Ecureuil roux vs écureuil gris

NY / Battery ParkEn Amérique du Nord, l’écureuil est majoritairement gris. Tout comme son cousin roux européen, il n’est pas farouche et déambule sans problème en zone urbaine (les photos qui illustrent cette note ont été prises à New York pendant l’été 2010).
Les deux petits rongeurs attirent inévitablement la sympathie, avec leur petite bouille rigolote, leur agitation constante, et leurs yeux rigolards. Bref, on les aime. Sauf que pour l’écureuil, comme pour d’autres espèces animales, c’est chacun chez soi : le gris en Amérique, le roux en Europe, afin d’éviter une concurrence impitoyable entre les deux.
Il y a un siècle, des écureuils gris ont été introduits sur les îles britanniques : aujourd’hui, l’écureuil gris a remplacé son cousin roux sur la quasi-totalité du territoire. Le problème se pose aussi dans le nord de l’Italie, où le gris est arrivé en 1948. Chassé au Royaume-Uni et en Irlande, il ne l’est plus en Italie depuis 1990, car des pseudo-écolos le trouvaient mignon.

NY / Battery Park
Or, l’écureuil gris concurrence l’écureuil roux pour la nourriture : le roux mange moins, se reproduit donc moins, et tend à disparaitre. Le gris est aussi bien malgré lui porteur d’un virus fatal pour le roux. Au final, l’écureuil gris est donc, malgré sa jolie bobine, classé parmi les espèces invasives et menaçantes pour la biodiversité. L’écureuil gris se rapproche de la Suisse et de la France, le Muséum d’Histoire Naturelle invite d’ailleurs les internautes à signaler toute présence de cette petite bête : cliquez ici si jamais vous voyez un écureuil gris.

Source : Museum National d’Histoire Naturelle

C’était dans le journal … le 30 janvier 1916

En 1915, des dirigeables (les « zeppelin ») allemands ont en vain tenté de bombarder Paris. Le 29 janvier 1916, l’un d’eux réussit son coup, bombardant le XXe arrondissement. Dès le lendemain, la presse rend compte de l’affaire. L’Humanité rapporte ainsi que « deux arbres furent déracinés » face au numéro 84 du boulevard de Belleville, qu’une autre bombe, tombée au 88 de la rue Ménilmontant aurait fait « plusieurs blessés », et que « la plus violente explosion se produisit rue Haxo » : l’immeuble a été détruit (photo).
L’Intransigeant dresse un bilan plus précis : 19 bombes ont été larguées, faisant 23 morts et 29 blessés, le tout dans un temps relativement bref (40 mn entre le début de l’alerte et la dernière bombe). Ce journal insiste sur le lourd bilan humain, rappelant que les bombes sont tombées sur « un quartier assez populeux », dont les maisons n’ont pas la robustesse des immeubles en pierres de taille des beaux quartiers. L’Intransigeant publie, en fin d’article, la liste nominative des morts : la plus jeune avait 18 mois, c’était une fillette prénommée Andrée. Six victimes n’étaient toujours pas identifiées au moment du bouclage du journal.

Un ro-ro qui chavire

« Ro-ro », pour « roll-on roll-off », est le petit nom désignant les navires rouliers, c’est-à-dire ceux dans lesquels les marchandises sont chargées et déchargées, non pas par des grues à la verticale, mais en roulant sur des rampes (pour en savoir un peu plus sur ce type de bateau, n’hésitez pas à rendre visite à wikipédia). Ce type de navire est donc parfaitement adapté au transport de tout ce qui roule, comme les camions ou les voitures. Ce sont d’ailleurs des voitures que transportait le Modern Express dans son voyage aller entre Le Havre et le Gabon.
Par contre, il est peu probable que ce ro-ro là achève son voyage retour. Chargé de bois et de machines agricoles, il a quitté le port d’Owendo, au Gabon, le 16 janvier à 6 h 13. Il était attendu au Havre hier sur le coup de 18 h. Mais la dernière position qu’il a communiquée est celle-ci :

position

Et depuis, plus rien. Ou presque. Le bateau s’est mis à pencher si fortement qu’il a fallu hélitreuiller l’équipage mardi. Depuis, la gite s’accentue, un remorqueur de haute-mer est sur zone, et le bateau dérive vers le nord-est : hier après-midi, il était à 370 km de La Rochelle.
Ce n’était apparemment pas un bateau-poubelle, en tout cas rien ne le laisse supposer. Il n’était certes pas neuf (construit en 2001), mais des bateaux de cet âge et de cette taille (156 m), il en navigue tous les jours. Sous pavillon de complaisance (Panama) comme il se doit et à mon grand dam, ce n’est pas forcément là non plus qu’est le problème : c’est le cas de la majeure partie de la flotte mondiale, et les avaries importantes sont peu nombreuses. À ce jour, seule l’hypothèse de la voie d’eau est retenue pour expliquer le chavirage en cours, mais la cause de celle-ci reste à trouver. L’équipage est sain et sauf, c’est important, par contre le navire dérivant présente un réel danger pour la navigation dans la zone, navigation qui ressemble grosso modo à ça :

vue d'ensemble

Sources et illustrations : Le Marin, Sud-Ouest, Vesselfinder et Marinetraffic

Collection # 334

Balade au Cap Ferret
Janvier 2016

ferret

Echos locaux (mardi 26 janvier 2016)

Il y a notre bonne vieille PQR (presse quotidienne régionale), dont les titres nous sont plus ou moins familiers : nous connaissons tous, au moins de nom, Ouest-France et Le Dauphiné Libéré. Mais connaissez-vous Le Petit Bleu d’Agen et Le Maine Libre ? Il y aussi, dans la même veine, des hebdos ultra locaux, comme La Gazette de Montpellier ou Le Journal d’Abbeville. C’est au cœur des sites web de ces journaux locaux que cette nouvelle chronique tente dès aujourd’hui de puiser quelques nouvelles.

  • Le titre de l’article est trompeur : il ne s’agit pas concrètement d’obtenir un mode d’emploi pour « créer sa crêperie en Floride », mais un restaurateur de Floride est bien venu en stage pendant une semaine en Bretagne pour apprendre l’art de la crêpe et l’exporter … au Canada. L’école des crêpiers, dont le nom est Crêpe au logis (ayez la gentillesse de savourer le jeu de mots), se situe à Questembert (Morbihan) et a même son site web (source : La Gazette du Centre Morbihan).
  • Quand la malbouffe cède la place à la malbouffe… Du côté de Roanne (Loire), là où quelques temples de la vraie gastronomie sont solidement implantés, oui même là, la malbouffe a ses adeptes et ses lieux de culte. Un Buffalo Grill qui avait brûlé à trois reprises, va être remplacé par un KFC (source : Le Pays Roannais).
  • Suite à une décision prise à l’unanimité par le conseil municipal, la ville de Millau (Aveyron) se déclare « prête à accueillir deux familles de réfugiés », devenant la troisième commune de l’Aveyron à exprimer cette volonté (après Rodez et Decazeville). Pour un département censé accueillir 100 réfugiés, il reste du chemin à parcourir, mais il faut un début à tout (source : Le Journal de Millau).

Collection # 333

Des arbres et des flaques
Bordeaux, janvier 2016

flaques

Un mois de janvier en mode nécro

Il parait que janvier est le mois où l’on meurt le plus. J’entendais ça ce matin sur Inter. Il parait même, mais je n’ai pas bien suivi le fil, que ce serait un peu la faute aux fêtes de fin d’année. Toujours est-il que, depuis le début du mois, les rubriques « nécro » ne chôment pas. De Boulez à Bowie, de Delpech à Galabru, il y a de quoi tartiner dans le tristounet. Et parfois, la tartine prend un sens que je n’avais pas vu venir, quand il y a collusion entre la mort du fabuleux Michel Tournier et la publication des dernières statistiques de l’INSEE (voir la une du Monde daté de demain, ci-dessous) : et oui, cette fois c’est sûr, l’espérance de vie recule en France. Et en plus il pleut des cordes depuis trois semaines. Vivement février !

lemonde-cover

Des cartes inutiles mais jolies quand même

Si on veut se repérer, un bon vieux googlemaps fait très bien l’affaire. On peut zoomer, prendre de la hauteur ou rester au ras du bitume, on sait où on est et où on va : c’est écrit sur la carte. Par contre, si la carte ressemble à ça… :

cartes

… on peut reconnaître l’île d’Oléron à gauche, Bordeaux au centre et le bassin d’Arcachon à droite. Mais pour se repérer, c’est une autre paire de manches. Quant à aller d’un point précis à un autre tout aussi précis, c’est mission impossible. Mais les images sont jolies. Elles viennent du site maps.stamen, qui transforme les bonnes vieilles cartes google en charmants dessins façon aquarelle. Ça ne sert à rien, c’est donc rigoureusement indispensable.

Collection # 332

Mouettes bordelaises
Janvier 2016

mouettes

Ne pas confondre grèbe et fuligule

P1540872Vu de loin, dans l’enthousiasme d’observer un volatile plonger façon grèbe, j’ai cru que c’en était un, de grèbe (à lire ici). Et j’avais beau chercher, torturer le web en tout sens (ceci expliquant un formidable retard dans la correction de la prose adolescente), aucun grèbe noir et blanc avec petite couette ne jaillissait à l’écran.
Et pour cause, l’oiseau vu sur le lac du Flumet était, comme son camarade à tête orange, un fuiligule. Il s’agit en l’occurrence du fuligule morillon, capable de plonger jusqu’à 7 mètres pour trouver sa nourriture.
Ce petit canard se régale de moules d’eau douce (me laissant donc les vraies, celles de mer et de bouchot, preuve que la nature est bien faite), de petits crustacés, voire de graines ou même de pain offert par les humains.
A la fin de l’hiver, le mâle se cherche une donzelle pour assurer sa descendance , et hop là boum ! c’est parti pour la saison peace and love, mais pas sur l’air « amour d’un jour amour toujours », ce fuligule-là change de partenaire chaque année.

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Source : oiseaux.net

Photos : lac du Flumet (Isère), décembre 2015

Ne pas confondre plastique et pézize

P1550029Il arrive que, dans les jardins publics comme dans les bois, des humains peu soucieux de leurs semblables jettent négligemment quelques déchets. J’ai cru ainsi, hier matin dans la pénombre d’un sous-bois urbain, qu’un de mes contemporains avait laissé au sol un bout de plastique rouge, ou qu’un toutou joueur avait craché là un reste de baballe.
Que nenni. Il s’agissait en fait d’un petit champignon qui, comme le plastique, n’a aucun intérêt gustatif : c’est la pézize écarlate. Celle-ci était un tout petit spécimen, mais certains modèles peuvent avoir un chapeau de 5 cm de diamètre. Ce petit champignon flashy pousse sur le bois pourrissant en hiver et au printemps. Sa cousine, la pézize orangée, est réputée comestible et aurait même, dit-on, un goût agréable.

Sources : mycorance et isaisons

Photo : Bordeaux, 8/1/2016

Un fuligule sur le Flumet

P1540874Le fuligule milouin est un petit canard peu bavard, dont j’avais déjà parlé il y a quelques temps (piqûre de rappel). Ce charmant plongeur à tête orange est un oiseau assez fréquent en cette saison : 60 000 d’entre eux choisissent chaque année la France pour hiverner.
Cet oiseau aime les eaux calmes, dans lesquelles il peut plonger pour rechercher sa nourriture. Il a même un goût prononcé pour les réservoirs artificiels et les lacs de barrages. Et là, à cheval sur les communes d’Allevard et de St-Pierre-d’Allevard (département de l’Isère), il est servi : un étang tout calme, pas trop grand (à peine 80 ha) mais suffisamment quand même, avec petites herbes de genre roseaux sur les côtés.
L’oiseau nage donc tranquillement sur le bassin du Flumet, un étang creusé pour les besoins d’EDF, étape intermédiaire entre un bassin en amont et un autre en aval, qui a été mis en eau en 1978, noyant au passage toute une zone humide et un tronçon de voie ferrée.

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Photos : décembre 2015

Sources : oiseaux.net pour le fuligule milouin, wikipédia pour le lac du Flumet

Collection # 331

Ciel de janvier en fin de journée
Ile d’Oléron, 01/01/2016

ciel

2016

bonne année