Y’en a même qui disent qu’ils l’ont entendu ronfler

carré P1380626Nantes en été, ça rime avec art contemporain. Pour la 2e année, on peut s’offrir « Le voyage à Nantes », parcours urbain qui reprend en partie des œuvres pérennes d’Estuaire (dont la dernière édition eut lieu l’an dernier) et du premier « Voyage à Nantes ». Mais il y a aussi quelques nouveautés, notamment au Jardin des Plantes, lieu herbeux et ombragé qu’il fut délicieux de parcourir la semaine dernière, alors que les températures dépassaient mes normes acceptables : nous, gens de l’ouest, aimons l’air marin et tonique.
Au Jardin des Plantes, donc, un auteur de littérature jeunesse a eu carte blanche pour animer le lieu : il s’agit de Claude PONTI, qui manie le néologisme comme le jardinier manie la bêche. Ses ouvrages sont largement publiés à L’Ecole des Loisirs, un des meilleurs éditeurs de littérature enfantine qui soit.
Parmi ses œuvres ludiques et jardinières se trouve un poussin endormi, les bras sous la tête. Car dans l’univers de PONTI, les poussins sont des topiaires et ont des bras. Cool, le bestiau. De taille exceptionnelle, la bête est en fait un massif floral aux pattes en bambou : les Nantais ont eu le plaisir de voir les plantes pousser autour de l’armature formant le poussin. Un petit panneau explique que des gens ont entendu le poussin ronfler, mais ce sont des bobards : des plantes qui ronflent, ça n’existe pas.

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Collection # 206

On the beach
Damgan (Morbihan), 23 et 24 juillet 2013

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Est-ce donc cela, un été pourri ?

été tempsDes étés pourris, j’en veux plein. Même à l’automne, même à l’hiver. A-t-on tant jasé sur ce printemps mouillé qui ne pourrait faire naître que froid estival et pluie sur l’hexagone, que cela prenait la couleur d’une prophétie auto-réalisatrice ?
Et pourtant, depuis que juillet a balancé sur les routes ses hordes de vacanciers avides de sable et de mer, il fait beau et chaud. Très chaud. A peine sortis des frimas de juin, on nous alerte sur la canicule. Au secours, nos vieux se déshydratent et nos jeunes se noient dans les lacs. Pas drôle, l’été, mais de saison.
Je me souviens d’un article lu sur le web le 1er avril. Comme c’était le jour de la St-Poisson, je ne l’ai pas pris au sérieux, j’ai eu tort. Il y était question de gulf stream en vrac, perturbé dans les profondeurs. On y narrait un printemps de glaçon, avec port des bottes et des doudounes jusqu’à la fête de la musique. C’est dire si ça devait cailler et mouiller. Et ça a caillé et mouillé : dans ma commune, la fête de la musique a été annulée pour cause de patouille infernale. Et puis cet article prédisait aussi une canicule qui te tombe sur le poil d’un coup, dès juillet. 1er avril ou pas, cet article était juste.
Pour les jours à venir, on nous annonce des températures très chaudes. Je pense que je vais me creuser un terrier pour me mettre au frais. Ou trouver en urgence un billet gratuit pour l’Islande. Je vais encore rêver de Dunkerque, de l’Ecosse et du cercle polaire. « On », c’est Météo-France et Sud-Ouest (bulletin en haut à droite).
Donc été pourri. Soit. Ça doit être ce qui explique que la Bretagne a connu, en ce mois de juillet, un temps normal pour la saison :

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Photo : Damgan (Morbihan), un matin de juillet 2013

Le panicaut maritime

carré P1380289 Le panicaut maritime est un cousin de l’immense famille des chardons (liste sur wikipédia). Ce n’est cependant pas un chardon au sens taxinomique du terme, mais plutôt une plante de la famille des carottes. Le mot « panicaut » serait à l’origine un mot occitan signifiant « pain chaud », car quand on le touche, il brûle. Dans l’Antiquité, il était plus ou moins considéré comme antidote aux morsures de serpent, mais l’efficacité ne semble pas avérée. Sa racine est considérée comme comestible une fois cuite, et son goût est réputé proche de celui de la châtaigne. Autrefois, cette même racine fut utilisée pour lutter contre le scorbut. Un auteur anglais du XVIIIe siècle y voyait une plante provoquant des flatulences et favorisant la miction ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, l’industrie pharmaceutique l’inclut dans des préparations diurétiques. Le panicaut maritime a aussi été considéré comme aphrodisiaque et utile dans la lutte contre certains troubles neurologiques.
Comme tous les chardons et assimilés, il pique fort : c’est une excellente raison pour ne pas le cueillir. Il faut surtout le laisser en place car il participe au maintien de la dune. Dans certaines régions, comme la Bretagne, c’est une espèce protégée.
le logoC’est vraiment une des espèces florales les plus emblématiques des littoraux français, en particulier des côtes sableuses : ce n’est pas un hasard si le Conservatoire du Littoral en a fait son logo.
Le panicaut maritime fleurit pendant tout l’été. Ses racines peuvent êtres les hôtes d’un champignon : le pleurote du panicaut, qui pousse aussi au pied du panicaut champêtre. Les racines du panicaut peuvent atteindre les 3 mètres, ce qui lui permet de survivre sans dommage en hiver et d’aller puiser son eau en été, tout en lui assurant une bonne solidité contre le vent en toutes saisons.

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Photos : île d’Oléron, juillet 2013

La matthiole sinuée

giroflée des dunesCette fleur endémique du littoral atlantique tire son nom d’un médecin vénitien du XVIe siècle, féru de botanique : Pier Andrea Gregorio Matthioli. Elle est plus connue sous le nom de « giroflée des dunes ». Ses feuilles ont un peu l’aspect d’une plante grasse, qui s’explique par la nécessaire adaptation à un milieu difficile : le sable, le vent sont le quotidien des fleurs de dune.
En France, elle est présente sur tout le littoral du Pays Basque au Cotentin. Elle est plus rare en Méditerranée, et semble même avoir quasiment disparu de la Côte d’Azur. Elle est classée comme espèce vulnérable au Royaume-Uni, mais ne bénéficie d’aucune protection particulière en France.
Bien qu’elle soit de la famille des crucifères, comme le chou, le navet ou la moutarde, la giroflée des dunes n’est pas comestible.

Photo : île d’Oléron, 26 juillet 2013

Les vacances, ça ressemble à …

… une balade en forêt pour chercher l’ombre les jours de canicule … :

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… la douceur d’une plage calme qui sent bon … :

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… une œuvre surprenante et anxiogène d’un artiste espagnol … :

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… l’océan au petit matin, quelque part dans le sud de la Bretagne … :

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… la rivière de Pénerf … :

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… des coquillages sur la plage … :

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… des types qui font le mur à la bombe … :

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… la sieste d’un poussin géant … :

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… l’odeur poivrée de la dune … :

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… et un ciel d’orage sur la grande plage de St-Trojan, hier, sur l’île d’Oléron :

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Les vacances, c’était à la fois l’île d’Oléron et la Bretagne, le grand calme, les baignades dans l’eau tiède, et puis aussi le mode « fête », avec amis et famille, et c’était bien. Et surtout, c’était les vacances à la mer, les meilleures, forcément.

C’était il y a trois ans : voyage à New-York [8/8]

26 juillet 2010

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C’était il y a trois ans : voyage à New-York [7/8]

25 juillet 2010

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Collection # 205 / C’était il y a trois ans : voyage à New-York [6/8]

24 juillet 2010

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C’était il y a trois ans : voyage à New-York [5/8]

23 juillet 2010

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C’était il y a trois ans : voyage à New-York [4/8]

22 juillet 2010

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C’était il y a trois ans : voyage à New-York [3/8]

21 juillet 2010

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C’était il y a trois ans : voyage à New-York [2/8]

20 juillet 2010

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C’était il y a trois ans : voyage à New-York [1/8]

19 juillet 2010

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Le héron qui tirait la langue

héron P1380151Ce héron-là passe le plus clair de son temps en ville. Bien que fort urbain, ce héron semble impoli puisqu’on le voit fréquemment tirer la langue (photo ci-contre). C’est chose banale chez le héron.
Héron urbain, disais-je. Très souvent présent dans le jardin public de Bordeaux, il peut passer des heures à fixer la mare dans l’attente de la carpe qui conviendra à son appétit et qu’il parviendra à choper.
Ce matin donc, ce brave héron des villes attendait son heure et son repas. D’un coup, il se baissa vers l’onde verdâtre. La photo est floue, veuillez m’excuser pour cette approximation :

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Il en ressortit glorieux et nanti d’une carpe d’une assez jolie taille, bien coincée par la gueule. C’est toute une technique, la pêche à la carpe :

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Heureux mais prudent, le héron s’enfuit profiter de son repas loin des regards indiscrets.

Collection # 204

House of Knowledge
Sculpture de Jaume PLENSA
Bordeaux, Place de la Bourse, 15 juillet 2013

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Que la prudence soit

Le fleuve s’appelle Adour. Adour toujours, s’il ne reste que l’Adour, bref un truc qui se chante façon romance mais gare quand même aux débordements. Parce-que parfois l’Adour déborde. Et si ce n’est l’Adour ce sont les gens, les festayres imbibés qui ne trouvent plus ni les arènes ni leur logis en ces temps estivaux dits « des fêtes ». Fêtes de Dax, bien sûr, au milieu du mois d’août. Une feria classique, avec son quota de beuveries. Et les risques inhérents à ladite beuverie, dont le plongeon involontaire dans l’Adour n’est pas le moindre.
D’où quelques panneaux municipaux indiquant à l’imbibé désinhibé que certains actes peuvent s’avérer dangereux, comme de nager dans l’Adour (une vilaine pleine de courant) ou de grimper aux réverbères … :

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… ou même d’effectuer quelques pas de danse classique sur les parapets :

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Photos : Dax, 15 juillet 2013

Des filles de 2013

En effectuant ses premiers repérages à Bordeaux, en vue de l’expo estivale, Jaume PLENSA a eu envie, puis a réalisé, sept sculptures féminines en fonte de fer. Deux de ces sculptures immenses représentant des visages féminins sont ainsi visibles actuellement : Paula et Sanna. Voici Paula telle que l’on peut l’admirer sur la place Pay Berland … :

Paula

… et voici Sanna, installée place de la Comédie :

Sanna

Ce sont deux visages très doux, comme ceux de deux sœurs jumelles nées sous le signe du repos, et par ces grosses chaleurs, le repos s’impose. De loin, le matériau utilisé donne l’impression d’être du bois ciré, ce qui accentue encore l’impression de douceur. Le modèle sur lequel s’est appuyé à l’artiste est une jeune fille bien réelle, une Paula de Barcelone qu’il rencontre fréquemment à proximité de son atelier.
Un seul regret, mais c’est une impression toute personnelle : que les deux sculptures n’aient pas été installées côte à côte.

Un jardin sur la Seine

En juin dernier, 2,3 km de berges de Seine ont été totalement rendues aux piétons en rive gauche. Espaces ludiques et de repos alternent dans un décor très zen et surtout démontable en cas de crue. Parmi cet ensemble se trouve un jardin flottant à proximité du pont de l’Alma, dont il est très agréable de profiter si la température baisse un peu : dimanche dernier, c’était cagnard, mais joli quand même. Impression en images :

Collection # 203

Port de l’Arsenal
Paris, 6 juillet 2013

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Le nouveau titi parisien

bergeronnette des ruisseauxP1370900C’est d’abord la couleur jaune qui saute aux yeux : mais quel est donc ce si joli zozio qui cherche pitance au bord de la Seine ? L’identification du piaf, quand on n’est ni ornithologue ni même amateur éclairé, relève du jeu de piste.
Résultat des courses : il s’agit presque à coup sûr d’un provincial monté à la capitale, en l’occurrence la bergeronnette des ruisseaux, dont les premiers spécimens ont été identifiés à Paris dans les années 1990. On les comptait alors sur les doigts de la main. Dans les mêmes temps qu’à Paris, cette bergeronnette-là s’est aussi installée à Bruxelles et Londres. En 2001, un couple est repéré sur le toit d’une école du XIVe arrondissement. En 2008, à Paris, entre 10 et 15 couples nichaient sur les bords de la Seine, en particulier aux abords de l’île St-Louis. Actuellement, il y en a beaucoup plus, toujours sur la Seine (cet oiseau adore s’abriter sous les ponts), mais aussi sur les canaux et dans le port de l’Arsenal.
Cet oiseau se sent à l’aise partout où il y a de l’eau (d’où son nom), mais parfois il s’en éloigne : des bergeronnettes des ruisseaux ont été vus près de la gare du Nord et dans le quartier de l’Opéra. Cet oiseau recherche d’abord la proximité de l’eau pour construire son nid, celui-ci accueillant souvent deux couvées par an, et ensuite pour trouver de la nourriture, celle-ci étant essentiellement composée d’insectes et de larves aquatiques.
Certaines bergeronnettes des ruisseaux sont des migrateurs, d’autres nichent toute l’année au même endroit. C’est le cas des bergeronnettes parisiennes, qui ne partent plus sur la Méditerranée dès les premiers frimas.

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à cliquer :

Photos : Paris, 6 juillet 2013

Des mélomanes

Jaume PLENSA expose onze de ses œuvres à Bordeaux jusqu’à la fin de l’été. Parmi cet ensemble se trouve une installation reposante, dans le Jardin Public. Il s’agit d’un ensemble fait de bronze et d’arbre (du vrai arbre, avec tronc, feuilles et racines) représentant sept hommes et intitulé « Heart of trees ». Cette œuvre date de 2007.
Les hommes se ressemblent tous et sont assis dans une position que l’on retrouve dans d’autres œuvres de PLENSA. Chaque homme enserre un arbre dans ses bras, y est attaché définitivement, physiquement. Ce qui distingue les personnages tient en quelques mots : ces mots sont les noms de musiciens célèbres.

Collection # 202

Champignons
Avril, mai, juin 2013

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Un tout petit bufo bufo ?

crapaudP1370793C’est une balade en forêt comme je les aime, à Andernos comme bien souvent. On flâne le nez au sol, c’est la saison des girolles. On marche un peu au hasard, choisissant le chemin en fonction de la hauteur des fougères. On a donc le nez au sol, disais-je, c’est la saison des girolles, et le soir on voulait faire risotto au parfum de sous-bois.
On voit quelque chose qui bouge, de la même couleur que la terre sableuse moelleuse. Je pense un peu vite à un genre de scarabée, un gros insecte pas identifié. De plus près, on découvre un crapaud de 2 cm de long.
Est-ce un jeune qui hier encore était têtard dans le minuscule ruisseau qui lui servit de mare natale ? ou est-ce une espèce à part, pas le bufo bufo de base, un autre ?

Street art [38]

Orsay