En Bolivie, il n’y a pas que les pendules qui tournent à l’envers

Récemment, l’Etat bolivien a annoncé que les pendules tourneraient … dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, afin de s’adapter à l’hémisphère sud, de balancer une bonne fois pour toute le passé colonial et les décennies de domination européenne, que sais-je encore. La chose n’est sans doute pas bien commode, mais est-ce bien grave ? Pour se faire une idée, on peut lire l’article que Courrier International a consacré à cette histoire de pendule.
Si Evo Moralès en était resté là, ce blog serait reparti sur des notes plus légères, d’ailleurs, à ce titre, je viens de laisser un peu d’air marin à l’annexe, en l’occurrence quelques mots sur le premier des Pen Duick.
Mais Evo Moralès ne se contente pas de faire tourner les aiguilles des montres à l’envers, il remonte aussi le temps, et là c’est beaucoup plus grave. Un récent article du Monde fait ainsi état de sa décision d’autoriser le travail des enfants dès l’âge de 10 ans. Pour dire à quel point c’est un retour en arrière, on peut rappeler que le travail des enfants de moins de 12 ans a été interdit en France en 1874 ! Retour en arrière aussi parce-que, avant le vote de cette loi abaissant l’âge légal à 10 ans, aucun enfant bolivien ne pouvait être embauché avant d’avoir atteint ses 14 ans (âge légal dans les pays en développement). Le texte de loi se veut prudent : le marmot ne peut travailler que si cela ne nuit pas à sa scolarité. Comme si, dans un pays pauvre, cela était possible. Combien de familles vont préférer envoyer leurs enfants au boulot (qui rapporte de quoi nourrir son homme, du moins un peu) plutôt qu’à l’école, qui ne nourrit personne ? Ces enfants resteront pauvres et leurs enfants aussi, car seule l’éducation permet de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Ils ne pourront prétendre qu’à des emplois subalternes, sous-payés et précaires, seront les premières victimes du chômage.
A quoi à donc penser Evo Morales, lui qui, jusqu’à présent, donnait l’impression d’être soucieux du développement de son pays ? Ne fait-il que rendre légales des pratiques qui existent déjà, prenant ainsi le problème à l’envers ? Il y a effectivement des enfants qui ont des petits boulots en Bolivie : l’article du Monde en cite quelques exemples, comme celui de cette fillette de 13 ans qui va à l’école le matin et qui vend des bonbons l’après-midi. Beaucoup de familles, enfants compris, approuvent la décision d’Evo Morales, partageant sa vue à court terme (un peu de sous maintenant, tant pis si cela hypothèque l’avenir). Les ONG qui dénoncent cette décision ont donc bien peu de poids.

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