Ça déménage

Le Voyage à Nantes, suite. L’œuvre de Leandro ERLICH est installée sur la place du Bouffay et s’intitule « Monte-meuble, l’ultime déménagement ». A vrai dire, on ne sait pas très bien si le monte-meuble apporte les effets un peu ringard d’une famille qui arrive ou si effectivement il s’agit d’un départ. La maison elle-même n’est qu’un angle d’immeuble XVIIIe comme il en existe des centaines dans le quartier, détaché de toute fondation, fixé côté ciel. On pense aussi aux bâtiments en cours de démolition, dont les intérieurs deviennent visibles de tous, avec les tapisseries et les peintures, parfois la trace d’une cheminée ou la faïence d’une salle d’eau, on a tous vu ça des dizaines de fois.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Cliché urbain [13]

PARIS
Printemps 2011

Marcher dans l’explosion

Il s’agit d’une plateforme imaginée par des étudiants de l’école d’architecture de Nantes. Elle jaillit façon explosion entre deux bâtisses du Quai de la Fosse séparée par une ruelle si étroite que deux piétons s’y croisent à peine :

C’est un échafaudage vaguement emballé de plastique translucide. Dire que c’est beau serait fort discutable, mais au moins c’est ludique. On peut y monter. Faut être patient, pas plus de quatre personnes à la fois. Une fois en haut de l’escalier de chantier, on découvre le monde à travers une drôle de lucarne au bout d’un tunel qui semble approximatif :

Si on s’approche, c’est la ville qui perd ses détails et ses formes :

L’installation porte le nom très kitsch de « Superama », façon mode des années 60-70 (remember les « Discorama » de Denise Glaser, et puis vinrent les magasins Castorama, je lis encore Télérama … Toute une époque !). Comme les œuvres non pérennes du Voyage à Nantes, Superama sera démonté après le 19 août.

Cliché urbain [12]

NANTES
Hiver 2010

Et si les œufs étaient tombés du nid ?

Le voyage à Nantes a permis la réouverture au public du dernier étage de la Tour Bretagne, une terrasse au 32e étage. Vue extraordinaire sur la ville du Nantes … et réponse potentielle à l’énigme des oeufs. En effet, un bar a été installé tout en haut de la tour par l’artiste Jean JULLIEN, un Nantais qui a choisi de travailler à Londres. Ce bar se nomme « Le Nid » ; c’est un immense oiseau au bec de cigogne … :

… et au postérieur mi-cygne mi-bar :

Les sièges et guéridons représentent des oeufs, et on y est fort bien assis :

Par contre, le succès du Nid est tel qu’il faut faire la queue un bon moment avant de pouvoir embarquer dans un des deux ascenseurs, puis encore la queue pour commander ses boissons, puis enfin patienter pour s’asseoir. Si tout va bien, ce bar devrait rester définitivement ouvert, certes avec d’autres horaires que pendant l’été (actuellement, on peut s’y prélasser jusqu’à deux heures du mat’).

Des œufs sur la ville

Ultime étape des vacances d’été. Nantes vue d’en haut, ça peut donner ça, façon « splash ! » :

Ou ça :

De l’oeuf au plat sur les toits de la ville. Pourquoi pas, l’époque est propice à toutes les fantaisies, alliant la manifestation d’art de rue « Le voyage à Nantes » à la plus classique manifestation d’art contemporain « Estuaire ». Donc des oeufs, pourquoi pas ? Et s’ils étaient le produit d’un navire en perdition ? Allez savoir, ici, tout est possible.

Cliché urbain [11]

NEW YORK
Eté 2010

Le bar aime le ver tube …

… et moi j’aime le bar. Que je pêche à l’amap ou chez le poissonnier. Mais le pêcheur à la ligne pratiquant le surfcasting peut aussi avoir envie de remonter le bar. Ou la daurade, c’est bon aussi, juste grillée avec un filet de citron et un autre d’huile d’olive. D’où la nécessité de bien choisir ses appâts. Le ver tube, facile à reconnaître, est tout à fait commun sur la côte atlantique, en particulier de la Vendée à la Gironde, souvent à proximité des parcs à huîtres (y compris ceux qui ne sont plus exploités). Il faut prendre la bêche pour aller le chercher sous le sable, où il se planque dans un tube de calcaire (d’où son nom), laissant dépasser un amas de coquillages sur l’estran, très facile à identifier. J’ignore si le réchauffement climatique a quelque chose à voir là-dedans, mais j’ai vu hier une quantité phénoménale de ces vers dans le sud du Morbihan, à une vingtaine de kilomètres de l’estuaire de la Vilaine. Ce ver ne semblait pas bien connu, et encore moins clairement identifié comme appât potentiel, la région semblant plus propice à la pêche à pied qu’à la pêche à la ligne.

Cliché urbain [10]

PARIS
Automne 2008

Cliché urbain [9]

NANTES
Hiver 2009

Benoîte en juillet

Suite de la balade florale au Collet d’Allevard, cette fois avec une fleur qui a montré son jaune pimpant en fin de printemps, aujourd’hui qui nous montre son fruit. Celui-ci est formé de petits plumets munis de fins crochets, qui s’accrochent aux insectes et facilitent ainsi la reproduction de la plante. Il s’agit de la benoîte des montagnes, fleur de la famille des rosacées, qui s’épanouit dans tous les massifs français à partir de 1500 m d’altitude.

Collection # 153

Bleu

Cliché urbain [8]

PARIS
Printemps 2011

Une fleur jaune contre les bleus

Suite de la balade florale dans les Alpes, en l’occurrence aux abords de la station du Collet d’Allevard. Outre les multiples orchidées, dont j’ai montré un exemplaire il y a quelques heures (la suite … plus tard … un jour … peut-être), on trouve aussi une fleur toute simple, archi-connue, qui ressemble à une grande marguerite jaune : c’est l’arnica. Tout un chacun en connaît les gels, crèmes, ou granules homéopathiques qui soulagent les coups et font pâlir les bleus. Il ne faut néanmoins moins pas essayer d’ingérer cette plante (sinon sous la forme homéopathique) car elle s’avère très toxique pour l’ensemble de l’organisme (système digestif, système nerveux, etc). Il est en outre déconseillé de la cueillir afin de préparer son propre onguent : la plante, à ce petit jeu, a failli disparaître.

  

 

Nigritelle

On l’appelle « nigritelle noire », bien qu’elle ne soit pas noire, ou aussi « manette » ou « main du diable » parce-que les petites fleurs qui la composent ressemblent à des mains.
Bien que cela ne saute pas aux yeux des non-botanistes (dont je fais partie), la nigritelle est une des multiples orchidées que l’on peut trouver en Europe. Celle-ci est endémique des Alpes, et peut pousser jusqu’à 2500 mètres d’altitude, y compris loin de son massif d’origine (on en trouve en Scandinavie et dans les Balkans). Je l’ai croisée lors d’une balade dans un massif isérois lors du week-end du 14 juillet. On lui attribue une odeur de vanille (qui ne m’a pas sauté au nez, mais je ne me suis sans doute pas suffisamment approchée), qui a le double mérite de parfumer le lait des vaches qui broutent dans les champs où cette fleur abonde, et d’attirer les insectes, ce qui facilite la pollinisation.
Il existe d’autres sortes de nigritelles. La forme est globalement la même mais la couleur diffère. C’est ainsi le cas de la « nigritelle de Cornélien« , qui présente un joli dégradé de rose.

Cliché urbain [7]

ROME
Hiver 2011

Exuvie

Ce qu’il y a de bien, avec les vacances, c’est qu’on apprend des choses nouvelles : le goût du currywurst à Berlin, celui du « vino de la casa » à Rome, et, quand on pense à autre chose que se remplir la panse, on enrichit son vocabulaire. De retour de quelques jours en Provence, je viens d’apprendre le mot « exuvie ». Il s’agit de l’enveloppe qui abrite la cigale entre le moment où elle sort de terre et celui où elle prend son envol afin d’assourdir tous les humains de passage (aucun insecte, à ma connaissance, n’est plus casse-tympan) et, accessoirement, de se reproduire. L’exuvie de la cigale ressemble à ça :

Une poche presque transparente ayant la forme de l’animal, mais largement trouée sur le dos : c’est par là qu’est sortie la bête, un peu façon « Alien ». Après ses cinq années en moyenne passées sous terre, la cigale se décide en effet à chanter tout un été. L’ultime année de sa vie se passe en plein air, et puis, après avoir pondu un nombre conséquent d’oeufs, la bête meurt dans un râle stupide, tuée par la morale de cette rabat-joie de fourmi.

—> A cliquer :

Cliché urbain [6]

NEW YORK
Eté 2010

On a (malheureusement) retrouvé le croco !

Il avait été surnommé pendant un temps « les dents de Juppé » car il trônait dans le jardin de la mairie de Bordeaux. Une gueule de croco psychédélique, ouverte vers le ciel, qui n’aurait du être exposée que pendant l’été 2009. Et puis, de batailles judiciaires en engueulades, et inversement, le croco est resté jusqu’en janvier 2012 : son créateur refusait d’ôter son oeuvre, et il fallut une décision du tribunal administratif pour que les quenottes soient enfin déchaussées. Soyons francs : je n’avais jamais trouvé le moindre charme à ce bestiau en toc, à cette mâchoire  en papier cadeau brillant. Son départ du centre-ville a été plutôt un soulagement. Mais voilatipa qu’il y a un peu plus d’une semaine, me rendant pour déjeuner dans un resto des bords de Garonne, sur la commune de Camblanes, je revois la chose. Comme quoi, elle a plu à certains …

Cliché urbain [5]

BORDEAUX
Eté 2011

Cliché urbain [4]

NANTES
Eté 2008

Collection # 152

Vert

Cliché urbain [3]

PARIS
Printemps 2011

Cliché urbain [2]

NEW YORK
Eté 2010

Cliché urbain [1]

ROME
Eté 2009

50 000 logements dans 2 igloos

Ce sont deux tentes gonflées à bloc, en forme d’igloo, plantées sur les quais à Bordeaux. Un avant-goût d’une expo du centre d’architecture Arc-en-Rêve, qui présente les projets d’urbanisme envisagés par la Communauté Urbaine de Bordeaux. D’ici 2030, la CUB devrait abriter (et donc loger, véhiculer, distraire, etc) un million d’habitants en tout (nous sommes moins de 800 000 aujourd’hui). Soit on laisse les gens venir, les investisseurs investir et les lotisseurs lotir, en dépit du bon sens, soit on réfléchit un peu à tout ça avant. C’est ainsi qu’a été décidée la construction de 50 000 logements le long des voies de communication, en particulier tram (existant et surtout à venir) et tram-train (étude en cours). Pour mener la réflexion, la CUB organise des réunions publiques, parfois très techniques, pas toujours bien comprises de certains membres du public qui voudraient qu’on ne parle que de leur petit bout de jardin à eux. Des architectes et des urbanistes de renom sont conviés sur le projet, auquel s’associe le centre d’architecture Arc-en-Rêve. D’où l’expo dans les deux grosses bulles, présentant des photos (diaporamas) des différentes manières d’habiter les villes, mais aussi des bouquins parfois iconoclastes sur le sujet, et les vidéos d’extraits des interventions des politiques et des architectes. Intéressant mais un peu court, sauf si l’on complète la visite par celle du centre Arc-en-Rêve lui-même, ce que je pense faire le mois prochain.

  

Collection # 151

Aigrettes

Je ne peux pas assister à ton anniversaire

Chère ville de Berlin,

C’est avec beaucoup de tristesse que je me vois dans l’obligation de décliner ta gentille invitation. Certes, elle ne m’était pas personnellement destinée, mais j’ai bien compris que tu y espérais la présence de tous ceux qui, comme moi, aiment déambuler dans tes rues et s’installer à tes terrasses de café.
J’ai bien conscience que la déception est grande : ce n’est que la troisième fois de ton histoire que tu fêtes un tel événement, toi pourtant si festive. 775 ans, ce n’est pas rien. Mais voilà, le jour J est un 28 octobre, hors des périodes de congé (ou, si c’est dedans, c’est que j’ai mal regardé), et les obligations professionnelles m’éloignent des pétards et des flonflons. 
Sois persuadée, chère Berlin, que je pense bien à toi.

PS : pour de plus amples infos, clic clic ici

Un port avec des bateaux dedans

Ce nouveau port du Château-d’Oléron a eu des allures d’arlésiennes pendant de nombreux mois qui se transformèrent en années. On voyait bien des travaux sans fin, des travaux à l’arrêt, un pont refait à neuf et surélevé, voire un grand trou avec de l’eau dedans. Il fut dit que ce haut lieu coûtant plein de pépettes seraient le nouveau nid douillet des plates à huîtres du secteur. Il fut dit beaucoup de choses, sur les travaux, les calculs tordus, les malfaçons, que sais-je encore. Toujours est-il que la chose est à peu près finie, excepté l’aspect purement décoratif. Vu de la terrasse du resto La Courtine, on a une vue imprenable sur la nouvelle baignoire à bateaux de plaisance, et non à plates comme annoncé. On ne va pas chipoter. Surtout qu’à marée basse, on a plus l’impression d’être devant un parking que face à un port.

Balade du côté de New-York … à 5800 km près [2]

A vrai dire, nous ne sommes pas allés au Douhet par nostalgie pour le film Liberté Oléron, ni même pour voir le port de plaisance ou le vert de l’océan. Du moins, pas que. Le but de la balade, c’était le marais. Un marais comme on l’entend sur cette île en partie poldérisée, c’est-à-dire créé par l’homme. De grands rectangles d’eau … :

… alimentés par des petits canaux ouverts ou fermés par des écluses :

Classique, en somme. Tout comme les aigrettes, les hérons, et les pêcheurs, tous trois attendant que ça morde. Plus original fut cet oiseau-là :

Après quelques tâtonnements sur internet, j’ai supposé qu’il s’agissait d’une échasse blanche, mais le volatile n’était point sur ses pattes, que l’on dit fines, longues et rouges, et cet indice manque .
Un marais comme les autres ? faut voir. Un peu psychédélique au final, j’ignore s’il s’agit d’une algue inoffensive ou du résultat d’une quelconque pollution, mais la couleur est là :