calmement.

poussins

Photos : agglomération bordelaise, 13/04/2016

Collection # 345

Geai
Bordeaux, avril 2016

geai

L’échasse blanche est de retour … mais pas là où je l’attendais

P1010565L’échasse blanche est un très bel oiseau aux pattes hautes et rouges. Tous les ans dès qu’arrivent les beaux jours, je l’observe sur l’île d’Oléron : c’est un migrateur qui revient en France au mois de mars.
Mais aujourd’hui, à Bordeaux, lorsque j’ai aperçu un oiseau blanc et noir à pattes rouges, j’ai sottement pensé « huîtrier-pie », ce qui était totalement incongru puisque le volatile se trouvait sur un plan d’eau douce, au ras de la rocade bordelaise. C’est en voyant le bec noir et non rouge sur la photo, ainsi que l’allure plus élégante de l’animal que celle de l’huîtrier, que j’ai compris mon erreur. Il y a donc, sur la commune de Bordeaux, des échasses blanches. Vous m’en voyez ravie.

Pour en savoir vraiment beaucoup plus : un pdf consacré à l’échasse blanche sur le site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel

Echos locaux (lundi 11 avril 2016)

  • Nouvelle grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes : ça grogne grave entre Alain Rousset, président du conseil régional, et Ségolène Royal, ancienne patronne de Poitou-Charentes, qui a laissé une ardoise conséquente : des factures non payées, des emprunts pas très clairs. Monsieur Rousset, en colère, coupe dans le vif des budgets picto-charentais, sachant bien que ce sont les Aquitains qui s’acquitteront des factures. Ça ronchonne sur tous les fronts. De là à prétendre, comme le fait Centre Presse, que « les Picto-Charentais [sont] au régime grec »
  • Petit rappel : la France métropolitaine aussi a ses zones sismiques. Les Alpes ont tremblé à quatre reprises ce week-end. Des secousses fort modestes (3,2 grand max), donc sans danger, se sont produites à la frontière franco-suisse (Le Dauphiné Libéré).
  • Terminons par le carnet rose : il y aurait eu des naissances chez les ours des Pyrénées, portant l’effectif total à une trentaine de bêtes (La Dépêche du Midi).

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Illustration : une fontaine de Tarbes (Hautes-Pyrénées), automne 2015

Petite balade « nature » en fond de bassin

Cela faisait pas loin de deux mois que nous n’avions pas déambulé du côté d’Andernos, tellement au fond du bassin d’Arcachon que, quand tu es à marée basse, tu ne sais même pas que tu es au bord de la mer. J’exagère, j’avoue.
La balade commença par la forêt du Coulin. Ce n’est pas la saison des champignons qui se mangent, mais celle de ceux qui se regardent, comme ce drôle de champignon en forme de fleur, peut-être une astrée hygrométrique :

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Les oiseaux chantaient tous en même temps (sauf le geai, qui grince), mais ce n’était pas forcément facile de les voir. Un pic épeiche était néanmoins tout à fait visible … :

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… ainsi qu’une grive musicienne, qui nous a offert un concert varié et très apprécié du côté de St-Brice, à Arès :

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Mais le clou du spectacle, le summum, fut un bel échassier observé près du port ostréicole d’Andernos alors que nous prenions le chemin du retour. Il s’agit d’une avocette élégante, un très bel oiseau que je n’avais encore jamais eu la chance de voir de si près, et même de voir tout court :

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Collection # 344

Le héron cendré
Agglomération bordelaise, fin mars 2016

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Héron de printemps

En temps normal, disons en temps d’hiver, le héron cendré ressemble à ça :

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Il patouille et farfouille sa mare à la recherche de poissons et de batraciens, éventuellement de crustacés, c’est son seul but dans la vie. Le héron ne semble pas avoir d’autre préoccupation.
Jusqu’à ce que le printemps et les hormones qui y sont liées le titillent. Et là, le héron cendré signale à madame qu’il est fin prêt, que la fête du nid peut commencer, bref, qu’il est l’heure de passer en mode « youpi ». Et pour que toutes les nénettes hérons soient au courant, le bec du mâle devient orange foncé voire presque rouge :

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Photos : agglomération bordelaise, février et avril 2016