Une nacelle pour promener le monde

Au tout début du XXe siècle, les chantiers navals de Nantes sont un des premiers employeurs de la ville. En ce temps-là, Nantes mérite encore son surnom de « Venise de l’Ouest », des bras de la Loire ainsi que l’Erdre sillonnent la ville. Or, les chantiers navals sont situés sur une île, aujourd’hui rebaptisée « Ile de Nantes ».
Les chantiers n’existent plus en tant que tels, mais il en reste des vestiges qui ont été réaménagés pour les loisirs des Nantais. Je pense en particulier à une cale qui servait pour les lancements des navires et qui est devenue un jardin plongeant vers la Loire.
Revenons au début du XXe siècle, plus précisément en 1903 : les ouvriers des chantiers peuvent, à partir de cette date, employer un moyen de transport original pour se rendre au travail. Il s’agit du pont transbordeur. Une nacelle les emmène ainsi d’une rive à l’autre. Le pont transbordeur est un succès total, il ne s’interrompt même pas pendant la IIe Guerre mondiale, l’occupant nazi le trouvant tellement utile et ludique qu’il en fait prolonger le service jusque assez tard dans la nuit.
Au lendemain de la guerre, les temps et la France changent. L’ère du tout bagnole s’impose, modifiant radicalement le visage de Nantes, qui y laisse une bonne partie de son eau. Des ponts asphaltés sont construits, la Loire, qui perd des bras, est de plus en plus facile à franchir. Avec la hausse du niveau de vie caractéristique des Trente Glorieuses, les ouvriers des chantiers peuvent, pour un nombre significatif d’entre eux, acheter une restes du transbordeurvoiture. Le pont transbordeur perd des clients, et donc de l’argent. Devenu déficitaire, son service est définitivement interrompu le 31 décembre 1954. La décision de le détruire est âprement discuté et, à l’inverse de Rochefort, en Charente-Maritime, Nantes met à terre son bel ouvrage. En 1958, il ne reste plus rien du transbordeur, à l’exception des piles qui le supportaient, et que l’on peut encore voir aujourd’hui (photo ci-contre).
Depuis 2008, l’idée de rebâtir un pont transbordeur a germé dans la tête de quelques Nantais réunis dans l’association « Les Transbordés ». Si l’idée a fait sourire au début, elle est désormais prise au sérieux. Un bâtisseur de ponts bien connu, Michel VIRLOGEUX, s’intéresse au projet. Ce monsieur est notamment un des papas du pont levant qui entrera en service à Bordeaux en mars, mais aussi du pont de Normandie et du viaduc de Millau. Autant dire une pointure. En 2011, un projet bien ficelé voit le jour, pour un coût estimé à 80 millions d’euros. C’est un projet ambitieux, mais qui répond aux exigences du développement durable et à la reconquête de leur fleuve par les Nantais.
Il y a une dizaine de jours, le coût du projet a été revu à la baisse (50 millions d’euros). Il s’agit de construire, à l’emplacement de l’ancien transbordeur, un ouvrage permettant de transporter, grâce à une nacelle longue de 30 mètres, piétons et cyclistes, mais aussi un tramway. On attend le début des travaux …

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Le défi des graffeurs

GIMME THE LOOT
Film d’Adam LEON

l'afficheSofia et Malcolm sont deux potes, deux graffeurs qui laissent leurs marques à la bombe sur les murs en hauteur de New York City, du street art comme j’aime. Partenaires, comme ils se décrivent eux-mêmes, ils se lancent un défi après avoir été écœurés de constater que leur œuvre avait été taguée par des minables tout juste bons à tracer des virgules de merde. Pour réussir ce défi, il leur faut graisser la patte à un gardien de stade, et ils n’ont que quelques heures pour trouver le blé.
Le film file vite, peut-être caméra sur l’épaule, dans les rues du Bronx, du Queens et de Manhattan, avec leurs habitants et leurs habitudes. Petite galerie de portraits au passage, qui nous montre que nos deux loustics, malgré la bonne volonté qu’ils y mettent, ne seront jamais ni des truands ni des méchants. D’où le désespoir de Malcolm, amoureux au premier regard, qui se laisse embobiner par une bourgeoise apprentie pétasse et néanmoins adepte de certains produits végétaux que la police fédérale réprouve.
Le film, tourné avec peu de dollars mais un enthousiasme contagieux, nous offre 1 h 20 de balade dans New York ainsi qu’une jolie histoire, avec de l’amitié et des chaussures de sport.

Puisque je vous dis que ce sont des photos en couleurs !

Balade dominicale du 20 janvier. Une éclaircie au beau milieu de journées entières de pluie, de rafales, et même de grêle (ça, c’était hier). Le ciel sombre et uniforme en permanence. Tristounet. Mais quand même, l’éclaircie. Alors on file vers le Bassin d’Arcachon et attaquons notre classique balade à St-Brice, zone boisée à cheval sur les communes d’Andernos et Arès. Les trois photos qui suivent ont été prises depuis le petit pont qui enjambe le Cirès ou à proximité immédiate :

On se dit bien que si soleil il y a eu, celui-ci est quand même plus en régime RTT qu’excès de zèle. Il n’y a qu’à regarder au loin, la presqu’île du Cap Ferret :

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Certes, il reste bien quelques lueurs, quelques vagues souvenirs d’un ciel rassurant et sec :

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On peut même apercevoir les cabanes tchanquées de l’île aux Oiseaux. Contrairement aux apparences, ce n’est pas une photo en noir et blanc, et aucun logiciel n’a été autorisé à la manipuler de quelque manière que ce soit :

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L’arlésienne berlinoise

Parions que cette histoire va coûter son fauteuil de maire à Klaus WOWEREIT. Il faut dire que la facture est de plus en plus salée, dépassant actuellement 4 milliards d’euros, pour construire un aéroport enfin digne de la capitale de la première puissance économique européenne.
Tout individu, même très amoureux de Berlin, ne peut donc que se morfondre en se disant qu’il va encore falloir se farcir le minable aéroport de Tegel, devenu trop petit, dans lequel l’attente dans les salles d’embarquement ressemble à une séance d’entraînement pour des sardines tentées par l’épreuve de la boîte. Pas la peine de vouloir y grignoter quelque chose de sérieux, ou même espérer y boire une vraie bière une fois passé le filtre, il n’y a rien dans les salles d’embarquement. La bière est en boîte. Un comble pour l’Allemagne. Tegel, donc, que j’ai pris en photo par le hublot en avril dernier, pensant qu’il s’agissait d’une photo d’adieu :

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Le chantier du nouveau paradis des avions se situe sur le site de l’aéroport de Schönefeld, à 18 km de Berlin, qui accueille actuellement les vols low cost et les charters. L’ouverture fut d’abord prévue pour 2010, puis pour 2011, puis pour 2012. Dans le même temps, les vieux aéroports doivent fermer, comme a déjà fermé Tempelhof qui, je le rappelle, sert aujourd’hui de terrain de sport, de câlinodrome pour les alouettes et de jardin potager :

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Aux dernières nouvelles, on parle d’une ouverture en 2014, voire en 2015. Et si on attendait la fin du pétrole, et donc du kérosène et des avions qui vont avec, pour en faire directement un magnifique jardin, avec un bar panoramique dans la tour de contrôle ?