C’est un fameux deux-mâts …

Pendant une semaine et jusqu’à aujourd’hui le port de Bordeaux a accueilli un drôle de bateau, un voilier de 36 mètres de long, conçu pour affronter la banquise : le Tara.

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Le Tara n’est plus tout jeune. Imaginé par Jean-Louis ETIENNE à la fin des années 1980 et mis à l’eau en 1989, il a exploré les régions polaires jusqu’en 1996 sous le nom d’Antarctica. Je me souviens avoir vu ce navire, alors à la fin de sa première carrière, dans le port de Camaret (Finistère) en juillet 1996 :

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Ce voilier, tout en alu, a aujourd’hui sur sa coque les traces de ses aventures :

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Lors de son premier voyage, il a croisé la Terre de Feu, la Patagonie et les rivages de l’Antarctique, tout ça à la force de ses voiles, hissées sur deux mâts rigoureusement identiques hauts de 27 mètres. Il a hiverné au Spitzberg, équipage à bord, de septembre 1995 à 1996. Cela fut techniquement rendu possible par la forme de sa coque (que les glaces ne peuvent ni briser ni broyer ni chavirer) et par la grande qualité de l’isolation qui permet à l’habitacle de garder une température de 18°C quand il fait -40°C dehors. Grâce à sa quille rétractable, il a pu se faufiler dans des eaux peu profondes, toujours à des fins scientifiques.

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Après 1996, c’est le navigateur Peter BLAKE qui racheta le bateau, là encore à des fins d’explorations scientifiques, et le renomma Seamaster. Cette histoire s’acheva tragiquement par l’assassinat de BLAKE sur l’Amazone en 2001. En 2003, le bateau fut racheté et changea à nouveau de nom pour devenir le Tara actuel, mais sa fonction reste la même : l’exploration scientifique.

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De septembre 2006 à janvier 2008, Tara a ainsi dérivé dans les régions arctiques, entre 72° et 80° de latitude nord. L’équipage a pris des mesures de l’atmosphère, de la banquise et de l’océan jusqu’à de très grandes profondeurs, notamment afin d’étudier le réchauffement climatique. Il a mesuré, in situ, l’ampleur de la fonte des glaces arctiques, qui ont connu un recul exceptionnel dans l’été 2007. De 2009 à 2012, Tara a parcouru tous les océans pour mesurer le piégeage du CO2 par le plancton à l’aide d’un matériel très sophistiqué. Tout cela fait de ce bateau un outil précieux pour mieux appréhender les profonds changements climatiques qui résultent des activités humaines, loin des fariboles oiseuses des climato-sceptiques en mal de reconnaissance médiatique.

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Une réflexion sur “C’est un fameux deux-mâts …

  1. Et oui je n’ai pas eu l’occasion lundi dernier d’aller voir son arrivée. De très belles photos et documentation. Je m’étais renseignée à son sujet, ne l’ayant jamais vu ou pris la peine de prendre note de son passage.

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