Continuons en musique

Je reviens à la fête de la Musique, celle de la banlieue sympa. Je sais, la semaine dernière, c’est loin, mais un bout de concert m’a marquée et je n’avais pas trouvé le temps d’en glisser deux mots ici. Il s’agit d’un duo qui boulotte du swing probablement depuis la maternelle : MY BLOBFISH. On a acheté le CD et on ne regrette pas. Un vrai talent musical, une présence sur scène, j’espère que ces deux là iront très loin. Un petit extrait chopé au hasard sur YouTube :

Collection # 149

Vigne en juin

Mon mari m’a invitée au bordel

C’était un soir d’avril, un soir pluvieux où on se dit que, puisque du liquide nous tombe dessus, autant qu’il en entre aussi à l’intérieur de nos petits corps frileux. Pas de l’eau, certes. A Berlin, certes aussi. Le bar est bien connu des frenchies de la ville, et il s’agit effectivement d’une ancienne maison close, d’où le nom : « Madame Claude ».
Coup classique dans les lieux branchouilles berlinois : les sièges sont défoncés et l’éclairage très faible. On peut y écouter de la musique, y boire pas mal, y papoter, tout cela sur et sous du mobilier de récup’. En effet, ce bar a une déco inversée : fauteuils et tables pieds en l’air, meubles collés au plafond, etc. Rigolo.

—> A cliquer :

Au pays des scarabées bleus

Hier, comme balade dominicale, on a fait « Landes ». Une idée comme ça, histoire de quitter la Gironde pleine de monde. Attention, pas les Landes des plages bondées, non, celles de la campagne, loin des zones de baignade et de jeux nautiques. C’est ainsi que nous avons gambadé le long du Petit Etang de Biscarrosse, relié au grand par un petit canal, et beaucoup moins fréquenté par les touristes :

Les berges sont en grandes parties marécageuses, ce qui oblige à faire  le tour du lac en le voyant souvent de loin voire pas du tout. Au final, nous avons préféré une balade dans la forêt proche (notre présence a ravi les moustiques locaux, en panne de chair fraîche) et une observation de l’eau, tellement bleue que la mer n’avait qu’à bien se tenir :

En terme de faune et de flore, du joli mais, dans un premier temps, rien de bouleversant. Du petit poisson … :

… de la libellule :

Mais surtout, insecte que je n’avais jamais vu avant mais qui, là, pullulait : le scarabée bleu. J’ignore son nom réel (je ne parle même pas de son nom scientifique), et j’ai eu du mal à le localiser sur le net, où il semble aussi connu sous le nom de « scarabée du fumier ». Plus petit que les gros scarabées verts, il est vraiment d’un bleu vif et ne craint absolument pas la proximité de l’objectif de l’appareil-photo :

La fête de la musique hors des grandes villes

Je me souviens des premières fêtes de la musique, celles des années 80, celles que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. C’était bien, « bon enfant » comme on dit, parfois un peu gnangnan aussi, quand le joueur de pipeau tenait la dragée haute à la chorale qui chantait faux. Je caricature à peine. Et puis sont arrivés les amplis mal réglés, les braillards mal dégrossis, et le bain de foule insupportable. J’ai même croisé la fête de la musique à Paris, veille d’une épreuve de CAPES, avec du rap très approximatif au ras de mes oreilles. Au final, j’ai laissé tombé le bruit, la foule, les musiques qui se mélangent mal. Quelques timides tentatives bordelaises, et, au bout du compte, envie d’y retourner, mais avec l’esprit des premiers temps, celui des groupes locaux qui jouent pour le plaisir, et qui surtout s’entraînent avant de jouer. Soirée sympa hier en banlieue nord de Bordeaux, dans un parc du centre de la ville de Bruges, là où la pelouse devient le terrain d’un pique-nique géant, où les gosses dansent et où les musiciens ne perdent jamais ni leur bonne humeur … ni leur téléphone portable (extrait à pister dans la petite vidéo de moins de 2 minutes qui accompagne cette note).

Si la vidéo ne se lance pas, cliquez ici.

Collection # 148

La grive
Jardin Public de Bordeaux, printemps 2012

Des avions sans aéroport, un orchestre sans opéra, …

Berlin, c’est le bazar. Certes, l’impression de chantier permanent atteste de cet état de fait, mais on sait bien que la ville est fauchée et que les ambitions sont vastes. Un récent et bref article du Stern, traduit dans le Courrier International de cette semaine (en bas de la page 21 pour ceux qui, comme moi, lisent la version papier), accorde nettement moins de circonstances atténuantes à la municipalité berlinoise.
Il faut dire que l’annonce, moins de deux semaines avant l’ouverture, du report de l’inauguration du nouvel aéroport, sur l’emplacement de celui de Schönefeld, a mis au jour d’évidents disfonctionnements. Le retard ne se mesure ni en jours ni même en semaines, mais en mois : le rutilant tapis à avions, qui devait faire la joie de tous les passagers un peu exaspérés par le vieil aéroport de Tegel, n’ouvrira, dans le meilleur des cas qu’en mars 2013.
Dans le meilleur des cas. Parce-que si le scénario qui se profile est le même que celui de l’opéra Unter den Linden, dont le directeur musical est Daniel Baremboïm, l’attente pourrait se mesurer en années. En effet, ledit opéra aurait du accueillir ses premiers spectacles en octobre 2013, au mieux ce sera en 2015. Mais là, au-moins, on n’est pas prévenu à la veille du jour J.
Raison de tout cela : selon le Stern, il y a là-dedans un mélange entre une très faible productivité des ouvriers et une incapacité de la mairie à surveiller ses chantiers. Au final, des surcoûts délirants et une traduction probable dans les urnes : le parti Pirate est crédité de 15 % des intentions de vote selon des récents sondages.

—> Illustration : aéroport de Tegel, avril 2012

Il ne reste (presque) plus rien de Tacheles

Déjà, en 2008, ce haut-lieu de la culture alternative berlinoise n’était plus que l’ombre de ce qu’il avait été, j’en avais parlé à quatre reprises en ce temps-là (épisode 1, épisode 2, épisode 3 et épisode 4). J’avais néanmoins gardé la nostalgie du vin blanc baptisé dans son gobelet plastique, des musiciens déjantés et festifs, et de tous ces tags sur les murs.
Avril 2012. Après la première balade du premier jour et le passage devant l’incontournable porte de Brandebourg, nous avons voulu voir ce que les requins de la finance avait fait de ce lieu aujourd’hui en sursis. Les promoteurs sont sur le coups, les banquiers ont gagné, les artistes sont sur le départ :

C’est triste tout ça. Le jardin où étaient exposées la plupart des installations a été réduit de moitié, le dernier étage est condamné (pour le verre en terrasse, sur des canapés aux ressorts apparents, c’est râpé), le bistrot-salle de concert du rez-de-chaussée est muré. Mais il reste quelques artistes qui restent jusqu’au bout, et surtout toute cette peinture sur les murs. Si je ne devais retenir qu’une image de cette ultime visite à Tacheles, ce serait ce portrait-là :

Collection # 147

Street-art à Berlin
Avril 2012

Boire du vin empêche de devenir alcoolique

Le vin, c’est bien, les autres boissons alcoolisées, faut pas. Enfin le vin de France, parce-que les vins étrangers, faut pas non plus, ça rend alcoolique avec le nez rouge en forme de patate, c’est laid. Cette idée du bon vin français qui, jamais jamais, promis craché, ne peut nuire à la santé de quiconque, est remise au goût du jour par l’université de Tours qui, sous l’influence du géographe Jean-Robert Pitte, demande à ce que les vins de terroirs français soient inscrits au patrimoine immatériel de l’Unesco. Soit. Et, du coup, on pousse le bouchon (dont le bon vin de chez nous n’a bien sûr jamais le goût !) jusqu’à demander une saine et solide propagande auprès des écoles françaises, du moins si j’en crois ce que raconte un article de Slate.
Cet article fait d’ailleurs référence à un sénateur de l’entre-deux guerres, Marius Roustan, qui, en tant que ministre de l’Instruction publique, avait demandé aux instituteurs de vanter les mérites du vin à leurs élèves. Nous sommes alors en 1931, année de la création du Comité national de propagande en faveur du vin, dont voici une affiche :

Quant à notre ministre Roustan, plus connu pour avoir favorisé le rapprochement des fonctionnaires mariés lors des mutations, il a aussi beaucoup écrit, notamment un ouvrage intitulé Problèmes de l’éducation nationale. C’était en 1932, il se pourrait que rien n’ait vraiment changé, à ceci près que nos marmots préfèrent se torcher le museau avec des alcools bien forts et bien toxiques, alors qu’ils pourraient goûter au plaisir du pochtronnage à la papa, avec du bon jaja comme autrefois.

—> A cliquer : la biographie de Marius Roustan sur le site du Sénat.

Collection # 146

Nénuphars noyés
Jardin Public de Bordeaux, mai 2012

S’enfuir [4]

Suite et fin de cette balade berlinoise sur le thème de la fuite de la RDA vers la RFA. Je vous propose un ultime retour au mémorial de la Bernauerstraße, dont l’aspect le plus émouvant est sans contexte ce mur-là :

On y voit, bien alignés, les photos et les noms de victimes identifiées du Mur. Des gens de tous les âges qui ont tenté de passer à l’ouest, entre 1961 et 1989. Si on s’approche, on voit les photos, on lit les noms, on calcule les âges. Untel avait 60 ans, un autre seulement 5. Tout est possible.

Même si certains se noyèrent en tentant de traverser la Spree, beaucoup moururent d’une balle dans le dos, la tête ou ailleurs. Mais parfois pas sur le coup. C’est ainsi le cas d’un certain Dieter Brandes (au centre de la photo ci-dessous), mort dans sa vingtième année des suites de ses blessures, plus de six mois après s’être fait tiré dessus :

S’enfuir [3]

Passer le Mur, c’est une idée qui a germé dans l’esprit de milliers d’Allemands de l’Est, mais comment s’y prendre pour ne pas se faire prendre ? Retournons sur East Side Gallery, et commençons par de l’archi-connu. Cette image montre deux manières de passer radicalement différentes :

On reconnaît au premier plan ce soldat de l’armée du peuple qui a tout plaqué le 15 août 1961, soit deux jours après le début de la construction du Mur. Le premier à avoir passé le Mur avec succès. Le premier à avoir passé le Mur tout court. Au second plan, le type qui passe en Trabant et en baissant la tête, quelque chose de totalement impossible bien sûr.
Autre technique, toute aussi fantasmée, qui consiste à enjamber la double palissade et le no man’s land d’un seul saut. Une technique pour super héros :

En fait, les techniques qui ont réussi étaient autrement plus subtiles. A ce sujet, je vous conseille une petite vidéo de 1979, qui montre notamment des techniques connues mais demandant une grande souplesse (passage dans un coffre de voiture ou dans une valise), mais aussi des projets nettement plus audacieux, comme un passage en montgolfière.
Mais les tentatives n’étaient pas toutes couronnées de succès. Le passage pouvait finir par la mort, ce que montre ce double dessin, avec la grande faux en guise de comité d’accueil :