Le pont que Bordeaux faillit avoir

On parle beaucoup de pont en ce moment à Bordeaux, mise en service de Baba oblige. Néanmoins, les franchissements de la Garonne sont tout aussi rares (5 ponts routiers) que récents à l’échelle de l’histoire de la ville (le plus ancien, le Pont de Pierre, date du XIXe siècle). Les ponts, bien que peu nombreux, sont de types différents : avec de jolies arches pour le Pont de Pierre, d’une affligeante banalité pour le Pont d’Arcins (officiellement Pont François Mitterrand) et pour le Pont St-Jean, suspendu pour le Pont d’Aquitaine, levant pour Baba (Chaban-Delmas, oui, je sais, mais j’en ai marre de ce monsieur le maire qui nomme « Chaban » toutes les construction de sa ville !). Si on ajoute le pont tournant (nommé Pont Tournant) des bassins à flot, cela nous fait une jolie variété. Et pourtant il en manque un, un truc extra qui a fait crac boum hue dans plusieurs villes au début du XXe siècle, et qui pourrait bien recommencer la même chanson sous peu à Nantes : le pont transbordeur. Cela faillit pourtant, ce dont témoignent deux moignons qui émergent de la vase de la Garonne, bien visibles depuis la rive gauche :

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Ces vestiges se trouvent en rive droite, et sont très nets sur GoogleMaps (quadrilatère rouge) :

En plus des deux anciens socles des piles métalliques du pont, se trouvent deux constructions aujourd’hui très abîmées, qui font partie du même ensemble :

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Il n’est pas forcément facile, en rive droite, de s’approcher pour voir les restes de ce qui aurait pu finir en pont :

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A la veille de la Première Guerre mondiale, le port de Bordeaux est en pleine expansion, or un seul pont (le vieux Pont de Pierre) relie les deux rives. En rive gauche se trouvent les hangars, les entrepôts, et, à proximité de l’actuel Baba, une huilerie (aujourd’hui Lesieur, et bientôt ailleurs, qui traitait alors les arachides venant de Dakar). Sur la rive droite se trouvaient des industries chimiques, mais aussi une raffinerie de sucre. Unir les deux berges devenait urgent, ne serait-ce que pour que les ouvriers puissent se rendre sur les différents sites du port. En cela, le projet bordelais correspond à celui de Nantes, celui-ci ayant été mis en service pour permettre aux ouvriers des chantiers navals de rejoindre leur poste de travail.
Un article paru dans les Annales de Géographie en 1919 apporte beaucoup de précisions sur le port de Bordeaux au lendemain de la guerre. Le pont transbordeur ne semble alors pas remis en cause, même si les travaux, commencés en 1910, ont été stoppés net par le conflit, laissant en plan deux pylônes encore visibles sur certaines cartes postales anciennes (en arrière-plan) :

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Finalement, les travaux ne reprirent jamais, et les pylônes furent détruits par les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale.

Collection # 188

De dos, de face et de profil : la grive
Bordeaux, mars 2013

grive

La balade des deux ponts

La récente mise en service du pont Baba ouvre une nouvelle balade à pied, très reposante dans toute la partie située en rive droite de Bordeaux (nettement moins en rive gauche, du moins le samedi par beau temps) :

 

Il faut donc tout d’abord s’attaquer au nouveau pont, dont l’espace réservé aux cyclistes et aux piétons est clairement séparé de celui des voitures :

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Du milieu du pont, on a une vue panoramique sur la Garonne, avec des espaces encore largement industriels en rive droite (à gauche sur la photo) et commerciaux en rive gauche (le centre commercial « Quai des marques », dans les anciens hangars portuaires) :

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Une fois le pont franchi, commence une balade sur un chemin mi-cycliste mi-piéton, encore provisoire, mais qui devrait, d’ici un certain temps (combien ?), devenir un jardin (le parc aux Angéliques) unissant le pont Baba aux jardins déjà existant à proximité du pont de Pierre. Les berges de Garonne conservent encore les vestiges des temps anciens :

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Un des principaux intérêt de la balade est surtout d’avoir une belle vue d’ensemble sur les quais et leurs façades de XVIIIe siècle, ceux-là même qui ont valu à Bordeaux son classement à l’UNESCO ; on peut voir ici une partie du quartier des Chartrons, avec ses deux maisons hollandaises en plein centre de la photo :

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On passe aussi devant l’esplanade des Quinconces, où se tient actuellement la très sonore Foire aux Plaisirs de mars (partie droite de l’image) :

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Puis on arrive enfin au pont de Pierre :

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Dernier coup d’œil sur la Garonne, et fin de la partie calme et tranquille de la balade :

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La sarcelle d’hiver

sarcelle P1350198La sarcelle d’hiver, vague cousine de la sarcelle d’été, est un petit canard (maximum 400 g) aimant les zones humides (comme tous les canards), y compris salées (pas comme tous les canards). Les sarcelles d’hiver vivent souvent en bande, y compris à proximité d’autres oiseaux, comme les aigrettes ou les vanneaux.
C’est un animal qui mange aussi bien des graines de plantes, que des petits animaux aquatiques ou des œufs de poisson. Si elles restent calmes et en groupe dans la journée, les sarcelles d’hiver peuvent parcourir jusqu’à 30 km chaque nuit pour se nourrir, et là, c’est chacun pour soi, le groupe ne compte plus.
Ce volatile ne s’embarrasse pas de précautions débordantes pour faire son nid, qui est construit à même le sol. Au terme de la saison des amours, lors de laquelle les joues du mâle prennent une franche couleur verte, la femelle pond 8 à 12 œufs, qu’elle couve seule pendant trois à quatre semaines. Les petits sont aptes à quitter le nid au bout de 25 jours.

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La sarcelle d’hiver a une assez bonne longévité : il n’est pas rare que certains spécimens atteignent 16 ou 17 ans (record connu à ce jour : 21 ans), comme quoi les voyages forment la jeunesse et permettent de garder la forme. Ce canard est en effet un migrateur qui, en ce qui concerne la France, hiverne principalement en Camargue et sur le littoral atlantique, où il arrive de Scandinavie ou de Sibérie pendant l’été.

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Photos réalisées en mars 2013 dans la réserve naturelle du marais de Bruges (agglomération bordelaise)

2013, une année faste pour les rainettes

rainette P1350308Dis-moi, ami lecteur, que vois-tu qui verdoie dans la mare ? une grenouille ? que nenni, il s’agit d’une rainette. Et la rainette n’est pas une grenouille, même si elle sonorise tout le marais à la saison peace and love, c’est-à-dire entre mars en juin, avec ses « croa croa » nocturnes.
La grenouille est un ranidé alors que la rainette est un hylidé. La différence tient dans les pattes : la reinette a de l’adhésif au bout des doigts (ce qui lui permet de grimper aux arbres), alors que la grenouille glisse sur la première pente venue.
Il n’est pas facile de voir ces petites bêtes vertes, même pendant la saison des amours (en dehors, on n’y pense même pas), tant elles sont craintives et facilement dissimulables dans la végétation. Néanmoins, guidée par le cri d’amour collectif que j’entendais près du phare de Chassiron (île d’Oléron), j’ai fini par choper l’image de celle-ci dans un des bassins du jardin situé au pied du phare. Elle fila fissa une fois l’image dans la boîte.
Pourquoi, disais-je en titre, que 2013 était une faste pour les rainettes ? parce-que depuis des mois il pleut il mouille c’est la fête à la grenouille. Et à la rainette itou, car les têtards des deux amphibiens ont un meilleur taux de survie quand il pleut beaucoup. Tout simplement.

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