L’INSEE vient de publier une étude assez complète sur les habitudes alimentaires des Français, intitulée Le temps de l’alimentation en France. Cette étude met en évidence un tableau assez contrasté voire paradoxal : d’un côté, elle montre que les trois repas par jour restent une évidence pour la plupart des Français. Le temps consacré aux repas est d’ailleurs important (plus de deux heures par jour). Le repas reste encore et toujours un moment de plaisir et de convivialité. Dans le même temps, cette étude pointe quelques travers de notre civilisation, toujours pressée par le temps et devant répondre à des contraintes multiples. Ces travers, qui ne sont pas sans conséquence sur la santé, sont, sans surprise, la part importante du grignotage et la destructuration des repas.
Regardons la chose dans le détail, en commençant par les aspects positifs. Le temps du repas, disais-je plus haut, dépasse les deux heures par jour, ce qui est en légère augmentation par rapport aux années 1980, et ce malgré la multiplication des fast-food, ces temples de la malbouffe. Ce temps gagné à table s’explique en partie par le moindre temps consacré à la préparation des repas : la malbouffe s’achète au supermarché et se réchauffe au micro-ondes. Les repas sont encore essentiellement pris à la maison, en famille, malgré les contraintes professionnelles, et plutôt à heures fixes, quoique un peu plus tard que dans les années 1980, surtout pour le dîner. Seul le petit-déjeuner déroge à cette règle, surtout chez les jeunes, qui sont très nombreux à sauter ce repas.
Passons maintenant aux choses qui fâchent. Les obligations liées au travail empêchent parfois de déjeuner. Ce point, accompagné du côté de plus en plus facultatif du petit-déjeuner, encourage le grignotage d’aliments bien gras et bien sucrés sortis tout droit d’une industrie agro-alimentaire peu scrupuleuse (cette chère huile de palme a de beaux jours devant elle !). Ce grignotage est surtout le fait des jeunes, et pas seulement parce-que les ados en pleine croissance sont de véritables estomacs sur pattes. Les inégalités sociales se traduisent aussi dans ce phénomène : on grignote plus quand on est ouvrier ou employé que quand on est cadre.
Au final, ces comportements induisent des problèmes de santé bien connus : le surpoids touche près d’un quart des femmes et plus d’un tiers des hommes. Le nombre de personnes obèse augmente, or le lien est désormais bien établi entre cette pathologie et le rythme alimentaire.
Si on résume : la situation est plutôt moins préoccupante en France que dans d’autres pays riches, mais les nouveaux comportements, concernant surtout les jeunes générations, risquent de noircir le tableau dans les années à venir.

—> Illustration : miniature du XVe siècle

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