Carte postale [1]

1er épisode d’une petite série d’été, des paysages et monuments d’ici et d’ailleurs, de cette année et des précédentes. A tout seigneur tout honneur : commençons la série par Athènes et son temple de Zeus, que je voyais de ma fenêtre en me levant le matin (et en me penchant un peu) en avril de cette année. Parce-que la Grèce est importante, qu’il ne faut pas la laisser tomber. D’ailleurs, si vous hésitez pour vos vacances, tentez Athènes, les îles, le Péloponnèse ou Thessalonique. Faites-vous plaisir et apportez vos pépettes à ceux qui en ont besoin. Accessoirement, la tambouille est excellente et l’accueil amical.

temple

C’était dans le journal … le 30 juin 1915

Puisque Météo-France semble avoir vu juste en nous annonçant un bon coup de canicule, puisque, conséquence de cette chaleur qui déboule, on nous serine qu’il faut s’hydrater, permettez-moi aujourd’hui de partir d’une publicité présente en dernière page du Petit Journal du 30 juin 1915 afin d’évoquer l’eau … lyophilisée !
Mettre de l’eau du robinet dans de l’eau en poudre, c’est ce que nous vend le docteur Gustin avec ses « lithinés ». Le mélange donne l’illusion d’une vraie eau minérale, pétillante de surcroît.
Un article publié en 2007 dans la Revue d’histoire de la pharmacie permet d’en savoir un peu plus : le docteur Gustin était donc pharmacien et docteur en médecine. En travaillant sur le traitement de certaines maladies comme la goutte, il s’intéresse à la lithine, plus connue sous le nom d’oxyde de lithium. Le carbonate de lithine, une fois dissous dans l’eau, la rend légère et pétillante. On le retrouve naturellement dans certaines eaux du commerce, comme l’eau de Vittel ou la Contrex. Indépendamment des applications pharmaceutiques de la fameuse lithine, le Dr Gustin flaira le bon coup commercial, d’où la publicité ci-dessous :

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On apprend ainsi que cette eau se marie fort bien avec le vin … Faute de goût n’est pas péché mortel, mais tout de même ! il est vrai qu’en ces temps anciens et houleux, nombres de vins tenaient plus de l’infâme breuvage aujourd’hui surnommé piquette, que d’un bon Pessac-Léognan savamment travaillé et conservé. Baptiser le vin était donc monnaie courante.

Arrêtons l’humiliation

Grèce / AthènesCe que les chefaillons de la zone euro font subir à la Grèce est d’abord et avant tout une énorme humiliation. Demander à des gens de faire des efforts alors que ce sont eux, les Grecs, qui font le plus d’heures de travail hebdomadaire en Europe, c’est honteux. Combien sont-ils à cumuler deux ou trois emplois pour juste payer le loyer et la nourriture ? Combien de pauvres ? Les jeunes peuvent espérer tenter leur chance ailleurs, mais les retraités, punis à l’infini puisque leurs pensions fondent comme les glaçons sous la canicule ?
On peut toujours faire la morale. De loin, c’est facile. On peut critiquer, dire que les Grecs sont rétifs à l’impôt, ne se soumettent pas aux règles, que leur pays a triché pour entrer dans la zone euro. Ce n’est certes pas faux. Mais quand quelqu’un se noie, on va d’abord le secourir et ensuite on lui explique qu’il n’aurait pas du plonger alors que le drapeau était rouge. Ensuite seulement, quand ça va mieux, qu’il est remis. Mais là ?
Ce que j’ai vu à Athènes en avril n’avait rien à voir avec un pays de profiteurs, loin de là. Combien de petits vieux prélèvent des pissenlits dans les jardins et les rues pour manger. Simplement manger. C’est de la survie. Combien aussi, parce-que la retraite n’est qu’une aumône ridicule, arpentent les rues pour tenter de vendre des billets de loterie ? Combien se cachent, tout simplement ?
Alors stop à la méchanceté, à la bêtise, à l’imbécile logique du pognon. Laissons les Grecs décider de leur sort dimanche prochain. Annulons la dette : ils s’en porteront mieux et nous, Européens du bon côté de l’histoire, nous n’irons pas plus mal. Nous aurons peut-être juste la conscience un peu plus tranquille.

Photo : Athènes, quartier proche de la mairie, avril 2015

Collection # 303

L’église du village
Bruges (agglomération bordelaise), juin 2015

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Mais qu’est-ce que c’est que ce délire ?

Canular ou vrai programme d’illuminés ? ce matin, en plein centre de Bordeaux (place Paul Doumer en l’occurrence), cette affiche était placardée en plusieurs exemplaires. Je ne sais qu’en penser, ni d’où ça vient ni où ça va :

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Des nouvelles du jardin [2]

Hier, j’avais promis une note sur les herbes qui se mangent et les tomates : chaque chose en son temps, ces plantes seront évoquées en début d’été. En attendant, je reviens sur les aventures de l’abricotier.
Souvenez-vous : le très jeune arbre, tout petit nouveau de la classe, avait vu ses premiers fruits menacés par une merlette ayant bon goût. J’avais donc protégé l’arbre, en l’emballant à la va-vite avec du voile d’hivernage. Le doute me taraudait : et si le voile en question bloquait trop la lumière ? et si les abricots ne s’en remettaient pas ?
Toujours est-il que la merlette resta fort interloquée face à la toile blanche immaculée qui recouvrait le fruit promis, façon robe de mariée qui … oups … pardon…
Ce soir, le voile fut ôté. Les abricots nous tombèrent presque tous dans les mains sans rechigner, sauf trois qui feront le délice de notre merlette : elle l’a bien mérité, elle qui, hier, a tourné en tout sens pour comprendre où étaient passés les abricots.
Au final, nous ne sommes point mécontents de notre toute première récolte. Certes, c’est encore modeste, mais il faut un début à tout.

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Des nouvelles du jardin [1]

jardinPassons sur le chèvrefeuille et la glycine qui poussent très très vite sans aucun soin de notre part (à part quelques parcimonieuses gouttes d’eau au pied du chèvrefeuille quand il fait chaud). Passons aussi sur les roses trémières et les belles du nuit, qui pullulent, et sur la menthe et la sarriette carrément envahissantes.
En cette toute fin de printemps, je préfère m’arrêter sur le petit nouveau : l’abricotier, planté à l’automne, voit ses premiers fruits commencer à mûrir (photo du haut). On distingue bien les fesses rouges naissantes de l’abricot « Roussillon » en formation. La merlette les as bien vues aussi, à tenter de s’en saisir et à provoquer mon ire : de ce juste courroux naquit une protection immédiate dudit abricotier, avec moyens du bord.
Juste en dessous, vous pouvez distinguer deux iris clandestins, qui tentent leur chance dans les belles de nuit. La chose ne sera ni simple ni pour cette année. Dans la famille des plantes clandestines, il y a aussi des jeunes pieds de tomates un peu partout.
Au milieu de la colonne de photos, c’est du céleri branche. De minuscules pousses offertes par un ami. Ça pousse doucement mais sûrement.
Juste en dessous : le laurier rose. En pleine forme malgré son jeune âge, son exposition plein nord et son attaque méthodique de pucerons (élevés par des fourmis, souvenez-vous). Nous avons shooté le tout au bicarbonate de soude, l’élevage semble moins prolifique.
Au final : l’habituel hortensia, qui parfois, par le manque d’eau, a la mine basse. Un seau de flotte et ça repart, les fleurs d’un rose bien pétant redressent le nez.
Dans un prochain épisode, nous évoquerons plus amplement les herbes aromatiques et, bien sûr, mes idoles, mes chouchoutes : les tomates.

Collection # 302

Frelon
Bruges, 15 juin 2015

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Une plante pour débutant

P1510449Au bord des chemins voire sur les trottoirs urbains, il est fréquent de rencontrer cette très fine fleur bleue (parfois rose ou blanche, mais le plus souvent bleue) : la nigelle de Damas.
C’est une fleur sauvage, qui s’épanouit largement sur le bassin méditerranéen et qui se plait aussi dans les autres régions au climat doux, d’où sa présence importante en Aquitaine.
Il y a quelques années, j’ai récupéré, au hasard des déambulations, des graines de cette nigelle et les ai semées à la volée, dans le jardin. Depuis, les fleurs bleues s’épanouissent dès que les beaux jours arrivent, et se resèment toute seules pour l’année suivante : c’est pour cela que le site aujardin.info qualifie cette fleur de plante pour jardinier débutant.
Bien se souvenir néanmoins qu’il s’agit uniquement d’une plante ornementale : d’autres variétés de nigelles présentent des propriétés médicinales, en particulier la nigella sativa, surnommée « cumin noir », réputée bénéfique pour le système digestif. En revanche, la nigelle de Damas est toxique.

Photo prise dans mon jardin il y a quelques jours

Collection # 301

Cimetière antique du Céramique
Athènes, avril 2015

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C’était dans le journal … le 9 juin 1915

Parce-qu’il faut bien nourrir les hommes partis au front, parce-qu’une partie du cheptel a disparu suite à la guerre, parce-que les campagnes sont parfois délaissées (femmes aux champs, mais aussi à l’usine, qui va traire les vaches ?), parce-que des petits malins spéculent sur les prix des denrées alimentaires, parce-que c’est donc la guerre, le prix de la viande a fortement augmenté en France en 1915. À tel point que les élus s’en émeuvent : le 4 juin, le conseil municipal de Reims analyse la situation, et conclut que c’est bien la livraison de viande aux armées qui crée la rareté (et donc le coût élevé) sur les marchés. Trois semaines plus tôt, le ministre de l’Agriculture a même fait adopter par la Chambre des députés un projet de loi visant à autoriser l’importation de viandes surgelées venant du continent américain (d’après Jean-Yves Le Naour).
Capture d’écran 2015-06-09 à 16.54.56Il n’est donc pas étonnant que la presse et les lecteurs de celle-ci s’émeuvent de cette hausse des prix. Dans son numéro du mercredi 9 juin 1915, Le Petit Journal publie la lettre d’un « boucher, retiré des affaires », qui a sa propre analyse du problème. Selon ce monsieur, la faute en revient aux ménagères, du moins à celles « qui ne connaissent qu’une chose, faire vite et ne pas faire la cuisine ». Air connu … Ces dames, plutôt que de mitonner de bons petits plats avec les moyens du bord seraient donc tentées d’acheter des morceaux nobles (donc hors de prix), qui ne nécessitent qu’un peu de cuisson pour être savoureux. Notre boucher vante alors les « morceaux de basse qualité » car « il y en a de bons ». Il conseille aux ménagères de se lancer dans la cuisine du pot-au-feu, qui permet d’avoir une bonne soupe en plus de la viande et des légumes. S’en suit toute une série de prix, montrant de manière plus ou moins habile que si madame se ruine en faisant les courses, c’est de sa faute : « si les ménagères savaient s’arranger, elles y trouveraient de l’économie et vivraient même mieux ». Bref, bobonne est sotte ! … mais pas le boucher du coin : « s’il ne vend pas sa basse boucherie, il est obligé de vendre plus cher les premiers morceaux ».

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Photo de pot-au-feu : wikipédia

La forêt transformée en ferme

Comme tous les étés depuis maintenant au moins six ans, environ 400 chèvres et moutons sont invités à pâturer dans les bois communaux d’Andernos. C’est pour cela qu’hier, en entrant dans la forêt du Coulin, nous avons trouvé que ça sentait la ferme, l’animal laineux, la brebis et la biquette.
Selon les jours, les animaux ne paissent pas aux mêmes endroits. Hier, ovins et caprins étaient invités à se planquer dans le sous-bois, au bord du ruisseau local : le Cirès. Pas facile de les voir, mais qu’importe : les animaux semblaient ravis de leur sort.

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Collection # 300

Acrocorinthe
Péloponnèse, avril 2015

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