Pour sauver le diable, enfermons-le

Pendant très très longtemps, je ne connus du diable de Tasmanie que sa figure cartoonesque et vorace, celle d’un grogneur nommé Taz :

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Pour le côté vorace, les dessins animés avaient vu juste : le diable de Tasmanie, un marsupial (comme le kangourou, mais il ne lui ressemble pas du tout) de la taille d’un chien (à qui il ne ressemble pas non plus), peut avaler près de la moitié de son poids à chaque repas. La fantaisie des cartoonistes a fait le reste …
Dans la vraie vie, le diable est donc un gros mangeur. Un très gros mangeur. Sous réserve que sa mâchoire, et accessoirement sa face tout entière, ne soient pas rongées par des tumeurs cancéreuses, qui se développent à la suite de morsures entre diables, et qui l’empêchent de se nourrir. Ce cancer du diable de Tasmanie a failli décimer l’espèce, dont les effectifs avaient chuté de près de 95% dans certains secteurs de cette île australienne, depuis 1996, année d’apparition de la maladie.
La baisse du nombre de diables se poursuit mais moins vite, grâce à l’action de scientifiques qui ont sélectionné des spécimens de diables et les ont élevés en captivité, où ils se sont reproduits. Les jeunes, relâchés parmi les leurs dans la nature, se sont apparemment bien adaptés et ne développent, à ce jour, aucun cancer.

Source :

Caroline TAÏX, « Le diable de Tasmanie sauvé de l’extinction », Le Monde, 3 février 2015 (accès réservé aux abonnés)

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