Quand un geai rencontre un autre geai

Le printemps est la saison peace and love, c’est bien connu. Les oiseaux s’envoient en l’air des messages pas si subliminaux que ça, ça roucoule, ça grince, ça couine, ça piaille. Parfois ça chante, mais le geai, ça, il ne sait pas faire. Quand le geai cause, on dirait qu’il crache, façon lama en pire. Même quand il cause d’amour.
Il y avait donc, aujourd’hui, un geai sur une grosse branche. Pas facile à glisser dans la boite à images car les geai est craintif, mais le résultat est là. Et puis un autre arriva. Monsieur et madame Geai ? je l’ignore. Mais ils eurent une brève discussion, accoustiquement peu harmonieuse, mais chez ces geais-là, monsieur, on ne chante pas, on chuinte.
Voici donc nos deux oiseaux, avec une lumière moyenne, la photo est moche, mais ça faisait quand même plaisir de voir deux geais sur l’heure de midi :

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Si monsieur et madame convolent en justes noces, ils bâtiront un nid léger, quelques brindilles par ci, quelques brindilles là. Seront alors pondus entre trois et sept œufs, qui seront couvés pendant deux grosses semaines. Puis les petits resteront au nid pendant environ vingt jours, avant d’aller vivre leur vie de geai à un jet de là, dans d’autres arbres, sur d’autres branches.

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Collection # 238

Crapaud dans l’eau
Bordeaux, mars 2014

crapaud

La famille des orobanches

orobancheLes orobanches sont des plantes très particulières car elles n’ont pas de chlorophylle. Dépourvues de ce qui est ordinairement indispensable à tous les végétaux, ces plantes assez courtes sur pattes doivent se débrouiller pour, malgré tout, récupérer les substances nutritives qui leur sont indispensables. Les orobanches sont donc des parasites, en général spécifiques à une plante particulière (l’orobanche du lierre, l’orobanche du colza, etc), mais certaines formes d’orobanches peuvent s’adapter à diverses plantes.
En tant que parasite, cette plante peut mettre à mal les cultures. Les méthodes de lutte semblent, d’après ce que j’en ai lu, peu convaincantes, du moins en ce qui concerne la lutte au bazooka et au gaz de combat, c’est-à-dire à base de produits pudiquement nommés « phytosanitaires ». Apparemment, des expériences seraient menées pour piéger l’orobanche avec des cultures justement nommées « cultures pièges », détournant ainsi l’appétit vorace du parasite vers une autre plante. Ce type de méthode a le mérite de ne pas pourrir les sols, l’air et les gens avec des résidus d’armes de guerre.
Actuellement, les orobanches sont en pleine floraison. Dès qu’elles fanent, leurs tiges jaunissent puis la plante meurent, après avoir laissé des milliers de graines minuscules dans le sol.

Photos : Bordeaux, mars 2014

Le retour du milan noir

milanP1430169A chaque début de printemps, criant sur une tonalité plus habituelle chez les petits piafs que chez les rapaces, le milan noir fait des ronds dans le ciel. Saison peace and love rime avec opération immobilière : le milan noir, piètre bâtisseur et se méfiant des constructions neuves clés en main des promoteurs incompétents (ce qui montre que cet oiseau a du bon sens), le milan, disais-je, retape un vieux nid de corvidé et y installe madame. Pour l’instant, on en est là, et les milans tournent, tournent, … ça drague sévère dans la haute atmosphère.
D’ici un bon mois, madame pondra et attendra patiemment que les œufs éclosent et que monsieur lui rapporte de quoi se sustenter, puis, encore un bon mois après, de quoi nourrir la nichée.
Plusieurs couples de milans nichent du côté de Bordeaux, notamment dans et à côté de la réserve naturelle du marais de Bruges. Près de chez moi, un bois en friche avec des arbres immenses sert d’abri à ces oiseaux sublimes. Un projet d’aménagement de parc urbain, couplé à un projet immobilier (les fameux promoteurs que fuit le milan), va changer le paysage. Je comprends bien qu’il faille construire des logements pour les nouveaux arrivants sur l’agglomération. Je comprend aussi qu’un jardin où déambuler aura son charme. J’aimerais juste qu’il reste suffisamment de grands arbres pour que les milans continuent à y faire leurs petits dans des nids d’occasion, qu’il y ait assez de friche encore, des zones sans gazon anglais ni bitume, pour que ces oiseaux (et les autres) puissent continuer à se nourrir.

Photo prise au niveau du Jardin Public de Bordeaux en mars 2014

Collection # 237

Printemps : J-1
Bordeaux, mars 2014

printemps

C’était dans le journal … le 18 mars 1914

Le 18 mars 1914, la presse ne parle quasiment que d’une chose : l’assassinat du patron du Figaro par la femme du ministre des Finances, deux jours plus tôt. C’est l’affaire Caillaux.
Le ministre Caillaux, pas foncièrement hostile d’un certain rapprochement avec l’Allemagne, notamment sur la question des colonies, est victime d’une campagne de dénigrement de la part du Figaro. Ce quotidien racle tous les fonds de tiroirs possibles pour casser du sucre sur le dos du ministre, étalant au grand jour des faits réels ou supposés se rapportant à sa vie sentimentale. Le couple Caillaux est excédé. Henriette, donc Mme Caillaux, se rend à la rédaction du Figaro, demande à voir le patron, à savoir Gaston Calmette. Mme Caillaux est arrêtée (elle sera acquittée le 28 juillet de la même année) et son mari démissionne de son poste de ministre des Finances.

Une recette de far aux pommes

Cette recette vient d’un magasin biocoop proche de chez moi. Le résultat est tout à fait convaincant, ni trop sucré ni trop gras. Voici le mode d’emploi pour réaliser 4 à 6 parts de far aux pommes, avec de très légères modifications par rapport à la recette de départ :

far3 pommes (elles étaient de taille moyenne, j’en ai ajouté une petite quatrième pour le plaisir)
3 œufs
100 g de sucre en poudre
125 g de farine
50 cl de lait ribot maigre (c’est un lait fermenté qui se trouve au rayon frais)
Un peu de beurre
Un peu de rhum

Préchauffez le four à 180 °C.
Epluchez les pommes et coupez-les en tranches un peu épaisses. Faites les revenir dans du beurre jusqu’à ce qu’elles soient dorées, en remuant de temps en temps. J’ai ajouté du rhum en fin de cuisson, la recette originale prévoyait de les caraméliser au sucre (auquel cas, il faut rajouter 20 g de sucre à la liste des ingrédients).
Pendant que les pommes vivent leur vie dans la poêle, préparez la pâte : fouettez les œufs avec le sucre, puis ajoutez la farine et enfin le lait ribot. Mélangez bien.
Versez cette préparation dans un moule préalablement beurré, puis ajoutez les pommes tout juste sorties de la poêle.
Enfournez pour 45 à 50 minutes. Laissez refroidir avant de passer à table, mais évitez de placer ce dessert au frigo.

Une amélioration possible, qu’il faudra tester : mettre le rhum dans la pâte et caraméliser les pommes avec un ou deux morceaux de sucre. Ça se tente …