Le Fu Le à La Pallice

Temps très clair ce matin sur la plage de la Gautrelle, commune de St-Georges-d’Oléron. Le paysage au loin se distingue avec une netteté presque parfaite. L’île de Ré et son pont, bien sûr, mais surtout les installations portuaires de La Pallice (port de commerce de La Rochelle) :

Un navire est à quai. L’avantage d’internet, c’est que nous pouvons savoir quasiment en temps réel où se trouvent les avions et les bateaux. Il est donc fort probable que le rafio accosté soit le FU LE, un vraquier immatriculé à Hong-Kong, mis à l’eau en 1998 et d’une longueur de 225 m :

 

Street art [13]

L’arbre va tomber

Depuis plusieurs mois déjà, on voyait ses branches mourir l’une après l’autre :

Il avait été haubané, résistant finalement aux coups de vent, même aux rafales de ces derniers jours :

Mais on ne peut plus rien pour lui. L’immense cèdre du Liban, planté dans le Jardin Public de Bordeaux en 1858, est bouffé de l’intérieur par des champignons. Il pourrit peu à peu, risque de s’effondrer. Un périmètre de sécurité a été installé, d’abord pour protéger l’arbre en évitant le piétinement à proximité de ses racines, un peu comme on impose le silence dans la chambre d’un grand malade. Et puis vint le deuxième périmètre, cette fois pour protéger les visiteurs. L’arbre va tomber, comme dans la chanson de Cabrel. Il va tomber de vieillesse, un panneau explique très bien tout ça.

Il sera bientôt abattu, puis remplacer par un petit jeune en 2013. Il est question qu’une sculpture prenne sa place entre le moment où il sera détruit et celui où le nouveau sera planté, une sorte d’hommage finalement.

Le réchauffement climatique, ça pue !

Il y a quelques semaines, nous constations ici-même que le réchauffement climatique faisait du bruit : souvenez-vous de ces cigales heureuses en Gironde, bien loin de leur région d’origine. Une autre bestiole, originaire de régions plus chaudes voire tropicales, s’est bien adaptée à notre climat océanique : il s’agit de la punaise verte, qui met le bazar dans les légumes de nos jardins et empapaoute les maraîchers depuis une bonne vingtaine d’années. J’apprends au passage, en papillonnant sur le site Terre Vivante, que la punaise et la cigale sont plus ou moins cousines. L’une couine, l’autre pue. Que le premier qui n’a jamais eu l’organe olfactif bousculé après avoir malencontreusement écrasé une punaise me jette une boule puante. Virtuellement : j’ai l’odorat délicat. Donc la punaise verte, de la grande famille de punaises des bois, peut être uniformément verte. D’où son nom. Mais, en fonction des étapes de sa mue, elle peut aussi être assez jolie (pour les voir de plus près, téléportez-vous à l’annexe) :

Plus jeune, elle est à la fois plus terne, plus triste, et bien sûr plus petite, mais il s’agit bien de la même bestiole :

Avant de faire fortune dans nos contrées tempérées, la punaise verte a surtout sévi, disais-je plus haut, sous les tropiques. Elle y ravage fréquemment riz et soja. Mais, en milieu tempéré, elle s’adapte très bien au régime « ratatouille », picorant aubergines et tomates sans autre forme de procès. Son odeur pestilentielle fait fuir les éventuels prédateurs, excepté une vague petite guêpe noire qui pondrait ses œufs dans ceux de la punaise. Pour le reste … l’industrie phytosanitaire semble un peu perdue. En un sens, c’est heureux : il y a assez de produits toxiques comme ça autour de nous. Si elles font trop de dégâts, il vaut encore mieux les empêcher d’agir en posant des filets de protection au-dessus des plantes.

Collection # 162

Première balade de l’automne
Réserve naturelle du marais de Bruges, 22 septembre 2012

Street art [12]

Le tékitoi

Le tékitoi est un zozio format merle qui batifole le long de la jalle de Blanquefort, du côté de la réserve naturelle du marais de Bruges. Le tékitoi porte un tablier noir à pois blanc, mais cela ne préjuge en rien de ses talents culinaires. Le tékitoi craint le z’humain si celui-ci daigne s’approcher à moins de deux mètres, auquel cas le tékitoi s’envole vers l’arbre le plus proche. Si un blogonaute de passage connaît le nom exact du tékitoi, qu’il n’hésite pas à me le transmettre via le canal des commentaires, il y gagnera ma reconnaissance éternelle.

L’insulte suprême

C’est en lisant un article de la Gazette de Berlin qu’une anecdote m’est revenue en mémoire. Selon l’article en question, une antipathie envers les touristes agiterait le Berlinois moyen (à lire ici). Cette antipathie ne m’a pas sauté aux yeux, et j’ai même trouvé les Berlinois plutôt sympathiques. A une exception près : l’anecdote annoncée plus haut.
C’était un matin d’avril sur la PotsdamerPlatz. Une envie de pipi démoniaque, consécutive à un petit-déjeuner gigantesque. Nous arrivons devant les commodités réservées au public et payantes (les bougres !), une corde ferrme symboliquement le lieu de tous mes désirs de l’instant, bien que nous soyons pile poil dans les heures d’ouverture. Nous franchissons la corde comme des sauvages mal élevés (donc en passant dessous délicatement sans tout faire tomber), et Monkeum et moi-même assouvissons nos pressant besoins respectifs. Et là, ça gueule. Monsieur Pipi se met a brailler dans un germanique que je ne maîtrise décidément pas, je le paye pour tenter de le calmer (et accessoirement lui prouver mon honnêteté : non je n’ai pas dealé de la came dans tes wawas, j’ai juste éliminer jus d’orange et café matinaux), mais le bonhomme est furax. Au final il nous insulte, nous traitant de « sarkozy ». Ça ne s’invente pas. Je n’ai pas osé lui renvoyer un « merkel ». Et puis, de toute façon, les présidentielles françaises étaient trop proches pour que cela provoque en moi autre chose qu’une folle envie de rire.

Street art [11]

Collection # 161

Attention !!!

Les coulisses de Baba

Baba : pont Bacalan-Bastide. Les travaux s’achèveront probablement fin 2012, pour une mise en service complète dans le premier trimestre 2013. Si ce pont ne devait pas devenir un aspirateur à voitures, ce serait parfait. La voie centrale est prévue pour le tram (dans un premier temps, des bus assureront les trajets), de part et d’autre du pont, un cheminement cyclable et piétonnier est en voie d’achèvement, mais entre les deux, c’est voiture et c’est dommage.
L’objet doit recevoir son tablier central au début du mois d’octobre. Celui-ci effectue actuellement son voyage en barge entre la région de Venise, où il a été fabriqué, et Bordeaux. Samedi dernier, il était bloqué en Sardaigne par un fort coup de vent, mais il a depuis repris la mer et ne devrait pas tarder à passer Gibraltar. Grâce aux Journées du Patrimoine, il fut possible de monter sur le tablier posé en rive droite, puis de s’approcher au ras des piles, celles-ci faisant penser aux mâts-ailes des bateaux de course. Les piles situées côté ville, donc en amont lorsqu’on regarde le fleuve, seront ouvertes au public et offriront une vue panoramique sur la Garonne et Bordeaux.

Petits secrets des murs

Les Journées du Patrimoine éveille une certaine forme de curiosité, une envie de voir le petit caillou derrière la grosse pierre. Dimanche, nous avons improvisé une virée urbaine, chassant les petits détails dans les coins, sur les façades, les traces qui s’effacent et celles qui restent (à ce sujet, un petit tour à l’annexe s’impose). C’est ainsi que nous nous sommes arrêtés devant une grande bâtisse de la rue du Cloître, aujourd’hui occupée par un service du Conseil Général de Gironde :

Presque tout en haut, en tout cas assez haut pour frôler le torticolis, une allusion à la viticulture locale via la présence d’une barrique :

Des bouilles béantes permettent d’évacuer l’eau du balcon :

Et, plus surprenant peut-être, de part et d’autre de la porte d’entrée, au niveau du sol, des inscriptions en hébreu :

Ça, c’était de la voiture !

Les Journées Européennes du Patrimoine ne permettent pas seulement de faire trois heures de queue devant le Palais de l’Elysée ou le Grand Théâtre de Bordeaux. On peut aussi y voir de vieille bagnoles, tous types confondus. Aujourd’hui, sur la place des Quinconces à Bordeaux, beaucoup de badauds n’avaient d’yeux que pour les voitures de sport :

Mais il y avait une d’autres curiosités. Cette Dodge, par exemple … :

… équipée d’un système permettant d’avoir l’air climatisé (l’espèce de gros boudin au dessus de la vitre) :

Comme il se doit lors de chacune de ces expos, on pouvait s’extasier devant un moteur de Traction :

Mais, puisque je viens d’évoquer Citroën, c’est finalement une de ses voitures les plus populaires qui a attiré mon attention, peut-être parce-qu’elle était moderne quand j’étais moi-même enfant, et qu’il m’est arrivée de monter à bord d’un de ses spécimens : il s’agit de la GS.

Street art [10]

Collection # 160

Des ânes

Le rendez-vous des migrateurs

La cigogne est un volatile de plus en plus banal sur les terres girondines, en particulier du côté du Bassin d’Arcachon. Certains spécimens partent plus au sud en hiver mais, comme la tambouille est bonne et gratuite sur le Bassin, un nombre significatif de cigognes adultes ne migre plus. Le Bassin d’Arcachon propose aussi un service de gîte d’étape pour les cigognes effectuant le voyage entre le nord de la France et l’Afrique. C’est ainsi que dimanche dernier,  tout près du port d’Audenge, un guide-naturaliste comptait les cigognes qui se rassemblaient dans un champ. Il en était arrivé au chiffre de 29. Au milieu de ces cigognes se trouvaient d’autres migrateurs : les spatules blanches, qui, elles aussi, apprécient l’hiver en Afrique. Assurant l’accueil (ou jouant les pique-assiette ?), des hérons cendrés s’étaient mêlés aux oiseaux voyageurs.

Street art [9]

Tout est bon dans la betterave

Ceci est une betterave. Une vraie. Qui a poussé dans de la bonne terre sans intrant chimique assassin. Qui n’a pas fait 500 km pour atterrir dans un rayon d’hypermarché. D’ailleurs cette betterave n’a jamais vécu en hypermarché. C’est une betterave de jardin, une betterave d’AMAP qui a du goût :

Les betteraves de l’AMAP m’ont réconciliée avec ce produit que je trouvais triste, au goût de terre ou sans goût du tout. Les premières qui nous furent livrées étaient très petites. Nous les avons dégustées crues. Puis arrivèrent les betteraves plus volumineuses, que nous avons cuites au four. Un pur plaisir là encore. Et, un peu par hasard et beaucoup par Google, j’ai appris que les feuilles se mangeaient aussi. J’ai donc procédé comme pour les épinards et les feuilles de blettes, faisant cuire les feuilles de betteraves avec un peu de beurre, de sel et de poivre :

Comme pour les légumes pré-cités, la feuille de betterave rétrécit au lavage à la cuisson. Evidemment, au final il en reste fort peu, mais le goût est très agréable, très proche justement des feuilles de blettes et d’épinard, avec même un très léger arrière-goût d’oseille :

Street art [8]

J’ai cru que c’était Berlin

Berlin est le domaine de prédilection du street-art. Et puis aussi du crobard pas terrible. Le mur y est très souvent un support d’expression, utilisé par des gens inégalement doués. La couleur est partout. Du coup, en crapahutant à proximité du chantier Darwin, sur l’ancien site de la caserne Niel (près de la rue de la Rotonde dont j’ai parlé récemment), j’ai eu l’impression que la téléportation existait : c’était du Berlin. Un espace absolument immense, un terrain de jeu aussi fabuleux qu’éphémère, de plus en plus pris en photo (j’ai même vaguement entendu parler d’un livre sur le sujet) :

Ephémère, c’est bien souvent ce qui caractérise l’art urbain, surtout quand il se heurte à des projets immobiliers. Et là encore c’est Berlin qui me vient à l’esprit : hier, la police a évacué de force les derniers occupants du Tacheles. Il y eut bien quelques protestations pour la forme, une caméra qui s’est baladé dans les escaliers qui seront bientôt détruits, et puis plus rien :

Collection # 159

Marée basse
Ile d’Oléron, plage des Sables-Vignier, septembre 2012

Le marronnier se porte bien

Ah ! cette image choisie par les quotidiens ce matin ! la mouflette à couettes, hissée sur la pointe des pieds pour écrire à la craie blanche sur un tableau à l’ancienne … Sérieusement, les journaleux qui publient ce genre d’image n’ont pas mis les pieds dans une école depuis qu’eux-mêmes en sont sortis. Ils sont où, les ordinateurs, les tableaux blancs interactifs (même ça, c’est dépassé aujourd’hui !) ? Finalement, parler de la rentrée, c’est un moyen, pour les professionnels des médias, de retomber en enfance. Un coup de nostalgie parfumée à la colle cléopatre et pleine de poussière de craie.

Street art [7]

Dernier coup d’œil sur l’été ?

Ile d’Oléron, 31 août 2012

Manhattan d’un coup de crayon

Un coup de crayon, un seul ? non. Un sacré boulot, au contraire, mais avant de s’intéresser au prodige, révisons le modèle :

Manhattan, donc, vu de l’Empire State Building. Photo archi banale, mais le dessin l’est moins. A voir en vidéo (si celle-ci fait un caprice, on peut la retrouver sur La Boite Verte) :