Les plumes du cormoran

cormoranP1370705Le cormoran, de part son apparente couleur uniformément noire, est aussi appelé « corbeau marin » ; ce terme correspond d’ailleurs à l’étymologie de son nom. Ce n’est certes pas un corbeau, mais c’est bien un oiseau marin. Ou citadin. Ou les deux. À Bordeaux, de nombreux cormorans hivernent en ville (il y en a dans les jardins publics ayant des bassins ou traversés par un cours d’eau), où ils boulottent carpe sur carpe, devant l’air ahuri du héron cendré moyen qui aimerait bien avoir sa part du festin. Dès que les beaux jours arrivent (et certaines années, ils arrivent vraiment !), les cormorans se font moins nombreux.
Très récemment, j’ai eu l’occasion de voir un cormoran posé très près de moi, et c’était la première fois. Et j’ai enfin pu constater à quel point son plumage était beau et pas uniformément noir du tout. J’ai même lu sur le web que le cormoran parait sa cuisse de blanc à la saison peace and love.
Quant aux cormorans qui étalent leurs ailes, semblant les faire sécher (puisqu’elles ne sont pas étanches comme celles du canard), il parait qu’ils tentent juste de faciliter leur digestion, le séchage de la plume ne nécessitant pas une telle mise en œuvre.

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Photos : Bruges (agglomération bordelaise), 26 juin 2013

Ça commence aujourd’hui

Chaque été, la ville de Bordeaux organise une expo ouverte à tous, dont les œuvres, d’inégale qualité selon les années, sont dispersées dans la ville. 2013 s’annonce prometteur, avec les sculptures géantes de Jaume PLENSA. Ces derniers jours, on a pu en voir quelques unes en cours d’installation, l’expo étant inaugurée aujourd’hui. Il en ressort une grande douceur, voire une certaine légèreté. Affaire à suivre jusqu’au début du mois d’octobre. Petit avant-goût avant le grand bain :

expo

Collection # 201

Transhumance
Andernos, 19 juin 2013

Pour la troisième année consécutive, des chèvres et des brebis effectuent leur transhumance annuelle sur le Bassin d’Arcachon, où la commune d’Andernos met à leur disposition les espaces libres de la ville, comme ici l’immense champ qui sépare le port ostréicole de la zone boisée de St-Brice.

transhumance

Deux p’tits trous, deux p’tits trous, toujours deux p’tits trous

En ces temps de fortes marées (coefficients égaux ou supérieurs à 100 jusqu’à demain, autour de 80-90 jeudi et vendredi), il peut être tentant de tâtonner le sable moelleux et la vase fraiche pour y prélever du bivalve à forte valeur ajoutée, à savoir des palourdes.
Plutôt que de s’armer au rayon bricolage section BTP ou d’utiliser sottement pelles, pioches et autres râteaux aux effets désastreux, il vaut mieux respecter les règles de la pêche à pied et y prendre du plaisir. Laissons donc de côté les méthodes « bourrin », aussi peu efficaces (car on pioche au pif, donc à côté) que destructrices pour les habitats et donc pour la ressource.
Commençons par deux mots d’anatomie : les mollusques bivalves, dont font partie les palourdes et les coques, sont équipés de deux petits tuyaux appelés « siphons » (voir schéma). Ces deux siphons sont bien visibles quand les bêtes sont en train de dégorger, plongées dans la bassine d’eau de mer :

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À partir de là, puisque l’on sait comment la bête est faite, utilisons cette connaissance pour localiser son repère. Inutile de creuser comme des tarés à la pelleteuse pour remplir des seaux que personne ne mangera : on n’a droit qu’à 5 kg par personne, et 5 kg c’est déjà énorme. Autant donc pêcher dans les limites légales, mais bien. Les deux petits siphons précédemment signalés se voient dans le sable : c’est par eux que le mollusque aspire et expire. On peut donc, si on y prête attention, repérer à de multiples endroits des petits trous jumeaux :

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L’animal est en-dessous, c’est sûr. Alors on y a va à la main, tranquillement, en regardant au passage les autres animaux qui gambadent sur l’estran, on a le temps : les palourdes ne vont pas partir en courant. À quelques centimètres de la surface du sable, l’animal est là. On le ramasse et on vérifie qu’il fait bien la maille (3 cm pour les coques, 4 cm pour les palourdes). Ici, c’est une coque :

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Photos : île d’Oléron, mi-juin 2013

Le liseron des dunes

Il y a liseron et liseron. Celui des champs est considéré comme une mauvaise herbe par les agriculteurs et les jardiniers car c’est une plante grimpante qui prend la place des autres plantes et tend à les étouffer.
Par contre, le liseron des dunes est une espèce protégée, qu’à ce titre il est rigoureusement interdit de cueillir. A la différence de son cousin des champs, le liseron des dunes ne grimpe pas mais rampe sur le sable, fleurissant de-ci de-là du milieu du printemps jusqu’au début de l’automne.
Ses rhizomes s’enfoncent dans le sol jusqu’à 1,5 m de profondeur. On leur prête des vertus médicinales, notamment dans le traitement des rhumatismes.

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Photos : île d’Oléron, mi-juin 2013

Cédons au marronier du moment : le bac

« […] Il n’échappe à personne que la machine baccalauréat grince de plus en plus et menace de s’effondrer. Certains s’en réjouissent ; d’autres — dont nous sommes — s’en affligent.
    
Voici une série d’anomalies contre lesquelles proteste le personnel enseignant des lycées et collèges. Mais, le mal est ailleurs aussi : il est principalement dans les programmes pléthoriques, les classes trop nombreuses, l’anarchie des classes secondaires. […]
Une même épreuve […] est tantôt trop difficile, tantôt — ce qui est désavantageux pour les bons candidats — trop facile […]. Il est grave que, parfois, les sujets soient, ici ou là, parvenus avant l’examen à la connaissance de quelques candidats : dans telle académie à l’une des deux sessions, il a fallu les changer à la dernière minute. […] Il y a souvent de grandes différences dans l’appréciation des copies pour une même épreuve. Ainsi, en français, les copies assez bonnes quant au fond, mais émaillées de fautes de langue et d’orthographe, tel examinateur les notera bas, tel autre y mettra la moyenne. […] »

Extrait d’un article paru dans L’Ouest-Eclair le 26 décembre 1929

Quelques animaux du marais

Dans le sud de l’île d’Oléron se trouve le marais des Bris, irrigué par une eau douce qui convient aux batraciens, et dont les canaux, en ce mois de juin, sont recouverts d’une file pellicule végétale rouge. Bien pratique, le rouge, ça permet de voir les grenouilles bien vertes qui y cherchent l’âme sœur. La première chose qui surprend en entrant dans le marais est d’ailleurs bien plus le son que l’image : ça fait un barouf d’enfer, une grenouille travaillée par les hormones. Ecoutez plutôt :

Les grenouilles sont effectivement les animaux les plus vus lors de cette balade :

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Mais il y avait aussi de la rainette … :

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… de nombreux spécimens d’un petit papillon noir et rouge. Ci-dessous, une femelle en train de pondre :

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Du côté des oiseaux, deux d’entre eux nous ont particulièrement attiré l’œil. Le tadorne de Belon … :

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… puis l’échasse blanche :

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Balade réalisée le 14 juin 2013

Les rats sont des animaux marins comme les autres

rat P1370459Le rat peut-être « des villes » ou « des champs », façon fable de La Fontaine. Il peut aussi être maritime, la preuve en images.
La scène se passe en fin d’après-midi, dans le sud de l’île d’Oléron. Un rat de taille moyenne se faufile à toute vibrure dans le goémon laissé à l’air libre par la marée basse. L’animal a une préoccupation et une seule (ce qui me permet de l’observer sans qu’il se sente dérangé) : préparer un plateau de fruits de mer pour le dîner.
Sur le plan alimentaire, le rat est connu pour être omnivore et opportuniste. Il mange donc de tout en fonction des circonstances, mais pas forcément n’importe quoi : ce rat-là a bon goût.
Voilà donc le rat de plage qui passe le museau sous les algues :

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Il en ressort avec une proie dans la gueule, se débat un peu, mais il est sûr de lui :

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Au dîner, le rat dégustera du crabe :

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Photos : St-Trojan-les-Bains, 14 juin 2013

Collection # 200

Fleurs du bord de mer
Ile d’Oléron, mai et juin 2013

fleurs

Les coques

coques P1370469Les coques sont des coquillages au goût très fin, que l’on peut manger nature, en sauce avec un poisson ou en risotto, à condition toutefois de prendre quelques précautions basiques :

  1. la coque se pêche sur l’estran sableux, ou mi-vaseux mi-sableux, dès lors que le mollusque a atteint l’âge de se reproduire, âge que l’on évalue par la taille de la coquille. Cette taille, appelée « maille », doit être au-moins de 3 cm sur l’île d’Oléron et dans ses environs.
  2. la coque, gavée de sable, doit le recracher avant d’être cuisinée. Il faut pour cela la faire dégorger pendant plusieurs heures (une nuit, c’est très bien) dans de l’eau de mer, en renouvelant l’opération jusqu’à ce que l’eau soit à peu près claire.
  3. la coque est fragile : elle ne se conserve pas bien et voyage mal. Il vaut mieux la cuisiner dans les 24 heures qui suivent la pêche et il vaut mieux la cuire et la conserver en glacière pendant un trajet long.
  4. on la cuit comme les moules : à couvert et en surveillant, parce-que ça va très vite. On peut éventuellement ajouter du vin blanc dès le début de la cuisson, mais ce n’est pas indispensable. Dès que les coques sont ouvertes, c’est cuit, et il faut les retirer du feu pour éviter qu’elles deviennent caoutchouteuses.

Quelque soit la recette, on doit prendre en compte le côté très salé de ce mollusque. On peut bien sûr en garder le jus, ce serait même dommage de le jeter tant il est utile et agréable pour mouiller le risotto ou pour préparer une petite sauce à la crème. Il faut juste penser à le filtrer pour ôter les derniers éventuels résidus de sable.

C’est beau comme la mer en Bretagne

Il y a, dans notre belle Bretagne, un rivage nommé « côte d’Emeraude ». La mer y est effectivement toujours turquoise, indépendamment de la couleur du ciel et du nombre de cormorans. A chaque fois que je vois l’océan aussi vert, je pense à cet endroit, en particulier à la pointe du Grouin. Je crois bien que pour désigner cette couleur, mais aussi pour signaler le bleu et le vert, les Bretons utilisent le même mot : « Glaz ». Aujourd’hui, l’océan sur les plages de la Gautrelle et des Saumonards, à Oléron, était « Glaz ». Ce même turquoise que sur la Manche celtique, c’était beau.

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Au loin, on aperçoit le fort Boyard et l’île d’Aix. Derrière le virage de la forêt, c’est Boyardville. Ça sentait bon le sel et le goémon, le sable était doux. L’été, enfin.

Le croassant fertile

mâleP1370127Dans le jardin botanique de Bordeaux, ça croasse-coasse en stéréo. Les grenouilles sont en mode « peace and love », ça s’entend et ça se voit. Les mâles gonflent leurs sacs vocaux jusqu’aux limites de la rupture, espérant ainsi séduire et féconder ces dames. Les mâles à voix de baryton, donc les plus vieux, sont réputés comme étant les chouchous de ces dames.
Celles-ci pondent des milliers d’œufs en même temps, dans des sortes de sacs gélatineux, que les mâles fécondent au fur et à mesure que ceux-ci sont expulsés dans la mare d’eau douce. L’embryon de grenouille est ensuite livré à lui-même, la plupart des batraciens faisant fi des prescriptions éducatives et n’ayant jamais lu Dolto.
Au bout d’environ deux semaines, l’embryon sort de l’œuf et devient têtard. Il respire par des branchies et ne sort jamais de l’eau avant sa métamorphose, celle-ci prenant du temps. Sa principale préoccupation est de se nourrir : d’abord des petits végétaux, puis des insectes à partir du moment où la bouche est bien développée, en gros au bout de trois mois. C’est très peu de temps après que le têtard devient grenouille : il peut désormais sortir de l’eau, des poumons ayant remplacé ses branchies.
Le têtard ci-dessous est à peu près âgé de 5 ou 6 semaines, ses pattes antérieures étant visibles :

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à cliquer :

Photos : jardin botanique de Bordeaux, début juin 2013

Collection # 199

Grenouilles
Jardin botanique de Bordeaux, début juin 2013

grenouilles

La preuve par la lépiote

Actuellement, les balades dans les bois ont rarement des fins mycologiques. Pas question de marauder le nez au ras du sol pour dénicher le cèpe ou la chanterelle : ce n’est pas la saison. Il existe certes des variétés de champignons de printemps, mais comme de printemps il n’y a point eu, de champipi non plus.
D’où notre surprise de croiser (et de cueillir) quatre lépiotes élevées, connues aussi sous le nom de « coulemelles ». « Elevées » ne veut pas dire qu’elles sont d’élevage, mais juste qu’elles sont hautes sur patte. Coulemelles, donc, qui commencent généralement à être visible lors des premières pluies de l’été.
Ainsi donc, grâce à ces champignons, nous savons qu’il n’y eu qu’une semaine de printemps cette année, bornée par une fin d’hiver longuette et un début d’été précoce. Quant à la localisation de la cueillette de ce week-end, n’y comptez pas : un coin à champignons, ça ne se dit pas.

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Les portraits d’Alber

Originaire de Tourcoing, Alber vit et travaille aujourd’hui à Bordeaux. Les amateurs de street art connaissent bien ses œuvres, dont le style est aisé à reconnaître : des portraits d’hommes en dégradés de couleurs et aux formes assez géométriques. Régulièrement, Alber expose dans des galeries parisiennes. C’est le cas actuellement (et jusqu’au 20 juin), où une galerie du XIe arrondissement lui fait les honneurs (lien vers la page facebook). Les photos ci-dessous ont été prises dans divers quartiers de Bordeaux, notamment sur le chantier du quartier Darwin (ancienne caserne Niel) :

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Et le Cuauhtémoc quitta le port

marins P1360935Cuauhtémoc fut le dernier empereur aztèque, mort en 1525. C’est aussi le nom d’un navire-école mexicain mis à l’eau en 1982 et basé à Acapulco. Comme le Bélem, qui nous rend souvent visite, le Cuauhtémoc est un trois-mâts barque, mais il est beaucoup plus grand que le Bélem et, dans le cas du Cuauhtémoc, les marins montent dans les mâts, pas sur le Bélem.
C’est peut-être cela d’ailleurs qui marque le plus avec ce bateau mexicain : les marins dans la mâture à l’accostage et lors de l’appareillage. De loin, on dirait des mannequins, des poupées, des playmobils. Et pourtant ce sont bien des vrais marins, croisés la veille dans les rues de Bordeaux, mais le bateau est si grand sur ce fleuve devenu estuaire, que tout homme semble minuscule.
Cette fois-ci, le bateau a passé plus d’une semaine dans le port de la Lune. Il est reparti dimanche dernier en début d’après-midi :

Collection # 198

Des bateaux partout partout
Prologue de la Solitaire du Figaro – Bordeaux – 1er juin 2013

solitaire du fig

Faut pas prendre les zozios pour des z’idiots

L’oiseau urbain, lorsque vient l’hiver, aime trouver pitance dans des mangeoires abusivement nommées « nichoirs ». L’oiseau pas sot sent la tambouille de loin. Mais au cas où. Au cas où son sens olfactif serait perturbé par les fragrances envahissantes des mémères emperlousées et néanmoins à chienchien. Au cas où le bestiau voudrait vérifier qu’il s’agit bien de nourriture pour lui et non pour une girafe. Au cas où, donc. Il vaut mieux que l’oiseau sache à quoi s’en tenir et comprenne que oui, c’est bien là, c’est bien pour lui. Et l’on en conclut qu’un piaf ordinaire peut comprendre un schéma, ce qui n’est pas forcément le cas de quelques candidats à des diplômes de l’enseignement supérieur, mais ceci est une autre histoire.

Nichoir photographié dans le jardin botanique de la Bastide, à Bordeaux :

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Street art [37]

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