C’était dans le journal … le 26 novembre 1913

cafusAlors que les mines du Nord et du Pas-de-Calais produisent les deux tiers du charbon français à la veille de la Grande Guerre, un mouvement de grève éclate en 1913. Lors de la reprise du travail, le quotidien L’Humanité consacre un article aux femmes qui travaillent dans les mines : les cafus (carte postale ci-contre).
Le terme « cafus » désigne la toile avec laquelle les femmes protègent leurs cheveux des poussière de charbon. Depuis qu’elles n’ont plus le droit de descendre au fond de la mine, les femmes effectuent des travaux en surface, qui n’en sont pas pour autant beaucoup moins pénibles.
L’article de L’Humanité décrit dans un premier temps les tâches qu’effectuent les cafus : « ce sont des femmes de peine », qui transportent des sacs de charbon et qui trient le charbon de la vulgaire terre qui y est naturellement mêlée, et ce dès l’âge de 13 ans, qui marquait à l’époque la fin de la scolarité obligatoire. S’ensuit une description de la mine façon Zola, avec des détails très précis ; d’ailleurs, dès son titre, l’article évoque Germinal, rappelant notamment que l’espérance de vie de ces femmes est brève tant les travaux sont durs : « Beaucoup meurent vers la trentaine. Mais leurs petites sœurs sont là qui les remplacent ».
Le travail doit aller vite, sans perte de temps, car la rémunération se fait « à la tâche » : 60 centimes par wagon de houille vidé. La journée effective de travail dure 10 heures, auxquelles s’ajoutent une pause le matin et une à midi. Au final, les cafus les plus efficaces peuvent espérer empocher 2 francs par jour. N’étant regroupées dans aucun syndicat, « elles doivent […] accepter toutes les conditions de travail que leur impose leur employeur ».
Ces femmes ne choisissent pas ce métier : il n’y en a pas d’autre dans la région, c’est tout. Et puis il y a beaucoup de bouches à nourrir dans les familles.
L’article est, on l’a compris, très sombre. Et pourtant, ijournall insiste aussi sur la gaieté de ces très jeunes femmes, leur souci de la coquetterie malgré le charbon qui noircit tout et s’infiltre. Le rire, le jeu même, ponctuent tant bien que mal les journées dès que « leurs surveillants — auxquels les gros bâtons qu’ils portent donnent des allures de garde-chiourme — tournaient le dos ».

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