J’apprends la chose en feuilletant le Télérama de cette semaine : des châteaux bordelais se lancent dans le bio, plein de châteaux, c’est tout beau tout ce bio. Certes, sur le strict plan du vocabulaire, l’article ne trie que modérément le bon grain de l’ivraie, négligeant de faire le distingo entre bio et biodynamie, … passons …

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Donc Palmer, ce vignoble prestigieux de la commune de Margaux, dans le Médoc, l’archi bien noté chez l’insupportable Parker, l’autrefois plus soucieux de se la péter grave que de la bonne santé de sa grave, le sol caillouteux miraculeux dans lequel pousse la vigne, Palmer, disais-je, ne trouve plus scandaleux qu’il reste des herbes entre les pieds de vigne.
Et ça, c’est une vraie révolution. Enfin, les maîtres du lieu ont compris qu’un sol tout nu était trop vulnérable face aux intempéries, que la pluie, la bonne pluie d’orage sans laquelle l’Aquitaine n’aurait pas un tel charme, cette grosse flotte ravine, dégouline, entraîne tout sur son passage.
Cette mutation vers le bio résulte d’une prise de conscience quant à la nocivité des « saloperies, pesticides, fongicides » et s’appuie sur un vrai travail scientifique, notamment sur la composition des sols, ce qui devrait être le b-a-ba de toute production agricole. A partir de cartes pédologiques (la pédologie, jeune Padawan, est la science des sols), de photos aériennes, de cartes de l’alimentation en eau, etc, les exploitants du domaine ont pu choisir quelle herbe serait la plus adaptée à chaque parcelle.
L’affaire ne fut point facile à mener : pas simple d’imposer un changement des pratiques aux actionnaires qui craignent pour leurs pépettes. Le passage au bio a néanmoins pu se faire en 2010, et il était même déjà en marche en 2009 lorsque j’ai visité le domaine, or je n’ai aucun souvenir que la personne qui nous a reçus y ait fait allusion (la dégustation a lieu après la visite, n’accuse point mon alcoolémie, camarade).
Et voilà donc un prestigieux château qui peut montrer l’exemple aux autres, à ceux qui hésitent, un château où les oiseaux sont revenus et où la terre sent bon.

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Source : Télérama n° 3374, 10 septembre 2014

Photos : Château Palmer à Margaux, juillet 2009

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