Un été en 19 photos

Un été assez classique, avec des fêtes, des amis, la famille, de la bonne humeur, et la mer bien sûr. Mais pas que.
Un été qui a commencé mi-juillet sur l’île d’Oléron, avec pêche à la palourde. Puis il y eut le Voyage à Nantes, son piaf qui pionce, un peu de street art et notre pote l’éléphant. Bien sûr la plage de Damgan, avec sa méduse façon goutte d’eau et un orage pour finir, ça fait du bien quand il fait si chaud. Puis Nantes à nouveau, et ces types qui avaient mis dans l’Erdre leurs bouteilles à rafraichir, à deux pas de la ferme de l’école vétérinaire.
Bordeaux aussi, au milieu, entrelardant largement les virées provinciales, avec un coucou rituel au camarade Bélem. Andernos et Arès, forcément, pour voir des champignons façon fraises tagada écrasées, et l’envol des cygnes.
Toujours sur Bordeaux, la réserve du Marais de Bruges, avec son sanglier (trop rapide pour la photo), sa cigogne et surtout la toilette du martin-pêcheur. Mais aussi, à Bordeaux donc, la laideur des nouvelles constructions de Bacalan et la promesse d’un avenir encore pire.
Au final, l’incontournable et sublime cloître de Moissac, une virée sur le Causse Noir et sous la pluie, des jeunes truites qui nagent dans la Sorgue, quelque part en Provence.
Retour sur Bordeaux, une tortue étale ses grosses pattes au soleil. Demain soir, c’est week-end.

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Collection # 260

Chapiteaux romans
Moissac (Tarn-et-Garonne), août 2014

chapiteaux

Le pont-canal de Moissac

carte screenshot_02.jpgLe canal latéral à la Garonne, qui relie Castets-en-Dorthe (sud de la Gironde) à Toulouse, franchit à sept reprises les cours d’eau en empruntant des ponts : les ponts-canal (ou ponts-canaux, on trouve les deux orthographes). Le plus grand de ces ponts-canal est celui d’Agen. Il y en aussi un sur la Baïse, et puis celui qui nous intéresse aujourd’hui, sur le Tarn, à Moissac.
Moissac est une petite ville du Tarn-et-Garonne dans laquelle circulent deux voies d’eau : le canal en centre-ville … :

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… et le Tarn qui la longe, bien large car tout près de sa confluence avec la Garonne :

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Dès que l’on quitte légèrement le centre-ville, le canal devient un cours d’eau ombragé par les platanes, tranquille, aujourd’hui uniquement utilisé par le tourisme fluvial :

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Au moment de franchir le large Tarn, le canal emprunte un pont de briques datant du milieu du XIXe siècle, long de 356 mètres. Le canal est alors profond de 2,7 mètres :

moissac P1460542.JPGDe part et d’autre du canal proprement dit existe un ancien chemin de halage, aujourd’hui prisé des cyclistes :

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C’est un pont robuste, très costaud même : lors de la monstrueuse crue de 1930, il a résisté à la poussée des eaux, alors que son voisin le pont de chemin de fer a cédé, coupant pour longtemps la ligne Bordeaux-Toulouse. Le pont-canal a alors été temporairement vidangé, des rails ont été installés, et les trains ont emprunté cette voie jusqu’à ce que le pont ferroviaire soit remis d’aplomb.

à cliquer :

photos : Moissac, 21 août 2014

carte : GoogleEarth

Le buisson âcre

cadeEtymologiquement, le mot « genévrier » signifie « buisson âcre ». On le nomme aussi, du moins en terre de langue d’oc, « cade ». Ce cade est très présent dans le sud du département de l’Aveyron, notamment sur le Causse Noir, et il a même donné son nom à une ferme, aujourd’hui retirée de ses activités traditionnelles, et à une forêt domaniale située sur la commune de Millau.
Le genévrier est un arbuste piquant méditerranéen, particulièrement vivace et résistant. Il aime les sols pauvres, d’où sa présence sur un causse. Il ne craint pas le froid et peut vivre jusqu’à 200 ans.
Ses baies, les fameuses baies de genièvre, sont utilisées en cuisine et entrent dans la fabrication de certaines boissons d’hommes (mais sans pomme dedans, et personne n’est devenu aveugle, pas même Lulu la Nantaise), notamment le gin et l’aquavit. Son bois n’est pas de grande qualité, mais il a pu, autrefois, permettre la fabrication de manches d’outils. Quant à l’huile de cade, c’est un antiseptique qui entre aussi dans la composition de certains cosmétiques, dont le bon vieux savon Cadum qui lui doit son nom. Cette huile de cade est utilisée en agriculture, en particulier pour repousser les mouches et les taons des troupeaux, comme fongicide chez les moutons ou les chiens, et dans la lutte contre les pucerons sur les plantes.

à cliquer :

photo :

  • forêt du Cade, Millau, 22 août 2014

Collection # 259

Cygnes sur l’estran
Bassin d’Arcachon, 16 août 2014

cygnes

Que fait le martin-pêcheur quand il ne martin-pêche pas ?

Le job essentiel de cette flèche bleue est de pêcher de petits poissons dans l’eau transparente (sinon, il ne les voit pas et ne sait où piquer du bec pour choper la proie). En dehors de cela, le martin-pêcheur peut se chercher une martine, avec qui il fera un nid, ou plutôt un terrier à même le sol, afin d’y accueillir la couvée, qui quittera le home sweet home à l’âge d’un mois à peine. Mais il peut aussi prendre soin de son corps, comme le prouve cette vidéo muette, capturée hier bien à l’abri derrière la vitre d’un des observatoires de la Réserve naturelle du marais de Bruges :

Ce bon vieux Bélem

Bon parce-que je l’aime bien, ce « fameux trois mâts ». Vieux parce-que 118 ans, ce n’est pas donné à tous les rafiots. Il a l’air d’aller bien, notre Bélem, qui nous rend visite au-moins une fois par an. Au ponton d’honneur de Bordeaux jusqu’à lundi matin, profitez-en !

Photos réalisées le 15 août, après la dernière averse de la journée (ou avant-dernière, je ne sais plus)

R2D2, passe-moi le sel !

screenshot_01Les androïdes de Star Wars, dont le rigolard R2D2 aux couinements si expressifs, ne sont plus du tout du domaine de la science fiction. Dimanche dernier, L’Huma signalait ainsi le remplacement d’ouvriers par des robots chez Foxconn, en Chine. Le robot revient moins cher, ne réclame pas de pause pipi, et ne se met pas davantage en grève.
Restons en Chine, où des robots, nous apprend aujourd’hui Le Monde, remplacent désormais le personnel d’un restaurant. Ce sont des androïdes qui font la cuisine, des maousses costauds à qui tu n’as pas intérêt à dire que la tambouille n’est pas bonne : les ampoules rouges qui clignotent à la place des yeux, ça fait peur. Les androïdes qui accueillent les clients et qui servent en salle sont, sinon plus sexy, du moins bien élevés. Il y a quand même quelques humains dans le lot, chargés de la préparation des plats sophistiqués. Allez savoir pourquoi, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce vieux film, L’Aile ou la cuisse, avec De Funès et Coluche …

Collection # 258

Cagouilles
Bruges (Gironde), 9 août 2014

cagouilles

Un pigeonnier anti-pigeons

Nous voilà avec un pigeonnier municipal, qui porte un nom occitan, ça fait joli. A l’entrée de la plaine des sports St-Michel, sur les bords de la Garonne, ledit pigeonnier remporte a priori un certain succès auprès des oiseaux concernés.
C’est un pigeonnier expérimental et contraceptif, nous apprend Sud-Ouest, installé là depuis juin. Le but est de limiter la natalité des pigeons, et donc le volume de cacas sur les pavés, les bâtiments voire les têtes des passants. La contraception est réalisée à la main, par des agents municipaux chargés de secouer les œufs façon cocktail. Expérimental, on vous dit !

pigeonnier

Tenue de camouflage pour composteur

La boite à compost, c’est tip-top. D’abord, ça te permet de réduire de manière importante le volume de tes déchets, puisque tout ce qui est végétal (ainsi que coquilles d’œufs et marc de café) finit in the box et non plus dans la poubelle. Ensuite parce-que, les petits vers faisant bien leur boulot, tu récupères une terre bien riche bien bonne pour tes plantes. Les tomates vont bien, merci. Les poivrons, piments et herbes aromatiques aussi.
Mais parfois, on peut se dire que la boite, cette brave caisse en bois, n’est pas bien jolie. Et c’est là que le hasard fait bien les choses : parmi les déchets du jardinage délicatement versés dans la boite, il y avait des graines de belles de nuit, qui ont germé, poussé puis fleuri entre les lattes de bois :

camouflage

Vite fait bien fait : spaghetti au basilic

Il n’est pas forcément indispensable de passer des heures en cuisine pour réaliser un petit plat sympa, la preuve en spaghetti. Voici donc une petite recette simplissime et rapide pour se régaler un soir après une journée un peu compliquée (ou pas mal de route au mois d’août, ce qui revient au même).

Ingrédients :

Des spaghetti, bien sûr
Du basilic frais (jardin, balcon, marché, amap, comme tu veux, mais frais) en assez grande quantité
Un morceau de vrai parmesan (pas de l’insipide savonnette appelée « gran padano ») ; ce que tu n’utilises pas se conserve très bien au frigo
Un petit morceau de beurre (petit, j’ai dit, faut pas que ça baigne dans le gras)
Du poivre du moulin

ingrédients

Mise en œuvre :

Tu commences par rincer le basilic et par le faire sécher entre deux feuilles de sopalin
Tu lances la cuisson des spaghetti comme tu en as l’habitude
Tu découpe ton basilic comme te l’as appris ta grand-mère : avec des ciseaux dans un verre
Tu réalises des lamelles de parmesan avec un épluche-légume de type « économe »
Arrivé à cette étape, les spaghetti sont cuits ; tu les égouttes sans insister lourdement
Dans la casserole dans laquelle tu as cuit les pâtes, tu fais fondre doucement le petit morceau de beurre
Tu mets les spaghetti dans la casserole et tu touilles pour que le beurre se mélange
Tu ajoutes le basilic ciselé, toujours sur feu doux : ça doit rester chaud sans recuire
Tu poivres selon tes goûts
Tu sers dans les assiettes et tu parsèmes généreusement de lamelles de parmesan
Tu manges aussitôt, avec un petit verre de rosé si c’est l’été

c'est fini !

La Tour Eiffel est trop petite

eiffelP1330983.jpgHier, le site web de Courrier International a mis en ligne un article russe datant d’août 2013 (accès malheureusement réservé aux abonnés) intitulé « Le Syndrome de Paris ». Ce titre fait allusion a une pathologie particulière qui touche spécialement les touristes japonais à Paris et qui a même sa page wikipedia, c’est dire à quel point c’est du sérieux. En gros, nos amis nippons fantasmeraient sur un Paris façon Amélie Poulain et seraient fort déçus devant la triste réalité. Six d’entre eux, malades de chez malade en raison de cette différence entre le désir et la réalité, ont même dû être rapatriés d’urgence au Japon pendant l’été 2011 (à lire dans Slate).
Les touristes russes, manifestement endurcis aux dures réalités du monde, ne défaillent point et ne finissent pas aux urgences, mais leur déception semble tout aussi grande. Que reprochent-ils donc à Paris ?
Tout d’abord, la ville ne correspond pas aux descriptions lues ou vues, et surtout imaginées. On peut ainsi lire, dans l’article de Courrier International, que « la Tour Eiffel n’est pas si haute » et qu’il est difficile de la voir, sauf à devoir marcher à pied. Et oui, pour visiter une ville, il vaut mieux des bonnes chaussures. Et du coup, la voili la voilou, notre Touréfel (photo ci-dessus, prise en décembre 2012).
Et puis il y a les embouteillages, « les automobilistes conduisent Dieu sait comment », « l’air est irrespirable ».
Mais surtout ce sont les gens qui gênent les touristes russes. L’auteure de l’article n’est d’ailleurs pas à une contradiction près : elle décrit les Parisiens comme des gens odieux, « des parvenus et des goujats », tout en précisant juste après qu’on ne rencontre pas de Parisiens à Paris puisqu’on n’y trouve que des touristes. Admettons. Plus gênant est le sentiment raciste pur et dur, bête comme du Poutine plaqué or, qui anime ces touristes (j’ose espérer que cette description à la louche est faite avec de trop gros sabots pour être totalement vraie) : il y aurait à Paris trop de Noirs et d’Arabes, ce qui gâcherait les vacances du citoyen de la blanche Russie. No comment.

C’était dans le journal … le 6 août 1914

La guerre est là et bien là, depuis moins d’une semaine, et bien sûr les journaux ne parlent que de cela. L’Ouest-Eclair fait sa une sur l’entrée en guerre de l’Angleterre :

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2Dès la page 2 de ce même quotidien, les préoccupations quotidiennes apparaissent : comment se procurer du pain maintenant que les boulangers sont partis au front ? Comme il se doit en temps de guerre, les populations doivent être vite rassurées : pas de problème dans les campagne, où vivent la plupart des Français. Là, les fours privés, communautaires ou pas, existent ; tout le monde sait faire du pain. Le problème se pose en ville, et encore … Certains boulangers mobilisés ont obtenu, du moins à Rennes, un sursis pouvant aller jusqu’à 60 jours. Deux mois. Ça nous mène début octobre, autant dire que la guerre sera terminée !
3Au passage, suivant cette bonne vieille technique qui veut qu’en temps de guerre on maintienne le moral des troupes et de l’arrière en montrant l’ennemi affaibli, sur la même page on peut lire que l’Allemagne et l’Autriche souffrent déjà de disette en raison de la hausse brutale et importante des prix alimentaires.

Collection # 257

Au ras de la vase, au ras de l’eau
Plage de Damgan à 10 heures du mat’, juillet 2014

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Des prisonniers dans « un site charmant et sain »

La Croix-Rouge a mis en ligne ses archives concernant les prisonniers de guerre de 14-18. Le site web propose ainsi de découvrir les camps de prisonniers à travers trois rubriques : des cartes postales, des descriptions de camps et des témoignages.
Par intérêt personnel, je me suis arrêtée sur le camp de Boyardville (curieusement orthographié « Bayardville »), sur l’île d’Oléron, qui a essentiellement accueilli des officiers, ce dont témoigne la carte postale ci-dessous :

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Selon le rapport d’un lieutenant-colonel ayant visité les dépôts de prisonniers de guerre allemands dans la région en avril 1915, il en ressort que le camp de Boyardville était « un site charmant et sain ». Les 74 détenus, dont 61 officiers, étaient logés par groupes de deux à quatre dans des petites maisons au bord de la mer ou en ville. Ils pouvaient préparer leurs repas eux-mêmes ou se sustenter dans deux restaurants. Ils ont le droit d’écrire à leur famille (deux lettres et quatre cartes par mois), peuvent pratiquer des activités culturelles, en particulier la musique, ainsi que le jardinage, et ont la possibilité de se balader dans un rayon de trois à quatre km2. Toujours selon le même rapport, ces hommes sont en bonne santé.

Aurélie serait-elle albinos ?

méduse Damgan.JPGL’aurélie, ou aurelia aurita en langage sérieux, est une méduse on ne peut plus commune, souvent légèrement rosâtre ou bleutée. Comme ses copines méduses, elle tétanise ses proies par simple contact avec ses tentacules, contact malchanceux (ni l’aurélie ni ses copines ne font exprès) qui gratouille l’humain, voire pire pour les espèces plus dangereuses, par chance absentes des plages du Morbihan.
En errant sur l’estran, je suis tombée sur une méduse de couleur « goutte d’eau », complètement transparente. S’agit-il d’une espèce à part ? d’une anomalie génétique d’une aurélie lambda ? j’ai envoyé le signalement de la bête à « Opération Méduses », on verra bien …

Photo : Damgan, juillet 2014

C’était dans le journal … le 1er août 1914

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