Athènes est toujours la même

Loin de moi l’idée d’un titre provocant : je sais bien qu’Athènes, comme toute la Grèce, se prend une crise de plein fouet et plonge dans une désespérance qui semble sans fin. Alors oui, depuis ma précédente visite, il y a neuf ans, Athènes a changé : il y a moins de grosses voitures, plus de personnes qui font la manche. Mais tout cela est dit et reredit dans les médias, je préfère parler ce soir de ce que j’ai retrouvé d’Athènes, pile poil comme en 2006, du goût de l’ouzo à la convivialité locale si appréciable.
Il y a donc toujours, à Athènes, des ballons d’eau chaude sur les toits … :

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… des gardes avec de jolis chaussons à pompons devant le Parlement, à côté de qui les touristes adorent se faire photographier … :

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… après être montés en masse à l’assaut du Parthénon :

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Il y a aussi toujours des tortues qui gambadent dans les sites archéologiques … :

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… des chiens qui dorment un peu partout dans la ville … :

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… des chats familiers qui, pour les moins timides, osent réclamer un petit plus lorsqu’on est attablé au resto :

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Et enfin, dans les ports touristiques de l’Attique, les poulpes sèchent (ou décongèlent) sur des fils :

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Collection # 295

Il y a un an : vacances à Copenhague (2)
Côté campagne

campagne

C’était dans le journal … le 19 avril 1915

Lorsque la guerre se déclenche, à l’été 1914, la Grèce reste neutre. Le roi est persuadé que les forces austro-allemandes vont gagner, forces unies à l’Empire ottoman honni, mais sa majesté est germanophile et un peu têtue. Son premier ministre, Venizélos (qui a donné son nom à l’actuel aéroport d’Athènes), penche plutôt du côté de l’Entente. C’est ainsi, que le 19 avril 1915, on peut lire ceci dans l’Ouest-Eclair :

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Le quotidien régional effectue une très brève revue de la presse hellénique : en gros, l’opinion publique grecque est consciente que la neutralité du pays ne pourra pas durer éternellement, qu’il faudra bien intervenir à un moment ou à un autre. Cette intervention est d’abord indirecte et a lieu en octobre 1915, contre l’avis du roi : Venizélos autorise les troupes alliées à débarquer à Thessalonique. Cela aboutit à un véritable schisme politique, qui coupe la Grèce en trois zones : un secteur dominé par Venizélos au nord, un autre sous la coupe du roi au sud, et une zone neutre au centre. Au final, la monarchie grecque sera renversée et Venizélos est considéré depuis lors que le fondateur de la Grèce moderne.

L’écrevisse de Louisiane

Réserve BrugesL’écrevisse de Louisiane, tout comme la tortue de Floride ou le ragondin, fait partie de ces espèces animales importées d’Amérique pour des raisons variées, qui ont élu domicile en Europe et s’en portent tellement bien que la reproduction bat son plein. Cela ne serait rien si ces animaux n’entraient pas en concurrence avec les espèces locales, menaçant la biodiversité.
L’écrevisse de Louisiane, dont la photo floue d’un spécimen mort illustre cette note, a été introduite en France par des mareyeurs dans les années 1970 : le but était d’avoir toujours de l’écrevisse à vendre, les stocks locaux étant en baisse. L’animal prolifère très vite, se régalant de têtards, œufs de poissons voire poissons eux-mêmes s’ils sont suffisamment petits, et de plantes aquatiques diverses. En 1983, l’importation de l’écrevisse de Louisiane, qui vient en fait du centre des Etats-Unis, est interdite, mais les crustacés déjà présents se reproduisent tant et si bien qu’on les retrouve dans de multiples cours d’eau, notamment en Charente-Maritime (1ère écrevisse vue sur l’île d’Oléron en 2002). Toutes les eaux, même polluées — surtout polluées — lui conviennent. La bête semble indestructible.
Elle a néanmoins des prédateurs : le milan noir et la cigogne s’en régalent voire en abusent. Il parait que la couleur des jeunes cigognes shootées à l’écrevisse de Louisiane en a été modifiée.

Source : Colette GOINERE, « La Gironde noyée sous l’écrevisse », Libération, 11 novembre 2004

Photo : réserve naturelle du marais de Bruges, 12 avril 2015

Le son du batracien en mode peace and love

Le son mais pas l’image. C’est que ça se cache, ces petites bêtes. L’amphibien, bien planqué dans les herbes et les roseaux, se prend pour Roméo au balcon de sa Juliette. Et vu le volume, il y a beaucoup de Roméo. Tendez l’oreille, il n’y a rien à voir … :

Son capturé sur le Bassin d’Arcachon le 12/04/2015