La langue de bœuf, ça se mange cru en salade

fistulineP1390916Malgré son nom peu engageant, la fistuline hépathique, appelée aussi « langue de bœuf », fait partie des champignons comestibles. Chose rare, c’est même un des rares champignons non toxique à l’état cru. Dans tous les cas, il vaut mieux le choisir à l’état jeune. Je ne vous parle là que de ce que j’ai lu : j’ai surtout choisi de prendre la fistuline en photo plutôt qu’en steak.
Parmi les recettes, certaines proposent de cuisiner ce champignon comme un morceau de viande, tant il en a l’aspect sanguinolent, surtout quand il est saturé d’humidité. Sa saveur est réputée légèrement acide.
C’est un champignon de grande dimension qui pousse sur les blessures des arbres, en particulier des chênes et des châtaigniers. On le voit assez facilement au mois de septembre en milieu tempéré.

fistulineP1390914

Photos : Réserve naturelle du Marais de Bruges, 29 septembre 2013

à cliquer :

Collection # 214

Balade du côté de Latresne (localisation)
21 septembre 2013

Latresne

Fort coefficient de marée = mascaret en fin de journée

Les marées d’équinoxe viennent de s’achever, avec des coefficients systématiquement supérieurs à 100 de jeudi à samedi dernier. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y eut donc mascaret. Après la version « Dordogne » de la fin du mois d’août, nous avons testé la version « Garonne », en l’occurrence sur la commune de Langoiran.
Première étape pour les candidats au surf sur la vague : rejoindre l’eau. Et ce n’est pas simple. La vase est dense, glissante :

1

Puis les sportifs filent vers l’aval pour choper la vague le plus loin possible :

2

Et là ils attendent, comme les spectateurs. 20 mn de plus que l’horaire annoncé. Et puis, finalement, on l’aperçoit, cette vague :

3

Elle est nettement moins impressionnante que sur la Dordogne. Plus loin de l’embouchure que le site phare de St-Pardon (commune de Vayres), le flux est en plus cassé par les ponts et par le passage par Bordeaux, véritable goulet d’étranglement. Du coup, pas de train de houle, pas de vent qui se lève au passage de la vague, l’ensemble est plus doux et beaucoup moins haut :

4

L’île d’Oléron en noir et blanc [5]

gatseau P1310854

Le schtroumpfpignon

bolet blanchâtreLa famille des bolets est vaste, et peu d’entre eux sont réellement dangereux. En gros, si on sait repérer le vilain bolet satan, on est tranquille.
Néanmoins, dans cette vaste famille, tous les champignons ne sont pas bons pour la casserole, soit par leur goût désagréable, soit parce-qu’ils peuvent provoquer des troubles digestifs bénins mais néanmoins peu souhaitables si on veut mener une vie sociale normale le lendemain.
Le bolet blanchâtre cumule les deux handicaps précédemment décrits. Il est cependant rigolo à observer car il devient bleu vif à l’instant même où on le coupe, une belle couleur schtroumpf encore plus vraie que dans la BD.
Le fait de devenir bleu n’est pas à lui seul un signe de non-comestibilité. Les deux critères sont d’ailleurs totalement indépendants : certains bolets virent au bleu et restent tout à fait agréables au goût et anodins pour les fonctions digestives de l’humain moyen. C’est ainsi le cas du bolet bai (2 fourchettes dans ma bible des champignons), mais son bleuissement se produit un peu après la cassure et non aussitôt.

Photos : Langoiran, 21 septembre 2013

Source principale : Cécile LEMOINE, Le nouveau guide des champignons, Editions Ouest-France, 2011

La bonne bouille rouge du mangeur de chardon

chardonneret P1390662S’il se nomme « chardonneret », et même « chardonneret élégant » si on veut être précis, ce n’est pas un hasard : ce passereau a le bec ad hoc pour boulotter les graines des chardons. C’est pour cela qu’il est actuellement visible sur lesdits chardons, ceux-ci ayant fané à la fin de l’été.
L’oiseau est farouche : je n’ai vraiment pas pu m’approcher comme je l’aurais voulu, alors qu’habituellement, les piafs de jardin sont peu craintifs, en particulier les rouge-gorge et plus encore les moineaux, qui picorent directement sur la table de la terrasse.
Si le mâle a la bouille rouge, la femelle force moins sur le maquillage. Sur les deux photos qui illustrent cette note, elle se trouve à gauche et lui à droite.
C’est un oiseau commun des villes, dès lors que des jardins lui offrent pitance. Il niche dans la quasi-totalité des pays du continent eurasiatique (sauf subcontinent indien) et peut être ponctuellement présent en Australie et Nouvelle-Zélande, ainsi qu’au Brésil et en Argentine.

chardonneret P1390661

à cliquer :

Photos : jardin public de Bordeaux, septembre 2013

Collection # 213

Quelques voitures du XXe siècle

Journées européennes du patrimoine 2013
Bordeaux

voitures

Le crachat de lune

nostoc P1390731L’identification des choses qui poussent sur la pelouse réserve à chaque fois son lot de surprises. Voici le problème du jour : dans un jardin autour d’une chapelle, alors que le temps était humide et le sol fort détrempé, je faillis glisser sur un amas visqueux. Dans un premier temps, je pris la chose pour de l’algue. En y regardant de près, je qualifiais de « champignons cartilagineux » ce qui avait poussé là.
Or, j’avais faux sur toute la ligne. Ce n’est ni un champignon ni une algue, même si c’est ce nom que les jardiniers amateurs utilisent pour demander aux jardiniers pros comment éradiquer la chose. Car ladite chose ne fait pas joli joli dans le gazon (si tant est qu’il en reste !) et en plus, comme dit précédemment, ça glisse comme de l’étron canin bien frais.
Les recherches gougueuliennes m’emmenèrent dans un premier temps vers des forums. Pas le meilleur endroit du cyberespace pour trouver une info, mais j’ai néanmoins, de clic en clic, mis un nom sur la gluance : nostoc. C’est un nostoc. Appelé aussi « crachat de lune » car cela pousse en un clin d’œil après la pluie, surtout en terrain calcaire, comme si c’était tombé du ciel. Lorsque le temps est sec, le nostoc l’est aussi et devient totalement invisible.
Le noctoc est une cyanobactérie. Si j’ai à peu près compris, c’est une bactérie capable de photosynthèse, ce qui la rapproche du règne végétal. C’est une bactérie, donc ni une plante, ni une algue, ni un champignon.
Des chercheurs de l’université de Zurich ont découvert que le nostoc pourrait avoir une certaine efficacité dans la lutte contre la maladie d’alzheimer.  Le nostoc, enfin, est utilisé dans la cuisine chinoise, où sa récolte a pris de telles proportions qu’elle en arrive à favoriser ponctuellement l’érosion des sols. Il n’est néanmoins pas exclu que le nostoc soit quelque peu toxique.

nostoc P1390730

à cliquer :

Photos : Bruges (Gironde), 14 septembre 2013

Connaissez-vous l’histoire du goéland qui voulait prendre un verre ?

Et bien voilà : c’est l’histoire d’un jeune goéland sur le port de La Cotinière (île d’Oléron). C’est week-end, il voit les humains qui se délectent des sublimes glaces des « Tamarins », mais lui préfère prendre un verre, en terrasse les pieds dans l’eau. Il s’approche, tâtonne, y goûte puis recrache. Puis regoûte et garde le verre dans son bec :

goéland

Collection # 212

Balade dans le marais des Bris
St-Trojan-les-Bains (île d’Oléron), 8 septembre 2013

bris

L’île d’Oléron en noir et blanc [4]

nbP1310454

Est-ce une linaire ?

linaireP1390615Le problème de l’identification des végétaux est toujours le même : n’ayant pas une formation de botaniste, je tâtonne invariablement de sites web en sites web, cherchant le nom de la jolie fleur si mignonne vue dans la forêt ou le marais.
Il s’agit cette fois d’une fleur avec éperon, un peu comme les orchidées, et de couleur jaune bien franche. D’après les premiers résultats gougueuliens, il s’agit probablement d’une linaire commune, dont il existe une variété sauvage, ici présente, et une variété cultivée (moins de 5 € le plant chez les pépiniéristes en ligne, et même moins de 4 € pour le sachet de graines).
Cette jolie plante fleurit de juin à octobre sur les terrains bien ensoleillés. Elle a l’intérêt majeur d’attirer les insectes butineurs, en particulier les bourdons. Elle aime le soleil mais n’exige pas de fortes chaleurs : on peut la voir jusqu’à 1500 m d’altitude, et elle peut supporter le froid (elle survit jusqu’à -15°C). C’est une plante très courante en France et en Italie.
C’est enfin une plante médicinale, reconnue pour son action laxative et diurétique. Elle est ainsi utilisée pour les troubles prostatiques. Elle a aussi, semble-t-il, des vertus anti-inflammatoires.

linaireP1390617

Photos : île d’Oléron, 7 septembre 2013

à cliquer :

Le tandem

Voici deux libellules normales, contemporaines, du XXIe siècle. J’insiste sur la date car, il y a 300 millions d’années, ces petites bêtes mesuraient quand même 70 cm d’envergure ! Les feuilles et les brindilles devaient être sacrément solides ! Je pense à cette dimension folle car une libellule est entrée dans mon bureau hier. Tu imagines, la même en 10 à 15 fois plus large ? Mais je m’égare.
Voici donc, disais-je, deux libellules. Madame est à gauche, sur la brindille la plus haute. Monsieur est à droite, il porte un smoking bleu et noir, tandis que sa dulcinée porte une robe en lamé. C’est d’un chic, vous ne trouvez pas ?

libellules P1390435

Ces deux-là ne se connaissent pas. Ils n’ont ni pris un verre au bar du coin ni même fait connaissance. Mais monsieur pense que la bébête est une madame. Qu’une madame ça porte des œufs qui font des petits. Dans ce genre de situation, il n’y a que la génétique qui parle. Il arrive parfois que monsieur prenne un autre monsieur pour une madame. Ou choisisse une autre espèce de libellule que la sienne. La nature se moque de la morale des bêtes à bondieu.
Je reviens à mon couple de libellules : les hormones tiennent le devant de la scène, sans aucun sentiment. Aucune attention. Aucune délicatesse. Rien d’autre qu’une franche empoignade : monsieur saisit madame par la tête. Non pas une caresse sur la nuque ou un bisou dans le cou, non : il la chope par la tête, franchement et brutalement. C’est ce qu’on appelle la position du « tandem » :

libellules P1390485

A fréquence régulière, le corps de madame se hisse vers celui de monsieur afin de lui pomper le sperme. L’opération dure une dizaine de minutes, puis monsieur et madame repartent chacun vers de nouvelles aventures.

libellules P1390488

Photos : Pau, 30 août 2013

à cliquer :

Collection # 211

La mer est bleue
Plage du Grand Crohot (Lège-Cap-Ferret), été 2013

mer

De la « maison des bains » au « pavillon des arts »

A première vue, la grande terrasse située sur le boulevard des Pyrénées, à Pau, n’est là que pour faire joli et n’a été aménagée que pour permettre aux dames et aux messieurs de l’ancien temps de parader gracieusement, Pau étant devenue, au XIXe siècle, un haut-lieu de villégiature.

pau P1390471

Si on y regarde d’un peu plus près (donc si on prend du recul et si on se penche !), on remarque que cette esplanade est en fait le toit d’une grande maison, devenue récemment un lieu d’exposition, mis en valeur par la ville de Pau (les travaux de rénovation sont achevés depuis à peu près un an) : le Pavillon des Arts, qui a été inauguré en décembre 2012.

pau P1390474

L’histoire de cette bâtisse est bien sûr plus ancienne. Elle remonte au premier tiers du XIXe siècle, lorsqu’il fut décidé, à cet emplacement fort pentu, de construire un établissement de bains-douches : la Maison des Bains. Cet établissement, privé à l’origine, est racheté par la ville en 1884.
Il devient alors un lieu festif, abritant même un casino, et nommé « Pavillon du Midi ». Cet aménagement s’inscrit dans ceux, plus ambitieux, de l’ingénieur ALPHAND, qui, à Pau, a créé le Boulevard des Pyrénées. On lui doit aussi, cette fois à Paris, l’aménagement du parc Monceau et du jardin des Champs-Elysées, entre autres.

pau P1390491

En 1907, l’ingénieur CARLIER, ajoute au bâtiment des balcons et arcades de béton armé, matériau encore peu usité à l’époque. C’est ainsi que cette maison prend à peu de chose près l’allure que nous lui connaissons aujourd’hui.
La galerie est aujourd’hui ouverte au public, et on peut actuellement y voir une expo consacrée au patrimoine palois. Les travaux de rénovation ont aussi permis la mise en valeur de la rotonde du funiculaire, qui jouxte la maison.

pau P1390470

pauà cliquer :

Un 1er septembre comme je les aime

Cet après-midi, sur la plage du Grand Crohot (Lège-Cap-Ferret) :

grand crohot