Y’en a même qui disent qu’ils l’ont entendu ronfler

carré P1380626Nantes en été, ça rime avec art contemporain. Pour la 2e année, on peut s’offrir « Le voyage à Nantes », parcours urbain qui reprend en partie des œuvres pérennes d’Estuaire (dont la dernière édition eut lieu l’an dernier) et du premier « Voyage à Nantes ». Mais il y a aussi quelques nouveautés, notamment au Jardin des Plantes, lieu herbeux et ombragé qu’il fut délicieux de parcourir la semaine dernière, alors que les températures dépassaient mes normes acceptables : nous, gens de l’ouest, aimons l’air marin et tonique.
Au Jardin des Plantes, donc, un auteur de littérature jeunesse a eu carte blanche pour animer le lieu : il s’agit de Claude PONTI, qui manie le néologisme comme le jardinier manie la bêche. Ses ouvrages sont largement publiés à L’Ecole des Loisirs, un des meilleurs éditeurs de littérature enfantine qui soit.
Parmi ses œuvres ludiques et jardinières se trouve un poussin endormi, les bras sous la tête. Car dans l’univers de PONTI, les poussins sont des topiaires et ont des bras. Cool, le bestiau. De taille exceptionnelle, la bête est en fait un massif floral aux pattes en bambou : les Nantais ont eu le plaisir de voir les plantes pousser autour de l’armature formant le poussin. Un petit panneau explique que des gens ont entendu le poussin ronfler, mais ce sont des bobards : des plantes qui ronflent, ça n’existe pas.

rectangle P1380625

à cliquer :

Publicités

Est-ce donc cela, un été pourri ?

été tempsDes étés pourris, j’en veux plein. Même à l’automne, même à l’hiver. A-t-on tant jasé sur ce printemps mouillé qui ne pourrait faire naître que froid estival et pluie sur l’hexagone, que cela prenait la couleur d’une prophétie auto-réalisatrice ?
Et pourtant, depuis que juillet a balancé sur les routes ses hordes de vacanciers avides de sable et de mer, il fait beau et chaud. Très chaud. A peine sortis des frimas de juin, on nous alerte sur la canicule. Au secours, nos vieux se déshydratent et nos jeunes se noient dans les lacs. Pas drôle, l’été, mais de saison.
Je me souviens d’un article lu sur le web le 1er avril. Comme c’était le jour de la St-Poisson, je ne l’ai pas pris au sérieux, j’ai eu tort. Il y était question de gulf stream en vrac, perturbé dans les profondeurs. On y narrait un printemps de glaçon, avec port des bottes et des doudounes jusqu’à la fête de la musique. C’est dire si ça devait cailler et mouiller. Et ça a caillé et mouillé : dans ma commune, la fête de la musique a été annulée pour cause de patouille infernale. Et puis cet article prédisait aussi une canicule qui te tombe sur le poil d’un coup, dès juillet. 1er avril ou pas, cet article était juste.
Pour les jours à venir, on nous annonce des températures très chaudes. Je pense que je vais me creuser un terrier pour me mettre au frais. Ou trouver en urgence un billet gratuit pour l’Islande. Je vais encore rêver de Dunkerque, de l’Ecosse et du cercle polaire. « On », c’est Météo-France et Sud-Ouest (bulletin en haut à droite).
Donc été pourri. Soit. Ça doit être ce qui explique que la Bretagne a connu, en ce mois de juillet, un temps normal pour la saison :

bleu P1380469

Photo : Damgan (Morbihan), un matin de juillet 2013

Le panicaut maritime

carré P1380289 Le panicaut maritime est un cousin de l’immense famille des chardons (liste sur wikipédia). Ce n’est cependant pas un chardon au sens taxinomique du terme, mais plutôt une plante de la famille des carottes. Le mot « panicaut » serait à l’origine un mot occitan signifiant « pain chaud », car quand on le touche, il brûle. Dans l’Antiquité, il était plus ou moins considéré comme antidote aux morsures de serpent, mais l’efficacité ne semble pas avérée. Sa racine est considérée comme comestible une fois cuite, et son goût est réputé proche de celui de la châtaigne. Autrefois, cette même racine fut utilisée pour lutter contre le scorbut. Un auteur anglais du XVIIIe siècle y voyait une plante provoquant des flatulences et favorisant la miction ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, l’industrie pharmaceutique l’inclut dans des préparations diurétiques. Le panicaut maritime a aussi été considéré comme aphrodisiaque et utile dans la lutte contre certains troubles neurologiques.
Comme tous les chardons et assimilés, il pique fort : c’est une excellente raison pour ne pas le cueillir. Il faut surtout le laisser en place car il participe au maintien de la dune. Dans certaines régions, comme la Bretagne, c’est une espèce protégée.
le logoC’est vraiment une des espèces florales les plus emblématiques des littoraux français, en particulier des côtes sableuses : ce n’est pas un hasard si le Conservatoire du Littoral en a fait son logo.
Le panicaut maritime fleurit pendant tout l’été. Ses racines peuvent êtres les hôtes d’un champignon : le pleurote du panicaut, qui pousse aussi au pied du panicaut champêtre. Les racines du panicaut peuvent atteindre les 3 mètres, ce qui lui permet de survivre sans dommage en hiver et d’aller puiser son eau en été, tout en lui assurant une bonne solidité contre le vent en toutes saisons.

rectangle P1380693

à cliquer :

Photos : île d’Oléron, juillet 2013

La matthiole sinuée

giroflée des dunesCette fleur endémique du littoral atlantique tire son nom d’un médecin vénitien du XVIe siècle, féru de botanique : Pier Andrea Gregorio Matthioli. Elle est plus connue sous le nom de « giroflée des dunes ». Ses feuilles ont un peu l’aspect d’une plante grasse, qui s’explique par la nécessaire adaptation à un milieu difficile : le sable, le vent sont le quotidien des fleurs de dune.
En France, elle est présente sur tout le littoral du Pays Basque au Cotentin. Elle est plus rare en Méditerranée, et semble même avoir quasiment disparu de la Côte d’Azur. Elle est classée comme espèce vulnérable au Royaume-Uni, mais ne bénéficie d’aucune protection particulière en France.
Bien qu’elle soit de la famille des crucifères, comme le chou, le navet ou la moutarde, la giroflée des dunes n’est pas comestible.

Photo : île d’Oléron, 26 juillet 2013

Les vacances, ça ressemble à …

… une balade en forêt pour chercher l’ombre les jours de canicule … :

vacances P1380210

… la douceur d’une plage calme qui sent bon … :

vacances P1380284

… une œuvre surprenante et anxiogène d’un artiste espagnol … :

vacances P1380317

… l’océan au petit matin, quelque part dans le sud de la Bretagne … :

vacances P1380470

… la rivière de Pénerf … :

vacances P1380478

… des coquillages sur la plage … :

vacances P1380542

… des types qui font le mur à la bombe … :

vacances P1380590

… la sieste d’un poussin géant … :

vacances P1380625

… l’odeur poivrée de la dune … :

vacances P1380699

… et un ciel d’orage sur la grande plage de St-Trojan, hier, sur l’île d’Oléron :

vacances P1380778

Les vacances, c’était à la fois l’île d’Oléron et la Bretagne, le grand calme, les baignades dans l’eau tiède, et puis aussi le mode « fête », avec amis et famille, et c’était bien. Et surtout, c’était les vacances à la mer, les meilleures, forcément.