L’attrait de la plage de Damgan

Ce matin, j’ai lâché à l’annexe une photo prise jeudi dernier à marée basse : la plage de Damgan un matin d’été. Cette plage et la station balnéaire au charme encore vieillot qui l’accompagne, se situent dans le sud du département du Morbihan, pas bien loin du Golfe du même nom.
C’est une plage dite « familiale », plutôt calme, sans kékékislapète comme à La Baule pourtant assez proche, sans célébrité comme sur l’île de Ré. Et pourtant, dans des temps plus anciens, la petite commune a accueilli des gens célèbres, des artistes. Parmi eux, il y eut Guillaume Appollinaire, blessé dans la Grande Guerre, et qui vint y prendre du repos pendant l’été 1918. Il a loué une maison au 34 Grande Rue, dans le hameau de Kervoyal. Et c’est là qu’il reçoit une carte postale de son ami Pablo Picasso, qui, lui, avait pris ses quartiers d’été à Biarritz :

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Illustration : RMN

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Collection # 256

LES TOTEMIMIQUES
Voyage à Nantes 2014
Claude Ponti au Jardin des Plantes

totemimiques

Danser jusqu’à en mourir

Dans un article publié hier sur le site du Monde (accès réservé aux abonnés), on apprend que la ville de Strasbourg a connu une « épidémie » très curieuse au début du XVIe siècle, rappelant les différents descriptifs de danses de St-Guy, proches des maladies de type « chorée ».
Le 14 juillet 1518, une femme se met à danser en pleine rue, puis, les jours qui suivent des dizaines de personnes de tout âge la rejoignent et bougent frénétiquement sur les places de la ville, parfois pendant plusieurs jours de suite, sans quasiment s’arrêter, malgré la fatigue et les pieds en sang : une véritable transe. Au plus fort de l’épisode, il y a jusqu’à 15 morts par jour, ce qui sème la panique sans pour autant freiner le phénomène, les danseurs fous étant de plus en plus nombreux.
Les autorités ne savent comment réagir, et décident de « soigner le mal par le mal », en accompagnant les danses par des orchestres. Evidemment sans succès : les danseurs continuent leur sarabande, sont de plus en plus nombreux, les décès se multiplient. Fin juillet, la municipalité fait machine arrière, les musiciens sont priés de remballer leurs instruments.
Cette drôle de maladie n’a pas existé qu’à Strasbourg : les historiens ont recensé une vingtaine de cas dans des régions variées entre le XIIIe et la fin du XVIe siècle. Des variantes ont été décrites à Madagascar en 1863, et, avant cela en Italie, où on aurait attribué la cause de la maladie à une piqûre de l’araignée tarentule (hypothèse non confirmée voire fantaisiste, mais qui a donné le nom « tarentelle » à une danse).
S’agit-il d’une vraie maladie, provoquée éventuellement par l’ergot de seigle, ou d’une scène d’hystérie collective, voire d’une crise mystique ? Nous sommes à une période où la croyance dans les châtiments divins est bien réelle. Strasbourg vient d’être frappée par des épisodes douloureux et mortifères (famines, épidémies) que certains esprits considèrent facilement comme des punitions divines. Le culte de St-Guy, à qui l’on attribue la guérison des maladies par la danse, fait le reste et peut expliquer ce délire.

VAN 2014 [5/5]

CLAUDE PONTI au Jardin des Plantes de Nantes

Comme en 2013, l’imagination débordante de l’auteur pour enfants CLAUDE PONTI redessine une partie du Jardin des Plantes, avec l’aide bien sûr des jardiniers.
Deux types de créations peuvent être repérées : les pots de fleurs et les topiaires. Dans la famille pots de fleurs, nous avons (de gauche à droite sur l’image ci-dessous), « Pot-à-porte », qui orne le dessus du portail de l’entrée principale du jardin, « Bonnebouillanpot » sur une pelouse proche de cette même entrée, et enfin les « Totémimiques », qui seront l’objet de la collection de demain :

pots de fleurs

Les topiaires sont plus spectaculaires, ne serait-ce que par leurs dimensions. Le « Dormanron » est ainsi une sorte d’énorme nounours vert gazon pelotonné façon chat :

Dormanron

Le « Serpicouliflore », façon monstre du Loch Ness, traverse une bonne partie du jardin et de ses petits étangs. Il est quasiment impossible d’en voir à la fois la tête et la queue. Au niveau de la tête, des manettes permettent d’animer les gros yeux bleus de la bête :

serpicouliflore

La star reste bien sûr le « Poussin endormi », qui pionce toujours mais non plus allongé comme l’an dernier. Il est cette fois adossé au banc géant, et sera peut-être réveillé par l’énorme réveil posé près de son oreille. Tellement star qu’un parcours fléché et un cadre indiquent aux visiteurs le meilleur endroit pour prendre la photo :

poussin endormi

VAN 2014 [4/5]

Mètre à ruban
LILIAN BOURGEAT
Ile de Nantes

Voici une œuvre pérenne, comme il s’en ajoute chaque année. Le mètre à ruban du dijonnais LILIAN BOURGEAT orne la cour d’un immeuble depuis déjà un peu plus d’un an.
LILIAN BOURGEAT a pour spécialité le surdimensionnement d’objets du quotidien, comme des bottes en caoutchouc plus grandes que des humains, des salons de jardin nous faisant ressembler à des liliputiens, et donc ce fameux mètre à ruban :

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VAN 2014 [3/5]

Résolution des forces en présence
VINCENT MAUGER
Place du Bouffay – Nantes

Artiste plasticien né à Rennes en 1976, VINCENT MAUGER vit et travaille à Nantes. Il semble donc aller de soi qu’une de ses œuvres fasse partie du Voyage. Très inspiré par l’art numérique qui lui permet d’imaginer des formes, VINCENT MAUGER utilise des matériaux simples pour réaliser ses gigantesques sculptures, dont il laisse volontairement les éléments de construction apparents : ici, on voit très nettement les fixations métalliques des pieux de bois.
La sculpture présentée sur la place du Bouffay est anxiogène par son titre, très guerrier, et par sa forme : les pieux bien piquants, bien réguliers, façon arme que rien ne peut arrêter. Quel que soit l’angle sous lequel on la regarde, on se sent agressé, minuscule petit humain dans un monde trop brut.

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VAN 2014 [2/5]

1Nantes.JPGUne cabane dans les douves

Dans les douves du Château des Ducs de Bretagne, le sculpteur américain PATRICK DOUGHERTY a réalisé une gigantesque cabane labyrinthique en branchages. Une fois passée l’entrée un peu patouilleuse de ladite cabane (l’été 2014 est orageux, c’est ainsi), on déambule entre les branches, passant de porte en porte, montrant le museau à la fenêtre, comme des gamins dans la forêt.
La réalisation elle-même a été effectuée par 15 personnes, dont l’artiste, qui se sont relayées pendant près de trois semaines afin que le tressage de cette surprenante cabane soit achevée pour le 27 juin, jour de l’ouverture du VAN 2014.

à cliquer :

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