Voiles d’estuaire : édition 2014

Mercredi, des voiliers du temps d’avant, pour certains originaires de Charente-Maritime (l’immatriculation « Marennes » n’est pas rare), se sont rassemblés à Royan dans le cadre de la manifestation « Voiles d’estuaire ». Ce n’est pas une course, juste des bateaux qui font des ronds dans l’eau pour faire plaisir aux badauds.
Jeudi, la flotille a effectué le trajet Royan-Vitrezay, un très joli port sur la Gironde. Hier, les bateaux sont venus jusqu’à Bordeaux, passant sous le pont BaBa (que j’appellerai Pont Chaban-Delmas quand j’en aurais envie) à l’heure de l’apéro, puis ils se sont dirigés vers le ponton d’honneur, frôlant au passage deux barres d’immeubles façon années 60 : les paquebots Europa 2 et Seven Seas Voyager. Le retour vers Royan a lieu aujourd’hui.
Voici l’entrée dans le port de Bordeaux en 22 images, alors que le soleil avait enfin daigné gagner sa partie de cache-cache contre les nuages :

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Les promoteurs ont perdu le référendum

Il y en avait, hier, des électeurs appelés aux urnes ! Appelés seulement, parce-que vu le peu de citoyens motivés par la chose publique, on ne peut pas appeler ça un succès. Je ne parle même pas du résultat, tentant de déglutir une colère amère tant bien que mal. Mais ce blog doit rester un lieu calme et serein, j’y tiens.
Ce n’est donc pas de l’élection européenne qu’il est question ici ce soir, mais d’un référendum qui s’est tenu à Berlin à la demande des citoyens. Klaus WOWEREIT, maire en exercice, est une fois de plus remis en cause. Il faut dire que c’est habituel dès qu’il s’agit d’aéroport, le tout nouveau tout beau remplaçant l’improbable et ridicule Tegel étant toujours à l’état de chantier. Il aurait du entrer en service il y a plus de deux ans. Au moins.
Donc WOWEREIT et les aéroports, ça ne va pas ensemble, même quand ledit aéroport n’en est plus un depuis longtemps : c’est le cas de Tempelhof, qui ravitailla les Berlinois pendant le blocus de 1948-1949, et désormais transformé en lieu de balade, piste de roller, jardin partagé, voire terrain de sport pour alouettes.
Monsieur le maire, pourtant pas au mieux de sa cote de popularité, voulait autoriser la construction d’immeubles (5000 logements) sur une partie de Tempelhof, et même y aménager une sorte de lac et y bâtir des édifices publics. Les Berlinois ont fait des pieds et des mains pour qu’un référendum soit organisé. Le verdict est tombé hier : monsieur le maire peut remballer ses parpaings et trouver un autre terrain pour satisfaire l’appétit vorace des promoteurs, ces derniers ignorant définitivement tout de l’importance du cadre de vie et du patrimoine.

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Source : La Gazette de Berlin, bien sûr …

Illustration : un tout petit bout de Tempelhof, du côté des jardins partagés, photographié au printemps 2012

L’offensive de la gélatine

méduseRien à faire face aux cnidaires : la famille des méduses fait invariablement penser à une gélatine envahissante (ce qu’elle est) et immangeable (ce qui se discute).
Bien qu’on ne dispose pas de statistiques sur une période suffisamment longue, le constat est sans appel : la méduse prolifère dans l’ensemble des océans de la planète. Cela est en partie lié au dérèglement climatique, mais aussi à la destruction des prédateurs des méduses, ceux-ci étant victimes de la surpêche (la consommation de poissons croit plus vite que la population mondiale).
Les manifestations de cette prolifération de méduses sont variées mais toutes désagréables : pour le baigneur qui craint à juste titre les piqûres urticantes voire mortelles, comme peuvent l’être celles de la cubuzoa. Mais aussi pour les pêcheurs, dont les filets sont alourdis d’une quantité invraisemblable de bestioles invendables, pour les éleveurs de poissons, dont les cages en pleine mer sont attaquées par lesdites méduses, et même pour les centrales nucléaires, les méduses s’emmêlant les tentacules dans les prises d’eau chargées de refroidir les centrales.
Que faire alors ? cesser la surpêche ? c’est une évidence, même s’il faudra du temps pour rétablir l’équilibre entre les méduses et leurs prédateurs. On peut aussi, mais encore faut-il en avoir l’envie, ou l’habitude, transformer la méduse en soupe : ça se fait en Chine, dans la mer de Bohai, où les poissons ont quasiment tous disparu. Il parait même qu’au Japon, on mange la méduse en brochette.

Source : Martine VALO, « Les attaques de méduses se multiplient partout dans le monde », Le Monde, 24 mai 2014 (lien réservé aux abonnés)

C’était dans le journal… le 22 mai 1914

L’ histoire se passe aux Etats-Unis et est rapportée en première page du quotidien L’Humanité daté du 22 mai 1914 sous le titre suivant :

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Si aujourd’hui on se dit qu’il ne serait peut-être pas complètement idiot d’aller chercher de nouvelles sources de protéines dans les insectes, sous réserve de dénicher les recettes ad hoc pour satisfaire nos papilles, le début du XXe siècle n’était pas non plus avare en idées originales.
L’idée d’élever de l’hippopotame plutôt que de la vache a germé dans l’esprit d’un fermier américain, qui a proposé à une association d’éleveurs « d’aller chercher des hippopotames en Afrique pour les acclimater en Amérique et les utiliser comme bête de boucherie ». Il s’agirait en l’occurrence d’importer des hippopotames potamenains dans les Etats proches du golfe du Mexique, là où ils retrouveraient des marais assez semblables à ceux qu’ils auraient quittés en Afrique, l’objectif étant d’utiliser ces fameux marais jusque là laissé à l’abandon. Il parait que « la chair de l’hippopotame nain est excellente ». L’idée semble plaire au rédacteur de l’article, qui s’étonne « qu’on n’y ait pas songé plus tôt ».

Voter contre

Que François Hollande ait été élu non pour lui-même mais contre Nicolas Sarkozy ne relève pas du scoop : le principal intéressé, aujourd’hui président de la République en exercice, le reconnait lui-même. Voter contre quelqu’un ou contre une idée est souvent présenté comme banal : on parle de vote protestataire, en particulier pour le vote FN, comme si les électeurs d’extrême-droite n’étaient pas « pour de vrai » racistes, intolérants, réactionnaires et bien souvent incultes, ceci pouvant expliquer cela. Cette manière d’analyser les votes n’est pas nouvelle. Voici comment Sud Ouest présenta le résultat des élections législatives de juin 1951 :

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