Jesus bug sur le Cirès

carré P1360672Le Cirès, je l’ai déjà montré ici : c’est ce cours d’eau qui sert de limite entre les communes d’Arès et Andernos sur le Bassin d’Arcachon. Un ruisseau tranquille et propre : je ne dis pas cela parce-que l’on peut en voir le fond, mais parce-que on est sûr qu’il y a au-moins un polluant qui ne s’y trouve pas. Ce polluant absent, c’est la grande famille des tensio-actifs utilisés dans les détergents. Et ça, on en a la preuve par la punaise (« bug » en anglais), celle qui marche sur l’eau comme le fait le Christ dans la mythologie chrétienne. En anglais, le nom de l’hémiptère hétéroptère est d’ailleurs « Jesus bug ». En français, cette punaise d’eau se nomme « gerris », c’est moins évocateur.
Pour marcher sur l’eau, le gerris dispose de quelques atouts. Tout d’abord, ses pattes sont recouvertes de poils qui repoussent l’eau. D’autre part, la tension superficielle de l’eau (qui disparait si détergents il y a) lui permet de tenir sans couler, la petite bête étant particulièrement légère.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser en le regarder naviguer sur l’onde pure et légère, le gerris n’a pas quatre pattes et deux antennes, mais six pattes : et oui, les deux petits zigouigouis ridicules au niveau de la tête sont des pattes, ces dernières étant réservées aux activités de chasse.
D’ailleurs qu’est-ce que ça mange, un gerris ? à peu près tout ce qui vit sur et dans l’eau, du moment que cela a la taille adéquate. Une fois qu’il a chopé sa proie, il la perce, y injecte une des sucs digestifs et aspire la bête liquéfiée déjà pré-digérée.
Le gerris, enfin, est capable de voler, mais cela est plus difficilement observable que le gerris marchant sur l’eau, car l’animal apprécie surtout les voyages aériens la nuit.

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Photos réalisées à Andernos le 26 mai 2013

Collection # 197

Le lac des cygnes
Arès, 26 mai 2013

Pour voir la famille en mouvement, téléportez-vous à l’annexe.

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Des animaux sur l’eau

carré P1360601Il y a, devant la base sous-marine de Bordeaux, une épave moche et agonisante, dont on se demande bien pourquoi elle n’a été ni enlevée ni coulée. Mais le quartier dans laquelle elle se trouve ressemble à « une enclave berlinoise », selon les propos d’un journaliste de Sud-Ouest, et tout y semble encore possible avant que des immeubles jaillissent de partout, ce qui est déjà en cours. Quartier industriel et populaire en voie de modernisation et de gentryfication. En attendant le gommage social et architectural, ce quartier des bassins à flots, et plus largement de Bacalan, est un lieu rêvé pour toutes les expériences artistiques.
Dans le cadre de la toute nouvelle animation B-ar-b-b-art, portée par l’artiste Jean-François BUISSON, l’espace public devient le lieu de diverses manifestations artistiques. A ce jour et à ma connaissance, une seule œuvre est visible, et c’est là qu’intervient notre épave moche du début.
Grâce à l’action bienveillante de FAREWELL, artiste parisien branché street-art et téléporté tout exprès à Bordeaux, l’épave a pris des couleurs et s’est transformée en arche de Noé, d’ailleurs c’est le nom de l’installation. Le résultat est simple (mais encore fallait-il y penser) et joyeux, certains diront « mignon », mais l’art n’a pas pour but d’être mignon : la vieille embarcation, toujours de guingois, abrite désormais des dizaines de peluches, de toutes espèces, de toutes couleurs et de toutes tailles.

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Un trimaran de course en rive droite

bateauP1360657Depuis vendredi soir et jusqu’au 2 juin, la fête bat son plein sur les quais : c’est « Bordeaux fête le fleuve », manifestation inégale ayant lieu tous les deux ans. La précédente édition, sous le signe évident d’une austérité budgétaire palpable, avait été aussi brève que décevante.
Cette fois, inauguration du nouveau pont oblige, la ville a mis le paquet, accueillant notamment le départ de la Solitaire du Figaro. Histoire de bien rester dans le ton des courses au large, le bateau qui a gagné la dernière Route du Rhum, alors sponsorisé par Groupama, est installé en rive droite, pile devant les bureaux du nouveau sponsor : Banque Populaire, qui l’a racheté lors du dernier Vendée Globe, alors que son petit protégé, le skipper Armel Le Cléac’h, faisait des ronds dans l’eau de manière magistrale. Le Cléac’h embarquera donc pour la Route du Rhum 2014, avec dans les mains le trimaran qui a remporté la précédente édition.
Fin de la page de pub du dimanche soir.

Street art [36]

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Finalement, c’est peut-être le printemps

limace P13605511) la limace, mollusque à sang froid, s’immobilise dès que la température extérieure descend en-dessous de 5°C
2) la limace vue dimanche dernier vaquait lentement mais sûrement à ses occupations
Conclusion : la température extérieure est suffisante, l’hiver est donc fini. CQFD.
La limace, donc, d’un orange soutenu, glissait dans l’herbe, entre deux bouchées de feuilles bien tendres. Car, comme son vague cousin l’escargot, la limace boulotte de la feuille : il n’y a qu’à voir ce qu’il reste de mon basilic ! Mais elle aime aussi certains fruits, des tubercules et des racines.
Face au froid (hivernal ou, désormais, printanier), la limace se terre pour ne point mourir car, à -3°C, la bête ne survit pas. Elle n’aime pas non plus les fortes chaleurs, qui peuvent lui faire perdre une bonne part de son poids, façon sorbet à l’orange en train de fondre. Elle aime vivre dans les zones humides, car l’humidité est la condition sine qua non lui permettant de fabriquer le mucus indispensable à ses déplacements. D’où l’aspect baveux, certains diront « répugnant », de l’animal.
Son mode de reproduction est assez rigolo, la limace étant hermaphrodite. Cela veut dire qu’elle est à la fois mâle et femelle, mais avec une petite subtilité : pas en même temps. Il y a donc bien accouplement, à l’ancienne, avec ponte d’œufs par madame, ceux-ci pouvant mettre jusqu’à trois mois pour éclore, tout dépend des conditions météo. En gros, plus c’est humide, plus ça va vite !
La vie n’est pas si simple pour elle : ses prédateurs sont les hérissons, les rats, mais aussi les jardiniers, qui la considèrent comme nuisible. Si vous voyiez mon basilic !

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Photos réalisées sur l’île d’Oléron le 19 mai 2013

Collection # 196

Goélands
Ile d’Oléron, 18 mai 2013

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La balade à Balaruc

Etang de Thau, 8 mai 2013. Je ne connaissais la station thermale et balnéaire de Balaruc que de nom, j’ai pris une petite heure pour faire plus ample connaissance, via une promenade pédestre très agréable et plutôt calme : la promenade Georges Brassens. Première image : une eau très claire, avec des moules dedans.

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La balade offre aussi une vue assez complète de l’étang de Thau :

balaruc Etang de Thau vu de Balaruc - 8 mai 2013

On prend un virage, et c’est la ville de Sète qui saute aux yeux :

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Une fresque représente la star sétoise : BRASSENS, attablé devant « La cabane à Lolo », avec d’autres personnages, comme Dali, qui tente une entrée par la cheminée. Pour lire la description de cette fresque, cliquez ici.

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Et surtout, chose qui semble incongrue alors que les frimas sont revenus : des gens en maillot de bain bronzaient tranquillement.

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La méduse et le bécasseau

méduses P1360448En ce mois de novembre mai 2013, alors que les pull-over et coupe-vent sont plus seyants que jamais sur les plages définitivement non ensoleillées, les méduses sont là, en embuscade, attendant mollement le baigneur inconscient, le seul capable de casser l’iceberg et d’affronter l’océan avec son joli maillot en laine polaire orange. Parce-que l’orange est une couleur chaude et qu’on n’est jamais trop prudent.
La méduse ne craint a priori rien de l’homme : c’est lui qui la fuit comme la peste, puisque la bougresse, outre son aspect peu appétissant, injecte un charmant venin aux pouvoirs urticants, ceux-ci pouvant même être dangereux. La maousse échouée sur le sable, en photo en haute à droite, ne fait pas partie des méduses les plus dangereuses, mais, dans l’eau, la bête impressionne. Ainsi posé par la marée redescendue plus vite que le cnidaire (car les méduses sont des cnidaires, profite de ce blog pour enrichir ton vocabulaire), l’animal pourrait, de loin, évoquer une tortue marine : c’est fou comme l’envie de tropiques se manifeste en novembre mai.
Plus vicelarde est la petite méduse avec des couleurs dedans. Son poison est réputé plus méchant, provoquant des douleurs plus vives :

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Mais l’homme tient le bras armé de sa vengeance : le bécasseau. Ce dernier, dont le régime alimentaire est fort varié (en gros, tout ce qui se trouve sur la vase ou le sable sied à son bec), se délecte aussi des méduses une fois que celles-ci sont passées de vie à trépas, en voici la preuve :

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Photos réalisées sur l’île d’Oléron le 18 novembre mai 2013

Sale gosse !

étourneauxP1360396Vous en avez surement croisé, de ces enfants exigeants, qui monopolisent constamment l’attention ? non ? alors faites prof, comme job, et vous allez comprendre ! Des râleurs habitués à être le centre du monde, il y en a entre dix et vingt par classe. Des accros aux biens matériels, des estomacs sur patte !
On pourrait penser que cette attitude est typiquement humaine, il n’en est rien. Regardez l’air arrogant et même hargneux de ce jeune étourneau réclamant pitance auprès du parent qui l’accompagne dans ses premiers ébats hors du nid. De quoi a-t-il l’air, ce roquet à plumes ? Ah, il avait l’air moins fier, quand il a fallu voler : tangage au décollage, et récupération de la première brindille venue pour ne pas se racler sottement le bec sur les gravillons. Il leur faudrait une bonne guerre, tiens !

Photo réalisée aujourd »hui même à Bordeaux

Collection # 195

Fleurs blanches

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Hop hop huppe !

huppe 4 maiOn l’entend assez souvent, surtout dans les régions situées au sud de la Loire. Son cri (ou chant, chacun met le curseur mélodique où bon lui semble) fait une sorte de « hup hup hup » (on dit qu’elle « pupule »), d’où le nom du volatile : la huppe, ou plus précisément la huppe fasciée (apparemment le seul oiseau du type « huppe » visible en Europe, les autres sous-espèces étant fréquentes en Afrique et en Asie). Si on l’entend facilement, on la voit peu : la huppe sait se faire discrète.
Elle aime nicher dans les arbres creux, y compris dans des trous précédemment aménagés par des oiseaux de la famille des « pics ». À l’occasion, elle peut s’installer dans des bâtiments abandonnés : une simple fissure un peu large lui suffit. Ses nids sont généralement repérables à l’odeur : les déjections des poussins rendent l’atmosphère nauséabonde pendant les trois ou quatre  semaines qu’ils passent auprès de papamaman avant le grand envol, ce qui éloigne les éventuels prédateurs.
La huppe se nourrit de petites bestioles : insectes, larves (surtout la larve du hanneton, dont elle raffole), limaces, etc. Son bec fin et fourchu lui permet de fouiller les moindres interstices.
Depuis une loi de 1976, la huppe est protégée sur le territoire français.

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Photos réalisées à Andernos le 4 mai 2013

Eiffel n’y est pour rien

olargues P1360237Du haut du village d’Olargues, dans l’Hérault, on aperçoit un pont métallique rouge pétant qui franchit le Jaur à 162 m au-dessus du lit de cet affluent de l’Orb. Ce viaduc, à l’origine, était sottement gris, mais le rouge lui va bien. Une plaque indique qu’il est l’œuvre d’un certain EIFFEL, prénom Gustave. Or il n’en est rien. Ce viaduc, autrefois destiné à transporter voyageurs et marchandises entre Mazamet et Bédarieux, a été construit en 1889 (comme la tour de monsieur Eiffel), sous la direction d’un ingénieur des ponts et chaussées de l’Hérault. Sa construction ne semble pas avoir nécessité de relever de défis techniques particuliers, et s’il fut construit en métal ce fut apparemment pour que cela coûte moins cher. La voie ferrée a été totalement abandonnée en 1986 (depuis 1972, elle ne servait plus que pour le fret), et aujourd’hui le viaduc a été intégré à un réseau de pistes cyclables.

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Collection # 194

Densification de l’habitat urbain
Quartier Ginko à Bordeaux

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Comme ça se chante

Le courlis s’appelle courlis car son chant ressemble au son « cour-li », du moins c’est ce que je viens de lire sur le site oiseau-libre.net. Je ne l’ai pas entendu mais juste aperçu, de loin, entre Arès et Andernos, à deux pas de l’embouchure du Cirès sur le Bassin d’Arcachon. En bon limicole, il fouillait la vase épaisse pour y trouver pitance. C’est non seulement un bon limicole, mais aussi le plus grand d’entre eux, du moins en ce qui concerne le courlis cendré, moins rare et moins nordique que le courlis corlieu.
Il n’est pas si courant de voir des courlis, cendrés ou non. D’une part parce-que c’est un migrateur partiel, ce qui signifie qu’une partie des oiseaux se déplace en fonction des saisons, quittant, en ce qui concerne l’Europe, les régions froides en hiver pour mettre cap à l’ouest (beaucoup de courlis hivernent ainsi sur le littoral atlantique). D’autre part parce-que cet oiseau est actuellement menacé : en France, les effectifs sont en baisse en ce qui concerne les migrateurs, à peine stables pour les nicheurs. La fécondité n’est de plus pas exceptionnelle : 5 œufs maximum par an et par couple, ceux-ci étant couvés par la femelle pendant environ quatre semaines, puis les petits sont ensuite essentiellement élevés par le mâle pendant cinq à six semaines. Le courlis cendré n’atteint l’âge de se reproduire que vers deux ans. Compensant peut-être cette maturité tardive, cet oiseau peut vivre assez longtemps : certains spécimens ont atteint l’âge de 32 ans.

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Photo réalisée sur le Bassin d’Arcachon le 4 mai 2013

Une grive tout juste sortie du nid

griveP1360097La grive musicienne est un oiseau très courant, aussi bien dans les bois que dans les jardins. J’en ai ainsi vu une, dans mon jardin, s’acharner à casser la coquille d’un escargot en la fracassant sur la murette, pas gênée par ma présence. La grive ne craint que modérément l’humain, auquel elle est habituée, trouvant bien agréable de pouvoir se restaurer dans les mangeoires à oiseaux.
Plus rare est de voir le petit. Après une période d’incubation de deux semaines maximum, la jeune grive sort du nid en compagnie de ses parents, qui la protègent pendant deux à trois semaines. Les parents sont confiants : la jeune grive que j’ai vue au week-end dernier est restée seule à terre pendant que sa mère (ou son père) fouillait dans le sol pour y trouver de la nourriture. Au bout d’un temps, l’adulte lui servit un ver, que la jeune grive engloutit avidement. A aucun moment, le passage et le bruit des humains ne fit broncher le jeune oiseau. Sage comme une image sur les feuilles, il ne fut même pas repéré par les gamins braillards qui passaient par là.

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Photos réalisées à Arès le 28 avril 2013

Collection # 193

Fête du travail
Manif du 1er mai 2012 à Bordeaux

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