La Trabant roule encore

La Trabant, c’était la voiture typique de la RDA, une sorte de caisse à savon approximative qui roulait encore en 1989 lorsque le Mur est tombé. Dans Berlin, elle roule encore pour les touristes, qui peuvent avoir leur dose d’ostalgie lors de Trabi-Safari (chose vue en 2008, mais pas la semaine dernière, je n’ai pas forcément refait les mêmes balades). Surtout, en tant que symbole, les artistes l’ont peinte sur East Side Gallery, ce vestige du Mur dont je reparlerai ici-même sous peu. On peut ainsi la voir façon cartoon, perdant son toit lors d’un passage forcé à Checkpoint Charlie :

Hommage à ce magnifique soir du 9 novembre 1989, celle de Birgit Kinder traverse le mur en faisant voler les éclats de béton :

Et dans la vraie vie, en 2012 ? j’en ai vu plusieurs sur un parking, pas bien loin d’Alexanderplatz (promis, je localise tout ça bientôt), et ai pu en photographier deux dimanche matin avant de reprendre l’avion :

Dans une rue enfin, la Trabant blanche était bien garée :

On sent qu’elle est encore utilisée par des gens comme vous et moi, peut-être un peu comme certains aujourd’hui roulent encore en 2CV ou en 4L ?

—> A cliquer : la vidéo d’une publicité pour la Trabant 601, diffusée en Tchécoslovaquie en 1970.

Des vacances au soleil

Notre bronzage ne vient pas d’une quelconque semaine de farniente sur une île de l’Océan Indien, mais bien de sept jours de marche à pied dans une ville du nord de l’Europe, là où les hivers peuvent être si froids. Tandis que mes contemporains désespéraient sous le déluge qui s’est déversé sur l’Aquitaine, monkeum et moi-même ôtions pulls et même parfois chaussettes, histoire de bien profiter du soleil germanique et des 26°C à l’ombre. Les Berlinois, heureux de ce ciel aussi bleu qu’une propagande pour l’UMP, envahissent les berges de la Spree, s’alanguissent dans des chaises longues ou directement sur l’herbe des parcs, éventuellement en tenue très légère, voire sans réelle tenue du tout. Dolce vita.

Après l’hiver vient le printemps

Je me rappelle décembre 2008, les quelques jours entre les deux fêtes de fin d’année, il neigeait lorsque le bus nous amenait de l’aéroport jusqu’à Alexanderplatz. Puis il y eut le verglas sur le petit chemin près de l’hôtel, la nuit qui tombe au milieu de l’après-midi, c’est fou ce que c’est mal éclairé, Berlin. J’avais adoré, promis de revenir. Ce qui est fait désormais, avec températures estivales et longues journées, avec balades en tee-shirt le long de la Spree, dîners en terrasse, et balades en forêt. Juste une image pour ce soir, celle d’une ville la nuit, attrapée depuis un balcon de l’hôtel :

Jusqu’à nouvel ordre …

L’aventure continue néanmoins à l’annexe : une photo par jour sur le coup de midi, jusqu’à mon retour. Quant à la série « Il était une fois » (les vidéos du lundi), elle est définitivement arrêtée pour raisons techniques.

Balade mi-plage mi-forêt

Je reviens sur cette balade du dimanche de Pâques, sur la commune de Ronce-les-Bains, celle qui nous permit de constater que le printemps était bien arrivé, et surtout qui nous fit voir l’île d’Oléron d’en face. C’était en début de mois, en ce temps-là il faisait beau. Pour faire simple, nous avons agité nos guiboles en gros sur la zone coloriée en rouge :

Mi-plage mi-forêt, comme beaucoup de balades sur le littoral. Pour la plage, une immense étendue sableuse qui rappelle à s’y méprendre la Grande Plage de St-Trojan (juste en face) ou celle du Cap Ferret, en Gironde. Même érosion aussi, qui boulotte le trait de côte plus vite qu’un écureuil sa noisette, laissant à nu les racines d’arbres :

Comme sur toute plage, on y voit des enfant qui jouent, des couples qui déambulent, des marcheurs qui marchent, et des pêcheurs qui pêchent. Il arrive que ça morde fort mieux, jolie prise pour le dîner.
A l’aller comme au retour, nous empruntons un chemin forestier pouvant notamment servir de défouloir aux accros du VTT. Ça monte, ça descend, les racines d’arbres sont apparentes, une vrai forêt, en somme, mais très humide : des zones marécageuses apparaissent au détour du chemin. Ça doit être joli, aujourd’hui, avec tous les iris fleuris.

Quand le temps est à la pluie, dans la forêt tu te réfugies

Samedi dernier, le temps était, comme on dit, « à la pluie ». Mais bien moins qu’aujourd’hui, où, la mer, ses poissons, et tous les fleuves du monde dégringolent sur la Gironde. C’est bon pour les nappes phréatiques.
Samedi, donc. Finalement il n’a plu que sur la route, lors du trajet entre le home sweet home et le Bassin d’Arcachon. Balade classique dans les bois d’Andernos et d’Arès, puis en longeant le Cirès, plus précisément dans le domaine de St-Brice. Rien de bien nouveau, si ce n’est que le printemps se fait bien présent : caneton à peine sorti de l’œuf, pédalant comme un fou dans le Cirès en appelant sa mère, celle-ci continuant à se dandiner, faisant sa blonde sur la berge sans plus s’occuper du petit dernier ; et puis aussi tendres feuilles des chênes, tamaris en fleurs, … et même du soleil à la mi-temps !

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Collection # 140

Rose printemps

L’île vue d’en face

Le problème, quand on est sur une île, c’est qu’on a parfois du mal à en sortir. Pas physiquement (sauf lors des transhumances estivales), mais on est tellement bien sur ce bout de terre qu’il semble inenvisageable d’aller voir ailleurs. D’où l’intérêt d’avoir des amis sur le continent (pour ceux qui suivent un peu ce que je raconte ici, il s’agit de deux de nos amis chasseurs-cueilleurs, vous situez ?), qui, eux, n’ont pas peur de voir l’île d’en face. L’île d’Oléron, bien entendu, j’avais omis cette précision.
La balade se fit donc le dimanche de Pâques sur une plage de Ronce-les-Bains (lieu signalé par un petit appareil photo sur la carte en fin de note). Nous voyons donc, de là, l’extrême sud de l’île, y compris le pont reliant l’île au continent (ligne bleue sur la carte) :

D’est en ouest, notre regard se porte d’abord sur la partie la plus méridionale du village de Saint-Trojan (repère bleu sur la carte), que vous pouvez distinguez sur la photo ci-dessus.
Puis nous voyons de loin un de nos lieux de balades préférés : la forêt de Gatseau, où passe, pile à ce moment-là, le petit train touristique (repère jaune). C’est à cet endroit que le Débarquement permit la libération de l’île en mai 1945. Aujourd’hui, tout est calme bien sûr, et le petit train, qui roule désormais à l’huile de friture récupérée auprès des restos du coin, est le seul engin qui fasse encore un peu de bruit :

Complètement à l’ouest, cette fois, nous voici face à la pointe de Maumusson, qui marque le début (ou la fin !) de la Grande Plage (repère rose). On y distingue à nouveau le fameux petit train :

Les courants créés par l’étroitesse du passage entre Ronce-les-Bains et l’île forment une zone idéale pour la pêche côtière. Un bateau, immatriculé à Marennes, fait ainsi des ronds dans l’eau :

Marée haute

Au week-end dernier, c’était « grandes marées ». Les pêcheurs à pied, le cul en l’air, gratouillant la palourde dans la vase à marée basse : une marée de 110 ou plus, ce n’est pas si souvent. Et puis la marée haute, inondant les quartiers ostréicoles de la bien nommée « route des Huîtres », sur la côte orientale de l’île d’Oléron. Quand la météo reste sage, qu’aucune tempête ne transforme ce phénomène naturel en Xynthia, le paysage devient tout simplement beau. On a bien un peu les pieds dans l’eau, mais il suffit d’attendre la descendante pour retrouver le plancher des vaches. Une image, une seule, celle des plates à huîtres habituellement accostées à leur quai, et là donnant l’illusion d’être des navires de haute mer :

Collection # 139

Port de pêche
La Cotinière (île d’Oléron), avril 2012

Le chemin du sel

Le site du « Port des Salines », à Grand-Village (île d’Oléron), est beaucoup plus artificiel qu’il n’y parait. Si la production de sel est attestée dès le moyen-âge sur l’île, elle n’avait pas spécialement lieu à cet endroit précis. Mais qu’importe. L’aménagement du site, à partir de la fin des années 1990, et la mise en exploitation de marais salants par des paludiers guérandais, en font un endroit agréable pour une balade de fin de journée :

Le sel a été la grande affaire de la côte atlantique pendant des siècles. Et puis le sel de mer n’a plus autant servi de produit de conservation, avant même l’arrivée des frigos, ce qui en a fait chuter la demande. C’est ainsi que le port de Brouage, sur le littoral charentais, a commencé à péricliter. Faire du sel devint une activité sans intérêt, un boulot de gagne-petit voire de « gagne rien du tout ». Le saunier (appelé paludier du côté de Guérande) ne gagnait pas sa croûte et les anciens marais salants, sur Oléron du moins, furent transformés en claires pour l’élevage des huîtres.
Les Guérandais parvinrent, il y a une bonne vingtaine d’années, à faire du sel un produit haut de gamme, via la fameuse « fleur de sel ». L’activité moribonde repartit, à Guérande puis ailleurs sur la côte atlantique. Si mes calculs ne sont pas trop mauvais, il y aurait aujourd’hui quatre exploitants de sel sur Oléron. Le marais du « Port des Salines » en est une simple vitrine pour touristes, ces derniers pouvant y acheter du vrai et bon sel brut de marais, ce que je fis samedi dernier, dans le hangar de stockage du sel, dont l’architecture simple et sombre ne manque de rappeler les paysages guérandais (le repère, sur la carte en fin de note, correspond à ce bâtiment) :

Un sentier balisé (que l’on suit … ou pas !) permet de faire ami-ami avec des ânes aux belles oreilles laineuses :

On peut aussi bien sûr s’intéresser aux oies … :

… et aux canards, dont certains fort jolis :

Mais évidemment c’est encore le héron que j’ai cherché … :

… avant que mon keum et moi-même allions réserver une table pour dîner. Car, aux Salines, on mange aussi fort bien.

Signes de printemps

La balade eut lieu dans le nord de la presqu’île d’Arvert (région de Royan), mais peu importe : partout ailleurs en milieu océanique nous aurions sans doute vu les mêmes signes d’un printemps là et bien là, fleurs qui pètent de partout, bourgeons toniques, papillons éveillés. Je reparlerai du week-end à Oléron et de notre infidélité dominicale en faveur du continent, mais plus tard, quand je serai un tant soit peu débarrassée des copies qui ont fait des petits et des cours même pas capables de jaillir tout seul de l’ordi.

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La récup’, c’est de l’art

Francis VIGUERA
Bruges (Gironde), Espace Treulon, jusqu’au 7 avril

Une expo qui s’inscrit dans la semaine du développement durable, et dont le vernissage a eu lieu hier soir. L’artiste, Francis Viguera, est un Aquitain modeste et talentueux. Né en Dordogne, ayant enseigné l’art au Pays Basque, il vit et travaille aujourd’hui à Bordeaux. Toute son œuvre repose sur la réutilisation d’emballages de toutes sortes. La transformation est souvent spectaculaire, et il faut vraiment s’approcher pour distinguer les matériaux d’origine. Comme le rappelait fort justement Mme le maire lors de son discours, Francis Viguera nous montre ainsi qu’un objet, quel qu’il soit, peut avoir plusieurs vies. On est là, aussi, face aux excès de notre société de consommation, qui jette autant qu’elle achète.
Mais les œuvres présentées vont plus loin : les thèmes peuvent être religieux (une tour de Babel sur laquelle des mots apparaissent de manière différente selon l’angle dans lequel on se place, comme sur bon nombre d’autres sculptures de Viguera, mais aussi un sublime Veau d’Or), animaliers (nous avons tous craqué sur la girafe, l’éléphant en vieille malle métallique n’est pas mal non plus) ou politiques (un magnifique ensemble de portraits de dictateurs déchus). Dans le parc Treulon, la seule œuvre que je me suis autorisée à photographier m’était déjà familière : il s’agit du Jardin d’Eden (ou Eden Turbo II), déjà vu en 2009 au Jardin botanique de la Bastide à Bordeaux. Là encore retour  sur un thème religieux, avec, au milieu du jardin en bidons d’huile, Adam et Eve en bois :

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—> A cliquer : le site web de Francis Viguera

Collection # 138

Geai du jardin
Jardin Public de Bordeaux, printemps 2011 et 2012