Une ville « qui dépasse toute les autres »

Située sur la rive sud du lac Erié, la ville de Cleveland connait aujourd’hui un déclin démographique marqué (sa population a été divisée par deux depuis les années 1950), accéléré par la crise des subprimes de 2008, qui a contraint une partie de sa population a abandonné leurs maisons. Mais dans la première moitié du XXe siècle, Cleveland était au contraire en plein essor, c’était même, selon le géographe Albert DEMANGEON, « une ville qui dépass[ait] toutes les autres par la grandeur de ses dimensions et l’intensité de son travail ».
En 1927, au moment où l’article de DEMANGEON est publié, la ville compte près de 900 000 habitants, chiffre qui sera atteint trois ans plus tard. C’est alors une ville industrielle et commerciale de première importance.
L’essor de la ville a été facilité par sa situation géographique, dès lors que le lac Erié a été relié aux autres Grands Lacs, et donc au Saint-Laurent et à l’Atlantique par des canaux réalisés au début du XIXe siècle. Cela permit donc à la ville de développer un port d’où partaient des produits agricoles, en particulier des céréales, puis des produits miniers, notamment du fer, à partir des années 1850. Ce port fut installé à l’embouchure de la rivière Cuyahoga qui traverse la ville, et, afin de faciliter les accès, cette embouchure fut canalisée en 1833. Le canal existe bien sûr toujours aujourd’hui.

La ville de Cleveland a ainsi bâti sa prospérité sur son trafic portuaire : les importations ont doublé entre 1900 et 1922, tandis que, dans le même temps, les exportations étaient presque multipliées par cinq. L’essentiel des importations était constitué de minerai de fer, alimentant les hauts-fourneaux de la ville, et offrant des emplois à une population en constante augmentation : c’est donc bien grâce au commerce que la ville s’est industrialisée. La métallurgie devint l’activité principale de la ville au début du XXe siècle : on dénombre 12 hauts fourneaux au début des années 1920, mais un ralentissement de cet activité est déjà palpable, DEMANGEON signalant que des hauts-fourneaux sont à l’arrêt. Néanmoins, plus de 32 000 ouvriers sont employés dans la métallurgie, notamment dans la fabrication d’écrous et de boulons.
L’industrie automobile s’y implante aussi à la toute fin du XIXe s.iècle, sans toutefois avoir l’importance qu’elle a à Détroit à la même période. La construction navale connait une crise passagère dans les années 1920.
Cela est complété par l’exploitation d’hydrocarbures, mais les puits de pétrole de l’Ohio sont en cours d’épuisement en ce début du XXe siècle. Onze raffineries de pétrole sont néanmoins encore en activité au moment où DEMANGEON rédige son article. Idem pour le gaz, dont les ressources locales ont presque déjà totalement fondues à cette période.
L’activité industrielle est enfin dopée par l’existence d’un marché local important : industrie chimique, industrie textile (la confection de vêtements emploie plus de 9000 personnes), minoteries, abattoirs, etc.
Si la ville a connu une crise grave au tout début des années 1920, elle semble fort bien s’en remettre quelques années plus tard : « ce marasme momentané […] n’a pas touché aux forces vives de la cité, et les courants économiques ont reflué dans le sens de la prospérité », indique DEMANGEON à la fin de son article.

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