21 mars, jour de chasse

Les ports de l’île d’Oléron fermés par des écluses ont tendance à s’envaser. Lors de certaines grandes marées (coeff supérieur à 90), les portes de l’écluse sont fermées à marée haute. À marée basse, des sortes de volets ou de trappes, au bas des portes d’écluse, sont ouverts : c’est la chasse, selon le même principe que la chasse d’eau de nos toilettes. Une partie de l’eau du bassin s’échappe très vite vers la mer, entraînant avec elle une quantité importante de vase. Ce nettoyage régulier n’empêche néanmoins pas un dragage complet du port une fois par an.

Vidéo : Le Château d’Oléron, 21 mars 2015

C’était dans le journal … le 24 mars 1915

Les journaux publient chaque jour des épisodes de romans. Pendant la guerre, ces œuvres inégalement littéraires, évoquent le conflit, les familles déchirées, l’héroïsme des soldats … Le Petit Journal, qui tirait à plus d’un million d’exemplaires à la veille de la guerre, n’échappe pas à la règle. Le 24 mars, il annonce, sur une demie page, la parution dès le lendemain d’un « grand roman patriotique inédit » signé Paul Bertnay, très connu à l’époque pour ses écrits larmoyants et revanchards. Avec Le Sang de la France, il aborde, selon Le Petit Journal, un « grandiose sujet ». L’illustration elle-même a pour but de susciter la colère contre ces « boches » qui, fusils en joue, visent un prêtre et deux femmes (jeunes filles ?) en larmes. Mais bien sûr le curé et les deux femmes seront sauvés : les soldats français sont là, ils arrivent. Sortez vos mouchoirs, pleurez je le veux.

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Vent de terre, rien de spectaculaire

météoCette marée dite du siècle (jusqu’à la prochaine …) devait nous offrir Ze spectacle, les vagues qui t’arrachent la dune par gros blocs, la houle qui te fait reculer en courant. Rien de cela, et pourtant nous étions nombreux à braver le froid et le crachin vicelard, espérant un radieux soleil pile à l’heure de l’inversion de marée. L’espoir fait vivre, mais nous avons continué à grelotter, attendant la vague énorme, le coeff 119 qui te fait oublier tous les coeff 115 qui ont marqué ta vie maritime. Nous avons donc vécu ce moment, en s’abritant au mieux, et pour tout dire un peu en vain.

parapluie

Il y n’y eut donc aucune vague fracassant la dune, la mer montant finalement moins haut que douze heures plus tôt (coefficient 116 je crois). Tout ça parce-qu’un vilain vent de terre atténua sensiblement le phénomène spectaculaire attendu. Il y eut néanmoins de très belles vagues, comme souvent dans le golfe de Gascogne …

vague

… pour le grand plaisir des surfeurs, qui, eux, ont su assurer le spectacle.

surf

Photos : île d’Oléron, 21 mars 2015

L’effet « grande marée »

Coefficient 119, sur un maximum théorique de 120, ça attire du monde, du badaud, du qui met des bottes et des cirés, du camping-car, du qui gratouille, du qui laboure son hectare de vase. Tout le littoral atlantique a été saisi d’une frénésie de pêche à pied, dès le matin lorsque la mer a à peine commencé à descendre, lorsque palourdes et autres bivalves sont encore très profond dans la vase et peu repérables. Mais ça ne fait rien, hier matin, dans la brume et le froid, ça grattait avec ferveur du côté du Château d’Oléron :

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Les amis, mon homme et moi avons pris notre temps. Tout notre temps. Tu prendras bien un petit verre de blanc avec tes huîtres ? on a le temps, te dis-je. On pratique la pêche ailleurs et lorsque la mer remonte : les coques et palourdes sont presque affleurantes, c’est jackpot à tous les coups. Nous n’avions que les oies pour nous tenir compagnie :

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Pas un baignassout’, pas un accro du caterpillar, pas un fou du râteau, pas un branque de la pelleteuse. Rien que nous et nos petites mimines fouillant dans la vase. L’eau n’était pas si froide. Et quel calme … et quelle gourmandise …

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Un trimaran de course contre les déchets

Jusqu’à demain, au niveau du ponton d’honneur à Bordeaux, se trouve une grosse structure gonflable (on ne voit qu’elle) en forme de goutte d’eau (ça ne saute pas aux yeux) :

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Il s’agit des stands de présentation d’une expédition arrivée à Bordeaux mercredi, qui en partira demain : Race for Water. Le but premier est de sensibiliser le grand public à la question des déchets en mer, d’où l’appel au dessinateur ZEP pour égayer le tout :

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Cette expédition a aussi un but scientifique : à cinq endroits bien précis du globe se forment des vortex de déchets, que l’on appelle aussi parfois des îles ou des continents de déchets. Il s’agit donc d’étudier la formation et la composition la plus exacte possible de ces monstrueux merdiers, en faisant des ronds dans l’eau :

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Afin d’effectuer ces ronds dans l’eau, l’équipage, mené par Steve RAVUSSIN, navigue sur un MOD70, un trimaran ultrarapide de 70 pieds de long, considéré comme totalement révolutionnaire par de nombreux marins, mais aussi comme potentiellement dangereux par d’autres pourtant expérimentés (Loïck PEYRON ou Sidney GAVIGNET) :

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Photos : Bordeaux, 12 mars 2015

Sources : Sud-Ouest, MOD70 et Wikipedia