C’était dans le journal … le 30 janvier 1914

Voilà ce qu’on pouvait lire dans Le Petit Journal le 30 janvier 1914 :

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Si, aujourd’hui, l’INED dénombre un peu plus de 20 000 centenaires en France, le nombre de personnes atteignant cet âge honorable était autrement plus faible au début du XXe siècle : une centaine environ, à une époque où l’espérance de vie tournait autour de 50 ans.  Qu’un citoyen atteigne cet âge était donc évidemment un événement national.
L’article brosse ainsi le portrait de ce monsieur, « fils de journalier, et journalier lui-même » dans un village situé à 12 km d’Alençon. Le papy, en bonne santé quoique un peu dur de la feuille, vit alors chez sa fille. La municipalité lui a organisé une fête d’anniversaire dans l’église du village, et c’est là que l’article prend un tournant : il n’est plus question du monsieur, mais de l’église romane, décrite pendant plus de la moitié de l’article.
Personne n’a semble-t-il demandé à ce monsieur quel était son secret pour avoir atteint un si grand âge. Cette question a par contre été très récemmentposée par un journaliste de Sud Ouest dans l’agglomération bordelaise à une centenaire fraiche comme une rose au printemps. La réponse fut simple : c’est le temps qui est passé très vite.

Collection # 230

Marée basse
Bassin d’Arcachon, 25 janvier 2014

marée basse

L’île d’Oléron en noir et blanc [17]

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Des moustiques, des ragondins, et puis quoi encore ?

ragondinP1420116Certains de mes contemporains m’émeuvent. Ils ont choisi de vivre dans un nouveau quartier de Bordeaux, près du lac, quartier qui se veut « vert », labellisé « éco-quartier », ce dont d’ailleurs il pourrait être opportun de discuter, mais je n’ai pas envie d’aborder les sujets qui fâchent (les copies ineptes d’élèves tricheurs suffisent à mon bonheur).
Certains de mes contemporains, donc, ont trouvé joli et mignon tout plein ces immeubles avec terrasses (ou pas) qui donnent, pour certaines,  sur le lac (avec sa rocade en arrière-plan). Ils n’ont pas toujours bien réalisé que cet ensemble d’immeubles était bâti sur une zone humide, qu’il fallut drainer. Il faut dire que les commerciaux chargés de promouvoir le quartier, avant même sa mise en chantier, n’en savaient rien eux-mêmes. Car, selon eux (ou du moins celui que j’avais rencontré), les belles mares rectangulaires n’étaient en rien des bassins de drainage mais n’étaient là que pour l’esthétique et le romantisme. Soit.
Donc mares il y a. Avec ses corollaires bien compris : les moustiques. L’été dernier, des résidents se sont émus de la présence des insectes piqueurs, voire ont réclamé un traitement chimique offensif, ce qui, dans un éco-quartier, n’est pas le bienvenu. Attendons que chauve-souris et hirondelles trouvent leurs marques dans le coin, sous réserve que des résidents n’aillent pas se plaindre des déjections de ces insectivores, voire qu’ils n’inventent de pseudo-attaques de ces petites bêtes.
Car, il faut le savoir, dans ce quartier qui porte le nom de « Ginko », des bêtes sauvages très féroces attaquent les gens. Si. En particulier un ragondin. Certes, l’animal est d’autant moins farouche que des humains lui donnent à manger, mais de là à le considérer comme agressif, la marche est quand même haute. Ce ragondin très méchant est peut-être celui que j’ai récemment photographié, tranquille dans ses roseaux, et qui illustre cette note. J’ai eu peur, ouh là là que j’ai eu peur. J’en tremble encore.
L’ânerie gigantesque des purs produits du bitume cités plus haut a eu l’honneur d’un article récent de Sud-Ouest, qui rapportait, non sans ironie, les fantasmes de certains habitants de Ginko : le ragondin apporterait des maladies, pourrait agresser les enfants. C’est bien connu, ce pur végétarien fait parfois des entorses à son régime en boulottant un gosse dodu ! Internet aurait même cafté auprès d’un malheureux résident : le ragondin pourrait peser jusqu’à 18 kilos. En tout cas pas celui de la photo, ni aucun autre dans la région. Sur Mars, peut-être ?

PS : depuis quelques temps, WordPress me fait le coup du caca nerveux, que ce soit sous Firefox ou sous Chrome. Une attaque de ragondin ? va savoir … toujours est-il que je ne peux plus faire apparaître aucun lien (donc pas possible de lier l’article de Sud-Ouest cité dans la note !), sans évoquer d’autres joyeusetés qui freinent mon enthousiasme bloguesque.

Collection # 229

Pas à pas

pas à pas

Un petit concentré de mondialisation

Les plages de l’Atlantique, au moindre coup de vent, récupèrent des déchets venus d’on ne sait où, des relâchés de la déchetterie ou des tombés du bateau. Les courants font le reste, en l’occurrence ici notre ami Gulf Stream.
Hier, Le Télégramme relatait l’arrivée massive, sur les plages bretonnes, de boîtes de nourritures pour poissons, de vêtements et même de seringues neuves. Typique du conteneur ayant faussé compagnie à son cargo, mais lequel ? où et quand ?
Plus souvent, et plus simplement, l’hiver est marqué par l’arrivée de déchets divers, parfois simplement de France … :

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… ou d’Espagne :

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Mais aussi de nettement plus loin :

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Photos : île d’Oléron, décembre 2013

C’était dans le journal … le 17 janvier 1914

Récemment a été reposée la question de la légalisation du cannabis en France, et donc l’encadrement de sa vente et de sa consommation. Le débat, qui aujourd’hui est pris fort au sérieux, n’agitait semble-t-il pas le milieu politique, économique et encore moins médical au début du siècle dernier, du moins si l’on considère comme vraie l’anecdote rapportée par Le Petit Parisien.
Il est ainsi question d’une mouflette de 13 ans qui apprit par une de ses camarades que les pharmacies vendaient des sucreries, et même « des bonbons qui font rire », bonbons contenant « du haschish […] ; ça vient d’Orient ». La chipie affirma même y avoir goûté.
Curieuse, la petite Lucienne obtint du commis du pharmacien des boulettes de haschisch. Il lui fallut certes prétexter une migraine, mais le deal fut aussi rapide qu’apparemment légal. La petiote rit beaucoup, elle « fut d’une gaîté folle ». Mais, comme dans les fables, il y a une morale à cette histoire : Lucienne « fut malade ; il fallut la coucher ». Elle avoua à son père ce qu’elle avait mangé, et celui-ci porta plainte contre la pharmacie.

A quoi sert aussi la toile d’araignée ?

toileP1400106La toile que tisse l’araignée lui permet de capturer des proies, donc de manger. C’est l’usage principal, et souvent considéré comme unique, de la toile d’araignée classique, du modèle de celle présente sur la photo ci-contre. Certaines toiles, formant des sortes de tubes, servent aussi d’abri à la bête.
Récemment, des chercheurs ont pointé deux autres particularités de la toile d’araignée, en étudiant plus précisément l’épeire diadème, qui construit des toiles géométriques très régulières et pouvant atteindre 40 cm de diamètre. Les résultats de cette étude sont brièvement exposés aujourd’hui dans un article de Sciences&Avenir, dans lequel on apprend :

  1. que la toile d’araignée génère de l’électricité statique par le biais de la colle présente sur la soie. Cette électricité statique capture les particules présentes dans l’air. Ces particules ne sont peut-être pas utiles à l’araignée, mais cette particularité électrique de la toile d’araignée ouvre des perspectives dans les sciences de l’environnement, car les fils de soie ainsi chargés électriquement se comportent en filtres à particules particulièrement efficaces. De plus, la forme même de la toile pourrait indiquer la présence de certains polluants ;
  2. que la toile de l’épeire provoque de minuscules distorsions du champ magnétique terrestre, ce qui, peut-être, pourrait expliquer que certains insectes se fassent prendre dans la toile car ils auraient été en quelque sorte déroutés de leur trajet par celle-ci, mais rien n’est encore pleinement avéré sur ce point.

Collection # 228

Silhouettes
Ile d’Oléron, décembre 2013

silhouettes

Quelle claque !

Le temps tempétueux de ces derniers jours et les forts coefficients de marée ont filé une claque magistrale au littoral. Le quotidien Sud-Ouest a bien montré le recul du trait de côte dans le nord du Médoc, au niveau de l’immeuble Le Signal à Soulac, celui-ci n’étant plus qu’à à peine vingt mètres de l’océan alors que la distance qui l’en séparait était dix fois plus grande il y a moins de cinquante ans.
Ce n’est pas de Soulac que j’arrive, mais de l’île d’Oléron, dont les plages océanes viennent de subir exactement le même phénomène. Cela se voit particulièrement bien au niveau de la Grande Plage de St-Trojan, dont l’accès est désormais problématique puisque franchement à pic.
Il se trouve que deux semaines plus tôt, j’y avais constaté le basculement sur la plage d’un blockhaus, mais celui-ci était alors au ras de la dune. Désormais, le blockhaus et la dune sont distant d’une bonne dizaine de mètres. Ce n’est pas le blockhaus qui a bougé mais bien la dune qui a reculé.

Blockhaus

Collection # 227

Zoologie
Redon, décembre 2013

animaux

C’était dans le journal … le 7 janvier 1914

articleLe corps des tirailleurs sénégalais a été formé au milieu du XIXe siècle dans les colonies françaises d’Afrique subsaharienne, et pas seulement au Sénégal. Les soldats qui forment ce corps, avant de servir de chair à canon dans les tranchées de 14-18, ont notamment combattu aux côtés des troupes françaises au Maroc, lorsque celui-ci s’est retrouvé bien malgré lui protectorat (donc colonie) de la France. Après les opérations militaires, des tirailleurs ont été rapatriés à Marseille, d’où ils ont pris le paquebot qui les ramenait au pays. C’est ce départ qu’évoque un article du Petit Journal, en bas de première page.
257 tirailleurs, pour certains accompagnés de leur famille (104 femmes, surnommées « Mesdames Tirailleurs », et 59 enfants, selon le décompte du journal), ont quitté Marseille « avec une joie non dissimulée » au début du mois de janvier 1914. L’auteur de l’article affirme dès le départ que les Sénégalais portaient de « l’amour » pour « le grand pays des blancs », mais ils ont néanmoins souffert de la rudesse de l’hiver : « habitués au brûlant soleil des tropiques, les Sénégalais ont souffert beaucoup du froid qui sévit sur notre région depuis une huitaine de jours ». Malgré la générosité dont semblent avoir fait preuve les Marseillais à leur égard, leur apportant « mille friandises et des vêtements chauds », ainsi que des couvertures, les tirailleurs et leur famille sont restés à grelotter dans leurs chambrées.
Certains tirailleurs sont cependant restés à quai, ou plus précisément à l’hôpital, où ils devaient recevoir des soins avant d’affronter le voyage, « mais ils ne seront guéris réellement que lorsqu’ils auront retrouvé le bon soleil de leur pays ».

Une balade plus courte

Week-end = Andernos. Qu’il pleuve ou qu’il vente. D’ailleurs il pleut et vente. Un peu. Par rapport à la Bretagne, on est chanceux. Le Bassin d’Arcachon a néanmoins débordé hier à marée haute, par fort coefficient. Rebelote sans doute aujourd’hui. Cela se voyait en longeant le Cirès, celui-ci étant plus haut que d’habitude :

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Qui dit Bassin hors de son berceau dit passages parfois impraticables. C’est actuellement le cas au niveau du petit pont franchissant le Cirès, qui permet de passer de la forêt du Coulin à Andernos aux petites mares pleines d’oiseaux de St-Brice à Arès, voire d’aller jusqu’à la plage, soyons fous. Mais là, non :

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Nous avons fait demi tour, avons pu apercevoir deux tadornes de Belon :

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Le retour fut humide, ciel bas et gris uniforme, mais c’est toujours mieux que rester chez soi enfermé.

L’île d’Oléron en noir et blanc [16]

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Les couleurs de l’usine

Suite de la balade à Redon, plus précisément entre le port (un bassin artificiel entre la Vilaine et le canal de Nantes à Brest) et la Vilaine elle-même. A la pointe de ce qui forme une sorte d’île se trouve une friche industrielle, pour partie occupée après importants travaux par un cinéma et par le musée de la batellerie (localisation), mais l’essentiel du site tombe en ruine et est devenu le terrain de jeu de tagueurs et graffeurs de bon niveau :

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Au XIXe siècle, un certain monsieur GARNIER installa à cet endroit l’usine qui porte son nom. Chez Garnier, qui employa jusqu’à 10% de la population redonaise, on fabriquait du matériel agricole : hache-paille, pressoir à pommes,  etc. L’usine sortit sa première moissoneuse-batteuse en 1937. Après la IIe Guerre mondiale, l’usine étend ses activités et s’unit avec une fonderie locale pour établir des filiales jusqu’en Indre-et-Loire. La prospérité semble immuable, et l’usine Garnier exporte ses machines jusqu’en Afrique du Nord et en Amérique Latine. Elle s’agrandit même au début des années 1960, mais sans suffisamment moderniser les procédés de fabrication ni palier la vétusté des machine. Dès la fin des années 1960, les usines Garnier n’innovent plus et semblent se reposer sur leurs lauriers : le dépôt de bilan intervient en 1970. Les tentatives de redressement restent vaines, et l’usine ferme définitivement en 1980.

à cliquer :

De la Louisiane à la Bretagne, il n’y a qu’un fil

Street art à Redon, Ille-et-Vilaine. Le bâtiment, qui abrite aujourd’hui le musée de la batellerie, est une ancienne usine. Sur trois de ses côtés, des artistes, des vrais, ont laissé leur marque. Parmi les œuvres se trouve une carte, un beau planisphère un peu à l’ancienne, du moins de loin :

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vertical  P1410779En s’approchant, on remarque que ce que l’on pouvait prendre pour des mers ou des lacs est en fait un ensemble de colombes de la paix peintes aux couleurs de l’eau (ou du ciel ?).
Une jeune femme peu vêtue étend son linge sur un fil, mais le linge dessine lui aussi les fameuses colombes, et sur le fil, des gens marchent en direction de l’océan, cap à l’ouest.

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D’autres personnes, plus nombreuses, marchent aussi sur le fil, cette fois au départ de l’Amérique. Deux noms sur la carte : Louisiana et Bretagne.

fil P1410781Les couleurs, très douces, inspirent autant le calme et la paix que les dessins choisis. C’est une fresque apaisante, douce, intelligente, pile ce qu’il faut pour commencer l’année.

2014

bonne annéesQue 2014 vous apporte amour, gloire et beauté.
Et surtout que ces 365 jours vous soient doux et agréables.

Très belle année à tous.