C’était dans le journal … le 31 juillet 1915

Quand on connait l’actuelle ligne éditoriale du Figaro, on ne peut que se réjouir en se souvenant qu’il y a un siècle, en ce samedi 31 juillet 1915, ce même quotidien titrait en une « L’héroïsme ouvrier ».
Le journal relate la conscience professionnelle d’ouvrières qui se sont rendues à l’usine à l’heure, malgré le bombardement en cours. L’une d’elle fut tuée, deux furent blessées et aidées par trois de leurs camarades, les 156 autres reprirent leur travail en temps en en heure. D’où cette phrase de Pierre Hamp, qui signe l’article : « L’héroïsme ouvrier mérite que devant lui la France s’incline, comme devant l’héroïsme militaire ». Rappelons que Pierre Hamp rédigea plusieurs articles pour L’Humanité avant la guerre. Tout s’explique.

Le Figaro (Paris. 1854)
Le Figaro (Paris. 1854)
Source: gallica.bnf.fr

Carte postale [10]

grèce

Région du Péloponnèse, avril 2006

Collection # 308

Jeunes grenouilles

grenouilles

Un cloître en désordre

L’histoire se déroule dans le département des Hautes-Pyrénées et commence au XVIe siècle, au beau milieu des guerres de religion : l’abbaye des Carmes de Trie-sur-Baïse est ruinée et de nombreux chapiteaux de son cloître se retrouvent dans un monastère de St-Sever-de-Rustan, minuscule village de la région comptant à peine plus de 150 habitants aujourd’hui.
À la fin du XIXe siècle, l’abbaye de St-Sever-de-Rustan n’est plus en mesure d’entretenir la totalité de ses bâtiments : le cloître est mis en vente et il est prévu qu’il soit démonté pour prendre la direction des Etats-Unis, avec donc les chapiteaux de Trie-sur-Baïse. Au final, c’est la ville de Tarbes qui achète le cloître, et l’installe dans le Jardin Massey, sans en respecter le plan d’origine.

Photos : Tarbes, juillet 2015

Carte postale [9]

tolède

Tolède, mars 1998

Chats dans la crise

Grèce / AthènesDans un premier temps, je n’ai pas trouvé les chats plus malheureux que ça, à Athènes. C’est une ville féline, il y a toujours eu des chats, certains avec maisons et papouilles quotidiennes, pour d’autres c’est plus aléatoire, mais dans beaucoup de rues des gamelles sont discrètement déposées à destination des chats. Et ce n’est pas nouveau. Les animaux sont inégalement craintifs, mais dans l’ensemble ils ont l’air en bonne santé.
Ça, c’est dans un premier temps. Mais si on creuse un peu, du côté du Pirée notamment, on constate que l’animal errant n’a pas d’autre choix que de raviver les instincts sauvages qui sommeillent en lui. Les minettes pondent du minet à tour de bras : le chaton, à peine sevré, se débrouille seul, miaule en tentant d’escalader un rail d’une voie ferrée abandonnée. Espérance de vie probablement très brève.
Tout cela fait écho à un tout nouvel article de Sciences & Avenir, qui pointe le nombre croissant d’abandons d’animaux, en particulier des chats. L’heureux animal devenu trop onéreux doit se débattre comme un beau diable dans la jungle urbaine. Des bénévoles nourrissent et font stériliser les animaux, mais il ne peuvent que constater leur prolifération.

Grèce / Le PiréePhotos prises à Athènes et au Pirée au avril 2015

Carte postale [8]

NY / Miss Liberty

New York, juillet 2010

Les grenouilles ont une queue

Habituellement, quand tu croises une grenouille, tu vois un animal à quatre pattes et sans queue ressemblant à peu près à ça :

P1520195

Mais les habitudes sont de mauvaises choses dont il faut apprendre à se passer. Il faut sortir des sentiers battus, oser l’originalité. Alors si je te dis que la grenouille a une queue, c’est que c’est vrai et je le prouve, en vraie rebelle de la cause animalière :

P1520207

La très petite bête ci-dessus a 12 semaines. Elle est entre la phase têtard et la phase grenouille proprement dite, cela veut dire que ses branchies sont déjà devenues poumons, qu’elle a bien ses quatre pattes, mais qu’il lui reste cette queue qui témoigne de son statut juvénile encore fort récent.

Photos : département des Hautes-Pyrénées, juillet 2015

Collection # 307

Avions

avions

Le Jardin déjanté

Comme tous les ans lors du Voyage à Nantes, l’écrivain pour enfants Claude Ponti installe son univers imaginaire et topiaire au Jardin des Plantes de Nantes : c’est le Jardin déjanté. On y retrouve des personnages désormais familiers, comme le poussin endormi et le Dormanron, mais aussi quelques nouveautés, comme le Sous-Fleur.

Le Voyage à Nantes : jusqu’au 30 août

Carte postale [7]

CahorsCahors, décembre 2009

Violence sous cloche

P1510930La fleur est grande, très grande, inhabituelle même en zone tempérée, mais les jardins botaniques ont depuis longtemps appris à conserver les plantes tropicales. La famille du datura est une solanacée (comme les tomates, le tabac et les pommes de terre) originaire d’Amérique latine. Les solanacées renferment des alcaloïdes qui ont longtemps été utilisés comme poisons. Le datura, avec ses fleurs en cloches pendantes, fait donc partie de ces réservoirs à poisons : on peut en extraire une drogue d’une rare violence, parfois surnommée « souffle du diable », puisqu’une seule inhalation suffirait à rendre la victime dépendante de son dealer. On la compare d’ailleurs à la drogue du violeur et elle peut provoquer de violentes hallucinations.
Cette substance, la scopolamine, a aussi été utilisée comme sérum de vérité pendant la Deuxième Guerre mondiale et a aujourd’hui sa place en pharmacie : elle permet de combattre certaines douleurs violentes mais aussi le mal des transports.

P1510929

Sources : wikipédia (scopolamine et datura), minutebuzz et Vidal.

Photos du datura : jardin des plantes de Nantes, juillet 2015

Carte postale [6]

oléron

Ile d’Oléron, août 2012

Jouons à « paon perché »

Vous connaissez les règles du « chat perché » ? et bien pour le « paon perché », c’est la même chose, sauf que quand le joueur est touché, on ne dit pas « c’est toi le chat », mais « pan ! t’es paon! ». C’est tout de suite plus direct.
Avant de commencer la partie, le paon chargé de charger les autres afin de les paoner prend quelques forces dans le ruisseau le plus proche :

paon P1510916.jpg

Et top, c’est parti, d’un cri « léon » audible à deux kilomètres à la ronde (seule l’ânesse pensionnaire du même parc peut concurrencer le paon en termes de décibels). Les paons présents ne voulant pas être faits bêtement paon d’un pan vengeur, se perchent du mieux qu’ils peuvent :

paon P1510898.jpg

Mais à « paon perché », il faut monter encore plus haut qu’à « chat perché ». Alors ça vole comme ça peut, pas facile avec une robe de mariée kitsch sur le dos, mais tous les paons sont sauvés :

paon P1510899.jpg

Le paon de départ reste paon, pan c’est bête. Demain peut-être …

Photos prises dans le sublime Jardin Massey, à Tarbes, aujourd’hui même

Le pétard mouillé des complotistes

IMG_0702Revenons légèrement en arrière : il y a trois semaines, je faisais part à l’honorable blogosphère de ma surprise face à une affiche pour le moins bizarre pour ne pas dire stupide tant son appel au coup d’état était d’une naïveté sans borne, comme si l’armée allait rallier d’elle-même une bande d’illuminés pour renverser le gouvernement et toutes les instances élues. Tellement énorme que j’avais cru un canular. Que nenni.
Ce groupe de fadas dit « du 14 juillet » avait bien dans l’idée d’investir l’Elysée et de prendre le pouvoir, avec l’aval des citoyens enthousiastes. Rien que ça. Avant hier, le site web du Monde a levé le voile sur cet attrape-nigaud, et il faut bien admettre que, non seulement c’est idiot, mais en plus ça pue. Les grands inspirateurs des comploteurs portant notamment les doux noms d’Alain Soral ou de Dieudonné.
Hier soir, toujours auprès de la même source, on apprend que 300 naïfs (500 selon les organisateurs) ont tenté le coup de la manif du côté de la gare du Nord et de Beaubourg. Beaucoup ont été interpellés par la police qui, pas plus que l’armée, n’a eu une envie subite de mettre à bas le régime.
Ce n’est pas l’appel à l’insurrection qui est reproché à ces agités, mais le fait que la manifestation n’a pas été déclarée à la préfecture, ce qui la rend de fait illégale. Et oui, c’est la loi, n’en déplaise aux insurgés de pacotille sur qui le soleil a décidément du trop taper ces derniers temps.

Illustration : sticker du fameux « mouvement du 14 juillet », collé sur un horodateur à Bordeaux en juin 2015

Collection # 306

Héron

héron

Carte postale [5]

1

Tombes de Vincent et Théo Van Gogh à Auvers-sur-Oise, juin 1996

Carte postale [4]

vannes

Vannes, février 2009

Le marché des Douves va être rendu aux habitants du quartier

En 1886, une halle de type Baltard est édifiée à deux pas du marché des Capucins, dans le quartier St-Michel à Bordeaux. Pendant un siècle, cette halle joue le rôle pour lequel elle a été construite : un marché (photos). Puis, en 1985, le lieu est abandonné. Pendant un temps cédé à un concessionnaire privé, au grand dam des riverains, le marché est repris par la municipalité, qui en fait un peu tout et n’importe quoi (garage à vélos notamment), mais rien de bien utile pour les habitants du quartier. Pendant ce temps, le bâtiment se dégrade.
Depuis 18 mois, d’importants travaux ont eu lieu et sont aujourd’hui quasiment achevés. Une structure en bois a été installée à l’intérieur de la halle. Dès la fin des travaux, le marché des Douves deviendra la maison des associations réclamée par les habitants du quartier, et pourra même accueillir des concerts.

Photos : juillet 2015
Sources : Ville de Bordeaux et Wikipédia

Des nouvelles du pigeonnier anti-pigeons

IMG_0814Il y a un peu moins d’un an, je narrais ici même l’histoire d’une nouveauté bordelaise, à savoir le pigeonnier anti-pigeons, à vocation contraceptive afin de limiter le nombre de ces volatiles dans la ville sans employer de méthode sanglante.
Retour sur les lieux : les pigeons sont toujours dans la ville mais aussi sur le pigeonnier contraceptif. On peut en conclure qu’ils pondent leurs œufs ailleurs. Ou que, plus simplement, il est difficile pour le badaud lambda d’estimer à l’œil nu et sous le cagnard si la population de pigeons a ou non réellement augmenté et dans quelle proportion.

Collection # 305

Libellule

libellule

Carte postale [3]

pau

Pau, novembre 2012

Tran5fert

Pour sa cinquième année, la manifestation de street art « Transfert » quitte son quartier historique de Bacalan pour l’ancien hôtel de police Castéja, dans le centre de Bordeaux. L’expo dure tout l’été du mercredi au dimanche, son accès est gratuit.
Au premier abord, on peut craindre l’expo de peinture classique, pour ne pas dire planplan : des œuvres accrochées à des murs, dans des salles. Il y a bien de l’art, et même du très bon et du très drôle (notamment des œuvres brodées ou d’autres gravées sur verre), mais pour le côté « street », on reste sur sa faim.
Rapidement, au fil des déambulations, l’ambiance devient plus urbaine, plus vivante : ce sont bien les installations qui font de cet expo un vrai moment de plaisir. On circule entre les espaces, parfois ludiques, parfois très sombres, sans aucune forme d’ennui. Même la signalétique indiquant les lieux d’aisance a été fignolée. Quant à l’ancienne utilisation du lieu — un hôtel de police —, il est clair qu’elle a inspiré plus d’un artiste.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Carte postale [2]

Jouons un peu … en remontant au XXe siècle. J’ai ressorti du placard des photos argentiques, du temps où on ne pouvait pas raisonnablement faire plus de 36 photos le même jour (sauf à vouloir y laisser un SMIC) et où il fallait attendre au moins 48 heures avant de voir le résultat.
Profitons donc de cette deuxième carte postale pour faire un petit jeu. Cette photo date du printemps 1994. Où a-t-elle été prise ?

photoLa réponse : île de Ré

Mais que fait-elle sous l’eau ?

La libellule et les insectes de la même famille vivent près de l’eau. Ils y trouvent pitance et âme sœur. Et puis cela leur rappelle leur jeunesse : à l’état de larve, la libellule est un animal 100% aquatique. Mais une fois sortie de l’enfance, la libellule vit près des ruisseaux sans s’y baigner pour autant.
Donc aujourd’hui, quand j’ai vu une libellule, manifestement adulte, plonger délibérément dans une onde à peu près pure, je suis restée interloquée. Qu’y faisait-elle ? happée par un poisson ? non. Suicide ? peu d’études à ce jour ont semble-t-il été publiées sur le sujet. Trempette pour vaincre la canicule ? il a fait frais aujourd’hui (29°C), ça ne tient pas.
C’est en déambulant sur le web qu’un semblant de réponse, ou du moins une hypothèse, est apparue : l’animal était probablement en train de pondre. Les œufs donneront des larves qui vivront dans l’eau et qui, une fois adultes, n’y retourneront que pour pondre des œufs, qui donneront des larves qui vivront dans l’eau, etc.

P1510685Photo : département des Hautes-Pyrénées, été 2015

Collection # 304

Quand il fait chaud, il faut se rafraichir
Miroir d’eau des quais – Bordeaux – printemps 2015

moineaux