Ça déménage

Le Voyage à Nantes, suite. L’œuvre de Leandro ERLICH est installée sur la place du Bouffay et s’intitule « Monte-meuble, l’ultime déménagement ». A vrai dire, on ne sait pas très bien si le monte-meuble apporte les effets un peu ringard d’une famille qui arrive ou si effectivement il s’agit d’un départ. La maison elle-même n’est qu’un angle d’immeuble XVIIIe comme il en existe des centaines dans le quartier, détaché de toute fondation, fixé côté ciel. On pense aussi aux bâtiments en cours de démolition, dont les intérieurs deviennent visibles de tous, avec les tapisseries et les peintures, parfois la trace d’une cheminée ou la faïence d’une salle d’eau, on a tous vu ça des dizaines de fois.

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Marcher dans l’explosion

Il s’agit d’une plateforme imaginée par des étudiants de l’école d’architecture de Nantes. Elle jaillit façon explosion entre deux bâtisses du Quai de la Fosse séparée par une ruelle si étroite que deux piétons s’y croisent à peine :

C’est un échafaudage vaguement emballé de plastique translucide. Dire que c’est beau serait fort discutable, mais au moins c’est ludique. On peut y monter. Faut être patient, pas plus de quatre personnes à la fois. Une fois en haut de l’escalier de chantier, on découvre le monde à travers une drôle de lucarne au bout d’un tunel qui semble approximatif :

Si on s’approche, c’est la ville qui perd ses détails et ses formes :

L’installation porte le nom très kitsch de « Superama », façon mode des années 60-70 (remember les « Discorama » de Denise Glaser, et puis vinrent les magasins Castorama, je lis encore Télérama … Toute une époque !). Comme les œuvres non pérennes du Voyage à Nantes, Superama sera démonté après le 19 août.

Et si les œufs étaient tombés du nid ?

Le voyage à Nantes a permis la réouverture au public du dernier étage de la Tour Bretagne, une terrasse au 32e étage. Vue extraordinaire sur la ville du Nantes … et réponse potentielle à l’énigme des oeufs. En effet, un bar a été installé tout en haut de la tour par l’artiste Jean JULLIEN, un Nantais qui a choisi de travailler à Londres. Ce bar se nomme « Le Nid » ; c’est un immense oiseau au bec de cigogne … :

… et au postérieur mi-cygne mi-bar :

Les sièges et guéridons représentent des oeufs, et on y est fort bien assis :

Par contre, le succès du Nid est tel qu’il faut faire la queue un bon moment avant de pouvoir embarquer dans un des deux ascenseurs, puis encore la queue pour commander ses boissons, puis enfin patienter pour s’asseoir. Si tout va bien, ce bar devrait rester définitivement ouvert, certes avec d’autres horaires que pendant l’été (actuellement, on peut s’y prélasser jusqu’à deux heures du mat’).

Des œufs sur la ville

Ultime étape des vacances d’été. Nantes vue d’en haut, ça peut donner ça, façon « splash ! » :

Ou ça :

De l’oeuf au plat sur les toits de la ville. Pourquoi pas, l’époque est propice à toutes les fantaisies, alliant la manifestation d’art de rue « Le voyage à Nantes » à la plus classique manifestation d’art contemporain « Estuaire ». Donc des oeufs, pourquoi pas ? Et s’ils étaient le produit d’un navire en perdition ? Allez savoir, ici, tout est possible.