Street art [27]

homme

Clet au pilori

clet P1340060J’avais déjà ici, il y a quelques mois, évoqué les œuvres urbaines de CLET, ce Breton sévissant un peu partout, et largement en Italie, et qui s’éclate en détournant les panneaux de signalisation. Bien souvent, le détournement est drôle et bon enfant, parfois le résultat peut s’avérer plus oppressant, comme le panneau ci-contre symbolisant un homme supplicié. Ce panneau a été photographié à Paris, près de la place du Châtelet.

Pour bien accueillir le touriste …

… il faut parvenir à communiquer avec lui. Cela suppose, sinon de parler sa langue, au moins de parler la plus internationale de toutes : l’anglais. Par contre, pour piéger le touriste dans un resto infâme tout juste capable de passer au micro-ondes des plats industriels surgelés, faire semblant de causer english peut suffire, et au-moins ça m’a fait rire. Jugez plutôt :

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La scène se passe à Paris, dans le Quartier Latin. Pour corser le tout, la carte proposait … de la salade grecque. Ça, c’est la french touch !

Collection # 175

Cormoranscormorans

Les mâles et les femelles, c’est pareil

Balade à la pointe de Maumusson, à l’extrême sud de l’île d’Oléron. De loin, et uniquement de loin, on voit des oiseaux alignés. Pendant un temps, nous pensons être face à nos habituels bécasseaux, mais les oiseaux sont nettement noirs et blancs, plus gros que les bécasseaux, grâce au zoom on devine le rouge des becs et le rose des pattes :

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Ces oiseaux, que je n’avais jamais vu en aussi grand nombre, sont des huitriers-pies. Ils n’ont de « pies » que le nom, étant d’une toute autre famille. Aucune caractéristique physique visible, pas même la taille ou le poids, ne distingue le mâle de la femelle. L’essentiel des huitriers-pies d’Europe niche sur la Manche et la Mer du Nord, ainsi que sur la partie bretonne de l’Atlantique. C’est d’ailleurs en Bretagne que l’on dénombre environ 80% des huitriers-pies de France. D’où ma surprise de voir autant de ces oiseaux en Charente-Maritime.

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Les huitriers-pies, non seulement ne sont pas des pies, mais ils ne se nourrissent pas non plus spécialement d’huîtres (même s’ils sont capables d’en percer la coquille). Ce sont des limicoles, donc des oiseaux qui mangent les animaux qui vivent dans le limon, c’est-à-dire dans la vase : petits vers, crustacés, petits mollusques.

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C’est la poule qui fait l’œuf, et c’est la machine qui le vend

distri P1330570On peut tout vendre avec des machines. Il y a des distributeurs à pognon, des machines à café, et même un distributeur automatique d’huîtres à l’entrée de l’île d’Oléron. Le petit commerce n’est plus ce qu’il était, jouer à la marchande deviendra bientôt de la science-fiction. Aujourd’hui, dans le département de la Vendée, sur un parking de la commune de St-Jean-de-Beugné, on a vu une drôle de cahute. On pouvait s’y procurer des œufs. Bio, certes, mais sans la marchande bien aimable qui les met dans la boîte en carton en te disant « vous pouvez les manger coque, ils sont du jour ». Tout se perd, mes enfants, tout se perd. Même le père noël n’est plus ce qu’il était : la semaine dernière, il était attablé à la terrasse d’un bistrot bordelais. A ce rythme, il sera forcément à la bourre pour livrer les cadeaux à temps, y compris les jeux de « petite marchande » qui, de toute façon, ne servent plus à rien ni à personne puisque, de la poule ou de l’œuf on sait aujourd’hui que le gagnant est le distributeur.

Street art [26]

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Une société grecque qui agonise

athènesParler de la crise grecque …. dire encore et encore que, ployant sous le poids des mesures drastiques imposées par les lois de la finance, la Grèce est plongée dans une crise sociale dure et durable que la récente amélioration de la note par Standard&Poors ne fera pas disparaître d’un coup de baguette magique … dire quoi d’autre enfin ? peut-être juste être solidaire, et pour être solidaire il faut comprendre ce que plonger dans la misère veut dire.
Prenons l’exemple des soins médicaux. Avant la crise, se faire soigner et bien soigner était la règle. Les personnes à qui on diagnostiquait un cancer avaient droit à un traitement de chimiothérapie, à d’éventuelles interventions chirurgicales quand cela était nécessaire, dans des délais suffisamment courts pour pouvoir guérir. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Sans argent, la tumeur, même diagnostiquée, se développe sans que rien ni personne ne l’interrompe. J’attends les effets sur l’espérance de vie. Les malades chroniques ne peuvent plus acheter les médicaments qui les gardent en bonne santé voire qui les gardent tout simplement en vie. Les hôpitaux n’ont plus d’argent, plus de quoi payer les personnels chargés de l’entretien (entretien donc assuré par les soignants), plus de quoi acheter le matériel de base. On se croirait dans un des pays les plus pauvres du monde. Pour s’y faire soigner, il faut non seulement payer mais il faut en plus fournir linge et nourriture.
A propos de nourriture, combien de Grecs aujourd’hui font les poubelles ? Combien sont-ils dont les pensions de retraite ont été divisées par deux ? Le taux de chômage dépasse 25% de la population active, et les solidarités familiales traditionnelles ne fonctionnent plus puisque toutes les générations sont touchées de plein fouet par la chute vertigineuse des revenus.
Pas étonnant que le nombre de suicides augmente, surtout chez les hommes. Ces derniers se sentent atteints dans leur virilité et craquent. Même le foot, sport national, est touché : l’équipe d’Athènes ne peut plus jouer le soir, l’électricité coûte trop cher et il devient hors de question d’éclairer le stade.
Que faire ? partir en laissant tout derrière soi ? oui mais il y a la maison qu’il faut finir de payer et qui, crise oblige, ne trouvera pas d’acquéreur. Oui mais surtout, pour partir, il faut encore quelques moyens : les billets d’avion, c’est cher. Et puis pour aller où ?
Que faire ? trouver un bouc émissaire et lui faire porter tous les maux de la terre. Je n’approuve pas le racisme qui se développe en Grèce, cette haine contre ceux qui ont une autre couleur et qu’on assimile à tort à des envahisseurs. Je n’approuverais jamais les slogans nazis qui ont fleuri de-ci de-là dans les manifs. Je n’approuve pas mais je comprends, le désespoir est si grand. Et ça fait peur. Car quand c’est une société entière qui désespère, la démocratie est en danger, même sur la terre qui l’a inventée il y a vingt-six siècles.

—> illustration :

  • Athènes au printemps 2006, on ne parlait pas alors de crise …

—> à cliquer :

Collection # 174

Quelques minutes avant la nuit

Quelques minutes avant la nuit

Et si l’actuel aéroport de Nantes était suffisant ?

avionJe déteste évoquer ici les sujets qui fâchent, c’est pour cela que je n’ai mis aucun grain de sel concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Jusqu’à une date relativement récente, j’admettais qu’il faille peut-être déplacer et agrandir l’aéroport actuel, situé très près de la ville (mais pas plus que celui de Bordeaux, dont personne ne conteste l’emplacement), tout en choisissant un autre site que celui de Notre-Dame-des-Landes, l’expropriation d’agriculteurs et l’artificialisation d’une zone humide étant irrecevables.
Puis les infos arrivent, de plus en plus nombreuses et précises, notamment sur TerraEco, qui n’est pas un canard rédigé par des hippies puant des pieds incapables de plaquer deux accords sur une guitare, mais bien par des journalistes sérieux sachant faire appel à des experts quand cela s’impose.
En terme d’aéronautique, les pilotes sont des experts. Ce sont eux qui font décoller et atterrir les avions avec plein d’humains dedans, ce sont des gens responsables. Or certains pilotes se sont émus des consignes d’approche de l’aéroport de Nantes, celles-ci les obligeant à presque systématiquement survoler l’agglomération. C’est bien ce survol qui donne des sueurs froides aux habitants de la ville, et qui est utilisé comme argument soi-disant irréfutable par les promoteurs du projet (la photo qui illustre cette note a été prise depuis le centre de Nantes, en utilisant le zoom, mais sans le forcer). Or, un pilote interrogé par TerraEco s’est penché sur le sujet et en a conclu que les deux tiers des avions pourraient faire autrement, c’est-à-dire pourraient atterrir ou décoller sans survoler la ville. Pourquoi cet acharnement à maintenir des procédures discutables ? sans verser dans l’imbécile théorie du complot, on peut au-moins y voir une forme de dilettantisme voire de négligence.
De même, ne serait-il pas envisageable de construire une deuxième piste sur cet aéroport existant ? Ça peut s’étudier, non ? dans ce cas, le survol de Nantes deviendrait très ponctuel ou même inexistant, pour un moindre coût. Je ne comprends décidément pas cet acharnement à vouloir remettre au goût du jour un projet des années 60, destructeur et onéreux, sans avantage économique réel. A quoi bon un aéroport à 30 km d’une ville (et à 70 km en ce qui concerne Rennes, qu’il est aussi censé desservir) ? Nantes n’est ni Lyon ni Paris. Cessons de délirer et rendons aux vaches leur plancher.

La fiesta, on l’a dans le baba !

Le 6 mai 1967 fut inauguré le Pont d’Aquitaine à Bordeaux, un pont suspendu très haut au-dessus de la Garonne. Le maire, Jacques CHABAN-DELMAS, avait trouvé judicieux et sympathique de faire de cette inauguration une vraie fête à laquelle étaient conviés les Bordelais et les voisins. Les Bordelais et les voisins sont venus, ont dansé sur le pont, et le pont a bougé en cadence. Les services de sécurité étaient morts de trouille, mais il n’y eut pas d’accident.
31 décembre 2012 : le nouveau pont Baba, qui porte officiellement le nom du maire festif CHABAN-DELMAS, sera enfin achevé. Vincent FELTESSE, président de la CUB, et Alain JUPPÉ, maire de Bordeaux, envisagent de copié-coller la méthode CHABAN, en ajoutant un petit plus : faire coïncider l’ouverture du pont au public (mais pas aux voitures) avec le nouvel an. Méga fiesta prévue, dans un contexte mettant les services de sécurité sur les dents : les mois passés ont vu tomber quelques jeunes gens éméchés dans une Garonne jamais aimable, ils en sont morts. Il y a quelques jours, alors que le pont est encore interdit au public, deux loustics d’une vingtaine d’années, beurrés comme des tartines, ont été récupérés sur le pont par la police. Du coup, messieurs FELTESSE et JUPPÉ jettent l’éponge, la fête se fera ailleurs, si possible sur le plancher des vaches, le plus loin possible du fleuve.

pont baba

Collection # 173

Impression Baba, soleil couchant
Bordeaux – Pont Bacalan-Bastide – 8 décembre 2012

baba

Bateaux sur l’eau

Sincèrement, j’y croyais à peine … les croisières fluviales au départ de Bordeaux rencontrent un succès fou. Inespéré, y compris pour les organisateurs, en l’occurrence une compagnie strasbourgeoise qui avait, au printemps 2011, tenté le coup en transférant un de ses bateaux du Rhône à la Garonne. Et ça marche. Les clients, essentiellement des séniors européens, s’arrachent la balade tranquille au fil de l’eau, découvrant l’estuaire ou remontant la Dordogne jusqu’à Libourne. Ça marche si bien que la même compagnie a actuellement en chantier un nouveau navire qui viendra tenir compagnie au « Princesse d’Aquitaine » au printemps prochain.
Ça marche même tellement bien que deux autres compagnies vont venir jouer dans la même piscine d’ici 2014 : Uniworld et Viking. Ces deux compagnies, qui viendront chacun avec un bateau, s’adressent davantage à une clientèle anglo-saxonne aisée. Le prix de leurs ronds dans l’eau devrait en effet être deux à trois fois plus élevé que pour les croisières sur le « Princesse d’Aquitaine », ce qui pourrait nous mettre la semaine de balade à 3000 €. Les touristes seront bien sûrs amenés à visiter les vignobles du Bordelais, les sites classés à l’Unesco (St-Emilion est tout près de Libourne), et il est même question d’assurer une virée par la route cette fois, afin de partir à l’assaut des vignes et des chais de Cognac.
En ce qui concerne les navires, on reste sur des dimensions à peu près équivalentes dans les quatre cas : 110 mètres de long, et la possibilité d’accueillir entre 130 et 180 passagers.
L’impact économique de ce tourisme fluvial est loin d’être négligeable. Il y a bien sûr les emplois directs, ceux des personnels des bateaux. Mais il y a aussi des emplois indirects : la nourriture dégustée à bord est essentiellement fabriquée dans le sud-ouest. Rien que pour le vin, le nombre de bouteilles servies chaque année sur ce type de bateau tourne autour du million. Les commerçants bordelais eux-mêmes peuvent bénéficier de quelques retombées, les touristes achetant des souvenirs. Enfin, l’acheminement de ces mêmes touristes jusqu’au ponton d’embarquement fait travailler l’aéroport de Bordeaux. Au final, ce type de bateau rapporte beaucoup d’argent à la région, apparemment même plus que les grands bateaux de croisière maritime qui viennent régulièrement poser leur immense façade de HLM des années 50 dans le port de la Lune.

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—> Illustration :

  • le Princesse d’Aquitaine stationné dans un des bassins à flot (février 2012)

—> Source :

Street art [25]

un œuf

Intermède juste avant la nuit

C’est une journée studieuse, cumulant les heures collées à l’ordi pour régler une bonne fois pour toutes et pour les terminales la question de la politique étrangère des Etats-Unis. Une journée où, à deux doigts de mettre le point final à la présidence de Reagan, on se dit qu’il serait bon de voir le soleil avant que celui ci ne se couche. Et hop, direction les quais et le nouveau pont Baba, dont les essais de levage ont commencé. Mais là, le tablier central était en position basse, des ouvriers bossaient encore sur le chantier :

soir P1330403Et puis le ciel est devenu orange, et je me suis retournée pour l’avoir bien dans l’œil :

soir P1330412Enfin il fut rouge vif, rendant presque jolis les ordinairement moches flèches de l’église des Chartrons :

soir P1330416Alors ce fut la nuit et les Etats-Unis gagnèrent la guerre froide par abandon de l’adversaire.

—> à cliquer : une autre photo du même style à l’annexe.

Collection # 172

Chanterelles …
… observées, cueillies, cuisinées et dégustées sur l’île d’Oléron le 1er décembre 2012

chanterelles

Un jardin dans le parc

Le Bois Rivière est un joli petit parc de 4 hectares, à cheval entre le quartier prout-prout-ma-chère du Jardin Public et la cité du Grand Parc. Depuis le printemps 2011, des jardins partagés y ont été aménagés et confiés aux bons soins des riverains désireux de cultiver leurs choux et leurs tomates, ceux-ci recevant les conseils de professionnels réunis en association. Ces jardins portent le nom de « Carrés de cultures ».

2 photosLe respect de l’environnement est bien sûr la règle, sinon à quoi bon faire pousser ses salades si c’est pour qu’elles contiennent autant de pesticides que celles du supermarché ? Les jardiniers amateurs sont invités à économiser l’eau et à fabriquer leur propre compost. Certes, à cette saison, le jardin produit peu, mais on voit tout de même blettes, laitues, choux sortir de terre, et puis aussi des fleurs pour la couleur.

3 photos—> à cliquer :

Street art [24]

passe-muraille

Dans le jardin poussent les oiseaux

Ce week-end, une animation mettait en valeur les actions conjointes de la ville de Bordeaux et de la LPO pour la protection des oiseaux en milieu urbain, en particulier dans les parcs et jardins publics. Il faut reconnaître que ces lieux sont à la fois des havres de paix et des cantines aussi gratuites que copieuses pour la volaille. D’où pléthore de moineaux, étourneaux, mésanges, rouge-gorge, merles, mais aussi bernaches, cormorans, mouettes, et même martin-pêcheur. Il est clair, au vu des oiseaux friands de poissons présents actuellement, que la ville a choisi son camp, et que ce n’est pas celui des carpes. Bref, j’ignore si cela a un lien avec la multitude de zozios et l’animation du week-end (sans moi, trop de pluie), mais des oiseaux métalliques ont récemment poussé dans les mares et sur les pelouses du Jardin Public. Cette installation est-elle pérenne ou sera-t-elle prestement démontée ? je l’ignore. Tout comme j’ignore qui en est l’auteur.

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