Madame Lampyre : en photo, y’a pas pire

Ceci est un ver luisant :

lampyre P1390376

On voit bien la lumière, née d’une bioluminescence façon « ampoule froide », c’est-à-dire qui fait joli dans la nuit mais qui n’émet pas de chaleur. Sur l’image ci-dessus, on voit bien le côté « luisant », mais moins le côté « ver ».
Je reprends une photo, cette fois au flash. Ceci, disais-je, est un ver luisant :

lampyre P1390378

De quoi de quoi ? vous ne me croyez pas ? la bête ressemble à une larve et pas à un ver ? OK, je capitule. Le ver luisant, de la famille des lucioles, n’est pas un ver. Ce qui éclaire comme des loupiotes les jardins d’été garde sa forme de larve toute sa vie. Il s’agit de la femelle du lampyre, un animal de la famille des coléoptères (monsieur, lui, ressemble à un coléoptère). Par rapport au mâle, la femelle est gigantesque. C’est donc madame qui porte des habits de lumière dans la nuit, uniquement pour des raisons sexuelles. Il parait que les œufs aussi sont légèrement luminescents.
Le lampyre est un ami des jardiniers car il boulotte les escargots, ce qui peut paraître surprenant quand on compare les tailles du prédateur et de la proie. Pour arriver à ses fins, et combler sa faim, le lampyre anesthésie sa proie puis la liquéfie littéralement avant de l’aspirer, façon fêtard face à un comptoir rempli de mojitos.

à cliquer :

Photos prises avant-hier dans mon jardin

Collection # 210

« Les poètes »
Installation de Jaume PLENSA
Bordeaux – Esplanade Edmond Géraud – 25 août 2013

plensa

Les Oléronaises et le tricycle

autrefoisJ’ignore pourquoi les femmes de l’île d’Oléron, du moins autrefois, préférait le tricycle à tout autre mode de transport, comme on peut le voir sur l’image ci-contre et sur certaines cartes postales.
J’ai eu beau tapoti-tapoter sur Gougueul, rien d’autre que des liens vers des sites de vente de cartes postales anciennes ou de tricycles contemporains. Juste une petite piste : le tricycle est plus stable qu’un vélo classique. Soit. Il est aussi plus confortable, la selle semblant aussi large que celle d’un tracteur. Il permet enfin de transporter plus de marchandises qu’un vélo ordinaire, et permet donc de faire l’économie d’une remorque.
Aujourd’hui encore, mais c’est rare, il arrive que l’on croise une dame sur un tricycle :

aujourd'hui

Chasse-querelle sur les bords de l’Adour

lysimaque P1390227Son nom sérieux est « lysimaque », qui lui est attribué car c’est un grec de l’Antiquité, Lysimachos, qui aurait découvert cette fleur.
On l’appelle aussi « chasse-bosse », parce-que de vieilles croyances lui prête la vertu d’éliminer bleus et bosses.
C’est enfin le « lis des teinturiers » : ses racines donnent une teinture brune, le reste de la plante permet de teindre la laine en jaune et même, parait-il, d’éclaircir les cheveux, sous réserve d’en faire une infusion très concentrée. Mais par contre, pour son surnom de « chasse-querelle », je n’ai aucune explication …
Cette fleur d’environ un mètre de haut pousse un peu partout en France, dès lors que l’humidité est suffisante. D’où sa présence abondante sur les bords de l’Adour, à Dax, où elle fleurit tout l’été.

à cliquer :

Le bœuf tacheté remonte le fleuve

fouleP1390333Le mot « mascaret » est un mot gascon signifiant « bœuf tacheté ». Il désigne aussi cet ensemble de vagues qui remontent les estuaires à contre-courant lors des marées à fort coefficient, par analogie avec un animal bondissant. Ce phénomène, que les plus sportifs tentent de surfer, attire la foule (photo ci-contre), comme hier soir à St-Pardon, sur la commune de Vayres, près de Libourne (localisation).
Le phénomène du mascaret se produit dans des estuaires larges et peu profonds. Il s’agit de la rencontre de la marée descendante et de la marée montante, celle-ci produisant une vague qui peut être aussi spectaculaire que dangereuse : le mascaret ayant lieu en Chine, au sud de Shanghai, fait régulièrement des victimes, comme hier où des spectateurs ont été frappés sur la rive par une vague de plus de 6 mètres de haut. Il parait que ce mascaret est si puissant qu’on peut l’entendre 22 km avant son arrivée.
En Europe, les mascarets sont rares. On peut en voir deux en Grande-Bretagne et seulement un en France, depuis que les aménagements du port du Havre ont arrêté net celui qui se produisait sur la Seine. En France, donc, le seul mascaret se produit sur la Gironde et ses deux affluents : Garonne et Dordogne. C’est sur cette dernière que la vague (ou plutôt l’ensemble de vagues) est la plus prisée.
On voit ainsi, dans la demie heure qui précède l’heure H, les sportifs se laisser glisser en aval, profitant de la marée descendante :

préparatifs P1390315

On aperçoit la vague d’assez loin, même si le coefficient n’était pas le plus fort de l’année (98) :

vague P1390323vague P1390324

Tout ce qui glisse est bon à prendre, mais on note quand même un joli succès pour le paddle :

Le spectacle est bref mais superbe. La vague passe, précédée d’un léger vent frais qui se calme aussitôt après. Certains surfent, glissent et pagaient sur les dernières vagues. Ça va vite, et en même temps et curieusement c’est assez calme. Magique.

fin P1390331à cliquer :