Astérix et le diamant

En 1965, paraissent deux albums du petit guerrier gaulois : Le tour de Gaule et Astérix et Cléopâtre. Rien à voir avec un quelconque diamant. Ni même d’ailleurs avec un quelconque guerrier : l’Asterix dont il est aujourd’hui question est un satellite de 42 kg, en forme de tonneau, catapulté dans l’espace il y a pile cinquante ans aujourd’hui par une fusée Diamant.
Cette aventure est le résultat de la volonté de Charles de Gaulle de faire de la France une puissance comparable aux deux Grands de l’époque, lui permettant du même coup de s’affranchir de la tutelle étatsunienne (la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN l’année suivante). Les ingénieurs du CNES, créé en 1962, parviennent donc à mettre au point le lanceur (Diamant) et le lancé (Astérix). La France devient, en ce 26 novembre 1965, la troisième puissance spatiale après l’URSS et les Etats-Unis.
Ne rêvons pas : la motivation du grand Charles n’était pas scientifique. Pas question d’aller voir s’il y avait de l’eau sur Mars ou de la luzerne sur Pluton. Par contre, être capable d’envoyer un engin nucléaire (la bombe made in France est mise au point en 1960) bien bien loin, éventuellement sur la tête des Soviétiques s’ils devenaient trop entreprenants, ça, c’était un objectif sérieux.
timbresLa fusée est donc lancée depuis la base d’Hammaguir en Algérie. C’est un engin de 19 mètres de haut pesant 19 tonnes : un bébé comparé à Ariane V et ses 55 mètres pour 750 tonnes. L’opération est une réussite, même si les antennes d’Astérix ont été arrachées lors de sa mise en orbite, l’empêchant d’émettre le bip-bip tant attendu. Onze autres fusées Diamant seront lancées, dont huit depuis la base de Kourou qui lance aujourd’hui Ariane.

Source : Sciences&Avenir

Illustration : timbres émis en décembre 1965

Le village de Bages

Sur la commune de Pauillac, dans le Médoc, il y avait autrefois un hameau viticole du nom de Bages. Au milieu des années 2000, le nouveau propriétaire de château Lynch-Bages se lance dans la restauration dudit hameau. C’est tout beau tout propre, avec un petit air « années 50 » et de jolis commerces. Un endroit reposant en ces temps agités, même si le côté artificiel façon décor pour film de Jean-Pierre Jeunet (période « Amélie Poulain »)  est un peu trop marqué.

Un titre ? mais quel titre ?

Il faudrait donner un titre à cette note, mais lequel ? pas envie des jeux de mots à deux balles, c’est pas le moment. Pas envie des slogans à la mords-moi le ouin-ouin : non je ne prierais pas pour Paris. Du bondieu, pour quoi faire ? je ne vais pas subitement tomber dans cette mare-là. Et puis les terroristes revendiquent leurs actes au nom dudit bondieu, alors non.
Je suis sincèrement et profondément solidaires de tous les gens qui, hier, à Paris ont vécu l’horreur. Solidaire, pas en prière. Et puis un peu égoïste aussi : quand j’ai appris la nouvelle, sur Inter sur le coup de six heures, j’ai mentalement compté mes Parisiens personnels, membres de la famille ou amis. Oui c’est à eux, à ceux qui me sont personnellement très chers, que j’ai pensé en premier, sachant les uns en sécurité en province (c’est le week-end), nettement plus inquiète pour les autres.
Pour une fois, et c’est bien rare, je remercie Facebook qui a mis en place un petit zigouigoui tout bête permettant aux personnes concernées d’indiquer qu’elles sont en sécurité. Et j’avoue être désormais rassurée : a priori, mes Parisiens personnels vont bien. Cela n’empêche pas de penser à tous les autres. Solidaire, vous dis-je.
Cela n’empêche pas non plus de penser à la suite, à la pétasse blonde qui va surfer sur la vague pour stigmatiser les musulmans et réclamer encore plus de barrières aux frontières. De penser à la haine qui va à nouveau déferler une fois l’émotion passée. Et même, et c’est plus terre à terre, à mes loupiots lundi qui réclameront à corps et à cri « madaaaaame, on fait un débat ? », comme si on pouvait débattre à chaud sur des attentats. Je pense à la loupiote qui me dira que ce ne sont pas des attentats (elle m’a fait le coup quand on a évoqué Charlie Hebdo), à son camarade qui exigera un cours en trois parties et neuf sous-parties sur la portée de l’état d’urgence, aux semi-caïds du fond de la classe qui prononceront le mot « complot » tous les dix secondes en s’échangeant des regards en douce.
Pour ce week-end, j’avais envisagé d’alimenter ce blogounet par une petite note nature, tranquille, très en dehors des grands problèmes du monde. Cette note restera au placard, ce serait indécent de faire du bisounours.
Chers amis de Paris, je vous embrasse. Faites attention à vous.

Le petit livre rouge des champignons

1C’est un petit bouquin facile à emporter dans le sac à dos, léger et aisé à manipuler même dans la forêt, quand vraiment on veut être bien bien sûr que ce qu’on a sous le nez est bien un jeune rosé et non une vilaine phalloïde, la première amanite que les cueilleurs sont priés d’apprendre à reconnaître. Et cet ouvrage s’y emploie efficacement.
Ce manuel, intelligemment illustré (en clair : on reconnait vraiment les champignons) se focalise sur les principaux champignons que l’on peut trouver sur l’île d’Oléron, en les classant par saison. L’ouvrage débute par des généralités bien utiles sur la biologie des champignons, même si le vocabulaire peut sembler un peu ardu pour les non initiés.
Les descriptions sont claires et précises, rédigées par de vrais cueilleurs de champignons (Guy Dupuy et Jacques Guinberteau, ce dernier étant en outre mycologue à l’INRA), et il y a même une carte localisant vaguement les secteurs de l’île où pousse chaque espèce (n’attendez pas un positionnement GPS : les coins à champignons, c’est comme l’âge de la dame, ça ne se dit pas).
Un seul bémol : ce petit livre rouge s’arrache comme des petits pains, et il n’en restait plus qu’un seul exemplaire au week-end dernier à la librairie des Pertuis, à St-Pierre.

Guy DUPUY et Jacques GUINBERTEAU, Champignons de l’île d’Oléron, au fil des saisons, Communauté de communes de l’île d’Oléron, 2015